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Le New Jersey punit la prière devant les cliniques d'avortement
Le New Jersey érige en délit l'« interférence » près des cliniques d'avortement ; la prière et le conseil de trottoir sont visés. La tradition juge l'acte au cinquième commandement.

La gouverneure du New Jersey, Mikie Sherrill, a promulgué le 20 août 2026 une loi (S2260/A2218) qui érige en délit l'« interférence avec les services de santé reproductive ». Le texte punit le fait d'infliger un « préjudice émotionnel » à quiconque cherche ou fournit ces « services », interdit de filmer et de diffuser des images dans un rayon d'environ trente mètres (cent pieds) d'une clinique d'avortement, et autorise un policier à ordonner la dispersion immédiate de tout rassemblement qui « entrave substantiellement » l'accès à un établissement de « santé reproductive ou d'affirmation de genre ». Les infractions sont passibles de jusqu'à dix-huit mois de prison et de dix mille dollars d'amende.
Ses opposants y voient une arme contre la prière et le conseil pacifiques sur la voie publique. La directrice de New Jersey Right to Life, Marie Tasy, y dénonce « un danger sérieux pour la liberté d'expression », aux critères « intrinsèquement subjectifs » : « Le conseil pacifique sur le trottoir, la prière, le fait de tenir une pancarte ou simplement d'offrir de l'aide et des solutions de rechange devant un établissement peuvent aisément être qualifiés d'intimidation par quelqu'un qui prétend se sentir menacé, exposant les défenseurs de la vie à des poursuites pénales difficiles à réfuter et étouffant une expression protégée par la Constitution. »
La gouverneure défend au contraire une protection des patients et des soignants : « Nul ne devrait craindre l'intimidation ou la violence en cherchant à se soigner, et aucun professionnel de santé ne devrait redouter d'être puni par un autre État pour avoir prodigué des soins légaux dans le New Jersey. Par cette loi, nous affirmons clairement que le New Jersey protégera les patients, les soignants et la liberté fondamentale de prendre des décisions personnelles en matière de santé. » Le désaccord ne porte pas sur les faits mais sur la portée du texte, et c'est là qu'il faut le lire. Le New Jersey est l'un des neuf États américains à ne fixer aucune limite de gestation à l'avortement.
Ce que l'Église a toujours tenu
L'enfant dans le sein est un homme, et lui ôter la vie est un homicide. Le Catéchisme du Concile de Trente, exposant le cinquième commandement « Tu ne tueras point », range parmi les meurtriers ceux qui attentent à cette vie, et enseigne que ce précepte ne défend pas seulement de tuer : il commande aussi de protéger la vie du prochain. L'Écriture en fait un devoir positif : « Délivre ceux que l'on traîne à la mort ; ceux que l'on entraîne vers l'égorgement, sauve-les » (Proverbes, XXIV, 11).
Prier en public, avertir, offrir une aide et une issue à une mère tentée de tuer son enfant ne sont pas une nuisance : ce sont les œuvres de miséricorde spirituelles — conseiller ceux qui doutent, avertir les pécheurs, prier pour les vivants — que la charité impose. Notre-Seigneur lui-même a commandé « qu'il faut toujours prier et ne point se lasser » (saint Luc, XVIII, 1).
La mesure au regard de la tradition
Une loi qui protège l'accès à l'avortement protège l'accès à un homicide ; et celle qui menace de prison celui qui prie ou supplie sur le trottoir frappe précisément l'œuvre de miséricorde. Le « préjudice émotionnel » ressenti par qui va faire tuer devient le critère, et le devoir de délivrer l'innocent devient le délit. C'est renverser la loi : mettre l'acte meurtrier sous la garde de l'État et le suppliant sous les verrous.
Nous ne prononçons rien sur les personnes ni sur les consciences ; nous mesurons l'acte. Mesuré au cinquième commandement, il aggrave le sang déjà versé en muselant ceux qui voudraient l'épargner. Au fidèle, la tradition ne demande ni fureur ni désespoir, mais de tenir : prier, secourir, dire la vérité sur la vie de l'enfant, et l'accepter si cette vérité coûte.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), explication du cinquième commandement « Non occides ». Sainte Écriture, selon la Vulgate : Proverbes XXIV, 11 ; Exode XX, 13 ; Évangile selon saint Luc XVIII, 1.