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Léon XIV dans l'avion du retour : défendre la vie n'est pas faire de la politique
De retour de France, Léon XIV rejette l'accusation d'avoir violé la laïcité en condamnant l'euthanasie : défendre la vie, dit-il, n'est pas faire de la politique.

Au retour de son voyage en France, le pape Léon XIV a tenu la conférence de presse d'usage à bord de l'avion, le lundi 28 septembre 2026. Il a d'abord évoqué les abus sexuels commis par des clercs, rappelant sa rencontre de la veille, à Lourdes, avec un groupe de victimes, et la « responsabilité particulière » de l'Église de les accompagner vers la guérison. Puis il a rejeté l'accusation d'avoir violé la laïcité française en critiquant la loi sur l'euthanasie récemment adoptée.
« Quand l'Église parle de la défense de la vie et aborde des questions qui touchent à la doctrine sociale, elle n'entre pas en politique : elle applique l'Évangile à la vie des personnes », a-t-il déclaré. Et encore : « Si cela est de la politique, alors oui, j'ai fait de la politique. Mais mon intention n'était pas d'intervenir dans la politique française : c'était d'enseigner ce que l'Église croit vraiment. »
Sur la guerre, le ton fut net. Il a dit entendre de nouveau des dirigeants parler d'armes nucléaires et de conflits toujours plus destructeurs, et il a dénoncé la course aux armements : « Continuer à s'armer, continuer à dépenser des sommes énormes dans cette gigantesque industrie militaire. Peu de gens s'enrichissent énormément grâce à une industrie qui promeut la guerre. » Il a exhorté les dirigeants de la Russie et de l'Ukraine, entre autres, à s'asseoir à une table pour dialoguer.
Sur l'intelligence artificielle, il a écarté la « panique » tout en jugeant sérieuses les inquiétudes des experts, appelant à des « barrières » éthiques pour que la machine ne « détruise pas l'humanité » ni n'écarte l'homme des décisions ; il s'est dit « relativement optimiste ». Interrogé sur la montée d'un parti d'extrême droite en Allemagne, il a souhaité que l'Église aide les hommes de bonne volonté à choisir le bien commun plutôt que les « idées extrémistes ».
Au terme de la messe célébrée la veille sur la prairie du sanctuaire de Lourdes, avant l'Angélus, il aurait par ailleurs invité tous les fidèles à réciter le Rosaire tout au long du mois d'octobre pour la fin des guerres et le rétablissement de la paix, rappelant que la Vierge apparut à sainte Bernadette le chapelet à la main.
Voici le point fixe. Le cinquième commandement défend de tuer l'innocent ; l'euthanasie, qui donne la mort au malade, est un homicide et non un soin. En le rappelant, l'Église ne descend pas dans l'arène des partis : elle enseigne la loi que Dieu a gravée dans tout cœur. Sur ce point, la parole entendue dans l'avion rejoint la doctrine de toujours.
Mais la « laïcité » elle-même n'est pas un principe catholique. La doctrine constante enseigne que l'État, comme l'homme, doit à Dieu un culte public, et qu'il est tenu de reconnaître et de protéger la vraie religion. La séparation de l'Église et de l'État, érigée en règle, fut condamnée, et nommément la loi française de 1905. Demander qu'une « frontière » soit respectée concède déjà trop : ce n'est pas une frontière que la cité doit à Dieu, c'est la soumission.
Sur la guerre, la tradition ne connaît pas le pacifisme, mais la guerre juste : le prince peut prendre les armes pour une cause juste, d'une droite intention, en dernier recours. La dénonciation de la cupidité qui s'engraisse du sang des peuples est, quant à elle, de tous les siècles. Et si l'appel à réciter le Rosaire en octobre a bien été lancé, il ne fait que renouer avec un usage que l'Église a toujours tenu pour une arme : c'est par le secours du Ciel, non par les industries de la terre, que les guerres s'apaisent.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), du cinquième commandement ; Léon XIII, encyclique Immortale Dei (1885) sur la constitution chrétienne des États ; Pie X, encyclique Vehementer Nos (1906) contre la séparation de l'Église et de l'État ; saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 40, sur la guerre ; Léon XIII, encyclique Supremi Apostolatus Officio (1883) sur le Rosaire.