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Centrafrique : une mine d'or ensevelit des hommes venus sauver leur famille
Un glissement de terrain a enseveli des dizaines de mineurs, dont de très jeunes gens, dans une mine d'or artisanale de Zamboye, dans l'ouest de la Centrafrique.

Le mardi 18 août 2026, un glissement de terrain a englouti une mine d'or artisanale du village de Zamboye, dans l'ouest de la Centrafrique, à une cinquantaine de kilomètres de Baboua et à quelques pas de la frontière camerounaise. Le procureur de Baboua attribue la catastrophe à l'effondrement de plusieurs tunnels souterrains et a ouvert une enquête ; les autorités ont temporairement fermé le site.
Le bilan est lourd et contesté. Le ministère des Mines, venu sur place le lendemain, a dénombré 49 morts (34 Centrafricains, 13 Camerounais, 2 Tchadiens) et sept blessés évacués vers l'hôpital de Baboua. Les secouristes, la Croix-Rouge et les associations minières parlent, eux, de plus de cent corps retirés ; des médias camerounais évoquent au moins 107 dépouilles, et un second glissement serait survenu après l'arrivée des sauveteurs et des habitants. Beaucoup manquent encore sous les décombres, et le décompte peut monter.
Ce sont, pour la plupart, de très jeunes gens. Un responsable municipal confie : « Les retrouver vivants tiendrait du miracle. Nous avons le cœur brisé de voir périr des jeunes hommes et des jeunes femmes venus à la mine pour arracher leur famille au désespoir. » Un proche d'une victime témoigne : « Nous n'avons pas pu retrouver notre frère ; il est encore sous la terre, enseveli. Nous sommes contraints de repartir les mains vides. » Un carme déchaux du diocèse de Bouar, présent depuis quarante-quatre ans dans le pays, dénonce une exploitation brutale, sans sécurité ni protection sociale, qui attire des enfants loin de l'école et de leur famille par l'appât de l'or, un gramme pouvant valoir cinquante mille francs.
Ce que l'Église a toujours enseigné
Le cinquième commandement ne défend pas seulement de tuer de sa main. Le Catéchisme du Concile de Trente enseigne qu'on se rend coupable d'homicide « par imprudence, et faute d'avoir pris les précautions et les soins nécessaires » pour éviter la mort d'autrui, et qu'il est également défendu « d'y contribuer de ses conseils, de ses moyens, de son secours ou de quelque manière que ce soit ». La vie du pauvre y est protégée à l'égal de celle du puissant : « La loi défend le meurtre à tout le monde. Elle n'excepte personne ; ni riches, ni pauvres. »
Et l'Écriture connaît de longue date ce qui pousse des hommes dans ces galeries. « L'or en a fait tomber beaucoup, et sa beauté a été leur perte », dit l'Ecclésiastique ; « l'or est un bois de scandale pour ceux qui lui sacrifient ; malheur à ceux qui le recherchent, car tout insensé périra par lui. » Et saint Paul avertit que « ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans le piège du diable », car « l'amour de l'argent est une racine de tous les maux ».
La mesure
Nous ne prononçons pas sur les âmes ; nous jugeons les actes. Faire descendre des hommes, et des enfants, dans des tunnels sans étai ni protection, pour en tirer un métal, c'est exposer sciemment la vie du prochain au mépris des « précautions et des soins nécessaires » que la loi de Dieu réclame. Que la mort n'ait pas été voulue ne suffit pas à en décharger ceux qui en ont créé les conditions : la tradition le dit sans détour. L'enquête ouverte établira les responsabilités humaines ; le commandement, lui, a déjà parlé.
Reste l'or, qui a « fait tomber beaucoup ». Il n'y a pas de fatalité dans ces morts : il y a un métal érigé en idole, et des vies de pauvres offertes pour quelques grammes. La cupidité qui organise cela est celle que l'Apôtre nomme « racine de tous les maux » ; la misère qui y jette ses victimes crie vers Dieu et vers les hommes de bonne volonté, dont un élu de la région implore l'aide.
Pour les fidèles
Nous devons d'abord à ces morts la charité qui ne s'arrête pas au tombeau : prier pour le repos de leurs âmes, car ensevelir les morts et secourir les vivants sont des œuvres que le même commandement nous impose. Nous leur devons ensuite la vérité : aucune richesse ne vaut une vie d'homme faite à l'image de Dieu, et une société qui vend ses enfants à la mine a déjà cédé à l'idole. Que le deuil de Zamboye nous rende ce que l'or fait oublier : le prix d'une âme.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), du cinquième commandement. Ecclésiastique XXXI, 5-7 ; Première Épître à Timothée VI, 9-10 (Vulgate).