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En Argentine, la mort d'un évêque en 1977 requalifiée en assassinat de la dictature
La justice fédérale argentine rouvre l'enquête sur la mort en 1977 de Mgr Ponce de León, évêque de San Nicolás, désormais traitée comme un crime contre l'humanité, tandis que l'Église locale réclame « vérité et justice ».

Près de cinquante ans après les faits, la justice fédérale argentine a rouvert l'enquête sur la mort de Mgr Carlos Horacio Ponce de León, évêque de San Nicolás, mort le 11 juillet 1977 sur la Route nationale 9. Présentée à l'époque comme un accident de la circulation, cette mort avait été classée par un jugement de 1978. Ce jugement a été annulé en 2024 pour vices de l'enquête, et la cause, rouverte près de quarante-neuf ans après, retient désormais la qualification d'homicide et de crime contre l'humanité, imputé à la dictature militaire.
Le dossier, longtemps bloqué, a été réattribué au juge fédéral de Rosario, Carlos Alberto Vera Barros, qui a ordonné les premières auditions du procès. L'évêque avait accompagné les familles de détenus et de disparus et dénoncé au Vatican les violations des droits de l'homme commises par le pouvoir militaire, dont il subit la persécution. Des prêtres des quartiers populaires ont appelé les communautés et toute l'Église d'Argentine à « un temps fort de prière pour la vérité et la justice » sur sa mort, saluant « un pasteur du peuple, engagé jusqu'au bout auprès des plus humbles ».
Le nombre, l'identité et la date des personnes citées aux premières auditions divergent selon les comptes rendus : les uns évoquent deux personnes convoquées pour la fin septembre, d'autres trois militaires cités quelques jours plus tôt, d'autres encore un ancien militaire et deux civils. Nous ne tranchons pas ce point, qui reste ouvert.
Ce que la tradition enseigne
Le cinquième commandement, « Tu ne tueras point », défend tout homicide volontaire de l'innocent. Le Catéchisme du Concile de Trente, exposant ce précepte, enseigne la gravité singulière du meurtre, par lequel on détruit à la fois l'image de Dieu dans l'homme et l'ordre que le Créateur a établi. Le Catéchisme de saint Pie X range l'homicide volontaire parmi les péchés qui crient vengeance devant Dieu. Et l'Écriture met dans la bouche du Seigneur, s'adressant à Caïn, la parole qui juge tout meurtrier : « La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi » (Genèse IV, 10).
La mesure
Si les preuves confirment ce que la cause retient désormais, un attentat planifié déguisé en accident, alors la mort de l'évêque n'est pas un malheur de la route mais un homicide, l'un de ces crimes que la loi divine réserve à sa vindicte. Tuer un pasteur parce qu'il défendait les persécutés ajoute au meurtre le mépris du ministère sacré. Chercher la vérité et châtier justement les coupables n'est donc pas une passion politique : c'est un devoir de justice, car l'ordre voulu par Dieu exige que le tort soit reconnu et réparé. En demandant « vérité et justice », l'Église locale ne fait que nommer ce que réclame la loi de Dieu.
Ce que le fidèle en retiendra
Prier pour que la vérité se fasse, sans haine ni esprit de représailles. Se souvenir que le sang de l'innocent n'est jamais oublié de Dieu, quand bien même les tribunaux des hommes faillissent ou tardent près d'un demi-siècle. Et confier à la miséricorde divine l'âme d'un évêque mort en défendant les plus petits. La justice des hommes peut manquer ; celle de Dieu, jamais.
Sources. Catéchisme du Concile de Trente (1566), du cinquième commandement, sur la gravité de l'homicide volontaire. Catéchisme de saint Pie X, sur les péchés qui crient vengeance devant Dieu, dont l'homicide volontaire. Sainte Écriture, Genèse IV, 10 (Vulgate).