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Allemagne : une assemblée synodale nationale pour 2027, le nonce rappelle l'unité romaine
À Fulda, les évêques allemands annoncent une assemblée synodale nationale pour 2027 tandis que le nouveau nonce met en garde contre une voie séparée de Rome.

Réunis en assemblée plénière d'automne à Fulda, clôturée ce 1er octobre, les évêques d'Allemagne ont annoncé la tenue d'une assemblée synodale nationale au second semestre 2027, destinée à préparer l'« assemblée ecclésiale » prévue à Rome en 2028. Le même rassemblement avait entendu, dès son ouverture le 28 septembre, le nouveau nonce apostolique mettre en garde contre la tentation de « tracer une voie séparée pour l'Église locale ».
L'Église est une, et son unité n'est pas une fédération. Le Catéchisme du Concile de Trente enseigne qu'elle est une comme un seul corps sous un seul chef visible, le successeur de Pierre, à qui le Christ a dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. »
Une Église particulière qui se donne ses propres doctrines et ses propres disciplines au rebours du Siège apostolique cesse de rendre ce qu'elle doit à l'unité ; elle refait, sous un nom neuf, l'erreur gallicane et fébronienne que les papes ont condamnée. Pie VI, dans Auctorem fidei, a réprouvé le synode de Pistoie pour avoir prétendu réformer l'Église par une assemblée locale s'arrogeant ce qui revient au seul magistère. Le concile du Vatican, dans Pastor aeternus, a défini que la primauté de Pierre est le principe perpétuel et le fondement visible de cette unité.
Le président de la conférence épiscopale a présenté une équipe synodale nationale où l'on retrouve les figures de l'ancien présidium du « Chemin synodal » et du comité synodal, aux côtés de la présidente du Comité central des catholiques allemands. Ce « Chemin synodal », processus de réforme conduit trois ans durant par les évêques allemands, a réclamé la bénédiction des couples de même sexe et l'ordination des femmes.
Il avait aussi demandé que des laïcs qualifiés puissent prêcher à la messe du dimanche et des fêtes ; les évêques l'avaient approuvé en février, mais le dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements a refusé cette requête le 23 juin. Quant à la « conférence synodale » que l'on veut ériger en organe permanent, composé de vingt-sept évêques diocésains, de vingt-sept représentants du Comité central et de vingt-sept autres fidèles, son statut attend toujours l'approbation du Saint-Siège : sa session constitutive, d'abord fixée à novembre 2026, est reportée sine die faute du consentement de Rome.
Le nonce, pour sa part, a rappelé que Rome « est le centre visible et le garant de l'unité de l'Église universelle, à laquelle appartient aussi l'Église en Allemagne », qu'aucune Église locale n'est « plus ou moins Église qu'une autre », et que la charge de Pierre et l'Eucharistie « préservent l'Église de devenir une simple fédération de communautés séparées, ou même une ONG au vernis chrétien ». La synodalité, a-t-il averti, « ne peut jamais être l'affaire de groupes isolés tandis que d'autres sont laissés de côté ».
Nous ne jugeons pas l'issue, mais les actes. Une assemblée peut délibérer ; elle ne peut faire que la foi reçue de Pierre devienne négociable. Là où une Église particulière veut légiférer contre la discipline romaine, elle n'œuvre pas à la communion mais à la division.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), de l'Église, de son unité et du primat de Pierre. Saint Matthieu XVI, 18 (Vulgate). Pie VI, constitution Auctorem fidei (1794), contre le synode de Pistoie. Concile du Vatican, constitution Pastor aeternus (1870), sur la primauté du Pontife romain.