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Euthanasié en Belgique à 43 ans : le cinquième commandement défend aussi de se tuer soi-même
Un comédien français de 43 ans, invalide après un implant anti-hernie, s'est fait euthanasier en Belgique : le cinquième commandement défend l'homicide, y compris de soi.

Un comédien et metteur en scène français de 43 ans, invalide depuis la pose d'une prothèse censée traiter une hernie de l'aine, s'est fait euthanasier en Belgique le mardi 22 septembre 2026 pour mettre fin à ses souffrances. La décision, rapporte son avocat, a été prise en concertation avec trois médecins de Namur.
L'homme avait été opéré le 17 juillet 2023 ; une prothèse en polypropylène lui avait alors été implantée, début de ce qu'il décrivait comme une « descente aux enfers ». Il avait fondé un collectif rassemblant, sur les réseaux sociaux, des centaines de témoignages de porteurs de ces implants. En janvier 2026, il avait porté plainte contre X pour blessures involontaires ; classée sans suite fin août « pour infraction insuffisamment caractérisée », elle a été relancée le 18 septembre par une plainte avec constitution de partie civile réclamant l'ouverture d'une instruction. « On piétine sur le peu qui reste de moi », disait-il alors. Son avocat résume : « Son corps ne le portait plus. Il en avait perdu la maîtrise. » La famille n'a pas souhaité s'exprimer.
Ce qu'enseigne le cinquième commandement
Le cinquième commandement, « Vous ne tuerez point », « défend absolument l'homicide ». Et il ne vise pas seulement la vie d'autrui. La tradition est explicite : « Bien plus, défense de se tuer soi-même : nul n'a assez de pouvoir sur sa propre vie, pour se donner la mort quand il lui plaît. » L'homme n'est pas le maître de ses jours ; il les reçoit de Dieu, qui seul en dispose.
La même doctrine ferme la porte à toute coopération. Il n'est pas seulement défendu d'ôter la vie « de ses propres mains », mais aussi « d'y contribuer de ses conseils, de ses moyens, de son secours ou de quelque manière que ce soit ».
La mesure
Rapportée à cette règle, la fin de vie choisie ici est un homicide de soi que le précepte défend sans exception. La souffrance, si atroce soit-elle — et celle qui est décrite était réelle — ne confère à personne un pouvoir sur sa propre vie que Dieu ne lui a jamais donné. Les trois médecins qui ont concouru à cette mort n'ont pas soigné un malade : ils ont, au sens même de la doctrine, « contribué » à un homicide. Le geste que notre temps nomme apaisement, la loi de Dieu le nomme meurtre.
Nous jugeons l'acte, non l'âme. Il n'appartient pas à des hommes de sonder le for intérieur d'un mourant épuisé, ni de préjuger de la miséricorde de Dieu, qui pèse la pleine liberté et le plein consentement de celui qui agit. Ce que nous pouvons dire, et devons dire, c'est que l'acte lui-même est défendu, et qu'aucune détresse ne le rend permis.
Ce que les fidèles doivent retenir
Reste la question que cette mort pose plus qu'elle ne la résout : une société qui classe sans suite la plainte d'un homme brisé, puis lui laisse pour seul horizon de se faire administrer la mort, n'a pas répondu à sa souffrance ; elle l'a congédiée. La réponse chrétienne à la douleur n'a jamais été de supprimer celui qui souffre, mais de l'accompagner, de le soulager, de ne pas l'abandonner. Devant l'invalidité, la maladie, la tentation du désespoir, le fidèle tient ceci : sa vie ne lui appartient pas, elle appartient à Dieu ; et la croix portée dans la foi n'est jamais vaine.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), du cinquième commandement (« Vous ne tuerez point ») : de l'interdiction absolue de l'homicide, de la défense de se tuer soi-même — « nul n'a assez de pouvoir sur sa propre vie » — et de la défense d'y contribuer « de ses conseils, de ses moyens, de son secours ». Exode XX, 13.