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Aide à mourir : le Conseil constitutionnel valide la loi
Le Conseil constitutionnel a validé l'intégralité de la loi sur l'aide à mourir ; nous la mesurons au cinquième commandement.

Le 14 août 2026, le Conseil constitutionnel a validé l'intégralité de la loi sur l'« aide à mourir », adoptée le 15 juillet par l'Assemblée nationale, en l'assortissant de trois réserves d'interprétation. Le texte ouvre en France la voie au suicide assisté et à l'euthanasie. L'évêque de Nanterre, Mgr Matthieu Rougé, a dit sa tristesse et sa volonté de poursuivre le combat en faveur de l'accompagnement des personnes vulnérables.
Ce que la tradition enseigne
La loi de Dieu ne connaît ici nulle exception. Le cinquième commandement, « Tu ne tueras point », interdit d'ôter la vie humaine, celle d'autrui comme la sienne propre. Dieu seul est maître de la vie et de la mort ; l'homme n'a reçu la sienne qu'en dépôt et n'en a pas la libre disposition. Le Catéchisme du Concile de Trente enseigne que ce précepte défend l'homicide comme le suicide, et qu'il oblige aussi ceux qui, sans frapper de leur main, y prêtent conseil, secours ou consentement. Donner la mort à un malade, ou l'aider à se la donner, n'est pas un soin : c'est un homicide, quelque douceur qu'on lui prête.
La mesure
Une loi qui autorise de faire mourir n'ajoute rien au bien du mourant ; elle retire à sa vie la protection que la société lui doit. « L'aide à mourir l'emporte sur l'aide à vivre », a dit Mgr Rougé. Et encore : « Le fait même de pouvoir porter atteinte à la vie d'autrui porte atteinte au fondement de la vie en société. » Aucune des trois réserves n'atteint ce fond : la faculté de donner la mort demeure inscrite dans la loi. « La tristesse de la loi votée demeure », a conclu l'évêque de Nanterre.
Ce qui est relevé, ce qui est contesté
Dans la décision, Mgr Rougé relève quelques garde-fous : une vigilance renforcée à l'égard des mineurs protégés, la reconnaissance d'une objection de conscience pour les pharmaciens, la légitimation de la charte éthique des établissements qui refusent de pratiquer l'euthanasie. Le Conseil admet en effet qu'un établissement de santé privé puisse refuser que la procédure se déroule dans ses locaux lorsqu'elle est manifestement contraire à ses missions statutaires ou à son projet, à la condition que d'autres établissements répondent aux besoins locaux, selon les dispositions déjà en vigueur pour l'avortement.
D'autres jugent la décision plus sévèrement. La Fondation Jérôme-Lejeune l'estime « scandaleusement minimaliste » : aucune disposition n'a été censurée, et aucune protection particulière n'a été accordée aux personnes porteuses de déficience intellectuelle. Son président, Jean-Marie Le Méné, membre de l'Académie pontificale pour la vie, dénonce une décision « biaisée et partiale », quatre membres du Conseil ayant, selon lui, publiquement pris parti pour la légalisation de l'euthanasie. Sur le fond, les deux voix se rejoignent : la loi n'a pas été arrêtée.
Ce que le fidèle doit tenir
Nulle loi civile ne peut rendre licite ce que la loi divine défend. Un texte qui permet de donner la mort n'oblige personne à la donner ni à la demander ; il n'abolit pas le cinquième commandement, il se met en travers. Le devoir du chrétien reste entier : accompagner le mourant, soulager sa douleur, veiller auprès de lui jusqu'au terme que Dieu seul fixe, sans jamais hâter cette heure. L'objection de conscience reconnue au pharmacien, au médecin et à l'établissement n'est pas une faveur : c'est le droit de ne pas coopérer à un homicide, et ce droit oblige à en user.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), explication du cinquième commandement, « Tu ne tueras point ». Exode, xx, 13 (Vulgate). Saint Augustin, La Cité de Dieu, livre I, sur la défense faite à l'homme de se donner la mort.