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Mexique : un curé abattu, l'Église réclame que justice soit faite
Le père Román de la Cruz Hernández, curé à Huejutla, a été abattu par balles et son corps abandonné; l'Église réclame une enquête exhaustive.

Le mardi 15 septembre 2026, le père Román de la Cruz Hernández, quarante-huit ans, curé de la communauté de Santa Cruz à Huejutla, dans l'État de Hidalgo au Mexique, a été abattu par balles. Son corps a été retrouvé le lendemain, mercredi 16 septembre, au bord de la route qui relie Tolago à Tetlapaya, accompagné d'un message menaçant dont le contenu n'a pas été rendu public. Curé de cette communauté depuis 2024, il coordonnait la Commission pour la pastorale prophétique du diocèse de Huejutla.
Le parquet général de la République aurait ouvert une enquête. La région où il exerçait son ministère est décrite comme une zone que des groupes criminels se disputent pour le contrôle des routes de trafic de carburant. La Conférence épiscopale mexicaine a exprimé son « indignation, sa tristesse et sa solidarité » envers l'Église de Huejutla et a demandé aux autorités une « enquête exhaustive ». L'évêque du lieu, Mgr José Acosta Beltrán, a réclamé « que justice soit faite, et que ne demeurent impunis ni ce crime ni les autres ».
La tradition : « Tu ne tueras point »
Le cinquième commandement du Décalogue interdit l'homicide. Le Catéchisme du Concile de Trente enseigne que celui qui tue volontairement un innocent commet l'un des plus grands crimes : il détruit en l'homme l'image de Dieu et arrache à une âme le temps que la miséricorde divine lui laissait pour se convertir. L'Écriture donne à ce sang une voix : « La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi » (Genèse 4, 10). L'effusion du sang innocent est de ces péchés que la tradition dit crier vengeance devant Dieu.
La mesure
Un homme désarmé, abattu de sang-froid, son corps jeté au bord d'une route et surmonté d'une menace : c'est l'homicide volontaire dans sa forme la plus nue, celle que le commandement défend absolument. Réclamer que justice soit faite n'est pas appeler à la vengeance. Le même Catéchisme distingue le meurtre, que la loi divine condamne, de l'acte du magistrat qui, ministre de Dieu et vengeur de sa colère contre celui qui fait le mal, châtie le coupable selon le droit : le glaive remis à l'autorité publique pour punir le crime sert le cinquième commandement, il ne le viole pas. La demande des évêques est celle-là, et elle est juste.
Nous ne prononçons pas ici le mot de martyre : rien n'établit que ce prêtre ait été tué en haine de la foi plutôt que par le calcul d'hommes qui tiennent une route. Mais un pasteur frappé à son poste est une plaie faite à tout le troupeau, et le sang d'un prêtre versé n'est jamais un fait divers. Un rapport de la fondation pontificale Aide à l'Église en Détresse dénombrait, pour les seules années 2023 et 2024, au moins treize responsables religieux assassinés au Mexique et dans cinq pays voisins, et seize missionnaires et laïcs tués en contexte pastoral. Le chiffre dit une saignée, non une suite d'accidents.
Ce qu'il faut en retenir
Le devoir du fidèle n'est ni la résignation ni la fureur. Il prie pour le repos de l'âme du prêtre, pour la conversion de ses meurtriers, et pour que l'autorité fasse son office. Il tient ferme à ce que l'Église a toujours enseigné : que la vie de l'innocent est sacrée parce qu'elle porte l'image de Dieu, et que l'impunité du sang versé est elle-même une offense qui appelle réparation.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), exposition du cinquième commandement « Tu ne tueras point » ; Livre de la Genèse 4, 10 (Vulgate).