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La défense légitime ne justifie pas la course au réarmement
Le secrétaire d'État du Saint-Siège a rappelé devant l'ONU que le droit à la légitime défense ne saurait justifier une course au réarmement, notamment nucléaire.

Devant l'Assemblée générale des Nations unies réunie à New York le 26 septembre pour l'ouverture de sa quatre-vingt-unième session, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, a rappelé que tout peuple a le droit de pourvoir à sa défense, mais que ce droit ne saurait devenir le prétexte d'une course au réarmement, singulièrement au moyen des armes nucléaires et des systèmes autonomes.
La doctrine ne naît pas de cette tribune. Le cinquième commandement défend le meurtre, non tout acte d'ôter la vie: le Catéchisme du Concile de Trente, exposant « Tu ne tueras point », énumère les cas où mettre à mort n'est pas un crime, dont la juste guerre et la défense de sa propre existence. La légitime défense est donc un droit véritable.
Mais la même tradition l'enserre: la guerre n'est licite que pour une cause juste, décidée par l'autorité légitime et menée d'une intention droite, selon les trois conditions de saint Thomas d'Aquin; et jamais elle n'autorise le massacre délibéré des innocents. La fin même de la guerre est la paix, cette « tranquillité de l'ordre » dont parle saint Augustin. Lorsque la puissance de destruction échappe tout entière à la maîtrise de l'homme, Pie XII enseignait qu'il en faut rejeter l'usage. « Rien n'est perdu avec la paix; tout peut l'être avec la guerre », avertissait ce pontife à la veille du dernier conflit mondial.
C'est ce sol que recouvre l'intervention du secrétaire d'État. « Aucune paix véritable n'est possible sans une volonté commune et sincère de désarmement; le droit légitime de chaque peuple à pourvoir à sa propre défense ne doit pas dégénérer en une course au réarmement massif », a-t-il déclaré, visant nommément les armes nucléaires et les armes autonomes. Il a placé son propos sous une encyclique récente du pontife régnant, appelant à passer d'une « culture du pouvoir » à une « culture de la négociation »: texte postérieur au concile, que nous rapportons comme le fait d'un discours et non comme mesure de la vérité.
La veille, le 25 septembre, à un dîner tenu en marge de la semaine onusienne, le cardinal avait fait remonter la fragmentation du monde à l'oubli de ce qu'est la personne humaine, invoquant l'encyclique Rerum Novarum de Léon XIII et saint Augustin, et exhortant ses auditeurs: « Dans un monde connecté en ligne et déconnecté hors ligne, soyez des hommes de présence. Dans un monde qui se demande s'il peut demeurer humain, répondez par le témoignage de vos vies. »
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), exposition du cinquième commandement; saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 40, sur les conditions de la guerre juste; saint Augustin, La Cité de Dieu, XIX, sur la paix comme tranquillité de l'ordre; Pie XII, radiomessage du 24 août 1939, et allocution du 30 septembre 1954 sur les armes dont les effets échappent à la maîtrise de l'homme.