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Frappes israéliennes au Liban: trois morts, et la loi qui juge toute effusion de sang
Des frappes israéliennes sur le sud et l'est du Liban ont fait au moins trois morts et vingt-trois blessés, jugés à l'aune du cinquième commandement.

Dans la nuit du vendredi 4 septembre, des frappes ont touché le sud et l'est du Liban. Le ministère libanais de la Santé fait état d'au moins trois morts et de vingt-trois blessés, répartis sur cinq localités des régions de Tyr et de Nabatieh, au sud, et de la Bekaa, à l'est. L'armée israélienne affirme avoir agi après une attaque de drone du Hezbollah contre ses soldats.
Le bilan reste provisoire. Un premier décompte parlait de deux tués dans une frappe de drone sur la ville de Kfar Rumman, dans le district de Nabatieh; il a ensuite été porté à trois au moins. Le Hezbollah n'a pas répondu dans l'immédiat. Depuis le 2 mars, les attaques israéliennes ont coûté la vie à plus de quatre mille trois cents personnes au Liban.
La loi qui juge ces actes est ancienne et ne varie pas. « Tu ne tueras point », dit le cinquième commandement. Le Catéchisme du Concile de Trente enseigne que cette défense n'interdit pas tout retranchement de la vie: le magistrat qui punit le coupable, le soldat qui repousse le juste ennemi ne pèchent point, car ils sont ministres de la loi. Mais la même autorité qui permet de repousser l'agresseur interdit de frapper l'innocent avec lui. Le sang de qui n'a pas porté les armes ne se rachète par aucune nécessité militaire.
Ainsi la question n'est pas de savoir qui a lancé le premier drone, que nous ne prétendons pas trancher. Elle est de savoir ce que devient une riposte qui tombe sur cinq bourgs habités et fait, en une nuit, trois morts et vingt-trois blessés. Le nombre même des morts entassés depuis le mois de mars, plus de quatre mille trois cents, est déjà le verdict: là où l'on ne compte plus, on ne discerne plus, et où l'on ne discerne plus l'innocent du coupable, la guerre a cessé d'être juste. Le sang versé sans droit crie de la terre, comme celui d'Abel, et il crie contre celui qui l'a répandu.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), explication du cinquième commandement « Tu ne tueras point »; Livre de la Genèse (IV, 10), le sang d'Abel qui crie de la terre vers Dieu, selon la Vulgate.