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Pays-Bas : un enfant de près de deux ans euthanasié, un premier cas
Une commission néerlandaise de contrôle a rapporté qu'un médecin a euthanasié un enfant de près de deux ans, premier cas connu d'un enfant de moins de douze ans dans le pays.

Une commission néerlandaise de contrôle a rapporté qu'un médecin a mis à mort un enfant de près de vingt-quatre mois. C'est, dans ce pays, le premier cas connu d'euthanasie d'un enfant de moins de douze ans. Né prématurément à vingt-six semaines, l'enfant souffrait de paralysie cérébrale, de graves troubles de la vue, de crises d'épilepsie résistantes aux médicaments, de difficultés respiratoires par accumulation de mucus pulmonaire et d'infections septiques répétées. La mise à mort, pratiquée à la fin de 2025, a été opérée en administrant des doses progressivement croissantes d'un produit induisant le coma, jusqu'à la sédation.
La commission a conclu que le médecin « a agi conformément aux protocoles prescrits et avec le soin requis ». Son rapport estime que « chaque facette de l'être humain, en termes de motricité, de comportement et de personnalité, était gravement atteinte, et qu'il n'y aurait aucune amélioration ». Les Pays-Bas ont légalisé l'euthanasie en 2002 ; le cadre en a été étendu voici deux ans aux enfants gravement malades de un à douze ans, l'acte n'étant auparavant accessible qu'aux nouveau-nés et aux plus de douze ans.
Les médecins consultés lors de l'évaluation ne se sont pas accordés sur la souffrance. Un deuxième avis a jugé qu'« il n'y avait pas de souffrance insupportable continue » et que « l'épilepsie s'accompagnait d'un inconfort important, mais que les crises n'étaient pas continues ». Un troisième a conclu au contraire qu'« il n'existait aucun moyen raisonnable de réduire ou d'éliminer la souffrance autrement qu'en mettant fin à la vie ». Sur le fait même qui, dans cette loi, autorise à tuer, les experts n'étaient pas d'accord.
Ce que la tradition a toujours enseigné
Le cinquième commandement ne connaît pas d'exception d'âge, d'infirmité ni de condition. « Vous ne tuerez point », dit l'Exode ; et encore : « vous ne ferez point mourir l'innocent et le juste, parce que J'abhorre l'impie ». Le Catéchisme du Concile de Trente en tire la règle sans détour : « Défense de tuer qui que ce soit ! La Loi s'étend à tous. Il n'est personne, quelle que soit la bassesse de sa condition, qui ne soit protégé par elle. » Nul, ajoute-t-il, n'a « assez de pouvoir sur sa propre vie » pour en disposer ; à plus forte raison nul n'a ce pouvoir sur la vie d'un autre, et moins encore sur celle d'un enfant qui ne peut rien demander.
La mesure
L'enfant mis à mort était innocent. Aucune des infirmités décrites ne le retranche de la protection de la Loi. Le Catéchisme enseigne au contraire qu'il est « défendu dans la Genèse de tuer l'homme, parce que Dieu l'a créé à son image et à sa ressemblance », et que l'homicide fait « disparaître son image du milieu du monde ». La commission a jugé que « chaque facette de l'être humain » était « gravement atteinte » : c'est précisément ce raisonnement que la tradition condamne, car l'image de Dieu ne se mesure ni à la motricité, ni au comportement, ni à la personnalité, et une vie diminuée demeure une vie que nul n'a le droit de supprimer.
Que les médecins aient été divisés sur la réalité de la souffrance ne fait qu'aggraver le cas : on a mis à mort un enfant sur un fait que les experts eux-mêmes ne tenaient pas pour établi. Enfin le Catéchisme ne réserve pas la faute à la seule main qui tue ; il est « défendu d'y contribuer de ses conseils, de ses moyens, de son secours ou de quelque manière que ce soit ». Un protocole, un second avis, un cadre légal ne changent rien à la nature de l'acte : c'est un homicide de l'innocent, que ni l'autorité d'un médecin ni celle d'une loi ne peut rendre licite.
Ce que le fidèle doit en retenir
Une loi humaine qui permet de tuer l'innocent n'oblige pas la conscience ; elle ne peut ni fonder un droit ni effacer un crime. Le devoir du chrétien n'est ni la révolte ni le désespoir, mais la fermeté dans ce que l'Église a toujours tenu : la vie de l'innocent, si brisée soit-elle, est confiée à Dieu seul, et le soin dû aux souffrants est de les soulager et de les accompagner, jamais de les supprimer. Nous prions pour cet enfant et pour tous ceux que menace la même logique.
Sources. Exode XX, 13 et XXIII, 7 (Vulgate, trad. Fillion, 1895). Catéchisme du Concile de Trente (1566), du cinquième commandement « Vous ne tuerez point ».