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À la veille de Lourdes, cinq accusatrices de Rupnik demandent justice à Léon XIV
Cinq femmes accusant le prêtre Marko Ivan Rupnik demandent à Léon XIV un procès canonique juste et transparent, à la veille de sa visite à Lourdes.

Cinq femmes qui se disent victimes du prêtre Marko Ivan Rupnik — Gloria Branciani, Mirjam Kovač, sœur Samuelle, Vida Bernard et l'une d'elles signant « Pia », par crainte de représailles — ont adressé une lettre ouverte au pape Léon XIV, à la veille de sa venue en France et de sa visite à Lourdes, où il doit rencontrer des victimes d'abus. Elles disent n'avoir appris qu'indirectement l'ouverture d'un procès canonique contre l'accusé, leurs démarches répétées auprès du dicastère compétent étant, affirment-elles, restées sans réponse. Ce silence, écrivent-elles, « est vécu par nous, victimes, comme une violence supplémentaire et continue, qui s'ajoute, avec le poids d'un rocher, à la violence que nous avons déjà subie ».
L'Église n'a jamais séparé la miséricorde de la justice. Rendre à chacun ce qui lui est dû, défendre l'innocent, confondre le coupable et laisser paraître la vérité : tel est l'office du juge, et le fondement même de toute autorité légitime. « La justice et l'équité sont le fondement de ton trône », chante le Psalmiste. Là où le péché se pare du sacré et se sert de l'autorité spirituelle pour asservir les âmes, il devient sacrilège, et sa malice redouble. À l'auteur du scandale, le Seigneur a réservé la plus dure des sentences : « Malheur à l'homme par qui le scandale arrive ; il vaudrait mieux pour lui qu'on suspendît à son cou une meule de moulin et qu'on le précipitât au fond de la mer. »
C'est cette justice, et non une grâce, que les signataires réclament : un procès contradictoire, clair, prompt, et jugé par des magistrats impartiaux et indépendants. Un procès mené dans l'oubli, écrivent-elles, « n'offre de garanties à personne, ni à l'accusé ni aux victimes, et il est inconciliable avec les concepts mêmes de droit, de vérité, de justice, d'équité et de miséricorde ». Elles ont salué la décision de l'évêque de Tarbes et de Lourdes, Mgr Jean-Marc Micas, de couvrir définitivement les mosaïques réalisées par l'accusé sur la façade de la basilique. Et elles rappellent que la vérité ne leur est pas seulement nécessaire à elles : « Nous avons besoin de Vérité, mais, autant que nous, l'Église en a elle aussi grand besoin. »
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), sur la dignité du sacerdoce et sur le cinquième commandement ; Évangile selon saint Matthieu, XVIII, 6-7 ; Psaume LXXXVIII, 15.