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Pays-Bas : l'euthanasie d'un enfant handicapé n'est pas « miséricordieuse »
Un jeune enfant handicapé a été euthanasié aux Pays-Bas ; mesuré au cinquième commandement, l'acte demeure le meurtre d'un innocent, quel que soit le nom qu'on lui donne.
Aux Pays-Bas, un garçon né grand prématuré, à vingt-six semaines, atteint de lésions cérébrales, de paralysie cérébrale, de crises d'épilepsie et d'une déficience visuelle, a été euthanasié à la fin de l'année 2025. C'est la première fois qu'un enfant âgé de un à douze ans est mis à mort de la sorte dans le pays ; deux cas seulement, jusque-là, avaient été recensés, en Belgique. Une commission de contrôle a conclu que le médecin « avait agi avec la diligence requise ». Le cardinal Wim Eijk, président de la conférence épiscopale néerlandaise et médecin de formation, a dénoncé l'acte et récusé le mot dont on l'habille.
En 2024, les Pays-Bas s'étaient dotés d'une réglementation autorisant l'euthanasie des mineurs de moins de douze ans. Sollicités pour un second avis, des médecins consultants indépendants avaient pourtant estimé que l'enfant ne souffrait pas de façon continue et insupportable, et qu'il restait des voies raisonnables : soins palliatifs, autres traitements contre les crises. Des praticiens s'étant opposés à l'acte, d'autres, favorables, ont été trouvés. L'enfant, dont l'âge de développement était d'environ six semaines, n'était pas mourant. Ses parents ont choisi de le faire mourir.
« Le mot miséricordieux est aujourd'hui souvent employé pour justifier des actes éthiquement douteux, a déclaré le cardinal, qui avait consacré sa thèse de doctorat à l'euthanasie néerlandaise. Est-il miséricordieux de violer la dignité fondamentale de la personne humaine en mettant fin à sa vie ? » Ce qui est vraiment miséricordieux, a-t-il ajouté, c'est de donner des soins adéquats, ici les soins palliatifs, et, s'ils ne suffisent pas à ramener la souffrance à un niveau tolérable, la sédation palliative.
Ce qu'enseigne le cinquième commandement
« Tu ne tueras point » (Exode XX, 13). Le Catéchisme du Concile de Trente, en exposant ce précepte, distingue le meurtre de l'homme innocent, toujours défendu, du glaive légitime de l'autorité qui frappe le coupable. Le meurtre direct d'un innocent n'admet aucune exception : ni l'âge, ni l'infirmité, ni la compassion, ni le consentement d'autrui ne peuvent le rendre licite. Pie XI, dans Casti Connubii, rappelait que la vie de l'innocent est inviolable, et qu'aucune autorité, fût-elle publique, n'a le pouvoir de la détruire, pas même lorsqu'on juge cette vie inutile ou pesante.
La mesure
L'euthanasie est le meurtre direct d'un innocent : ici, un enfant qui ne se mourait pas, dont les consultants eux-mêmes disaient qu'il ne souffrait pas de manière continue et insupportable et qu'il restait des soins à lui donner. Le nommer « miséricorde » ne change rien à l'acte : le mot habille l'homicide, il ne le transforme pas. Un acte intrinsèquement mauvais ne devient jamais bon par l'intention qui l'inspire.
La formule administrative, selon laquelle le médecin a « agi avec la diligence requise », ne juge que la procédure ; elle ne touche pas la seule question qui compte devant Dieu : on a mis à mort un innocent. Sur ce point, le cardinal, en opposant les soins palliatifs à la mort donnée, ne dit rien d'autre que la tradition constante de l'Église : on soulage celui qui souffre, on ne supprime pas celui qui souffre.
Pour les fidèles
La vie de l'innocent n'appartient ni à l'État, ni au médecin, ni même aux parents : elle est un don de Dieu, et son terme Lui revient. L'enfant infirme, l'homme mourant, le vieillard sans force ne sont pas moins hommes, ni moins aimés de Dieu, que le bien portant. Il faut se défier du mot « miséricorde » lorsqu'on le détache de la loi morale : la vraie miséricorde soigne, veille, accompagne, et ne tue jamais. Devant une législation qui autorise à faire mourir les plus petits, le devoir du chrétien n'est ni la révolte ni le désespoir, mais de tenir la foi telle que l'Église l'a toujours enseignée, et de soutenir les soins qui honorent la vie jusqu'à son terme naturel.
Sources. Exode XX, 13 (Vulgate). Catéchisme du Concile de Trente (1566), du cinquième commandement. Pie XI, encyclique Casti Connubii (1930), sur l'inviolabilité de la vie innocente.