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Tigré : les combats reprennent, Léon XIV appelle à la paix
Les combats ont repris au Tigré et dans les régions voisines de l'Éthiopie ; Léon XIV appelle toutes les parties au dialogue et à l'acheminement de l'aide humanitaire.

Les combats ont repris dans le nord de l'Éthiopie. Le 23 septembre 2026, des combattants tigréens ont pris le contrôle du principal aéroport de Mekelle et affronté les forces fédérales, qui ont répliqué par des frappes de drones et des opérations terrestres. Le 25 septembre, sept groupes armés, dont le Front populaire de libération du Tigré, ont annoncé la formation d'une coalition, l'« Ethiopian People's Forces Alliance for Survival », déclarant vouloir renverser le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed. L'offensive s'est étendue aux régions voisines de l'Afar et de l'Amhara, avec des affrontements le long du fleuve Tekeze, dans la zone de Wolkayt à l'ouest du Tigré.
L'accord de Pretoria, signé le 2 novembre 2022 sous médiation de l'Union africaine, avait mis fin à la guerre du Tigré de 2020-2022. Trois ans plus tard, la trêve se défait. Les liaisons internet et téléphoniques ont été totalement coupées dans le nord ; les vols vers le Tigré, puis vers Lalibela, ont été suspendus. Un convoi humanitaire transportant de l'aide alimentaire a été attaqué, dans une région déjà isolée depuis des mois par les restrictions de carburant, de fournitures médicales et le blocage des salaires. Environ 160 personnes ont été évacuées ; entre le 22 et le 25 septembre, plus de 400 blessés sont arrivés dans les hôpitaux de Korem et d'Alamata, 300 autres dans ceux de Suhul et de Shire.
Le bilan humain reste à vérifier : l'armée éthiopienne affirme avoir tué 700 combattants tigréens en deux jours, chiffre qu'aucune source indépendante ne confirme. Addis-Abeba accuse l'Érythrée voisine de soutenir les insurgés ; Asmara dément fermement. Le 22 septembre, le président de la Commission de l'Union africaine avait appelé toutes les parties à « la plus grande retenue » et à reprendre le dialogue direct.
Au terme de l'audience générale du 30 septembre 2026, Léon XIV a lancé un appel, en anglais, pour la paix au Tigré et dans les régions voisines. « Le conflit armé ne résout jamais les problèmes, il ne fait que les aggraver, laissant dans son sillage un cortège de mort, de destruction et de ressentiment », a-t-il déclaré, priant toutes les parties de choisir « la voie du dialogue » et la communauté internationale d'assurer que toute l'aide humanitaire parvienne à ceux qui en ont besoin. La conclusion de l'appel, prononcée en anglais, a été rendue tantôt par « ressentiment », tantôt par « souffrance ».
Ce que la tradition enseigne
La paix n'est pas le simple silence des armes ; elle est, selon le mot de saint Augustin, la tranquillité de l'ordre, la concorde qui naît quand chacun rend à Dieu et au prochain ce qui leur est dû. Notre-Seigneur a rangé les artisans de paix parmi les bienheureux : « Bienheureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu. » Et le cinquième commandement, « Tu ne tueras point », interdit, enseigne le Catéchisme du Concile de Trente, non seulement l'homicide, mais tout ce qui, par colère, haine ou convoitise, arme la main de l'homme contre son frère ; par le même précepte, il oblige à secourir la vie du prochain menacé.
La mesure
Mesuré à cette règle, l'appel au dialogue est droit : refuser aux armes le dernier mot, chercher la concorde, exiger que le secours parvienne aux affamés et aux blessés, c'est ce que la charité commande. Mais la même règle juge aussi les actes. Couper un peuple de tout secours, carburant, médicaments, salaires, affamer une région et attaquer un convoi de vivres, ce n'est pas seulement faire la guerre : c'est frapper l'innocent que le cinquième commandement couvre en premier. Nul grief politique, nulle raison d'État ne rend licite ce que la loi de Dieu défend. Le sang versé et l'affamé abandonné crient, l'un et l'autre, contre ceux qui les causent.
Pour le fidèle, la voie est celle que l'Église a toujours montrée : prier pour la paix, soutenir l'aumône envers les victimes, et tenir que la justice, et non la victoire, est la seule fondation d'une paix durable.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), sur le cinquième commandement « Tu ne tueras point ». Évangile selon saint Matthieu, V, 9 (Vulgate). Saint Augustin, La Cité de Dieu, livre XIX, sur la paix comme tranquillité de l'ordre. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 29, sur la paix.