Les Saints
Saint Jean-Baptiste, le Précurseur du Seigneur
Saint Jean-Baptiste, le Précurseur : l'annonce faite à Zacharie, le baptême de Jésus au Jourdain, la décollation ordonnée par Hérode, et ses deux fêtes des 24 juin et 29 août.

Saint Jean-Baptiste est le Précurseur du Seigneur, celui qui fut envoyé devant la face du Christ pour lui préparer les voies, le baptisa au Jourdain, et mourut décapité sur l'ordre d'Hérode pour avoir défendu la loi de Dieu. De lui Notre-Seigneur a dit qu'entre les enfants des femmes il n'en avait point paru de plus grand. L'Église l'honore par deux fêtes : sa Nativité, le 24 juin, et sa décollation, ou martyre, le 29 août.
Qui est saint Jean-Baptiste, le Précurseur
Jean est le fils du prêtre Zacharie et d'Élisabeth, cousine de la très sainte Vierge. Ses parents étaient avancés en âge et Élisabeth était réputée stérile lorsque l'archange Gabriel apparut à Zacharie dans le Temple pour lui annoncer sa naissance : « Ta femme Élisabeth t'enfantera un fils, auquel tu donneras le nom de Jean. […] Car il sera grand devant le Seigneur […], et il sera rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère » (Luc I, 13-15). Six mois plus tard, à la Visitation, lorsque Marie salua Élisabeth, « l'enfant tressaillit dans son sein » : sanctifié avant sa naissance, Jean reconnaissait déjà, du fond des entrailles maternelles, la présence de son Sauveur.
Ce titre de Précurseur, que lui donnent les Pères, résume toute sa mission. Il est celui qu'annonçait le prophète Isaïe : « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits Ses sentiers » (Luc III, 4 ; Isaïe XL, 3). Vêtu de poil de chameau, se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage, il prêcha aux bords du Jourdain un baptême de pénitence pour la rémission des péchés, appelant les foules à la conversion dans l'attente de Celui qui allait venir.
Cette vie retirée au désert, toute de jeûne et de dépouillement, fait de lui le premier modèle des solitaires et des maîtres de la vie intérieure, tel saint Jean de la Croix. Il ouvre ainsi le temps de l'Évangile comme il ouvre, chaque année, le temps de l'Avent, où l'Église reprend son cri pour préparer les âmes à la venue du Christ.
Pourquoi il est le plus grand des enfants des femmes
Quand les disciples de Jean vinrent interroger Jésus, celui-ci fit de son Précurseur cet éloge sans égal : « En vérité, Je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n'en a pas surgi de plus grand que Jean-Baptiste » (Matthieu XI, 11). Aucun prophète n'a été plus grand, parce qu'aucun n'a touché de si près l'objet de sa prophétie : les autres ont annoncé de loin le Messie, Jean l'a montré du doigt.
Cette grandeur, Jean l'a tout entière rapportée à Celui qu'il annonçait. « Il faut qu'Il croisse, et que je diminue » (Jean III, 30), disait-il de Jésus. C'est pourquoi la tradition, suivie par saint Augustin, a vu un sens dans la date même de sa fête : la Nativité de Jean tombe au solstice d'été, quand les jours commencent à décroître, tandis que la naissance du Christ tombe au solstice d'hiver, quand ils croissent — le luminaire s'efface à mesure que paraît le Soleil de justice. Jean est ainsi honoré comme le plus grand des saints après la très sainte Vierge, et l'unique, avec elle et avec le Sauveur, dont l'Église célèbre la naissance selon la chair.
Le baptême de Jésus au Jourdain
L'œuvre de Jean atteint son sommet le jour où Jésus vint à lui pour être baptisé. Jean s'en défendait, s'estimant indigne de dénouer la courroie de ses sandales, mais le Seigneur voulut s'abaisser sous la main de son serviteur. Tandis que Jésus sortait de l'eau, les cieux s'ouvrirent, l'Esprit descendit sous la forme d'une colombe, et la voix du Père se fit entendre : « Celui-ci est Mon Fils bien-aimé, en qui Je Me suis complu » (Matthieu III, 17).
C'est encore Jean qui, voyant Jésus venir à lui, prononça la parole que l'Église redit à chaque messe avant la communion : « Voici l'Agneau de Dieu, voici Celui qui enlève le péché du monde » (Jean I, 29). Le baptême que Jean conférait n'était qu'un baptême de pénitence, figure et préparation : il n'ôtait pas le péché, mais disposait à recevoir Celui qui l'ôte, l'Agneau que nous adorons dans l'Eucharistie.
La décollation de saint Jean-Baptiste
Jean ne se tut pas devant les puissants. Il reprocha ouvertement à Hérode Antipas d'avoir pris pour femme Hérodiade, l'épouse de son frère, contre la loi de Dieu. Hérode le fit jeter en prison ; Hérodiade, plus acharnée encore, cherchait sa mort. L'occasion vint le jour où la fille d'Hérodiade, Salomé, dansa devant Hérode et lui plut au point qu'il jura de lui donner ce qu'elle demanderait. Poussée par sa mère, elle réclama la tête de Jean-Baptiste sur un plat. Le roi s'attrista, mais à cause de son serment il envoya décapiter Jean dans sa prison, et l'on apporta sa tête à la jeune fille, qui la remit à sa mère (Marc, VI).
Ainsi mourut le Précurseur, martyr de la sainteté du mariage comme il avait été le martyr de la vérité par sa prédication : un homme qui préféra perdre la tête plutôt que de taire ce que Dieu commande. L'Église honore cette mort le 29 août sous le nom de fête de la Décollation de saint Jean-Baptiste.
Les deux fêtes : le 24 juin et le 29 août
Le calendrier traditionnel de 1962 marque saint Jean-Baptiste de deux fêtes distinctes. La Nativité de saint Jean-Baptiste, le 24 juin, est une fête de Ire classe, précédée d'une vigile le 23 : c'est l'une des plus anciennes et des plus solennelles de l'année, six mois avant Noël, selon le compte que fait saint Luc du sixième mois d'Élisabeth. La Décollation, le 29 août, fête de IIIe classe, commémore son martyre.
À la Nativité se rattachent les feux de la Saint-Jean, que l'on allumait la veille au soir, le 23 juin, sur les collines et les places : la coutume unissait la joie du plein été à l'action de grâces pour la naissance du Précurseur, dont le Seigneur avait dit qu'il était « une lampe ardente et brillante » (Jean V, 35). L'office même de la fête a laissé une trace dans la musique : c'est de l'hymne des vêpres, Ut queant laxis, que Guido d'Arezzo tira les noms des notes, ut, ré, mi, fa, sol, la, empruntés aux premières syllabes de chaque vers.
Prière à saint Jean-Baptiste
On invoque saint Jean-Baptiste comme patron de la pénitence et modèle de fermeté dans la foi ; son nom figure au Confiteor et aux litanies des saints, où toute l'Église de la terre appelle l'Église du ciel. La plus sûre des prières est celle que l'Église elle-même adresse à Dieu au jour de sa Nativité :
Deus, qui praesentem diem honorabilem nobis in beati Ioannis nativitate fecisti : da populis tuis spiritualium gratiam gaudiorum ; et omnium fidelium mentes dirige in viam salutis aeternae. Per Dominum nostrum.
Ô Dieu, qui nous avez rendu ce jour vénérable par la nativité du bienheureux Jean : accordez à votre peuple la grâce des joies spirituelles, et dirigez les âmes de tous les fidèles dans la voie du salut éternel. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ainsi soit-il.
À cette collecte on peut joindre l'invocation de la litanie des saints : Saint Jean-Baptiste, priez pour nous. Comme pour tous les saints, la prière ne demande pas que Jean agisse à la place de Dieu, mais qu'il porte jusqu'à Lui notre supplication, lui qui fut le plus proche du Christ parmi les fils des hommes.
Saint Jean-Baptiste figure, avec les autres saints présentés sur Iter Fidei, dans notre liste des saints catholiques par mois de fête.
Questions Fréquentes
Comment est mort saint Jean-Baptiste ?
Saint Jean-Baptiste est mort décapité dans la prison d'Hérode Antipas. Il avait reproché au roi son union illégitime avec Hérodiade. Le jour où Salomé, fille d'Hérodiade, dansa devant Hérode, celui-ci jura de lui accorder ce qu'elle voudrait ; poussée par sa mère, elle réclama la tête du Précurseur sur un plat, et Hérode, lié par son serment, le fit décapiter (Marc, VI).
Quelle est la date de la fête de saint Jean-Baptiste ?
L'Église le fête deux fois. La Nativité de saint Jean-Baptiste est célébrée le 24 juin, fête de Ire classe avec vigile la veille. La Décollation, qui commémore son martyre, est célébrée le 29 août. Le 24 juin est de loin la plus solennelle des deux.
Pourquoi appelle-t-on saint Jean-Baptiste le Précurseur ?
Parce qu'il fut envoyé devant le Christ pour lui préparer les voies, selon la prophétie d'Isaïe : « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur. » Il annonça la venue du Messie, appela les foules à la pénitence, et désigna Jésus du doigt en disant : « Voici l'Agneau de Dieu. » Nul prophète n'a touché de si près l'objet de sa prophétie.
Qu'est-ce que la décollation de saint Jean-Baptiste ?
La décollation désigne sa décapitation. Le mot vient du latin decollatio, qui signifie l'action de trancher le cou. L'Église commémore cette mort le 29 août sous le nom de fête de la Décollation de saint Jean-Baptiste : elle y honore le Précurseur comme martyr de la vérité et de la loi divine sur le mariage.
Que sont les feux de la Saint-Jean ?
Ce sont les grands feux que l'on allumait traditionnellement la veille au soir de la Nativité de saint Jean-Baptiste, le 23 juin, sur les hauteurs et les places des villages. La coutume unissait la joie du plein été à l'action de grâces pour la naissance du Précurseur ; la flamme évoquait celui que le Seigneur appela « une lampe ardente et brillante ».
L'application Iter Fidei porte le calendrier traditionnel de 1962, les prières aux saints, les litanies et l'Office divin ; on y retrouve les deux fêtes de saint Jean-Baptiste et ses collectes. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Sources. Sainte Écriture, traduction de l'abbé Fillion (Évangiles selon saint Luc I et III, saint Matthieu III et XI, saint Marc VI, saint Jean I, III et V ; Isaïe XL). Dom Guéranger, L'Année liturgique, Nativité de saint Jean-Baptiste (24 juin) et Décollation (29 août). Saint Augustin, Sermons pour la Nativité de saint Jean-Baptiste. Missale Romanum (1962), messe et collecte de la Nativité de saint Jean-Baptiste.