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À l'ONU, l'observateur du Saint-Siège : la haine « prépare le terrain à la violence »
À l'ONU, l'observateur permanent du Saint-Siège a dénoncé les discours de haine, contraires au commandement de l'amour du prochain ; l'Église le tient depuis toujours, sans confondre la charité avec l'indifférence à la vérité.

Le 17 septembre 2026, au siège des Nations unies à New York, le nouvel observateur permanent du Saint-Siège auprès de l'organisation, Mgr Christophe-Zakhia El-Kassis, a prononcé sa première allocution depuis sa nomination par le pape Léon XIV, en juillet. Devant une conférence mondiale consacrée au dialogue interreligieux et à la lutte contre les discours de haine, tenue dans le cadre des Nations unies, il a déclaré que ces discours contredisent le commandement d'aimer son prochain et « trop souvent préparent le terrain à la violence et à la persécution ».
Il a rappelé que la liberté d'expression « est un droit fondamental qui doit être protégé », mais qu'elle « comporte des responsabilités correspondantes » : « Un discours qui incite délibérément à la haine ou à la violence ne peut se réclamer de la protection de la liberté. » Il a réaffirmé que toute personne humaine, créée à l'image et à la ressemblance de Dieu, possède une dignité inviolable « qu'aucune idéologie, aucune idéologie de haine ni aucune expression de mépris ne saurait amoindrir ». Les comptes rendus divergent sur le texte pontifical qu'il aurait cité à l'appui de ces mots.
Ce que l'Église a toujours enseigné
Le cinquième commandement, « Tu ne tueras point », ne défend pas seulement le meurtre. Le Catéchisme du Concile de Trente enseigne qu'il proscrit aussi la colère, la haine et les paroles injurieuses, car « quiconque se met en colère contre son frère sera passible du jugement » (Matthieu V, 22). Saint Jacques le dit de la langue : petit membre, elle est « un feu, un monde d'iniquité » ; « par elle nous bénissons Dieu, et par elle nous maudissons les hommes, faits à la ressemblance de Dieu » (Jacques III, 6-9). Le mépris de l'homme est donc un péché : non parce qu'une conférence le décrète, mais parce que tout homme porte l'image de son Créateur (Genèse I, 26-27).
La mesure
Sur ce point, l'allocution rejoint la doctrine constante : la haine du prochain est un mal, la dignité de l'homme ne se négocie pas, et « la véritable tolérance n'est ni l'indifférence ni le relativisme ». L'Église n'a jamais dit autre chose, et le refus de l'indifférentisme mérite d'être salué, quand tant de discours contemporains font de la tolérance un synonyme de l'indifférence à la vérité.
Une distinction demeure, que la tradition tient fermement. Lorsque l'orateur fonde sur la dignité « la liberté de conscience qui appartient à chacun », il faut préciser ce que l'Église entend et ce qu'elle a réprouvé. Léon XIII enseigne qu'il existe une vraie liberté, celle de suivre la loi de Dieu et d'accomplir son devoir ; mais il a condamné la « liberté de conscience » au sens libéral, qui revendiquerait un droit d'adhérer à l'erreur ou de n'adorer aucun Dieu. L'erreur n'a pas de droits ; seule la vérité en a. La charité est due à toute personne, même à celui qui se trompe ; elle n'est jamais due à ce qui la trompe. Tolérer un mal pour en éviter un pire est une permission prudente, non un bien ni un droit fondé sur la dignité.
Pour les fidèles
Le chrétien retient les deux moitiés de la vérité, sans les opposer. Il ne hait personne : ni le juif, ni le musulman, ni l'hérétique, ni l'incroyant, tous créés à l'image de Dieu et appelés au salut par le Christ. Mais il ne confond pas cet amour des personnes avec l'approbation de leurs erreurs. Aimer son prochain, c'est vouloir son vrai bien, qui est la vérité et le salut. Condamner la haine sans jamais nommer la vérité que la charité doit servir, ce serait s'arrêter à mi-chemin. La tradition tient tout le chemin.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), explication du cinquième commandement. Évangile selon saint Matthieu V, 21-22 ; Épître de saint Jacques III, 6-10 ; Genèse I, 26-27, selon la Vulgate. Grégoire XVI, encyclique Mirari vos (1832) ; Léon XIII, encycliques Immortale Dei (1885) et Libertas praestantissimum (1888), sur la liberté de conscience et la tolérance.