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Indianapolis : dispense de la messe dominicale pour les fidèles qui craignent une arrestation
À Indianapolis, un décret dispense jusqu'au 30 septembre de l'obligation de la messe dominicale les fidèles qui craignent une arrestation liée à l'immigration.

Par un décret daté du 4 septembre et en vigueur jusqu'au 30 septembre, l'archevêque d'Indianapolis a dispensé de l'obligation d'assister à la messe le dimanche et les jours de fête les fidèles qui ont « des motifs raisonnables de craindre d'être détenus, séparés de leurs familles ou soumis à l'intimidation » en raison du durcissement de l'application des lois sur l'immigration. La mesure vise aussi « ceux qui possèdent les documents légaux appropriés », et a été prise, dit le décret, « en accord avec le droit canonique ».
L'obligation d'entendre la messe le dimanche découle du troisième commandement, qui ordonne de sanctifier le jour du Seigneur ; l'Église en a fait un précepte qui oblige sous peine de péché grave. Mais ce précepte, comme toute loi positive, cède devant une cause excusante proportionnée : l'impossibilité morale, un dommage notable, une crainte grave. Celui qui, pour se rendre à l'autel, s'exposerait à être arraché aux siens n'est pas tenu ; la crainte grave excuse d'elle-même, avant tout décret. L'Ordinaire, de son côté, peut dispenser ses sujets pour une juste cause. La tradition ne juge pas la personne du fidèle apeuré : elle rappelle la mesure exacte de son obligation.
L'archevêque a invité ceux qui usent de la dispense à suivre une messe retransmise, à méditer les lectures du dimanche et à réciter le rosaire ; il a demandé aux curés de veiller à la Pénitence, à l'Onction des malades et à la Communion des personnes empêchées. Il faut le dire nettement : une messe suivie sur un écran n'acquitte pas le précepte, car celui-ci requiert la présence corporelle au Saint Sacrifice ; elle est un pieux secours, non un accomplissement.
« Alors qu'il faut reconnaître le devoir de la force publique de protéger et de défendre, il est gravement préoccupant de voir des familles déchirées », écrit le prélat, qui rappelle que « la dignité inhérente de l'homme créé à l'image de Dieu exige que toute personne soit traitée avec dignité ». La charité qui protège le faible et la loi qui punit le coupable ne s'opposent pas ; c'est l'innocent traité en coupable qui blesse la justice.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), du troisième commandement et du précepte d'entendre la messe ; Exode xx, 8, sur la sanctification du jour du Seigneur ; principe reçu de la théologie morale, selon lequel la loi ecclésiastique cède devant l'impossibilité morale et la crainte grave, et l'Ordinaire dispense ses sujets pour une juste cause.