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Un tribunal blanchit le cardinal Ouellet et condamne une fausse accusation
La Cour supérieure du Québec juge fausses les accusations d'inconduite contre le cardinal Ouellet et condamne son accusatrice à lui verser 100 000 dollars.

La Cour supérieure du Québec a jugé sans fondement les accusations d'inconduite sexuelle portées contre le cardinal Marc Ouellet, ancien archevêque de Québec et ancien préfet du Dicastère pour les évêques. Dans une décision rendue le 31 août 2026, le juge Martin Castonguay a débouté son accusatrice et l'a condamnée à verser au cardinal 100 000 dollars canadiens (environ 72 000 dollars américains) en dommages.
La plaignante reprochait au cardinal de l'avoir touchée sans son consentement à trois reprises entre 2008 et 2010, alors qu'elle était en formation puis en fonction comme agente de pastorale laïque, et disait s'être sentie « traquée » lors d'un autre événement. Le tribunal a conclu que les allégations décrivant les quatre faits cités étaient « fausses », et a tenu son témoignage pour « ni crédible ni fiable », relevant qu'elle avait changé plusieurs fois de version. Deux autres femmes ont témoigné contre le cardinal ; le juge a estimé leur témoignage non pertinent quant à la question de la diffamation, et a conclu que le cardinal n'était pas « l'auteur des gestes » qu'une de ces femmes avançait.
Les allégations avaient surgi en 2022 dans le cadre d'une action collective visant l'archidiocèse de Québec et des dizaines de clercs et de laïcs. Le cardinal, retiré depuis avril 2024, avait nié tout acte répréhensible et déposé une demande reconventionnelle de 100 000 dollars pour diffamation. Dès 2022, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège avait estimé qu'il n'existait pas « d'éléments suffisants pour ouvrir une enquête canonique pour agression sexuelle ».
Le juge a par ailleurs relevé que le préjudice avait été « amplifié par le véhicule choisi » : une action collective dirigée principalement contre des religieux pédophiles, qui rangeait ainsi le cardinal « dans ce groupe d'individus ». Le conseil du cardinal a souligné que, même dans un cadre judiciaire, des allégations graves doivent reposer sur « des faits exacts et pertinents » et être portées avec la rigueur qu'exige leur gravité.
Le huitième commandement et le faux témoignage
La tradition ne juge pas les faits d'une cause : elle juge les actes à la lumière de la loi de Dieu. Or la loi est claire. Le huitième commandement — « Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain » (Exode XX, 16) — interdit non seulement le mensonge sous serment, mais la calomnie, qui impute à autrui une faute qu'il n'a pas commise.
Le Catéchisme du Concile de Trente enseigne que celui qui a blessé la réputation du prochain est tenu à restitution, comme celui qui a dérobé son bien : la bonne renommée est un bien réel, et qui la ravit doit la rendre. Et l'Écriture attache une peine au faux témoin : « il lui sera fait comme il avait dessein de faire à son frère » (Deutéronome XIX, 19). Les faux témoins de Suzanne subirent le sort qu'ils lui avaient préparé (Daniel XIII).
La mesure
Nous ne siégeons pas au tribunal civil et nous ne prononçons rien sur les âmes. Mais la règle demeure : imputer à un homme un crime qu'il n'a pas commis est une calomnie, faute grave contre la justice et contre la charité. Le constat du juge — des allégations « fausses », un témoignage « ni crédible ni fiable » — se mesure à ce commandement. Et la condamnation à verser 100 000 dollars fait écho à l'antique loi du faux témoin, qui porte le poids qu'il voulait faire peser sur l'innocent. Que l'accusation ait circulé par le « véhicule » d'une action collective dirigée contre des prédateurs n'atténue pas la faute : la tradition tient la diffamation publique pour plus grave que l'offense cachée, car la blessure est plus large et plus difficile à guérir.
Un verdict civil n'est pas une absolution morale au sens plénier ; il établit en droit que ces accusations précises n'ont pas été prouvées et ont été jugées fausses. Le fidèle en retiendra la mesure de toujours : garder sa langue, ne pas répandre une accusation avant qu'elle soit établie, présumer le bien. Les abus réels existent et leurs victimes ont droit à la justice — l'action collective visant l'archidiocèse a été entérinée le 12 août, avec un règlement à l'amiable de 31,5 millions de dollars pour des personnes réellement abusées depuis 1940. Une fausse accusation blesse aussi ces victimes, en banalisant la charge. Le cardinal a promis de reverser les 100 000 dollars à des organismes qui luttent contre les abus sexuels subis par les Autochtones du Canada : un acte de miséricorde, que nous saluons sans emphase.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), du huitième commandement, sur le faux témoignage, la calomnie et la restitution de la bonne renommée ; Exode XX, 16 et Deutéronome XIX, 16-19 (Vulgate) ; Daniel XIII, sur les faux témoins de Suzanne.