Apologétique
Le catholicisme : ce que croient et pratiquent les catholiques
Qu'est-ce que le catholicisme ? Définition, origine et histoire, le Credo article par article, les quatre notes de l'Église (une, sainte, catholique, apostolique), les sept sacrements, les commandements et la prière : la religion catholique exposée d'après les catéchismes de Trente et de saint Pie X.

Le catholicisme est la religion fondée par Jésus-Christ, Fils de Dieu fait homme, sur l'apôtre Pierre et transmise sans interruption par l'Église catholique romaine depuis les apôtres. Être catholique, c'est croire tout ce que Dieu a révélé et que l'Église propose à croire, recevoir les sept sacrements et obéir aux pasteurs légitimes — selon la définition même du Catéchisme de saint Pie X. Nous exposons ici la religion catholique dans son ensemble : sa définition, son origine, son Credo, les quatre notes de l'Église, sa pratique et sa hiérarchie.
Qu'est-ce que le catholicisme ? Définition
Le mot « catholique » vient du grec katholikos, « universel ». La définition du catholicisme tient en une phrase du Catéchisme de saint Pie X : le chrétien véritable est « celui qui est baptisé, qui croit et professe la doctrine chrétienne et obéit aux pasteurs légitimes de l'Église ». Trois éléments donc : un sacrement qui incorpore (le baptême), une foi qui se professe (le Credo), une autorité qui enseigne (le pape et les évêques).
Le catholicisme n'est pas d'abord une morale ni un sentiment religieux : c'est une religion révélée. Dieu a parlé par les prophètes, puis par son Fils ; ce dépôt de la révélation, contenu dans l'Écriture et la Tradition, est gardé et interprété par l'Église. Le Catéchisme du concile de Trente (1566), rédigé sur l'ordre du concile pour les curés, en demeure l'exposé le plus autorisé.
Catholicisme et christianisme : quelle différence ?
On oppose parfois « catholicisme » et « christianisme » comme deux religions distinctes ; l'opposition est mal posée. Le christianisme est la religion du Christ ; le catholicisme en est la forme intégrale et originelle, celle de l'Église que le Christ a fondée. Les autres confessions chrétiennes en sont issues par séparation : l'orthodoxie par le schisme de 1054, le protestantisme par la rupture de 1517. Tout catholique est donc chrétien ; tout chrétien n'est pas catholique. D'autres mouvements, comme les témoins de Jéhovah, se réclament de la Bible tout en rejetant la Trinité et la divinité du Christ : ils sortent par là de la foi chrétienne elle-même.
Ce qui distingue la religion catholique des confessions séparées : la primauté du pape, successeur de Pierre ; l'Écriture reçue avec la Tradition et interprétée par le magistère ; les sept sacrements et le sacrifice de la Messe ; le culte de la Vierge Marie et des saints ; le purgatoire et la prière pour les défunts. Nous avons exposé ces différences point par point dans catholique ou protestant et catholique ou orthodoxe.
L'origine et l'histoire du catholicisme
L'origine du catholicisme n'est pas une évolution humaine : c'est un acte d'institution divine. Le Christ dit à Simon : « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle » (Matthieu 16, 18, Crampon) ; puis, avant de monter au ciel : « Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28, 19).
L'Église naît publiquement à la Pentecôte ; Pierre établit son siège à Rome, où il meurt martyr sous Néron — c'est pourquoi l'on dit « catholicisme romain ». Dès l'an 107 environ, saint Ignace d'Antioche écrit : « Là où est Jésus-Christ, là est l'Église catholique » (Lettre aux Smyrniotes, l'Église de saint Polycarpe) — le nom est aussi ancien que la chose.
L'histoire du catholicisme est celle de cette Église à travers les siècles : les persécutions et les Pères, les conciles qui fixent le dogme (Nicée en 325, Trente de 1545 à 1563, Vatican en 1870), les missions qui portent la foi jusqu'aux extrémités du monde. La France y tient une place propre : le baptême de Clovis vers 496 fait d'elle la fille aînée de l'Église, et le catholicisme en France a donné des légions de saints, de saint Martin de Tours au curé d'Ars. Au XIXe siècle naît aussi le catholicisme social : Albert de Mun et René de La Tour du Pin fondent en 1871 les cercles catholiques d'ouvriers, et Léon XIII fixe la doctrine de l'Église sur la question ouvrière dans l'encyclique Rerum Novarum (1891).
Ce que croient les catholiques : le Credo
La foi catholique se professe dans le Symbole des apôtres, résumé de toute la doctrine en douze articles. Les catholiques croient : en un seul Dieu en trois personnes, Père, Fils et Saint-Esprit ; en Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie, mort sur la croix pour racheter les hommes, ressuscité le troisième jour, monté aux cieux, d'où il viendra juger les vivants et les morts ; au Saint-Esprit ; à la sainte Église catholique et à la communion des saints ; à la rémission des péchés ; à la résurrection de la chair et à la vie éternelle. Chaque article est expliqué dans notre exposé du Credo.
De ce Credo découle tout le reste : les fins dernières (mort, jugement, ciel, purgatoire, enfer), la grâce qui sauve, la médiation de l'Église. Le Catéchisme de Trente ordonne d'ailleurs toute la doctrine en quatre parties : le Credo, les sacrements, les commandements, la prière — plan que nous suivons ici.
Les quatre notes de l'Église : une, sainte, catholique, apostolique
Le Credo de Nicée-Constantinople donne les quatre marques auxquelles se reconnaît la véritable Église du Christ. Elle est une : une seule foi, un seul sacrifice, un seul chef visible, le pape. Elle est sainte : par son fondateur, sa doctrine, ses sacrements et les saints qu'elle ne cesse de produire jusqu'à nos jours, tel Padre Pio, frère capucin marqué des stigmates au XXe siècle — la sainteté des membres pécheurs n'est pas la sainteté de l'Église. Elle est catholique : universelle, envoyée à toutes les nations et à tous les temps. Elle est apostolique : fondée sur les apôtres, gouvernée par leurs successeurs dans une lignée ininterrompue depuis Pierre. Le Catéchisme du concile de Trente enseigne que ces quatre notes, réunies, ne se trouvent que dans l'Église catholique romaine.
La pratique du catholicisme
Les sept sacrements
La vie catholique est une vie sacramentelle. Le Christ a institué sept sacrements, signes sensibles qui produisent la grâce : le baptême, la confirmation, l'Eucharistie, la pénitence (la confession), l'extrême-onction, l'ordre et le mariage. Ils accompagnent toute l'existence, de la naissance à la mort ; le mariage catholique, contracté devant l'Église, est un sacrement indissoluble. Nous les présentons un à un dans notre article sur les sacrements.
Les commandements
La foi se vit dans l'obéissance : « Si vous m'aimez, gardez mes commandements » (Jean 14, 15, Crampon). La règle morale du catholicisme tient dans les dix commandements donnés à Moïse et confirmés par le Christ, complétés par les commandements de l'Église : sanctifier le dimanche par la Messe, se confesser au moins une fois l'an, communier à Pâques, jeûner et faire abstinence aux jours fixés.
La prière et la Messe
Le centre du culte catholique est le saint sacrifice de la Messe, renouvellement non sanglant du sacrifice de la croix. La journée du catholique est en outre tissée de prière : la prière du matin et du soir, l'Angélus, le chapelet, l'oraison. Le Notre Père, enseigné par le Christ lui-même, est le modèle de toute prière, où nous demandons chaque jour notre pain et la grâce de ne pas succomber à la tentation ; le catéchisme de Trente lui consacre sa quatrième partie entière.
La hiérarchie de l'Église catholique
L'Église est une société visible et hiérarchique. Par institution divine, la hiérarchie comprend le pape, successeur de Pierre et vicaire du Christ, les évêques, successeurs des apôtres, et les prêtres, leurs coopérateurs, assistés des diacres. Les autres degrés — cardinaux, archevêques, prélats — relèvent de l'organisation ecclésiastique et non de l'institution divine. Le concile Vatican (1870) a défini la primauté de juridiction du pontife romain sur toute l'Église et son infaillibilité lorsqu'il définit ex cathedra une doctrine de foi ou de mœurs.
Catholicisme traditionnel : de quoi parle-t-on ?
On appelle catholicisme traditionnel, ou traditionaliste, la fidélité à la foi, à la discipline et à la liturgie que l'Église a professées et célébrées jusqu'au milieu du XXe siècle : la Messe tridentine, le bréviaire, le calendrier liturgique, les catéchismes de Trente et de saint Pie X. Le mot « intégriste », d'usage polémique, ne désigne aucune réalité doctrinale distincte. Le catholicisme traditionnel n'est pas une branche ni une sensibilité : c'est la religion catholique elle-même, transmise telle qu'elle a été reçue.
Devenir catholique
Le catholicisme n'est pas une appartenance héréditaire : on y entre par la foi et le baptême, à tout âge. L'adulte qui veut embrasser la religion catholique reçoit une instruction (le catéchuménat), puis le baptême — ou, s'il est déjà validement baptisé, l'abjuration de ses erreurs et la profession de foi catholique. Nous décrivons ce chemin, étape par étape, dans devenir catholique.
Questions Fréquentes
Que signifient les rameaux dans la religion catholique ?
Les rameaux bénis le dimanche des Rameaux rappellent les palmes que la foule agita à l'entrée de Jésus à Jérusalem, six jours avant sa Passion (Matthieu 21, 8-9). Le rameau bénit, conservé à la maison près du crucifix, est un sacramental : il professe que le Christ est roi et attire la protection de Dieu sur le foyer.
À quoi correspond Pâques dans la religion catholique ?
Pâques est la fête de la résurrection de Jésus-Christ, le troisième jour après sa mort sur la croix. C'est la fête des fêtes, centre de toute l'année liturgique : elle est préparée par les quarante jours du Carême et la Semaine Sainte, et l'Église oblige tout fidèle à communier au moins en ce temps pascal.
Que signifient les cendres dans la religion catholique ?
Le mercredi des Cendres, qui ouvre le Carême, le prêtre impose des cendres sur le front des fidèles en disant : « Souviens-toi, homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière » (cf. Genèse 3, 19). Les cendres, faites des rameaux de l'année précédente, sont un signe de pénitence et un rappel de la mort.
L'incinération est-elle permise dans la religion catholique ?
La discipline traditionnelle de l'Église interdit l'incinération : le Code de droit canonique de 1917 (canon 1203) ordonne d'ensevelir les corps des fidèles et réprouve la crémation, hors le cas de nécessité publique. Cette discipline honore le corps, temple du Saint-Esprit et destiné à la résurrection, et s'oppose à ceux qui firent de la crémation une profession d'incrédulité.
Un catholique peut-il être franc-maçon ?
Non. L'Église a condamné la franc-maçonnerie dès la bulle In eminenti de Clément XII (1738), condamnation renouvelée par Léon XIII dans l'encyclique Humanum Genus (1884) ; le canon 2335 du Code de 1917 frappe d'excommunication les catholiques qui s'affilient à la secte maçonnique.
Quel livre lire pour connaître la religion catholique ?
Les deux exposés les plus sûrs sont le Catéchisme du concile de Trente (1566), destiné aux prêtres mais lisible par tous, et le Catéchisme de saint Pie X (1912), bref et limpide, par demandes et réponses. Pour l'année liturgique, L'Année liturgique de Dom Guéranger demeure sans équivalent.
Le catholicisme a-t-il des branches ?
Non ; l'Église catholique est une dans la foi et le gouvernement. Il existe en son sein plusieurs rites liturgiques — le rite latin, très majoritaire, et les rites orientaux (byzantin, maronite, chaldéen, entre autres) — mais tous professent la même foi et reconnaissent le même pape. Les « branches » séparées (orthodoxie, protestantisme) ne sont pas des parties de l'Église catholique.
Quelle est la différence entre catholicisme et orthodoxie ?
Les Églises orthodoxes, séparées de Rome depuis 1054, ont gardé les sacrements et la succession apostolique, mais rejettent la primauté de juridiction du pape et son infaillibilité, ainsi que quelques points définis après la séparation. La différence porte donc d'abord sur l'autorité de Pierre, non sur l'essentiel du Credo.
La religion catholique n'est pas une opinion parmi d'autres : c'est le dépôt reçu du Christ, gardé par l'Église, offert à tout homme. Le connaître est le premier pas ; le vivre — par la foi, les sacrements, les commandements et la prière — est le but.
Pour vivre le catholicisme au quotidien, l'application Iter Fidei réunit les prières traditionnelles, les psaumes, le calendrier liturgique de 1962 et des audios : Rejoignez l'accès anticipé ici..
Sources. Bible Crampon (Matthieu 16, 18 ; 28, 19 ; Jean 14, 15) ; Catéchisme du concile de Trente (1566) ; Catéchisme de saint Pie X (1912) ; saint Ignace d'Antioche, Lettre aux Smyrniotes ; concile Vatican, constitution Pastor aeternus (1870) ; Clément XII, In eminenti (1738) ; Léon XIII, Humanum Genus (1884) et Rerum Novarum (1891) ; Code de droit canonique de 1917 (canons 1203, 2335) ; Dom Guéranger, L'Année liturgique.