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Le fondateur de l'Institut du Verbe Incarné déclaré coupable d'abus par les tribunaux de l'Église
Les tribunaux de l'Église ont déclaré le P. Carlos Miguel Buela, fondateur de l'IVE et des SSVM, coupable d'abus sexuels commis avec violence sur des séminaristes.
Deux tribunaux ecclésiastiques, le Tribunal pénal spécial de première instance et le Tribunal d'appel, ont atteint la « certitude morale » sur la responsabilité du P. Carlos Miguel Buela, fondateur de l'Institut du Verbe Incarné (IVE) et des Servantes du Seigneur et de la Vierge de Matará (SSVM), pour « un délit contre le sixième commandement, perpétré avec violence contre plusieurs personnes », selon le canon 1395 § 2. Un communiqué du Saint-Siège, signé par la préfète du Dicastère pour les instituts de vie consacrée, sœur Simona Brambilla, et par les deux délégués pontificaux — Mgr José Antonio Satué Huerto, évêque de Teruel et Albarracín, et sœur Clara Echarte — a rendu la condamnation publique.
Prêtre argentin mort à Gênes en 2023, Buela avait été accusé d'abus sexuels par une vingtaine de séminaristes depuis les années 2000. Les deux délégués ont notifié officiellement la sentence aux supérieurs provinciaux des deux instituts lors d'une réunion tenue à Rome le 14 septembre. De droit diocésain, fondés dans le diocèse de San Rafael (Argentine) et établis dans celui de Velletri-Segni (Italie), les deux instituts se sont répandus dans plus de vingt-cinq pays. Le cardinal Santos Abril y Castelló avait été commissaire pontifical de la branche masculine avant de conclure son service en 2025, à la nomination des deux délégués.
Ce que la tradition enseigne
Le sixième commandement, « Vous ne serez point adultères », ne vise pas le seul adultère. Le Catéchisme du Concile de Trente enseigne, avec saint Ambroise et saint Augustin, que ce précepte « s'étend à tout ce qui est déshonnête et impur », et qu'en défendant l'adultère Dieu « a défendu en même temps toute sorte d'impureté, capable de souiller le corps ». Saint Paul en tire la sentence que le Catéchisme rappelle : « ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes... ne posséderont le royaume de Dieu » (I Cor. VI).
Et lorsque la victime est confiée à celui qui pèche, la faute redouble. Notre-Seigneur a prononcé sur le scandale des paroles sans appel : « si quelqu'un scandalise un de ces petits qui croient en Moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on suspendît à son cou une de ces meules qu'un âne tourne, et qu'on le plongeât au fond de la mer » (Matth. XVIII).
La mesure
Un fondateur qui abuse des séminaristes remis à sa formation ne commet pas une faiblesse privée : il pèche contre le sixième commandement dans toute l'étendue que lui reconnaît la tradition, et il ajoute au péché de la chair le scandale de ceux qu'il devait conduire à Dieu. La « violence contre plusieurs personnes » retenue par les juges est précisément ce que la Loi divine flétrit dans les termes les plus sévères. Que la sentence tombe après la mort du coupable ne l'affaiblit pas : le communiqué dit vouloir « rétablir la vérité comme un acte de justice » envers ceux qui ont été lésés, et le rétablissement de la vérité est un devoir que la tradition n'a jamais fait dépendre de la vie du pécheur.
Pour le fidèle, la leçon est ancienne et ferme. La sainteté d'une œuvre ne se mesure pas à son expansion, vingt-cinq pays et deux instituts, mais à la fidélité de ceux qui la portent à la loi de Dieu. Là où cette loi est trahie, aucune fondation, si vaste soit-elle, ne couvre la faute.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), du sixième commandement. Sainte Écriture : I Corinthiens VI, 9-10 ; Évangile selon saint Matthieu XVIII, 6-7 (Vulgate).