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En France, Léon XIV oppose le droit à la vie au débat sur l'aide à mourir
En visite en France, Léon XIV a défendu le droit à la vie contre l'aide à mourir ; nous mesurons ses paroles au cinquième commandement.

Du 25 au 28 septembre 2026, Léon XIV a effectué un voyage apostolique en France, première visite d'un pape dans ce pays depuis dix-huit ans. Alors que la France débat d'une loi sur l'aide à mourir, le pape a fait de la défense de la vie le fil de ses interventions, de l'Élysée à Lourdes puis à Metz.
Dès son arrivée, devant le chef de l'État, il a déclaré : « Je réaffirme avec force que la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable de tout autre droit humain. » Le dimanche 27 septembre à Lourdes, s'adressant à une femme lourdement handicapée, comptée parmi le million de personnes jugées « éligibles » à l'aide à mourir, il a ajouté : « Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort. Ce qui est légal n'est pas nécessairement moral ! » Le lundi 28 septembre à Metz, devant des dirigeants de pays de l'Union, il a parlé de servir la vie « jusqu'au bout » : « Servir la vie, c'est l'entourer de soins, de présence et de tendresse, surtout dans l'épreuve, jusqu'au bout. »
Sur la laïcité, il a soutenu à l'Élysée que « la véritable laïcité n'exclut pas la dimension religieuse, mais sait au contraire en tirer parti comme d'une ressource éducative ». À huis clos devant les évêques de France, il a affirmé que la parole de l'Église « a toute sa place dans le débat public en France » et possède « par nature, une autorité prophétique ».
Le même 28 septembre, désigné « Journée internationale pour l'avortement sûr », onze États — Danemark, Estonie, Finlande, France, Islande, Lituanie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Espagne et Suède — publiaient une déclaration commune présentant l'accès à l'avortement comme essentiel à l'autonomie corporelle, à l'égalité des sexes et aux droits humains. Deux voix, le même jour, sur la même vie.
Le cinquième commandement
La loi est ancienne et ne varie pas : « Tu ne tueras point » (Exode 20, 13). Le Catéchisme du Concile de Trente, expliquant le cinquième commandement, enseigne que nul homme, ni par autorité privée ni sous le couvert d'aucune loi, n'a le droit d'ôter la vie à l'innocent. L'enfant à naître et le malade sont au premier rang de ces innocents. Pie XI l'a redit contre l'avortement : la vie de l'un et de l'autre est également sacrée, et nulle raison ne peut jamais valoir pour excuser le meurtre direct de l'innocent (Casti connubii, 1930).
La mesure
Sur ce point, les paroles prononcées en France rejoignent la doctrine constante : donner la mort au faible ne devient jamais un acte de soin, et la légalité d'un acte ne le rend pas moral. Nous le disons sans détour, comme nous dirions l'inverse : défendre la vie de l'innocent, c'est tenir la place que l'Église a toujours tenue. La déclaration des onze États marche exactement en sens contraire. Elle érige l'« autonomie » en principe supérieur à la vie de l'innocent ; or aucune autonomie, aucun consensus de gouvernements, ne peut rendre licite ce que le cinquième commandement interdit absolument. Ce qui est voté n'est pas pour autant permis devant Dieu.
Ce qu'il faut en retenir
Le fidèle n'a pas à attendre qu'une majorité le confirme. Ni l'aide à mourir ni l'avortement ne cessent d'être le meurtre de l'innocent parce qu'une loi les autorise. Servir la vie « jusqu'au bout », c'est entourer le mourant et le souffrant de soins et de présence, jamais hâter leur fin. Tel est le seul chemin que la tradition reconnaisse.
Sources. Exode 20, 13 (Vulgate) ; Catéchisme du Concile de Trente (1566), du cinquième commandement ; Pie XI, Casti connubii (1930), sur le meurtre direct de l'innocent.