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Massachusetts : plus de 270 clercs ont abusé près de 1 000 enfants en un siècle
Un rapport de la procureure générale du Massachusetts conclut que plus de 270 clercs ont abusé près de 1 000 enfants en un siècle dans trois diocèses.

Un rapport de la procureure générale du Massachusetts, publié le 30 septembre 2026, conclut que plus de 270 clercs catholiques ont abusé près de mille enfants en un siècle dans les diocèses de Fall River, Springfield et Worcester. L'enquête, ouverte en 2019, a examiné plus de 300 000 pages de documents et recueilli les entretiens de plus de cent personnes, dont des victimes. Il s'agit du premier bilan public comparable pour ces trois diocèses, l'archidiocèse de Boston ayant déjà été examiné publiquement depuis 2002.
Le rapport affirme que les autorités diocésaines déplaçaient fréquemment les prêtres accusés vers d'autres paroisses et ne signalaient pas systématiquement les accusations à la police. Il impute la prolifération des abus à une « culture de révérence et d'indulgence » envers les prêtres, et conclut que les trois diocèses ont souvent omis de documenter les accusations ou employé des euphémismes codés pour les dissimuler. La majorité des abus connus a eu lieu avant 2002.
Dans la journée du 30 septembre, les diocèses de Worcester et de Fall River ont présenté leurs excuses aux victimes. L'évêque de Fall River s'est dit « rempli de douleur devant le récit historique d'incidents et de pratiques traduisant l'échec tragique à protéger les plus vulnérables, en particulier les victimes innocentes qui ont souffert, et souffrent encore, de tant de manières ». L'évêque de Worcester s'est déclaré « profondément désolé des abus de mineurs commis par des prêtres au sein de ce diocèse depuis sa fondation en mars 1950 ». L'évêque de Springfield a vu dans le rapport « un rappel qui appelle à l'humilité, celui d'une vigilance constante dans le traitement de tout signalement d'abus sexuel sur un enfant ».
Ce que l'Église a toujours enseigné
Notre-Seigneur n'a pas mesuré ses paroles sur le scandale donné aux enfants : « Celui qui scandalisera un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on suspendît à son cou une meule de moulin et qu'on le précipitât au fond de la mer » (Mt XVIII, 6). Le Catéchisme du Concile de Trente range le scandale parmi les maux défendus par le cinquième commandement : entraîner l'âme du prochain dans le péché est un homicide spirituel, plus grave que le meurtre du corps, puisqu'il tue non la vie passagère mais la vie de la grâce.
La mesure
Le mal est double. Il y a d'abord le crime : des hommes consacrés ont souillé des enfants confiés à l'Église, joignant au péché contre la chasteté le scandale même que l'Évangile frappe de la meule. Il y a ensuite la dissimulation. Déplacer un prêtre accusé, taire une plainte, coder une accusation pour l'effacer, ce n'est pas protéger l'Église : c'est livrer d'autres enfants au même mal et ajouter la trahison de l'office pastoral au crime qu'il recouvre. La « révérence » que décrit le rapport n'a rien de la révérence due au sacerdoce. Le prêtre est honoré pour Celui qu'il représente, non pour être soustrait à la justice ; épargner le coupable aux dépens de l'innocent inverse exactement l'ordre que le cinquième commandement protège.
Ce que le fidèle doit tenir
Deux vérités tiennent ensemble sans se contredire. Le sacerdoce demeure saint, et les crimes de ceux qui l'ont profané ne l'entament pas ; la grâce des sacrements ne dépend pas de la vertu du ministre. Mais la sainteté de l'état rend le crime plus noir, non plus excusable, et nulle institution ne se garde en couvrant le péché. On tient à la foi telle que l'Église l'a toujours enseignée, on nomme le mal par son nom, et l'on sait que le jugement que les hommes ont différé, Dieu ne le diffère pas.
Sources. Évangile selon saint Matthieu, XVIII, 6 (Vulgate). Catéchisme du Concile de Trente (1566), du cinquième commandement, sur le scandale comme homicide spirituel.