Les Saints
Saint Marc l'évangéliste : vie, lion et fête du 25 avril
Saint Marc, l'évangéliste disciple et interprète de saint Pierre : ce que dit l'Écriture de Jean surnommé Marc, son Évangile écrit à Rome, l'Église d'Alexandrie, ses reliques à Venise, le lion qui le symbolise, sa fête du 25 avril au calendrier de 1962, les Litanies majeures et l'oraison de sa messe.
Saint Marc est l'auteur du deuxième Évangile, le disciple et l'interprète de saint Pierre, qui mit par écrit à Rome la prédication du chef des Apôtres ; l'Église le fête le 25 avril. La tradition le fait fonder l'Église d'Alexandrie, en Égypte, et Venise, qui se glorifie de posséder son corps, l'a pris pour patron ; son symbole est le lion. Au calendrier traditionnel de 1962, sa fête est de IIe classe, et le même jour l'Église chante les Litanies majeures.
Qui est saint Marc ?
Saint Marc est l'un des quatre évangélistes, avec saint Matthieu, saint Luc et saint Jean. Il n'était pas l'un des Douze. Le Bréviaire romain, le 25 avril, lit à Matines la notice que saint Jérôme lui consacre dans son livre Des hommes illustres : « Marc, disciple et interprète de Pierre, écrivit à Rome, à la demande des frères, un court Évangile, selon ce qu'il avait entendu raconter par Pierre. »
Jean, surnommé Marc, dans les Actes des Apôtres
Pour l'histoire personnelle de saint Marc, avertit Alban Butler, nous en sommes réduits pour une part à la conjecture. On admet communément qu'il est le « Jean, surnommé Marc » du livre des Actes. Quand saint Pierre, délivré de prison par l'ange, cherche refuge à Jérusalem, « il vint à la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, où beaucoup étaient assemblés et priaient » (Actes 12, 12). La maison de sa mère était donc un lieu de réunion de l'Église naissante.
Saint Paul nous apprend que Marc était « le cousin de Barnabé » (Colossiens 4, 10). C'est avec Barnabé et Paul qu'il part en mission : « Barnabé et Saul, leur mission remplie, revinrent de Jérusalem, ramenant avec eux Jean, surnommé Marc » (Actes 12, 25). À Chypre, il les aide dans leur ministère, mais à Pergé, en Pamphylie, « Jean, se séparant d'eux, revint à Jérusalem » (Actes 13, 13).
La séparation de Paul et de Barnabé, puis la réconciliation
Ce départ eut des suites. Quand Paul prépara un nouveau voyage, Barnabé voulait reprendre Marc ; Paul s'y refusa, et l'Écriture rapporte sans fard le désaccord : « Il y eut donc entre eux un dissentiment, de sorte qu'ils se séparèrent l'un de l'autre. Barnabé, ayant pris Marc avec lui, s'embarqua pour la Chypre » (Actes 15, 39).
La suite montre que tout fut réparé. Pendant sa première captivité à Rome, Paul compte Marc parmi ses aides (Philémon 24), et dans sa dernière lettre, peu avant son martyre, il écrit à Timothée : « Prends Marc, et amène-le avec toi ; car il m'est utile pour le ministère » (2 Timothée 4, 11). Le jeune homme qui avait quitté la mission est devenu un ouvrier sur qui l'Apôtre compte.
« Mon fils Marc » : le disciple de saint Pierre
Mais c'est surtout à saint Pierre que la tradition attache saint Marc. Dans sa première épître, écrite de Rome, que l'Apôtre appelle Babylone, Pierre salue les fidèles de la part de « mon fils Marc » (1 Pierre 5, 13). Butler juge qu'on ne peut guère douter qu'il s'agisse de l'évangéliste. Papias, Irénée et Clément d'Alexandrie, ce dernier cité par Eusèbe, parlent de Marc comme de l'interprète de Pierre ; Papias précise que Marc n'avait pas entendu le Seigneur lui-même et n'avait pas été son disciple.
Beaucoup de commentateurs ont pourtant pensé que Marc se désigne discrètement dans son propre Évangile. Au moment de l'arrestation du Seigneur, il est seul à rapporter ce détail : « Cependant un jeune homme Le suivait, couvert seulement d'un drap, et ils le saisirent. Mais lui, rejetant le drap, s'enfuit nu de leurs mains » (Marc 14, 51-52). Ce n'est qu'une hypothèse, mais elle est ancienne et touchante.
Il faut signaler enfin que les martyrologes anciens, en Orient comme en Occident, distinguent parfois l'évangéliste de Jean-Marc : le Martyrologe romain fait mémoire, au 27 septembre, d'un saint Marc évêque de Byblos, « que saint Luc appelle aussi Jean ».
L'Évangile selon saint Marc
Saint Jérôme, dans la leçon du Bréviaire, rapporte que Pierre, apprenant que Marc avait écrit son Évangile, l'approuva et le donna à lire à l'Église par son autorité. C'est le plus court des quatre Évangiles, et il va droit aux actes du Seigneur. Il s'ouvre sans récit de l'enfance, sur la prédication de saint Jean-Baptiste :
« Commencement de l'Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu. Selon qu'il est écrit dans le prophète Isaïe : Voici que J'envoie Mon Ange devant Ta face, et il préparera Ton chemin devant Toi ; voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droit Ses sentiers » (Marc 1, 1-3).
Il se termine sur l'envoi des Apôtres : « Allez dans le monde entier, et prêchez l'Évangile à toute créature » (Marc 16, 15). Pour lire ce texte dans une traduction sûre, faite sur la Vulgate, on peut se reporter au guide quelle Bible catholique choisir.
Saint Marc à Alexandrie : comment est-il mort ?
Après Rome, dit saint Jérôme, Marc « prit l'Évangile qu'il avait composé, partit pour l'Égypte, et, annonçant le premier le Christ à Alexandrie, il y fonda une Église d'une telle doctrine et d'une telle continence de vie qu'il entraîna tous les disciples du Christ à suivre son exemple ». La même leçon ajoute qu'il mourut la huitième année de Néron et fut enseveli à Alexandrie, où Anien lui succéda.
Que Marc ait fini ses jours comme évêque d'Alexandrie est une tradition ancienne, rapportée par Eusèbe ; Butler la juge tout à fait probable. Le récit de sa mort, en revanche, vient d'Actes plus tardifs, auxquels Butler dit qu'on ne peut se fier. Le Martyrologe romain les résume : arrêté pour sa foi, Marc fut lié de cordes et traîné sur les pierres ; en prison, il fut consolé par la visite d'un ange, et, après une apparition du Seigneur, il fut appelé au royaume céleste.
Le corps de saint Marc à Venise
Venise affirme posséder le corps de saint Marc, apporté d'Alexandrie au début du IXe siècle. Butler note que l'authenticité de ces reliques a été discutée, et que les infiltrations d'eau qui ont longtemps rendu inaccessible la confession où elles reposent ont pu les endommager. Ce qui est certain, c'est que saint Marc est honoré de temps immémorial comme le principal patron de la cité : la basilique et la place Saint-Marc portent son nom.
Le lion de saint Marc
Les quatre évangélistes sont représentés par les quatre vivants que le prophète Ézéchiel vit autour de la gloire de Dieu, et que saint Jean revit dans l'Apocalypse. La messe de saint Marc lit justement, au lieu de l'épître, la vision d'Ézéchiel :
« Quant à l'apparence de leurs visages, ils avaient tous les quatre une face d'homme, une face de lion à leur droite, et une face de bœuf à leur gauche, et une face d'aigle au-dessus d'eux quatre » (Ézéchiel 1, 10).
Le lion revient à saint Marc. Butler rapporte que, dès le temps de saint Augustin et de saint Jérôme, les quatre vivants étaient regardés comme les figures des évangélistes, et que ces docteurs rattachaient le lion à Marc parce que son Évangile commence par la mention du désert, « voix de celui qui crie dans le désert », et que le lion est le roi du désert.
La saint Marc : quelle date ?
La saint Marc se fête le 25 avril. Au calendrier de 1962, c'est une fête de IIe classe, avec ornements rouges ; on y dit le Gloria et le Credo, comme aux fêtes des Apôtres et des Évangélistes, et la préface des Apôtres. L'introït chante, avec l'Alléluia du temps pascal : « Vous m'avez protégé, ô Dieu, contre l'assemblée des méchants » (Protexisti me, Deus, Psaume 63). L'évangile (Luc 10, 1-9) est celui de l'envoi des soixante-douze disciples : « La moisson est grande, mais les ouvriers sont peu nombreux. »
Le calendrier réformé de 1969 a gardé saint Marc au même jour, avec le rang de fête. Pour les autres saints d'avril, voyez la liste des saints catholiques du calendrier de 1962.
Les Litanies majeures du 25 avril
Le même jour, l'Église célèbre les Litanies majeures, procession de pénitence où l'on chante la litanie des saints, et que l'on refait aux trois jours des Rogations avant l'Ascension. Le Rituel romain la règle avec soin : le clergé et le peuple se rassemblent le matin à l'église, prient un moment à genoux, d'un cœur contrit et humble, et le prêtre porte la couleur violette. On chante d'abord l'antienne :
Exsurge, Domine, adiuva nos: et libera nos propter nomen tuum.
Levez-vous, Seigneur, secourez-nous : et délivrez-nous à cause de votre nom.
Butler rappelle que cette procession n'a, à l'origine, aucun lien avec la fête de l'évangéliste : elle est plus ancienne à Rome que la fête de saint Marc à cette date, et remonte peut-être au temps de saint Grégoire le Grand. À la messe de saint Marc, le Missel de 1962 fait mémoire des Rogations par cette oraison :
Præsta, quǽsumus, omnípotens Deus: ut, qui in afflictióne nostra de tua pietáte confídimus; contra advérsa ómnia, tua semper protectióne muniámur. Per Dóminum nostrum Jesum Christum, Fílium tuum: qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti Deus, per ómnia sǽcula sæculórum. Amen.
Faites, nous vous en prions, Dieu tout-puissant, que nous qui, dans notre affliction, mettons notre confiance en votre bonté, soyons toujours défendus par votre protection contre toutes les adversités. Par notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Prière à saint Marc
L'oraison de la messe du 25 avril
L'oraison de la fête demande deux choses : progresser par l'enseignement de l'évangéliste, c'est-à-dire par son Évangile, et être défendus par sa prière.
Deus, qui beátum Marcum Evangelístam tuum evangélicæ prædicatiónis grátia sublimásti: tríbue, quǽsumus; ejus nos semper et eruditióne profícere et oratióne deféndi. Per Dóminum nostrum Jesum Christum, Fílium tuum: qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti Deus, per ómnia sǽcula sæculórum. Amen.
Ô Dieu, qui avez élevé le bienheureux Marc, votre Évangéliste, par la grâce de la prédication de l'Évangile, accordez-nous, nous vous en prions, de toujours progresser par son enseignement et d'être défendus par sa prière. Par notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
L'invocation de la litanie des saints
Saint Marc est nommé dans la litanie des saints, après saint Luc, parmi les Apôtres et les Évangélistes :
Sancte Marce, ora pro nobis.
Saint Marc, priez pour nous.
Pour se préparer à sa fête, on peut, si on le souhaite, dire l'oraison de sa messe pendant les neuf jours qui précèdent le 25 avril, en lisant peu à peu son Évangile : ses seize chapitres se lisent aisément en neuf jours. Ce n'est qu'une suggestion de lecture et de prière, non une dévotion établie.
Questions Fréquentes
Quand est la saint Marc ?
Le 25 avril, au calendrier de 1962 comme à celui de 1969. Dans le calendrier traditionnel, c'est une fête de IIe classe, et le même jour ont lieu les Litanies majeures.
Qui est saint Marc ?
L'auteur du deuxième Évangile, que l'on identifie à Jean surnommé Marc, cousin de Barnabé et compagnon de saint Paul, puis disciple et interprète de saint Pierre à Rome. La tradition lui attribue la fondation de l'Église d'Alexandrie, dont il aurait été l'évêque.
Comment est mort saint Marc ?
Selon saint Jérôme, il mourut la huitième année de Néron et fut enseveli à Alexandrie. Le récit de son martyre, traîné sur les pierres par les païens d'Alexandrie, vient d'Actes tardifs que le Martyrologe romain résume, mais dont la valeur historique est faible.
Saint Marc a-t-il connu Jésus ?
Papias affirme qu'il n'avait pas entendu le Seigneur. Certains commentateurs pensent toutefois qu'il est le jeune homme couvert d'un drap qui suivit Jésus lors de son arrestation (Marc 14, 51-52), détail que lui seul rapporte.
Pourquoi le lion est-il le symbole de saint Marc ?
Parce que, parmi les quatre vivants d'Ézéchiel et de l'Apocalypse, le lion lui a été attribué : son Évangile commence par la voix qui crie dans le désert, et le lion est le roi du désert.
Pourquoi saint Marc est-il le patron de Venise ?
Parce que Venise affirme posséder son corps, ramené d'Alexandrie au début du IXe siècle, et l'honore depuis comme son principal patron.
Que sont les Litanies majeures de la saint Marc ?
Une procession de pénitence, où l'on chante la litanie des saints, célébrée le 25 avril et reprise aux trois jours des Rogations. Elle est plus ancienne que la fête de saint Marc à cette date et n'a pas de lien d'origine avec elle.
L'application Iter Fidei donne chaque jour le calendrier traditionnel de 1962, la messe de saint Marc avec ses lectures et son oraison en latin et en français, le Bréviaire du jour et la vie des saints. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Sources. Sainte Écriture, traduction de l'abbé Fillion : Marc 1, 1-3 ; 14, 51-52 ; 16, 15 ; Actes 12, 12.25 ; 13, 13 ; 15, 39 ; Colossiens 4, 10 ; Philémon 24 ; 2 Timothée 4, 11 ; 1 Pierre 5, 13 ; Ézéchiel 1, 10. Missel romain, 25 avril, messe de saint Marc, évangéliste, oraison Deus, qui beatum Marcum, et mémoire des Rogations, oraison Praesta, quaesumus. Bréviaire romain, 25 avril, leçons de saint Jérôme, De viris illustribus, chap. 8. Rituel romain, procession des Litanies majeures. Alban Butler, Vies des saints, au 25 avril. Calendrier romain de 1962.