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Léon XIV accepte la démission de l'évêque de Speyer, brisé par la crise des abus
Léon XIV accepte la démission de Mgr Wiesemann, évêque de Speyer, à 66 ans, pour un trouble dépressif lié au traitement des abus dans son diocèse.

Le mercredi 19 août 2026, à midi, le Vatican a annoncé que le pape Léon XIV avait accepté la renonciation de Mgr Karl-Heinz Wiesemann au gouvernement pastoral du diocèse de Speyer, en Allemagne. Âgé de 66 ans depuis le 1er août, l'évêque dirigeait ce siège depuis mars 2008. Le diocèse invoque des raisons de santé ; dans une lettre aux fidèles, l'évêque parle d'un « trouble dépressif récurrent » diagnostiqué par les médecins.
Il précise que le déclencheur immédiat, il y a environ cinq ans, d'un séjour en clinique psychosomatique fut « la situation concrète du traitement des abus sexuels dans notre diocèse ». En traitement psychothérapeutique depuis 2019, il dit n'avoir pas retrouvé son ancienne capacité de travail, et n'avoir plus la force de mener à bien les réformes de structure à venir ni de porter la préparation du millénaire de la pose de la première pierre de la cathédrale, célébré en 2030. « J'ai été chrétien avec vous et évêque pour vous de tout mon cœur et avec une grande joie intérieure », écrit-il, avant d'ajouter que « la charge d'une responsabilité aussi vaste a laissé en moi des traces graves, physiques et surtout spirituelles ».
Wiesemann avait soutenu le Chemin synodal allemand et ses décisions, notamment sur le rôle des femmes, l'image du prêtre et la doctrine sur la sexualité, tout en se disant attaché à l'unité avec l'Église universelle. Après la publication de l'étude MHG en 2018, il avait mené des entretiens avec des victimes ; la première partie de l'étude indépendante sur les abus commandée pour son diocèse a paru en 2025.
Ce que l'Église a toujours enseigné
La charge de l'évêque n'est pas un fardeau administratif : c'est la garde des âmes, dont il répondra. « Attendite vobis et universo gregi, in quo vos Spiritus Sanctus posuit episcopos regere Ecclesiam Dei » : « Prenez garde à vous-mêmes et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour gouverner l'Église de Dieu » (Actes XX, 28). Le Catéchisme du Concile de Trente enseigne que l'ordre est un vrai sacrement institué par le Christ, qui imprime au prêtre un caractère indélébile et le sépare pour le service de l'autel ; sa dignité même mesure la gravité de sa corruption.
Sur la doctrine, l'Église ne se réforme pas en changeant ce que le Christ a fixé. Le concile de Trente déclare que le sacerdoce est, par institution divine, réservé aux hommes seuls, et que la loi de Dieu sur la chasteté et le mariage ne relève d'aucun vote des hommes. Ce que le Christ a lié, aucune assemblée ne le délie.
La mesure
Nous ne jugeons ni l'homme ni sa maladie. Qu'un évêque soit brisé, en son corps et en son âme, par le poids des crimes commis sous sa juridiction, cela dit vrai sur la gravité de ces crimes : le péché de clercs contre le sixième commandement, aggravé sur des innocents, est de ceux dont Notre-Seigneur dit qu'il vaudrait mieux à leur auteur se voir jeter au fond de la mer une meule au cou (cf. Matth. XVIII, 6). La tradition n'a jamais minimisé ce mal ; elle l'a nommé et l'a puni.
Mais le remède que cet évêque a soutenu n'est pas celui de l'Église. Ordonner des femmes, refaire « l'image du prêtre », réviser la doctrine sur la sexualité : ce ne sont pas des réformes de structure, c'est toucher à ce que le Christ a institué et que Trente a défini. On ne guérit pas la corruption du sacerdoce en défaisant le sacerdoce. Le remède perpétuel à des prêtres indignes n'a jamais été de changer la loi, mais de faire des prêtres saints : la pénitence, la chasteté, et cette crainte de Dieu par laquelle un pasteur répond de son troupeau. C'est là ce qu'un fidèle doit tenir, quand l'homme chargé de le lui enseigner s'effondre.
Sources. Actes des Apôtres XX, 28, et saint Matthieu XVIII, 6, selon la Vulgate. Catéchisme du Concile de Trente (1566), du sacrement de l'ordre et du sixième commandement. Concile de Trente, session XXIII, sur le sacrement de l'ordre, et session XXIV, sur le mariage.