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Léon XIV donne Newman en modèle : la foi et la raison ne se séparent pas
En recevant une délégation d'Oxford, Léon XIV a donné saint John Henry Newman en modèle d'une éducation où la foi et la raison ne se séparent jamais.

Le vendredi 4 septembre 2026, le pape Léon XIV a reçu au Vatican une délégation de l'Oriel College d'Oxford, venue en pèlerinage à Rome pour les 700 ans de la charte royale de 1326 qui fonda le collège. Devant ces universitaires, le pape a présenté saint John Henry Newman, membre d'Oriel de 1822 à 1845 avant sa conversion, comme le modèle d'une science où la foi et la raison ne se séparent jamais.
Newman, dit-il, « demeure un exemple lumineux d'un savant qui a montré l'inséparabilité de la foi et de la raison, non seulement dans ses œuvres, mais plus admirablement encore dans sa vie ». Le pape a rappelé qu'il avait, l'automne dernier, proclamé Newman docteur de l'Église et co-patron de l'éducation, et il a invité la délégation à chercher « courageusement la vérité » et à confier à Dieu l'avenir du collège, resté selon lui « ferme dans son identité chrétienne » à travers les siècles.
Ce que l'Église a toujours tenu
Que la foi et la raison ne puissent se contredire n'est pas une trouvaille du XIXe siècle : c'est un dogme. Le concile du Vatican, en 1870, enseigne que ces deux ordres de connaissance procèdent d'un seul et même Dieu, et que jamais il ne peut y avoir de véritable désaccord entre la foi et la raison, « puisque le même Dieu qui révèle les mystères et communique la foi a déposé dans l'esprit humain la lumière de la raison ». Dieu ne saurait se nier lui-même, ni le vrai contredire le vrai.
De cette unité découle toute la doctrine de l'éducation chrétienne. Léon XIII, restaurant la philosophie de saint Thomas, rappelait que la raison bien conduite prépare et défend la foi, tandis que la foi délivre la raison de l'erreur et l'élève. Les séparer, c'est mutiler l'homme et l'étude tout ensemble.
La mesure
Sur ce point, la parole tenue à Oxford ne fait que redire la tradition, et nous le disons sans détour : ici, l'éloge rejoint le dogme. Faire de Newman le témoin d'une formation qui « embrasse la personne tout entière » et se mesure à « la dignité humaine, la justice et la capacité de servir le bien commun », c'est refuser le divorce moderne entre le savoir et le salut, entre l'intelligence et la sainteté. Une école qui instruit sans ordonner l'âme à Dieu ne forme pas l'homme entier : elle le divise.
Le fidèle retiendra ceci : chercher la vérité n'est jamais un exercice neutre. Toute vérité vient de Dieu, et l'étude qui refuse de s'ordonner à lui n'est pas une science plus pure, mais une science amputée. Là où l'on rappelle que la foi et la raison tiennent ensemble ou tombent ensemble, on tient le fil que l'Église n'a jamais lâché.
Sources. Concile du Vatican, constitution dogmatique Dei Filius (1870), ch. 4, De la foi et de la raison. Léon XIII, encyclique Æterni Patris (1879), sur la restauration de la philosophie chrétienne selon saint Thomas d'Aquin.