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Chicago règle neuf plaintes pour abus : le prix d'un scandale
L'archidiocèse de Chicago versera environ 5,5 millions de dollars à neuf victimes d'abus commis par des prêtres ; la tradition mesure le scandale à la parole du Christ sur la meule.

L'archidiocèse de Chicago versera environ 5,5 millions de dollars à neuf personnes affirmant avoir été victimes d'abus commis par des prêtres, aux termes d'un règlement rendu public le 10 septembre 2026 par les avocats des plaignants. Les faits allégués s'étendent des années 1970 aux années 1990. Quatre des prêtres mis en cause ne figuraient pas sur la liste des clercs « crédiblement accusés » tenue par l'archidiocèse.
Le montant lui-même n'est pas établi de façon unanime : les avocats l'annoncent à 5,5 millions de dollars, tandis qu'un autre décompte le fixe à 5,4 millions. L'archidiocèse n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire sur ce règlement. Un de ses responsables a déclaré : « Nous avons versé plus de 400 millions de dollars aux victimes, et nous continuons de leur demander de se manifester ; elles seront reçues avec dignité et compassion. » Plusieurs des affaires réglées ces dernières années concernent l'ancien prêtre Daniel McCormack, qui a reconnu avoir abusé de nombreux enfants et a passé plus de dix ans en prison.
L'un des avocats des plaignants a parlé d'« un point de bascule et un tournant », évoquant « le courage de chaque survivant » qui aurait rendu possible un changement dans l'archidiocèse comme au-delà.
La meule au cou
Notre-Seigneur n'a pas mesuré ses paroles sur ce point. « Si quelqu'un scandalise un de ces petits qui croient en Moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on suspendît à son cou une de ces meules qu'un âne tourne, et qu'on le plongeât au fond de la mer. Malheur au monde à cause des scandales ! » (saint Matthieu, XVIII, 6-7). Le scandale n'est pas une faiblesse regrettable : c'est le meurtre de l'âme d'autrui, et il est d'autant plus lourd que la victime est petite et que le coupable était établi pour la garder.
Le Catéchisme du Concile de Trente enseigne, en expliquant le cinquième commandement, que Dieu demande compte du sang de l'innocent et que ce précepte est donné pour protéger la vie de chacun. Ce que la loi défend du corps, la charité l'exige plus encore de l'âme. Le prêtre reçoit l'onction non pour se servir des brebis mais pour les mener au Christ ; celui qui retourne cette charge contre l'enfant confié profane à la fois l'innocence et le sacerdoce.
La mesure
Un règlement acquitte une dette temporelle ; il ne touche pas la dette contractée devant Dieu. Cinq millions et demi de dollars réparent, autant qu'un chiffre le peut, un tort matériel ; ils ne rendent pas l'innocence ravie, et ils ne prononcent pas sur le compte que la meule et la mer figurent. La somme dit l'étendue du mal ; elle ne l'efface pas.
Un fait pèse plus lourd que le montant : quatre des prêtres mis en cause n'étaient pas portés sur la liste des « crédiblement accusés ». Cacher le loup, c'est le laisser au milieu du troupeau ; le silence sur le coupable est un second scandale par-dessus le premier, et il tombe sous la même parole du Christ. La tradition ne demande pas seulement qu'on paie : elle demande qu'on dise la vérité, qu'on rende les noms, qu'on protège les petits d'abord.
Ce que le fidèle doit retenir est sobre. Le crime d'un clerc ne défait ni la foi ni le sacerdoce lui-même, qui reste saint quand l'homme se damne. Mais il oblige à tenir ensemble deux choses que le monde sépare : la miséricorde pour les victimes et la justice sans complaisance pour les actes. On prie pour les uns, on ne couvre rien des autres, et l'on garde devant les yeux la meule que le Seigneur a nommée avant nous.
Sources. Évangile selon saint Matthieu, XVIII, 6-7 (Vulgate) ; Catéchisme du Concile de Trente (1566), sur le cinquième commandement.