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Une mère porteuse poursuivie pour avoir refusé d'avorter un enfant au cœur malade
Un couple réclame plus de cent mille dollars à la mère porteuse qui a refusé d'avorter leur enfant atteint d'une malformation cardiaque traitable; nous mesurons l'affaire au cinquième commandement.

Un couple de Californie poursuit en justice la femme qui a porté leur enfant et lui réclame plus de cent mille dollars. Le grief tient en un mot: elle a refusé d'avorter. Le contrat de gestation qu'ils avaient signé stipulait qu'ils pouvaient exiger l'avortement si l'enfant présentait une anomalie. En avril, le garçon fut diagnostiqué d'un syndrome du cœur gauche hypoplasique, malformation grave mais traitable. La mère porteuse, McKenna West, infirmière en cardiologie, a refusé de le faire tuer. Le couple a alors cessé de payer les frais de la grossesse.
Elle a accouché le 12 août à Dallas, après s'être réfugiée au Texas pour placer l'enfant sous la protection de cet État. Elle l'a nommé Gabriel; les parents biologiques l'appellent Rumi. Elle dit n'avoir eu qu'une minute environ auprès du nouveau-né avant qu'ils n'en prennent la garde, et se trouve aujourd'hui privée de tout contact avec lui. L'enfant a subi une première opération du cœur et reçoit des soins sous une ordonnance judiciaire qui impose le traitement vital et interdit qu'on le sorte de l'État.
West déclare renoncer à toute revendication sur l'enfant et ne demander qu'une chose: que le couple s'engage à lui donner ce traitement, qu'elle affirme les voir chercher à faire annuler. «Aucune femme ne devrait être forcée de tuer l'enfant qu'elle porte, dit-elle. Et surtout, chaque enfant mérite une chance de vivre.» Par la voix de leur avocat, les parents se disent «bouleversés» de voir l'affaire «transformée en théâtre politique» et affirment suivre l'avis de l'équipe médicale et faire passer la santé de l'enfant avant tout. Une audience sur la filiation est fixée au 25 août à Dallas.
Ce que la loi de Dieu enseigne
Le cinquième commandement ne connaît pas d'exception d'âge. Le Catéchisme du Concile de Trente enseigne que ces paroles, «Vous ne tuerez point», défendent absolument l'homicide, et il range expressément parmi les coupables celui qui, frappant une femme enceinte, cause la mort de l'enfant qu'elle porte. L'enfant à naître n'est pas une promesse d'homme: il est un homme, et sa vie est sous la même garde que la nôtre.
Le même Catéchisme rappelle pourquoi Dieu a institué le mariage. Les enfants en sont le premier bien, désirés «moins pour laisser des héritiers de ses biens et de ses richesses, que pour donner à Dieu des serviteurs croyants et fidèles»; et il enseigne que commettent une faute très grave ceux qui s'opposent volontairement à cette fin du mariage. L'enfant est un don reçu, non un ouvrage commandé.
La mesure
Deux ruptures se lisent ici à la lumière de cette doctrine.
D'abord, une clause qui autorise à commander la mort d'un enfant jugé «anormal» n'est pas une clause: c'est la stipulation d'un homicide, et nul contrat ne peut obliger à tuer un innocent. Exiger l'avortement de ce garçon parce que son cœur était malade, c'était exiger sa mort. En refusant, la femme qui le portait n'a pas manqué à une obligation morale: elle a obéi à la seule qui l'obligeât. Ce que la loi des hommes appelle une rupture de contrat, la loi de Dieu l'appelle le refus d'un meurtre.
Ensuite, l'arrangement tout entier renverse l'ordre du mariage tel que Dieu l'a voulu. L'enfant n'y est plus reçu, il est commandé; il n'est plus un don, il a un prix; et lorsqu'il ne se présente pas intact, on entend le renvoyer comme une marchandise défectueuse et cesser d'en payer le port. C'est pourquoi l'Église tient la gestation pour autrui pour gravement immorale: non par sévérité, mais parce que cette pratique traite une personne comme un produit et réduit une mère à un moyen.
Ce qu'il faut en retenir
Un catholique n'a pas à attendre le verdict d'un tribunal pour savoir où est le bien dans cette affaire. L'enfant conçu est une personne dès le premier instant, jamais un article de commande; sa vie ne dépend ni d'une clause ni d'un diagnostic. La femme qui a refusé de le faire tuer a fait ce que la loi de Dieu commande, au prix que l'on voit. Aucune signature n'oblige jamais à verser le sang innocent, et nul «défaut» ne retire à un enfant son droit de vivre et d'être soigné. La filiation, les frais, les torts réciproques relèvent des juges; la mesure du bien et du mal, elle, était fixée avant qu'aucun contrat ne fût écrit.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), du cinquième commandement, «Vous ne tuerez point»; et du sacrement de mariage, des fins du mariage et de son premier bien, les enfants. Genèse, i, 28, «Croissez et multipliez», selon la Vulgate.