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Gaza : l'unique école catholique rouvre après trois ans de guerre
L'école de la Sainte-Famille, seule école catholique de Gaza, a rouvert le 15 septembre 2026 après près de trois ans, accueillant environ mille élèves.

Le 15 septembre 2026, l'école de la Sainte-Famille, rattachée à la seule église catholique de la bande de Gaza, a rouvert ses portes après près de trois ans de fermeture imposée par la guerre. Environ mille élèves y sont retournés. Leur majorité est musulmane ; les enfants chrétiens représentent près de 13 % des effectifs, selon le directeur du bureau de développement des projets du Patriarcat latin de Jérusalem, George Akroush.
Là où cinq écoles chrétiennes servaient autrefois le territoire — trois catholiques, une protestante évangélique et une orthodoxe —, tous les élèves chrétiens de Gaza étudient désormais ensemble dans une unique école chrétienne. Une œuvre caritative catholique, dont une délégation se trouvait sur place pour évaluer les besoins, rapporte que la guerre commencée le 7 octobre 2023 a coûté près de 74 000 vies dans la bande de Gaza.
Le curé de la paroisse, l'abbé Gabriel Romanelli, a décrit un lieu arraché aux décombres : « Il n'y a presque aucun endroit à Gaza qui n'ait été détruit, la destruction est partout, mais nous avons travaillé dur pour faire de l'école un lieu propre, où les enfants — qui ont tant traversé — puissent se sentir en sécurité. » L'école, dit-il, apportera « un peu de normalité », « même si rien n'est normal à Gaza », et sera « comme une lumière dans les ténèbres pour la communauté locale qui a connu tant de souffrance ».
Il a indiqué qu'elle intègre un programme de soutien psychosocial, pour les enfants comme pour les enseignants traumatisés. « Pour la première fois, tous les élèves chrétiens de Gaza étudieront ensemble dans une seule école chrétienne, a ajouté George Akroush. Cela crée un fort sentiment de communauté et montre que l'Église reste proche d'eux, les accompagnant au milieu de tout ce qu'ils traversent. »
Ce que la tradition enseigne
L'Église a toujours tenu l'instruction des enfants pour une œuvre de miséricorde et un devoir grave, non pour une entreprise profane. Notre-Seigneur lui-même a réprimandé ceux qui écartaient les petits : « Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent » (Marc X, 14). Enseigner l'ignorant et consoler l'affligé comptent parmi les œuvres de miséricorde que le Catéchisme du Concile de Trente commande à tout chrétien. Et le soin de la jeunesse, où qu'elle naisse et de quelque foi que soient ses parents, appartient à la mission maternelle de l'Église envers tous les hommes.
La mesure
Mesuré à cette règle, l'acte est droit, et nous le disons aussi simplement que nous dénoncerions une rupture. Rouvrir une école au milieu des ruines, y accueillir mille enfants dont la plupart ne sont pas catholiques, offrir un abri propre et sûr à des petits que la guerre a brisés : c'est la charité de l'Église dans son exercice le plus ancien. La présence maintenue là où tout est détruit — un prêtre, une classe, une lampe — est elle-même une prédication. Le mot de l'abbé Romanelli, « une lumière dans les ténèbres », ne fait que redire l'Évangile : « la lumière luit dans les ténèbres » (Jean I, 5).
Que des enfants musulmans et chrétiens y soient instruits ensemble n'affaiblit en rien ce jugement : l'Église a de tout temps ouvert ses écoles et ses hôpitaux à qui souffre, sans renier ce qu'elle enseigne. Le devoir des fidèles n'est pas ici la protestation mais la prière et le soutien : porter devant Dieu l'Église persécutée d'Orient, et tenir pour vraie et perpétuelle cette charité que le monde admire sans savoir d'où elle vient.
Sources. Évangile selon saint Marc, X, 14, et selon saint Jean, I, 5 (Vulgate) ; Catéchisme du Concile de Trente (1566), sur les œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles.