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Léon XIV: un appel pour Haïti, une prière pour le Népal
À l'angélus du 30 août 2026, Léon XIV a demandé la libération des otages du massacre de Kenscoff, en Haïti, et prié pour les victimes des inondations du Népal et du Tibet.

Au terme de l'angélus récité le dimanche 30 août 2026, à Castel Gandolfo, le pape Léon XIV a lancé deux appels. Il a d'abord dit avoir reçu des « nouvelles tragiques » d'Haïti, où un « horrible massacre perpétré à Kenscoff » a coûté la vie à de nombreuses personnes, tandis que d'autres étaient emmenées en otage. Il a exprimé sa proximité spirituelle aux victimes et à leurs familles, et demandé « la libération immédiate de tous les otages ». Aux responsables, il a adressé « un appel pressant à tous ceux qui exercent une autorité, pour qu'ils prennent des mesures concrètes afin d'assurer la sécurité de la population et de mettre fin à toute forme de violence ».
Le pape a ensuite prié pour les victimes des crues qui ont ravagé le Népal et le Tibet, « pour ceux qui ont perdu la vie, pour les blessés, les disparus, pour les familles et les secouristes ». Le bilan, provisoire, s'alourdissait d'heure en heure: 903 morts et 4 247 disparus pour le seul Népal, auxquels s'ajoutent 16 morts et 546 disparus du côté tibétain, soit 919 morts et 4 793 disparus. Plus de deux mille personnes demeurent portées disparues dans les trois districts népalais de Nuwakot, Rasuwa et Makwanpur; les autorités restaient sans nouvelles de 592 ressortissants étrangers et de 933 ouvriers de barrages et de centrales hydroélectriques. Le premier ministre du Népal, Balendra Shah, a parlé d'« une catastrophe naturelle inimaginable et déchirante ».
La loi que ce sang enfreint
« Tu ne tueras point. » Ce cinquième commandement, enseigne le Catéchisme du Concile de Trente, est donné pour « protéger la vie de chacun de nous en particulier » et « défend absolument l'homicide ». Il n'excepte personne: « Il n'y a personne, quelque bas que soit sa condition, qui ne soit protégé par cette loi. » Les homicides, ajoute-t-il, « sont les ennemis les plus acharnés du genre humain et même de la nature; car ils détruisent, autant qu'il est en eux, l'ouvrage de Dieu en détruisant l'homme ».
Et parce que l'homme est fait à l'image de Dieu, celui qui répand son sang, « faisant disparaître son image du milieu du monde, lui fait une injure insigne ». Dès après le déluge, Dieu avait posé cette exigence: « Je demanderai compte de votre sang à quiconque l'aura répandu. » Le sang de l'innocent, comme celui d'Abel, crie de la terre vers Dieu, qui en demande compte.
La même charité qui défend la vie réclame aussi le rachat du captif. Parmi les œuvres de miséricorde corporelles que la tradition tient pour un devoir, et non pour un mouvement du cœur, figurent le fait de racheter les captifs et d'ensevelir les morts. Réclamer la libération des otages de Kenscoff n'est donc pas une clause diplomatique: c'est l'exercice d'une œuvre que l'Église a toujours honorée.
Prier pour les morts, secourir les affligés
À l'égard des noyés du Népal et du Tibet, la loi n'est pas moindre. Prier pour les défunts est, selon l'Écriture, « une sainte et salutaire pensée [...] afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés ». Et secourir l'affligé, le nourrir, le vêtir, l'abriter, l'ensevelir, relève des mêmes œuvres de miséricorde par lesquelles, au jour du jugement, le Christ dira: « Ce que vous avez fait au moindre des miens, c'est à moi que vous l'avez fait. » La prière du pape pour les morts, les blessés, les disparus et les secouristes est cette loi mise en acte.
La mesure
La même doctrine éclaire le devoir de l'autorité. Le Catéchisme rappelle que les magistrats, « vengeurs légitimes du crime », qui procèdent contre les criminels « pour protéger les innocents », loin d'enfreindre ce précepte, l'observent. Garder le faible n'est donc pas, pour le pouvoir, une politique parmi d'autres, mais une charge reçue de Dieu; là où l'innocent n'est pas protégé, le sang s'accumule et il en sera demandé compte. L'appel adressé aux autorités ne demande rien de plus, ni de moins, que ce que cette loi exige d'elles.
Ce que le fidèle doit retenir
Deux malheurs, une même mesure: la vie de l'homme, faite à l'image de Dieu, est sacrée jusque dans le plus pauvre des déplacés et le plus anonyme des noyés. Nous devons prier pour les morts et pour les captifs, remettre leurs bourreaux et le hasard des eaux à la justice de Dieu, qui ne se laisse pas moquer, et tenir ferme que nul massacre ni nulle catastrophe n'échappe à son regard. C'est à cette lumière, et non à celle des seuls chiffres, que se pèsent de telles journées.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), du cinquième commandement (« Tu ne tueras point »), des œuvres de miséricorde corporelles (racheter les captifs, ensevelir les morts) et du devoir des magistrats. Sainte Écriture, selon la Vulgate: Genèse, IX, 5 (le sang redemandé après le déluge); Genèse, I, 27 (l'homme créé à l'image de Dieu); Genèse, IV, 10 (le sang d'Abel qui crie de la terre vers Dieu); II Machabées, XII, 46 (la prière pour les morts); saint Matthieu, XXV, 40 (« ce que vous avez fait au moindre des miens »).