Actualités
À l'UNESCO, Léon XIV défend la dignité du mourant face à l'aide à mourir
À l'UNESCO, Léon XIV a affirmé que la dignité humaine reste intacte dans la maladie et la fin de vie ; nous mesurons ses paroles au cinquième commandement.

Le vendredi 25 septembre 2026, le pape Léon XIV s'est rendu au siège de l'UNESCO, dans le VIIe arrondissement de Paris, pour y prononcer un discours articulé autour d'une seule question : « Qu'est-ce que signifie être humain ? » C'est la première fois qu'un pape s'adresse à cette organisation depuis Jean-Paul II en 1980. Devant les délégués, il a soutenu que ni la science ni la technologie ne peuvent répondre seules à cette question, et il a défendu la dignité de la vie humaine à tous ses âges, à la naissance comme à la fin de vie, alors que la France vient d'adopter sa loi sur l'aide à mourir.
« L'être humain est aussi celui qui meurt, a-t-il affirmé, notre dignité n'est pas détruite par la maladie ou la souffrance, elle est intacte à tous les stades de la vie. » Il a lié l'avenir des peuples au « respect et à la promotion de la dignité de chaque être humain créé à l'image de Dieu ». Sur l'intelligence artificielle, il a averti qu'elle peut multiplier la désinformation, demandé qu'elle demeure « au service de la personne » et non un instrument de domination, et appelé à protéger les enfants de l'exploitation de leur vulnérabilité en ligne. L'éducation elle-même, a-t-il ajouté, « lorsqu'elle abandonne la vérité devient un instrument de manipulation des consciences ».
Ce que la tradition enseigne
Le cinquième commandement ne connaît aucune exception de condition ni d'âge. Le Catéchisme du Concile de Trente l'établit sans détour : « Défense de tuer qui que ce soit ! La Loi s'étend à tous. Il n'est personne, quelle que soit la bassesse de sa condition, qui ne soit protégé par elle. » Et il va plus loin que le meurtre d'autrui : « Bien plus, défense de se tuer soi-même.
Nul n'a assez de pouvoir sur sa propre vie, pour se donner la mort quand il lui plaît. » La loi divine ne dit pas « vous ne tuerez point les autres », observe le Catéchisme, mais simplement « vous ne tuerez point ». La raison en est donnée dès la Genèse : il est défendu de tuer l'homme « parce que Dieu l'a créé à son image et à sa ressemblance », et celui qui verse ce sang « fait disparaître son image du milieu du monde ».
La mesure
Sur ce point, la parole prononcée à Paris rejoint la doctrine constante de l'Église. Affirmer que la dignité « n'est pas détruite par la maladie ou la souffrance » et qu'elle demeure « intacte à tous les stades de la vie », c'est redire ce que Trente enseigne : la vie du malade et du mourant est protégée par le même précepte que celle de tout autre homme, et nul ne possède sa propre vie au point d'en disposer.
La loi française sur l'aide à mourir se tient précisément à l'opposé : elle organise ce que le Décalogue interdit absolument, jusqu'à « contribuer [à la mort] de ses conseils, de ses moyens, de son secours ou de quelque manière que ce soit ». Le Catéchisme range l'homicide parmi les crimes qui « détruisent, autant qu'il est en eux, l'œuvre de Dieu ». Défendre en paroles la dignité du mourant et armer la main qui l'abrège sont deux choses inconciliables.
Pour les fidèles
On ne retranche rien au cinquième commandement au nom de la compassion. Le soulagement dû au malade est un devoir que le même précepte commande, celui de la charité qui fait que « nous soulageons les pauvres en ce qui leur est nécessaire » ; mais soulager n'est jamais tuer. Le fidèle tiendra les deux ensemble, comme l'Église les a toujours tenus : on entoure celui qui souffre, on ne hâte pas sa mort. Quant à l'avertissement sur les techniques nouvelles, il ne vaut qu'autant qu'il reste ordonné à cette vérité première : l'homme est image de Dieu du premier au dernier souffle.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), du cinquième commandement (« Vous ne tuerez point »), §§ II et IV. Genèse I, 27 et IX, 6 (Vulgate).