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Naufrage au Zimbabwe: Léon XIV confie à Dieu les âmes des victimes
Après le naufrage d'un ferry sur le lac Kariba, qui a fait au moins quatre-vingt-douze morts, Léon XIV a confié les âmes des défunts à la miséricorde de Dieu; l'Église rappelle le devoir de prier pour les morts.

Le 11 août 2026, un ferry a chaviré sur le lac Kariba, au Zimbabwe, après avoir été frappé par de fortes vagues alors qu'il gagnait des communautés de pêcheurs isolées. Le bilan est monté à au moins quatre-vingt-douze morts après la découverte de huit corps supplémentaires le 17 août; les recherches se poursuivent. Le président a déclaré l'état de catastrophe, dans ce qui est décrit comme le plus meurtrier accident de transport public de l'histoire du pays.
Le bateau, autorisé à transporter quatre-vingt-dix passagers, en portait davantage: un décompte évoque jusqu'à cent cinquante-trois personnes à bord, tandis que d'autres relevés, non confirmés, avancent des chiffres plus élevés encore. Soixante-dix-sept personnes ont été secourues. Parmi les morts figurent dix-huit enfants, dont seize âgés de dix ans ou moins; le plus jeune avait quatorze mois.
Dans un télégramme daté du 18 août et signé par le cardinal secrétaire d'État, Léon XIV a fait savoir qu'il « a appris avec une profonde tristesse le naufrage meurtrier survenu sur le lac Kariba ». « Confiant les âmes des défunts à la miséricorde aimante du Dieu tout-puissant », poursuit le texte, il « adresse ses condoléances émues à tous ceux qui pleurent leur perte ». L'évêque de Chinhoyi, Mgr Patrick Ngwenya, qui a lui-même perdu des paroissiens, et les évêques du pays ont dit leur solidarité et coordonnent un soutien aux familles.
Ce que l'Église a toujours enseigné sur la prière pour les morts
Devant la mort, l'Église ne se borne pas à consoler: elle prie. C'est une pratique ancienne, que l'Écriture atteste déjà. Après une bataille, Judas Machabée fit offrir un sacrifice pour ses soldats tombés, car « c'est une pensée sainte et salutaire de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés » (II Machabées, XII, 46). L'Église n'a jamais cessé de le faire.
Cette prière suppose une vérité que le monde oublie: qu'il existe après la mort un état de purification, et que les vivants peuvent secourir les défunts par leurs suffrages. Le concile de Trente l'a défini: le purgatoire existe, et les âmes qui y sont retenues sont soulagées par les suffrages des fidèles, et surtout par le sacrifice de l'autel. Prier pour un mort n'est donc pas un mouvement du sentiment: c'est un acte de charité qui atteint réellement celui qu'il vise.
La mesure
Confier les âmes des défunts « à la miséricorde aimante du Dieu tout-puissant », c'est précisément l'acte que l'Église pose depuis les Apôtres. Le texte ne déclare pas les morts sauvés; il les remet à la miséricorde de Dieu et demande qu'on prie pour eux. C'est la juste posture catholique: nous ne canonisons pas nos morts, nous les portons devant Dieu. Cette fidélité à la tradition mérite d'être relevée pour ce qu'elle est.
Mais la tradition demande davantage que la compassion. Elle demande des messes, des prières, des indulgences offertes pour le repos des âmes. Consoler les vivants est une œuvre de miséricorde; ensevelir les morts en est une autre; prier pour eux est la plus haute, car elle seule les atteint là où ils sont. Un deuil qui s'arrête aux larmes laisse les défunts sans secours.
Pour les fidèles
Devant une telle catastrophe, la réponse catholique n'est pas d'abord un discours, mais un suffrage. Faites offrir des messes pour ces morts et pour les enfants qui furent du nombre. Récitez le De profundis, offrez le chapelet, gagnez pour eux les indulgences que l'Église attache aux prières pour les défunts. C'est le seul secours qui traverse la mort, et c'est la charité que la foi nous commande envers ceux qui nous ont précédés.
Sources. Sainte Écriture, second livre des Machabées, XII, 46 (Vulgate). Concile de Trente, XXVe session, décret sur le purgatoire (1563). Catéchisme du Concile de Trente (1566), sur la communion des saints et sur l'article « il est descendu aux enfers ».