Les Psaumes
Psaume 103 : Bénis le Seigneur, ô mon âme (Psaume 102 de la Vulgate)
Le psaume 103, Bénis le Seigneur ô mon âme, est le grand hymne à la miséricorde de Dieu — le psaume 102 de la Vulgate. Texte complet dans la Bible de Fillion, sens traditionnel et place dans l'office divin.

Le psaume 103, « Bénis le Seigneur, ô mon âme », est le grand hymne d'action de grâces du Psautier : David y bénit Dieu qui pardonne les iniquités, guérit les maladies et fait miséricorde « comme un père a compassion de ses enfants ». Dans la numérotation traditionnelle de l'Église — celle de la Vulgate latine —, ce psaume porte le numéro 102 et commence par Benedic, anima mea, Domino. Nous donnons ici son texte complet dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate, son sens traditionnel et sa place dans l'office divin.
Psaume 103 ou psaume 102 ? La double numérotation
Il existe deux façons de compter les psaumes. La numérotation de la Vulgate latine de saint Jérôme — héritée de la Septante grecque — est celle que l'Église a suivie pendant plus de quinze siècles dans sa liturgie, son bréviaire et les commentaires des Pères : elle compte ce psaume comme le 102. La numérotation hébraïque, adoptée par la plupart des bibles modernes, le compte comme le 103. L'écart vient d'un regroupement différent de deux psaumes au début du Psautier.
Donc : psaume 103 (numérotation hébraïque) = psaume 102 (Vulgate). C'est le même texte, le même Benedic anima mea. Il ne faut pas le confondre avec le psaume qui le précède, le Domine, exaudi (101 de la Vulgate, 102 des hébreux), l'un des sept psaumes de la pénitence. La traduction de l'abbé Fillion suit la numérotation de la Vulgate ; nous donnons ici son texte sous le numéro hébraïque, le psaume 103.
Le texte complet du psaume 103 (traduction de l'abbé Fillion)
Voici le psaume entier dans la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate, qui rend le nom divin par « le Seigneur » (Dominus), comme la liturgie.
Psaume 103 (102 de la Vulgate)
De David lui-même. Mon âme, bénis le Seigneur, et que tout ce qui est au dedans de moi bénisse Son saint Nom.
Mon âme, bénis le Seigneur, et n'oublie jamais tous Ses bienfaits.
C'est Lui qui pardonne toutes tes iniquités, et qui guérit toutes tes maladies.
C'est Lui qui rachète ta vie de la mort, qui te couronne de miséricorde et de grâces.
C'est Lui qui remplit tes désirs en te comblant de biens ; ta jeunesse sera renouvelée comme celle de l'aigle.
Le Seigneur fait miséricorde, et Il rend justice à tous ceux qui souffrent la violence.
Il a fait connaître Ses voies à Moïse, et Ses volontés aux enfants d'Israël.
Le Seigneur est compatissant et miséricordieux, patient et très miséricordieux.
Il ne S'irritera pas perpétuellement, et ne menacera pas sans fin.
Il ne nous a pas traités selon nos péchés, et Il ne nous a pas punis selon nos iniquités.
Car autant le Ciel est élevé au-dessus de la terre, autant Il a affermi Sa miséricorde sur ceux qui Le craignent.
Autant l'orient est éloigné du couchant, autant Il a éloigné de nous nos iniquités.
Comme un père a compassion de ses enfants, ainsi le Seigneur a compassion de ceux qui Le craignent.
Car Il sait de quoi nous sommes formés ; Il S'est souvenu que nous ne sommes que poussière.
Les jours de l'homme passent comme l'herbe ; il fleurit comme la fleur des champs.
Qu'un souffle passe sur lui, et il n'est plus, et le lieu qu'il occupait ne le reconnaît plus.
Mais la miséricorde du Seigneur s'étend de l'éternité à l'éternité sur ceux qui Le craignent. Et Sa justice se répand sur les enfants des enfants
de ceux qui gardent Son alliance, et qui se souviennent de Ses préceptes, pour les accomplir.
Le Seigneur a préparé Son trône dans le Ciel, et tout sera assujetti à Son empire.
Bénissez le Seigneur, vous tous, Ses Anges, qui êtes puissants et forts ; qui exécutez Sa parole, pour obéir à la voix de Ses ordres.
Bénissez le Seigneur, vous toutes, Ses armées ; vous, Ses ministres, qui faites Sa volonté.
Bénissez le Seigneur, vous toutes, Ses œuvres, dans tous les lieux de Sa domination. Mon âme, bénis le Seigneur.
Bénis le Seigneur, ô mon âme : les premiers versets
Les paroles d'ouverture — psaume 103, versets 1 et 2 — donnent le mouvement de tout le psaume : l'âme s'exhorte elle-même à bénir Dieu et à n'oublier aucun de ses bienfaits. La louange n'est pas d'abord un sentiment ; c'est un acte de mémoire et de justice envers Dieu.
Le verset 3 énumère les deux premiers bienfaits, et ils vont ensemble : Dieu « pardonne toutes tes iniquités » et « guérit toutes tes maladies ». La tradition lit ici, avant la santé du corps, la guérison de l'âme : le pardon des péchés, que le fidèle reçoit dans la confession. Puis viennent le rachat de la fosse — la mort dont Dieu délivre —, la couronne de bonté et, au verset 5, la jeunesse renouvelée « à la vigueur de l'aigle » : saint Augustin, commentant ce psaume (Enarrationes in Psalmos, sur le psaume 102), voit dans l'aigle qui se renouvelle une figure du renouvellement de l'homme dans le Christ et de la résurrection.
La signification traditionnelle du psaume 103
La signification du psaume 103 tient en un mot : la miséricorde. Le verset 8 — « Le Seigneur est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté » — reprend presque mot pour mot ce que Dieu a proclamé de lui-même devant Moïse au Sinaï (Exode 34, 6), et le verset 7 nomme Moïse expressément. David chante donc le Dieu de l'alliance, tel qu'il s'est révélé lui-même : celui qui ne nous traite pas selon nos péchés, et qui éloigne de nous nos fautes « autant que l'orient est loin de l'occident ». C'est l'un des textes où la doctrine de la miséricorde divine s'exprime avec le plus de force dans l'Ancien Testament.
Cette miséricorde a un fondement que le psaume donne lui-même : Dieu « sait de quoi nous sommes formés, il se souvient que nous sommes poussière ». L'homme passe comme l'herbe ; la bonté de Dieu, elle, « dure à jamais pour ceux qui le craignent ». La Sainte Vierge reprend ce verset dans le Magnificat, lorsqu'elle chante la miséricorde de Dieu qui s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent (Luc 1, 50).
Le psaume s'achève en s'élargissant à toute la création : les anges « puissants et forts » qui exécutent les ordres de Dieu — ces mêmes esprits que Dieu donne aux hommes pour gardiens, comme le rappelle la dévotion à l'ange gardien —, les armées célestes, puis toutes les œuvres de Dieu. La louange commencée dans le secret d'une âme finit aux dimensions de l'univers. Le psaume qui suit, le grand cantique de la création, reprend ces mêmes premiers mots — Mon âme, bénis le Seigneur — pour chanter cette fois les bienfaits non de la grâce mais de la création.
Le psaume 103 chanté : les complies du samedi
Ce psaume a toujours appartenu à l'office divin. Dans l'office monastique, saint Benoît le fait chanter aux matines du samedi. Dans le bréviaire romain issu de la réforme de saint Pie X (1911), conservé dans le bréviaire de 1962, le psaume 102 Benedic anima mea est chanté aux complies du samedi, divisé en deux (versets 1-12 et 13-22), après le psaume 87.
Le choix est parlant : au dernier office de la semaine, avant le repos de la nuit et le jour du Seigneur, l'Église fait mémoire des bienfaits reçus et bénit Dieu pour ses miséricordes. Le psaume 103 chanté, c'est d'abord cela : la psalmodie latine et grégorienne des complies, que l'on peut suivre chaque samedi dans l'office traditionnel — par exemple avec Divinum Officium.
Psaume 103 Louis Segond ou traduction de l'abbé Fillion ?
Beaucoup cherchent le « psaume 103 Louis Segond ». La Bible Louis Segond (1880) est une traduction protestante ; elle rend le premier verset par « Mon âme, bénis l'Éternel ». Pour un catholique, la référence française classique est la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate et approuvée par l'Église — c'est elle que nous citons plus haut, et c'est elle qu'il convient d'utiliser pour la prière et l'étude.
Comment prier le psaume 103
Ce psaume est la prière d'action de grâces par excellence. La tradition le suggère particulièrement :
- Après la confession, pour remercier Dieu qui « pardonne toutes tes iniquités » — le psaume dit exactement ce que le pénitent vient de recevoir.
- Le samedi soir, avec l'Église, en le priant comme elle le chante aux complies avant le dimanche.
- Dans l'épreuve ou la maladie, pour se rappeler que Dieu est « lent à la colère et riche en bonté », et qu'il sait de quoi nous sommes formés.
- En famille ou seul, comme louange du matin, en commençant la journée par « Mon âme, bénis le Seigneur ».
On le prie lentement, verset par verset, et l'on conclut comme l'Église par le Gloria Patri.
Questions Fréquentes
Pourquoi le psaume 103 est-il aussi appelé psaume 102 ?
À cause des deux numérotations du Psautier. La Vulgate latine et la Septante grecque, suivies par la liturgie de l'Église, le comptent comme psaume 102 ; la numérotation hébraïque, suivie par la plupart des bibles modernes, le compte comme 103. C'est le même psaume, le Benedic anima mea Domino.
Qui a écrit le psaume 103 ?
Le psaume porte en titre « De David » : la tradition de l'Église l'attribue au roi David. Comme pour tout le Psautier, l'auteur humain est l'instrument du véritable auteur, l'Esprit-Saint, qui a inspiré l'Écriture.
Que disent les premiers versets du psaume 103 ?
Les versets 1 et 2 sont une exhortation de l'âme à elle-même : « Mon âme, bénis le Seigneur, et n'oublie pas ses nombreux bienfaits. » Le verset 3 énumère les premiers de ces bienfaits : Dieu pardonne toutes les iniquités et guérit toutes les maladies.
Quelle est la signification du psaume 103 ?
C'est le grand psaume de la miséricorde divine. Il chante le Dieu qui pardonne, qui ne nous traite pas selon nos péchés, et dont la bonté envers ceux qui le craignent est aussi haute que les cieux au-dessus de la terre — parce qu'il se souvient que nous sommes poussière.
Où le psaume 103 est-il chanté dans la liturgie traditionnelle ?
Dans le bréviaire romain de 1962 (psautier de saint Pie X), le psaume 102 de la Vulgate est chanté aux complies du samedi, divisé en deux parties, avec le psaume 87. Dans l'office monastique de saint Benoît, il se chante aux matines du samedi.
Faut-il lire le psaume 103 dans la version Louis Segond ?
La Louis Segond est une traduction protestante. Le catholique dispose en français de la traduction de l'abbé Fillion (1895), établie sur la Vulgate et approuvée par l'Église, dont nous donnons le texte complet ci-dessus ; c'est elle qu'il convient d'utiliser pour la prière et l'étude.
L'application Iter Fidei réunit les psaumes, les prières catholiques, le calendrier liturgique de 1962 et l'audio pour prier chaque jour. Télécharger ici.
Sources. Psaume 103 : La Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion (1895), sur la Vulgate Sixto-Clémentine. Texte latin : Vulgate, Psalmus 102 (Benedic anima mea Domino). Usage liturgique : Breviarium Romanum (psautier de saint Pie X, 1911 ; rubriques de 1962), complies du samedi ; Règle de saint Benoît (répartition du Psautier). Saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, sur le psaume 102. Exode 34, 6 et Luc 1, 50 (Fillion).