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À Lourdes, Léon XIV confie la France à l'Immaculée et offre la Rose d'Or
À la grotte de Massabielle, le pape Léon XIV a confié la France à Notre-Dame de Lourdes et déposé la Rose d'Or aux pieds de l'Immaculée Conception.

Le samedi 26 septembre, à la grotte de Massabielle, deuxième étape de son voyage en France, le pape Léon XIV s'est arrêté en silence devant la statue de la Vierge, a touché le rocher, bu à la source et allumé un cierge, puis a confié la France à Notre-Dame de Lourdes. Au terme de sa prière, il a déposé la Rose d'Or aux pieds de la statue de l'Immaculée Conception. C'est en ce lieu que la Vierge apparut en 1858 à sainte Bernadette Soubirous.
Devant la grotte, il a demandé pour la France « des gouvernants sages et généreux, disposés au sacrifice d'eux-mêmes, capables d'affronter les défis et résolus à servir le bien commun », et pour son peuple « le don de la concorde fraternelle », dans une société « libre de toute violence et de toute haine, où chaque personne puisse travailler, fonder une famille et vivre sa vie jusqu'à la fin dans la tranquillité et la sérénité ».
Ce que l'Église a toujours tenu
L'Immaculée Conception n'est pas une dévotion parmi d'autres : c'est un dogme. Le 8 décembre 1854, Pie IX définissait dans la bulle Ineffabilis Deus que la bienheureuse Vierge Marie fut, dès le premier instant de sa conception, préservée de toute tache du péché originel. Quatre ans plus tard, à Massabielle, la Dame répondait à Bernadette qui lui demandait son nom : « Je suis l'Immaculée Conception. » Le ciel scellait ainsi la définition de Rome.
La Rose d'Or que le Pape a déposée est une distinction pontificale ancienne, bénie au quatrième dimanche de Carême (Lætare) et accordée aux sanctuaires et aux images insignes de la chrétienté. Prier pour les gouvernants, de même, est un précepte apostolique : « Je demande donc, avant toutes choses, que l'on fasse des supplications... pour les rois et pour tous ceux qui sont en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille » (I Tim. II, 1-2).
La mesure
Un pape qui s'agenouille devant l'Immaculée, vénère le lieu de ses apparitions et confie une nation à sa protection accomplit un acte que la tradition reconnaît sans réserve. La France, fille aînée de l'Église, fut vouée à la Vierge par Louis XIII en 1638 ; la lui redire n'est pas une nouveauté mais une fidélité. Nous le disons avec la même netteté que nos réserves ordinaires : cet acte est bon, et conforme à ce que l'Église a toujours enseigné.
La demande d'une vie vécue « jusqu'à la fin » a été lue comme une allusion à la récente loi française sur la fin de vie. Le Pape n'a pas nommé cette loi ; c'est une interprétation, non une parole explicite, et nous la donnons comme telle. La doctrine, elle, est explicite : le cinquième commandement défend d'ôter la vie à l'innocent, et le Catéchisme du Concile de Trente, expliquant ce commandement, enseigne que nul n'a le pouvoir d'ôter une vie, ni celle d'autrui ni la sienne propre. Sur ce point, la prière rejoint la loi de Dieu.
Pour les fidèles
Le pèlerinage à Lourdes, le chapelet, la confiance en l'Immaculée : rien de tout cela n'a vieilli. Là où un acte du gouvernement de l'Église s'accorde avec la foi de toujours, nous le reconnaissons sans arrière-pensée, comme nous relevons sans détour ce qui s'en écarte. Ici, il n'y a qu'à prier avec le Pape pour la France, et à recourir, comme Bernadette, à Celle qui est sans péché.
Sources. Pie IX, bulle Ineffabilis Deus (8 décembre 1854) ; Catéchisme du Concile de Trente (1566), explication du cinquième commandement ; I Timothée II, 1-2 (Vulgate) ; les apparitions de Lourdes (1858) et la parole de l'Immaculée à sainte Bernadette Soubirous.