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Massachusetts : une loi ouvre plus largement l'avortement tardif
La gouverneure du Massachusetts a promulgué une loi élargissant l'avortement tardif; nous mesurons l'acte au cinquième commandement et à la tradition perenne.

La gouverneure du Massachusetts, Maura Healey, catholique déclarée, a promulgué une loi qui modifie les limites de gestation applicables à l'avortement. Le texte, appelé à entrer en vigueur dans quatre-vingt-dix jours, supprime le catalogue de motifs qui encadrait jusqu'ici l'avortement au-delà de la vingt-quatrième semaine — danger pour la vie ou la santé de la mère, graves malformations de l'enfant — et laisse désormais la décision à l'appréciation du médecin et de la patiente.
Sur la portée réelle du texte, les lectures divergent, et nous les rapportons telles quelles. D'un côté, on présente la loi comme faisant du Massachusetts le dixième État américain à autoriser l'avortement jusqu'au terme de la grossesse. De l'autre, on la décrit plus étroitement : elle n'ajouterait pas une autorisation sans limite, mais remplacerait une liste fixe de motifs par le seul jugement du médecin et de la patiente. Le désaccord porte sur l'ampleur; il ne porte pas sur la nature de l'acte.
« L'avortement restera sûr. Il restera légal, et il restera accessible ici, au Massachusetts », a déclaré la gouverneure, ajoutant : « Nous croyons que les décisions de santé doivent se prendre entre les femmes, les familles et leurs médecins, non les responsables politiques. » La présidente de SBA Pro-Life America, Marjorie Dannenfelser, a condamné la promulgation dans un communiqué le lundi 10 août, la jugeant « absurde » et rappelant que l'avortement tardif peut impliquer le démembrement de l'enfant : « Il devrait choquer les consciences que des dizaines de milliers d'Américains encore à naître soient chaque année barbarement démembrés, membre par membre, et déchiquetés. »
La même organisation range les États-Unis parmi les huit pays au monde qui autorisent l'avortement à tout moment de la grossesse, aux côtés de l'Australie, du Canada, de la Chine, de la Guinée-Bissau, du Mexique, de la Corée du Sud et du Vietnam. Localement, une association pour la vie estime que les nouvelles règles ouvrent trop largement l'avortement tardif, et des voix ont réclamé une réaction des évêques.
Ce qu'enseigne l'Église de toujours
Le cinquième commandement ne connaît pas d'exception d'opportunité. « Tu ne tueras point » (Exode XX, 13), et le Catéchisme du Concile de Trente enseigne que cette défense atteint d'abord le meurtre de l'innocent, dont le sang crie vers Dieu. L'enfant conçu et non encore né est cet innocent par excellence : il n'a rien fait, il ne peut se défendre, et sa vie ne relève ni du médecin, ni de la mère, ni du magistrat.
Cette doctrine ne laisse aucune marge au « motif ». Pie XI l'a rappelée avec force : nulle raison, si grave soit-elle, ne rend licite la mise à mort directe d'un innocent; ni l'indication dite médicale, ni le prétexte eugénique de la malformation ne la justifient, car la vie de l'enfant est aussi sacrée que celle de la mère, et nul, pas même l'autorité publique, n'a le droit de la détruire (Casti connubii, 1930).
La mesure
Mesurée à cette règle, la loi ne se juge pas sur la querelle de son ampleur. Que l'on retienne la lecture large — l'avortement jusqu'au terme — ou la lecture étroite — la suppression d'une liste de motifs au profit de l'appréciation du médecin et de la patiente —, l'objet reste le même : rendre plus libre la mise à mort directe de l'enfant à naître. Or ce que la tradition condamne, ce n'est pas tel seuil de semaines ni tel motif, c'est l'acte lui-même. Les exceptions que la loi antérieure admettait déjà — danger pour la santé, malformation — étaient déjà, au regard du cinquième commandement, des permissions de tuer l'innocent. En les élargissant, la loi n'invente pas le mal; elle l'étend.
Que la gouverneure se dise catholique n'y change rien, et l'aggrave plutôt. On ne mesure pas un acte à la profession de foi de son auteur, mais à la loi de Dieu. Une décision qui livre l'enfant à naître au jugement de deux volontés humaines contredit de front l'enseignement que l'Église a tenu sans varier.
Ce que le fidèle doit retenir
Aucune loi civile ne peut faire qu'un innocent cesse d'être un innocent. Le fidèle tient ce que l'Église a toujours tenu : la vie de l'enfant conçu est inviolable, et aucune circonstance ne l'ouvre à discussion. Les appels adressés aux pasteurs pour qu'ils parlent, nous les rapportons sans nous substituer à eux; le jugement de l'acte, lui, ne dépend d'aucune conjoncture : il est écrit depuis le Sinaï.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), explication du cinquième commandement « Tu ne tueras point » ; Exode XX, 13 (Vulgate) ; Pie XI, encyclique Casti connubii (31 décembre 1930).