Notre-Dame
Notre-Dame du Perpétuel Secours : l'icône, la prière, la neuvaine
Notre-Dame du Perpétuel Secours : l'histoire de l'icône byzantine vénérée à Rome, sa symbolique, la dévotion confiée aux Rédemptoristes par Pie IX en 1866, la prière traditionnelle et la neuvaine.

Notre-Dame du Perpétuel Secours est le titre sous lequel l'Église honore la Sainte Vierge dans une icône byzantine vénérée à Rome, en l'église Saint-Alphonse de l'Esquilin, où Pie IX la fit placer en 1866. En la confiant aux Rédemptoristes, le pape leur donna cet ordre demeuré célèbre : « Faites-la connaître au monde entier. » Nous présentons ici l'histoire de l'icône, sa symbolique, la dévotion qui s'y rattache, la prière traditionnelle et la neuvaine.
L'histoire de l'icône du Perpétuel Secours
L'icône appartient à l'école crétoise et fut apportée de Crète en Italie à la fin du XVe siècle par un marchand qui, à sa mort, demanda qu'elle fût exposée à la vénération publique. En 1499, elle fut placée dans l'église Saint-Matthieu de la voie Mérulane, à Rome, entre Sainte-Marie-Majeure et Saint-Jean-de-Latran, où elle fut honorée pendant trois siècles. En 1798, pendant l'occupation de Rome par les armées de la Révolution, l'église Saint-Matthieu fut détruite ; les Augustins emportèrent l'icône en l'église Sainte-Marie in Posterula, où elle demeura presque oubliée.
Or, en 1855, les Rédemptoristes — la congrégation fondée par saint Alphonse de Liguori — avaient bâti l'église Saint-Alphonse sur la voie Mérulane, près de l'emplacement de l'ancienne Saint-Matthieu. Ayant appris par le père Michel Marchi où se trouvait l'icône jadis vénérée en ce lieu, ils en firent la demande au Saint-Siège. En décembre 1865, Pie IX ordonna que l'image leur fût remise, à charge de la replacer entre les deux basiliques. Le 26 avril 1866, l'icône fut portée en procession solennelle dans l'église Saint-Alphonse, où elle est restée depuis ; le 23 juin 1867, elle fut couronnée au nom du chapitre de Saint-Pierre, et la fête fut fixée au 27 juin.
La symbolique byzantine de l'icône
L'icône est du type que les Grecs nomment Vierge de la Passion. Sur un fond d'or, qui figure la lumière du ciel, la Mère de Dieu porte l'Enfant Jésus sur son bras gauche. De part et d'autre, deux archanges présentent les instruments de la Passion : saint Gabriel la croix et les clous, saint Michel la lance, le roseau et l'éponge du vinaigre. Des lettres grecques nomment chaque figure, selon l'usage byzantin : « Mère de Dieu », « Jésus-Christ », et les initiales des deux archanges.
L'Enfant, à la vue des instruments de sa Passion, s'est jeté dans les bras de sa Mère ; dans ce mouvement, la sandale de son pied droit s'est détachée et pend à sa lanière. Ses deux mains sont serrées dans la main droite de Marie. La Vierge, elle, ne regarde pas son Fils : ses yeux sont tournés vers nous.
Toute la théologie de l'image tient là : le Fils se réfugie auprès de sa Mère devant la croix qui l'attend, et la Mère montre aux pécheurs qu'ils peuvent recourir à elle dans toutes leurs craintes. Son secours est perpétuel, parce que sa maternité l'est : commencée au jour de l'Annonciation, où elle conçut le Verbe fait chair, cette maternité s'étendit à nous au Calvaire, quand Notre-Seigneur la donna pour mère au disciple — « Voilà votre mère » (Jean 19, 27, version Crampon).
Pie IX, les Rédemptoristes et la dévotion depuis 1866
La dévotion à Notre-Dame du Perpétuel Secours, sous sa forme actuelle, date de la remise de l'icône aux Rédemptoristes. Fidèles à l'ordre de Pie IX, les fils de saint Alphonse répandirent des copies de l'image, touchées à l'original, dans leurs missions et leurs églises de tous les continents, et une confrérie établie en l'église Saint-Alphonse agrégea des fidèles du monde entier. Le XIXe siècle fut en France le siècle de ce renouveau marial : c'est la même époque qui vit l'archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires à Paris, les larmes de Notre-Dame de La Salette en 1846 et les apparitions de Notre-Dame de Lourdes.
Cette dévotion n'est pas un sentiment vague. Elle consiste à recourir à Marie dans toutes les nécessités de l'âme et du corps, avec la confiance que saint Alphonse enseigne dans Les Gloires de Marie : Dieu a voulu que les grâces de son Fils nous viennent par les mains de sa Mère. Celui qui veut s'y engager plus avant trouvera dans la consécration à Marie la forme achevée de cette appartenance.
La basilique et les églises Notre-Dame du Perpétuel Secours
L'icône originale se vénère à Rome, en l'église Saint-Alphonse de l'Esquilin, sur la voie Mérulane, à quelques pas de Sainte-Marie-Majeure. C'est là le sanctuaire propre de la dévotion, d'où toutes les copies tirent leur origine.
Le vocable s'est ensuite répandu partout où les copies de l'icône ont été intronisées. La France compte de nombreuses églises Notre-Dame du Perpétuel Secours ; les plus connues sont l'église parisienne du XIe arrondissement, élevée à la fin du XIXe siècle, et l'église du Perpétuel Secours de Nice. Le pèlerin n'y cherche pas autre chose qu'à Rome : une image de la Mère de Dieu devant laquelle prier, et les sacrements — la messe et la confession — dont l'icône n'est jamais séparée.
La prière à Notre-Dame du Perpétuel Secours
La prière traditionnelle, consacrée par la Raccolta, le recueil romain des prières indulgenciées, se dit devant l'image :
Voici à vos pieds, ô Mère du Perpétuel Secours, un malheureux pécheur qui recourt à vous et met en vous sa confiance. Ô Mère de miséricorde, ayez pitié de moi. J'entends tous les fidèles vous appeler le refuge et l'espérance des pécheurs : soyez donc mon refuge et mon espérance. Secourez-moi pour l'amour de Jésus-Christ ; tendez la main à un misérable qui tombe et qui se recommande à vous, et qui se voue à votre service pour toujours. Je bénis et je remercie Dieu qui, dans sa miséricorde, m'a donné cette confiance en vous, gage assuré de mon salut éternel. Il est vrai que dans le passé je suis misérablement tombé, parce que je n'ai pas eu recours à vous. Je sais qu'avec votre secours je vaincrai ; je sais que vous m'aiderez si je me recommande à vous. Mais je crains de négliger, dans le danger, de vous invoquer, et de perdre ainsi mon âme. Obtenez-moi donc cette grâce, que je vous demande de toute l'ardeur de mon âme : dans tous les assauts de l'enfer, que je recoure toujours à vous en disant : Ô Marie, secourez-moi ; ô Mère du Perpétuel Secours, ne permettez pas que je perde mon Dieu. Amen.
Dans le courant de la journée, la courte invocation suffit : « Ô Mère du Perpétuel Secours, ne permettez pas que je perde mon Dieu. » Elle se joint naturellement au Je vous salue Marie et à la récitation quotidienne du chapelet.
La neuvaine à Notre-Dame du Perpétuel Secours
Une neuvaine est neuf jours de prière pour une même intention, à l'imitation des neuf jours que les Apôtres passèrent au Cénacle avec Marie entre l'Ascension et la Pentecôte. La neuvaine à Notre-Dame du Perpétuel Secours se fait le plus souvent du 18 au 26 juin, pour s'achever la veille de la fête ; elle peut se faire en tout temps, pour une maladie, une conversion, une famille éprouvée, une cause qui semble perdue. La forme est simple : chaque jour, devant une image de l'icône, on récite la prière traditionnelle donnée ci-dessus, jointe au Notre Père, au Je vous salue Marie et au Gloire au Père, et l'on formule l'intention demandée.
Les Rédemptoristes ont aussi répandu, à partir de 1927, la neuvaine dite perpétuelle : commencée cette année-là en leur église Saint-Alphonse de Saint-Louis, aux États-Unis, elle consiste en un exercice public tenu chaque semaine, le même jour, sans interruption au long de l'année ; des milliers d'églises dans le monde le tenaient. Le but de la neuvaine n'est pas d'arracher une faveur par la répétition, mais de former l'âme à la persévérance dans le recours à Marie — ce recours perpétuel dont l'icône est la prédication muette.
Questions Fréquentes
Où se trouve l'icône originale de Notre-Dame du Perpétuel Secours ?
L'icône originale se vénère à Rome, en l'église Saint-Alphonse de l'Esquilin, près de Sainte-Marie-Majeure, où elle fut placée le 26 avril 1866. Toutes les images du Perpétuel Secours en sont des copies.
Quelle est la prière à Notre-Dame du Perpétuel Secours ?
La prière traditionnelle est celle de la Raccolta : « Voici à vos pieds, ô Mère du Perpétuel Secours, un malheureux pécheur qui recourt à vous ». Elle s'achève par l'invocation « Ô Mère du Perpétuel Secours, ne permettez pas que je perde mon Dieu », que l'on peut répéter seule dans la journée.
Comment faire la neuvaine à Notre-Dame du Perpétuel Secours ?
Pendant neuf jours consécutifs, on récite chaque jour devant l'image la prière traditionnelle, jointe au Notre Père, au Je vous salue Marie et au Gloire au Père, en formulant son intention. Elle se fait souvent du 18 au 26 juin, avant la fête, mais peut se faire en tout temps.
Quand est la fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours ?
La fête se célèbre le 27 juin. Elle fut instituée après que Pie IX eut confié l'icône aux Rédemptoristes en 1866 et que l'image eut été couronnée solennellement le 23 juin 1867.
Que signifient les lettres grecques sur l'icône ?
Les initiales grecques nomment les personnages, selon l'usage byzantin : « Mère de Dieu » au-dessus de la Vierge, « Jésus-Christ » près de l'Enfant, et les abréviations des noms des archanges saint Michel et saint Gabriel, qui présentent les instruments de la Passion.
Pourquoi l'Enfant Jésus perd-il sa sandale sur l'icône ?
La sandale détachée traduit le mouvement par lequel l'Enfant s'est jeté dans les bras de sa Mère à la vue des instruments de la Passion. Ce détail montre la vérité de son humanité, et il enseigne au fidèle le geste même de la dévotion : courir à Marie dans la crainte, comme le Fils s'est réfugié auprès d'elle.
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Sources. La Sainte Bible, traduction Crampon (1904), Jean 19. Raccolta, recueil traditionnel des prières et œuvres pies indulgenciées (prière à Notre-Dame du Perpétuel Secours). Actes de Pie IX : remise de l'icône aux Rédemptoristes (décembre 1865), translation en l'église Saint-Alphonse (26 avril 1866), couronnement de l'image (23 juin 1867). Saint Alphonse de Liguori, Les Gloires de Marie.