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À Lourdes, Léon XIV rejette l'euthanasie et la « fausse compassion »
À Lourdes, le pape Léon XIV rejette l'euthanasie et le suicide assisté récemment légalisés en France, y voyant une « fausse compassion » contraire au cinquième commandement.

Le dimanche 27 septembre 2026, à l'Accueil Notre-Dame de Lourdes, le pape Léon XIV s'est adressé à environ 5 000 malades et à ceux qui les accompagnent pour refuser que l'on donne la mort aux malades. Son propos visait la légalisation récente de l'euthanasie et du suicide assisté en France, cinquième pays d'Europe à franchir ce pas après la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et l'Espagne.
« C'est précisément au nom de cette dignité inaliénable de la personne humaine que nous devons rejeter la tentation de donner la mort sous le couvert d'une fausse compassion », a-t-il déclaré. « Il est impossible de considérer comme normal le fait de donner la mort. Ce qui est légal n'est pas nécessairement moral. » Le matin même, il avait salué le courage des évêques de France pour leur opposition à cette loi, et il a condamné aussi l'avortement des enfants handicapés.
Reprenant son allocution de juin à la Fondation Jérôme Lejeune, il a rappelé que la médecine ne doit jamais devenir « servante de la mort programmée ». Aux soignants, il a lancé cet appel : « souvenez-vous du sens profond de votre vocation, qui est de prendre soin de la personne qui souffre, et non de l'éliminer. » Aux malades eux-mêmes : « vous n'êtes pas un fardeau. Vous êtes le cœur battant de notre humanité et un trésor précieux pour l'Église. » Il a plaidé pour le développement des soins palliatifs et a clos sa visite par une procession aux flambeaux du rosaire depuis la grotte de Massabielle.
La tradition : « Tu ne tueras point »
Le cinquième commandement ne connaît pas d'exception de compassion. « Non occides », porte le Décalogue (Exode, XX, 13). Le Catéchisme du Concile de Trente, expliquant ce précepte, enseigne que Dieu s'est réservé le pouvoir sur la vie et la mort, et qu'il est défendu d'ôter la vie à l'innocent ; il range expressément parmi les homicides celui qui se donne la mort à lui-même comme celui qui la donne à autrui. Pie XI, dans l'encyclique Casti connubii (1930), redit que nulle autorité humaine, nulle raison, nulle « indication » médicale, eugénique ou sociale ne peut rendre licite la mise à mort directe d'un innocent, car sa vie est également soustraite au pouvoir arbitraire des hommes.
La mesure
Une loi qui autorise à donner la mort ne fait pas naître un droit : elle nomme licite ce que la loi divine appelle homicide. C'est pourquoi la formule du souverain pontife, « fausse compassion », nomme la chose avec exactitude. Achever un malade n'est pas le soigner ; supprimer l'enfant handicapé avant sa naissance n'est pas le guérir. La vraie miséricorde envers celui qui souffre est de rester à son chevet et de soulager sa douleur, non de mettre fin à ses jours : c'est le sens des soins palliatifs, développement du devoir de soin, et non son abandon. Sur ce point précis, l'appel du pape à « prendre soin de la personne qui souffre, et non [à] l'éliminer » redit ce que l'Église a toujours tenu, et ce que la loi française vient de renverser.
Ce que le fidèle doit retenir
Que le légal et le moral ne coïncident pas, et que la conscience chrétienne se règle sur le second. Aucun fidèle, aucun soignant, ne peut coopérer à donner la mort, la loi civile fût-elle permissive. Le malade, l'infirme, le mourant gardent une dignité entière et une vocation : ils ne sont un poids pour personne. Que l'on prie pour eux, que l'on demeure auprès d'eux, que l'on soutienne les œuvres de soin qui portent la souffrance au lieu de la supprimer.
Sources. Sainte Écriture, Exode, XX, 13 (Vulgate) ; Catéchisme du Concile de Trente (1566), explication du cinquième commandement ; Pie XI, encyclique Casti connubii (1930).