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À Lourdes, Léon XIV défend la vie et se tourne vers les victimes d'abus
À Lourdes, Léon XIV défend la vie humaine face à l'euthanasie et rencontre des victimes d'abus commis par des membres du clergé.

Le 27 septembre 2026, pour le deuxième jour de son voyage en France, le pape Léon XIV s'est rendu à Lourdes. Il y a rencontré les évêques français à l'hémicycle « Sainte-Bernadette » du sanctuaire, célébré une messe en plein air sur la prairie, puis rencontré à huis clos sept personnes victimes d'agressions sexuelles commises par des membres du clergé. C'est la première venue d'un pape à Lourdes depuis 2008.
Devant les évêques, il a rappelé la consécration de la France à la Vierge, le 10 février 1638, et affirmé que « la parole de l'Église a pleinement droit de cité dans le débat public en France ; elle possède, par sa nature, une autorité prophétique. Même si elle n'est pas toujours écoutée, elle est attendue. » Il a salué leur fermeté lors des récents débats sur la fin de vie et les a exhortés à défendre la liberté et les droits de l'Église.
Sur la prairie du sanctuaire, quelque 150 000 fidèles ont assisté à la messe, selon l'estimation du Saint-Siège, un chiffre qu'aucune source indépendante n'a recoupé. Dans son homélie, le pape a visé « les courants actuels qui prétendent redéfinir la valeur de la vie humaine devant la maladie, la souffrance ou la vieillesse », alors que la France a légalisé l'euthanasie à la fin de juillet 2026 ; face à eux, disait-il, « la Grotte de Massabielle se dresse comme un sanctuaire de l'espérance chrétienne ».
L'après-midi, sans présence de médias, il devait rencontrer sept victimes : un ancien pensionnaire de l'internat Notre-Dame de Bétharram, une victime de l'abbé Bernard Preynat, condamné en 2020, et une femme abusée par l'abbé Pierre. Les mosaïques de Marko Rupnik, sur la façade de la basilique du Rosaire, ont été couvertes : jusqu'à vingt femmes accusent le prêtre slovène d'abus sexuels ou psychologiques. Le pape a médité devant la photographie de « l'Enfant qui pleure », exposée à Lourdes depuis cinq ans en mémoire des mineurs abusés dans l'Église. « Il est indispensable de reconnaître nos propres fautes pour notre progrès spirituel », a-t-il dit. Selon l'estimation d'un rapport public rendu en 2021, l'Église de France a reconnu jusqu'à 320 000 victimes depuis 1950 ; elle a versé 44 millions d'euros pour indemniser 1 193 personnes en cinq ans.
Ce qu'enseigne la tradition
Sur la vie humaine, l'Église n'a jamais varié. Le cinquième commandement, « Tu ne tueras point » (Exode 20, 13), défend d'ôter la vie à l'innocent, et le Catéchisme du Concile de Trente enseigne que l'homme n'est pas maître de sa propre vie : la donner comme la reprendre appartient à Dieu seul. Tuer par compassion reste tuer ; la souffrance et la vieillesse ne retranchent rien à la dignité d'une âme faite pour le Ciel.
Sur les crimes commis contre les petits, la sentence du Seigneur est sans appel : « Celui qui scandalisera un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on suspendît à son cou une meule de moulin et qu'on le précipitât au fond de la mer » (saint Matthieu 18, 6). Le prêtre qui trahit ce dépôt ne pèche pas seulement contre la justice, mais contre la sainteté de son état.
Sur la place de l'Église dans la cité, la doctrine pérenne tient que l'Église, société parfaite, possède de Dieu le droit de régler ce qui touche au salut, et que l'État lui doit respect et liberté (Léon XIII, Immortale Dei, 1885).
La mesure
En défendant la vie contre les lois qui prétendent en redéfinir le prix, le pape rejoint ici la doctrine constante : c'est le langage même du cinquième commandement, et nous le disons sans détour, c'est juste. De même, réclamer pour l'Église le droit de parler dans la vie publique est conforme à la tradition, qui va plus loin encore : la parole de l'Église n'est pas seulement « attendue » parmi d'autres voix, elle porte une autorité que la cité lui doit.
Sur les abus, reconnaître les fautes est un devoir chrétien, non une faveur : il n'y a pas de pardon sans aveu ni sans réparation. La tradition demande davantage que des mots et des indemnités ; elle demande la justice, envers les victimes comme envers les coupables, et la restauration de la sainteté sacerdotale que ces crimes ont profanée. Couvrir des mosaïques est un signe ; il ne tient lieu ni de jugement ni de pénitence.
Ce que cela signifie pour les fidèles
Le fidèle formé dans la tradition tiendra fermement ces deux vérités ensemble : la vie de l'innocent est inviolable du berceau au dernier souffle, et la trahison des petits est un crime qui crie vers le Ciel. Il se réjouira que la vie soit défendue à Lourdes, et il n'oubliera pas que les blessures ne se ferment que par la justice et la pénitence, jamais par l'oubli.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), sur le cinquième commandement « Tu ne tueras point » ; Exode 20, 13 et saint Matthieu 18, 6 (Vulgate) ; Léon XIII, Immortale Dei (1885), sur la liberté et les droits de l'Église dans la cité.