Les Saints
Saint Bonaventure : le Docteur séraphique, vie et prière
Saint Bonaventure (1221-1274), frère mineur, maître de Paris, ministre général des franciscains, cardinal-évêque d'Albano et Docteur séraphique, mort à Lyon pendant le concile : sa vie, ses œuvres, sa fête du 14 juillet, l'église lyonnaise qui porte son nom et ses prières.
Saint Bonaventure est le grand docteur franciscain du XIIIe siècle : frère mineur, maître en théologie à Paris avec saint Thomas d'Aquin, ministre général de son Ordre pendant dix-sept ans, enfin cardinal-évêque d'Albano, l'Église l'honore sous le nom de « Docteur séraphique ». Il mourut à Lyon dans la nuit du 14 au 15 juillet 1274, pendant le concile œcuménique qu'il avait préparé, et y fut enseveli dans l'église des Frères mineurs, l'actuelle église Saint-Bonaventure. Au calendrier de 1962, sa fête se célèbre le 14 juillet.
Qui est saint Bonaventure ?
De sa jeunesse, dit Alban Butler, on ne sait presque rien : il naquit en 1221 à Bagnorea (aujourd'hui Bagnoregio), près de Viterbe, de Jean Fidanza et de Marie Ritella. Lui-même a raconté, dans le prologue de sa Vie de saint François, qu'il avait été arraché à la mort dans son enfance par l'invocation et les mérites du Poverello. La tradition populaire a brodé sur ce souvenir : saint François, voyant l'enfant guéri, se serait écrié « O buona ventura ! », d'où son nom. C'est une légende tardive, apparue à la fin du XVe siècle, et rien ne prouve que la guérison ait eu lieu du vivant de François ; nous la donnons pour ce qu'elle est.
Entré chez les Frères mineurs, il étudia à l'université de Paris sous le franciscain anglais Alexandre de Halès, le « Docteur irréfragable », qui disait de son disciple qu'il « semblait n'avoir point péché en Adam ». Il y enseigna lui-même la théologie et l'Écriture sainte de 1248 à 1257.
Le maître de Paris
À Paris, Bonaventure composa son Commentaire sur les Sentences de Pierre Lombard, qui embrasse toute la théologie scolastique ; le pape Sixte IV en dira qu'il y parlait de la science sacrée « de telle sorte que l'Esprit-Saint semblait parler par sa bouche ». Ce furent pourtant des années troublées : les maîtres séculiers de l'université, conduits par Guillaume de Saint-Amour, voulaient exclure des écoles les ordres mendiants. Bonaventure, contraint un temps de suspendre ses leçons, répondit par un traité sur la pauvreté du Christ. Le pape Alexandre IV fit examiner l'affaire par une commission de cardinaux à Anagni, condamna au feu le livre de Guillaume et rétablit les frères. En 1257, Bonaventure et saint Thomas d'Aquin reçurent ensemble le grade de docteur en théologie.
Butler souligne l'équilibre de ce génie : pénétrant jusqu'au fond des questions les plus subtiles, il retranchait le superflu pour ne garder que ce qui est solide et utile, et ne laissait jamais l'étude dégénérer en curiosité. Il consacrait à l'oraison une grande part de son temps, et une joie paisible rayonnait de son visage : « La joie spirituelle, disait-il, est le plus grand signe de la grâce divine qui habite une âme. »
L'humilité devant l'Eucharistie
Son humilité était telle qu'elle l'éloignait parfois de la sainte communion. Les actes de sa canonisation rapportent que, pendant plusieurs jours, il n'osa pas s'approcher de la sainte table ; mais un jour qu'il assistait à la messe en méditant la Passion, Notre-Seigneur lui fit porter par un ange une parcelle de l'hostie consacrée, prise des mains du prêtre. Dès lors, ses communions se firent sans scrupule. Il se prépara au sacerdoce par de longs jeûnes, et c'est pour son action de grâces après la messe qu'il composa, selon Butler, la prière Transfige, que l'Église recommande à tous et que nous donnons plus bas.
Le Docteur séraphique : ses écrits
Pour la bienheureuse Isabelle, sœur de saint Louis, et ses clarisses de Longchamp, il écrivit le traité De la perfection de la vie ; on lui doit encore le Soliloque, La Triple Voie, le Breviloquium, résumé de toute sa doctrine, et l'Itinéraire de l'esprit vers Dieu. Le chancelier Gerson écrivait que, parmi tous les docteurs catholiques, Bonaventure était le meilleur pour éclairer l'intelligence tout en échauffant le cœur, et que ses œuvres étaient « solides, sûres et dévotes ». Le bénédictin Trithème résumait : « Qui veut être à la fois savant et pieux, qu'il lise les œuvres de Bonaventure. »
Le titre de Docteur séraphique lui vient de son Ordre, mais aussi de l'ardeur de charité qui brûle dans ses écrits. Sa spiritualité est simple : la perfection ne consiste pas d'abord dans les actions extraordinaires, mais à bien faire les choses ordinaires. « La perfection d'un religieux, dit-il, est de faire d'une manière parfaite les choses communes. Une constante fidélité dans les petites choses est une grande et héroïque vertu. » Il méditait souvent les joies du Ciel et voulait en allumer le désir dans les âmes : Dieu, les anges et toute la famille du Roi éternel nous attendent et désirent nous voir parmi eux.
On le rapproche volontiers de son contemporain saint Thomas d'Aquin, le Docteur angélique : l'un et l'autre ont uni la plus haute science à la sainteté, chacun selon le génie de son Ordre.
Ministre général des Frères mineurs
En 1257, Bonaventure, qui n'avait pas trente-six ans, fut élu ministre général de l'Ordre de saint François d'Assise. L'Ordre était déchiré : les uns réclamaient une sévérité inflexible, d'autres des adoucissements de la Règle, et certains « spirituels » étaient tombés dans l'erreur et la désobéissance. Le nouveau ministre exigea une observance fidèle de la Règle, réforma les relâchés et ne donna aucun appui aux excès des rigoristes. Au chapitre général de Narbonne, en 1260, il fit adopter des constitutions qui marquèrent durablement la vie franciscaine.
C'est à la demande de ce chapitre qu'il écrivit la Vie de saint François, la Legenda maior. Butler rapporte que saint Thomas, venu le voir pendant qu'il y travaillait, l'aperçut par la porte de sa cellule absorbé dans la contemplation et se retira en disant : « Laissons un saint travailler pour un saint. » Il gouverna l'Ordre dix-sept ans, et on l'a justement appelé son second fondateur.
Butler conserve deux traits qui montrent l'homme. À Foligno, un frère trop timide pour l'aborder courut après lui sur la route ; Bonaventure s'assit avec lui au bord du chemin et l'entretint longuement. Comme sa suite s'impatientait, il répondit que la Règle veut que les ministres soient les serviteurs de tous les frères : « Ce pauvre frère est à la fois mon frère et mon maître. » Et lorsqu'il avait accepté sa charge, il avait dit : « Je connais bien mon incapacité, mais je sais aussi qu'il est dur de regimber contre l'aiguillon. »
Cardinal-évêque d'Albano et le concile de Lyon
En 1265, le pape Clément IV le nomma archevêque d'York ; il obtint de pouvoir refuser. Mais en 1273 le bienheureux Grégoire X le créa cardinal-évêque d'Albano, avec ordre d'accepter sans prétexte et de venir aussitôt à Rome. On raconte que les légats qui lui portaient le chapeau le trouvèrent dans un couvent de son Ordre, au Mugello près de Florence, occupé à laver la vaisselle ; il les pria d'accrocher le chapeau à une branche d'arbre, ses mains étant grasses, et ne le prit qu'après avoir fini sa besogne.
Grégoire X le chargea de préparer le concile œcuménique qu'il avait convoqué à Lyon pour la réunion des Grecs. Saint Thomas d'Aquin mourut en chemin ; Bonaventure fut la grande figure de l'assemblée. Il y abdiqua sa charge de ministre général, conféra avec les délégués grecs, et la réunion avec Rome fut proclamée. À la messe d'action de grâces du jour de saint Pierre et saint Paul, où l'épître, l'évangile et le Credo furent chantés en latin puis en grec, c'est lui qui prêcha.
Il mourut au milieu de ce triomphe, dans la nuit du 14 au 15 juillet 1274, épargné de voir Constantinople répudier bientôt l'union. Le dominicain Pierre de Tarentaise, futur pape Innocent V, prononça son éloge : « Nul ne voyait Bonaventure sans concevoir pour lui une grande estime et une grande affection ; car il était doux, affable, humble, agréable à tous, compatissant, prudent, chaste et orné de toutes les vertus. » Il fut canonisé par Sixte IV en 1482 et proclamé docteur de l'Église en 1588.
Saint-Bonaventure de Lyon : l'église où il fut enseveli
C'est ce qui explique que tant de Lyonnais connaissent son nom avant de connaître sa vie. Bonaventure fut inhumé dans l'église des Frères mineurs de Lyon, les « cordeliers », ainsi nommés à cause de la corde qui leur servait de ceinture. L'église fut reconstruite au XIVe siècle sous le vocable de saint François ; agrandie au XVe siècle, elle fut placée, vers 1484, sous celui de saint Bonaventure, qui venait d'être canonisé. C'est l'actuelle église, aujourd'hui basilique, Saint-Bonaventure, au cœur de la presqu'île.
Son tombeau n'y est plus. En 1562, pendant les guerres de Religion, les huguenots maîtres de Lyon pillèrent les églises de la ville et profanèrent sa châsse ; l'église, vendue comme bien national à la Révolution, ne fut rendue au culte qu'au début du XIXe siècle. Prier saint Bonaventure à Lyon, c'est donc prier là même où l'Église de France reçut le corps du Docteur séraphique, au lendemain du concile.
La fête de saint Bonaventure : le 14 juillet
Au calendrier de 1962, la fête de saint Bonaventure, évêque, confesseur et docteur de l'Église, se célèbre le 14 juillet, avec le rang de fête de IIIe classe, en ornements blancs. La messe est celle des docteurs, In medio Ecclesiae, dont l'introït est tiré de l'Ecclésiastique (15, 5) : au milieu de l'assemblée, la bouche du juste s'ouvre, et le Seigneur le remplit de l'esprit de sagesse et d'intelligence. On y dit le Gloria, et l'évangile est celui du sel de la terre : « Vous êtes le sel de la terre... Vous êtes la lumière du monde » (Matthieu 5, 13-14, trad. Fillion). À la messe tridentine comme au Bréviaire, son office est celui du commun des docteurs, oraison comprise.
Le calendrier de 1969 a déplacé sa mémoire au 15 juillet, retenu comme le jour de sa mort ; le calendrier traditionnel la garde au 14 juillet. En 2027, le 14 juillet tombe un mercredi.
L'oraison de la messe de saint Bonaventure
Deus, qui populo tuo aeternae salutis beatum Bonaventuram ministrum tribuisti: praesta, quaesumus; ut, quem Doctorem vitae habuimus in terris, intercessorem habere mereamur in caelis. Per Dominum nostrum Iesum Christum, Filium tuum: qui tecum vivit et regnat in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.
Ô Dieu, qui avez donné à votre peuple le bienheureux Bonaventure pour ministre du salut éternel : faites, nous vous en prions, que celui que nous avons eu pour docteur de la vie sur la terre, nous méritions de l'avoir pour intercesseur dans les cieux. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vit et règne avec vous en l'unité du Saint-Esprit, Dieu, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
La prière de saint Bonaventure après la messe : Transfige
Le Missel romain de 1962 range cette prière parmi les oraisons d'action de grâces après la messe, sous le simple titre d'« autre oraison » (Alia oratio), à la suite de celle de saint Thomas d'Aquin, que l'on trouve dans nos prières de saint Thomas d'Aquin, et non loin de l'Âme du Christ ; la tradition, que suit Butler, l'attribue à saint Bonaventure. Elle convient à tout fidèle après la communion. Nous en donnons le latin, puis une traduction fidèle.
Transfige, dulcissime Domine Iesu, medullas et viscera animae meae suavissimo ac saluberrimo amoris tui vulnere, vera serenaque et apostolica sanctissima caritate, ut langueat et liquefiat anima mea solo semper amore et desiderio tui; te concupiscat et deficiat in atria tua, cupiat dissolvi et esse tecum. Da, ut anima mea te esuriat, panem Angelorum, refectionem animarum sanctarum; panem nostrum cotidianum, supersubstantialem, habentem omnem dulcedinem et saporem, et omne delectamentum suavitatis. Te, in quem desiderant Angeli prospicere, semper esuriat et comedat cor meum, et dulcedine saporis tui repleantur viscera animae meae; te semper sitiat fontem vitae, fontem sapientiae et scientiae, fontem aeterni luminis, torrentem voluptatis, ubertatem domus Dei. Te semper ambiat, te quaerat, te inveniat, ad te tendat, ad te perveniat, te meditetur, te loquatur, et omnia operetur in laudem et gloriam nominis tui, cum humilitate et discretione, cum dilectione et delectatione, cum facilitate et affectu, cum perseverantia usque in finem; ut tu sis solus semper spes mea, tota fiducia mea, divitiae meae, delectatio mea, iucunditas mea, gaudium meum, quies et tranquillitas mea, pax mea, suavitas mea, odor meus, dulcedo mea, cibus meus, refectio mea, refugium meum, auxilium meum, sapientia mea, portio mea, possessio mea, thesaurus meus, in quo fixa et firma et immobiliter semper sit radicata mens mea et cor meum. Amen.
Transpercez, très doux Seigneur Jésus, la moelle et les entrailles de mon âme de la très suave et très salutaire blessure de votre amour, d'une charité vraie, sereine, apostolique et très sainte, afin que mon âme languisse et se fonde toujours du seul amour et du seul désir de vous ; qu'elle vous désire et défaille vers vos parvis, qu'elle désire être dégagée des liens du corps et être avec vous. Faites que mon âme ait faim de vous, Pain des anges, nourriture des âmes saintes, notre pain quotidien et supersubstantiel, qui avez toute douceur et toute saveur et tout délice de suavité. Que mon cœur ait toujours faim de vous, que les anges désirent contempler, qu'il se nourrisse de vous, et que les entrailles de mon âme soient remplies de la douceur de votre saveur. Qu'il ait toujours soif de vous, source de vie, source de sagesse et de science, source de l'éternelle lumière, torrent de délices, abondance de la maison de Dieu. Qu'il vous recherche toujours, qu'il vous cherche, qu'il vous trouve, qu'il tende vers vous, qu'il parvienne jusqu'à vous, qu'il vous médite, qu'il parle de vous, et qu'il fasse tout à la louange et à la gloire de votre nom, avec humilité et discernement, avec amour et délectation, avec facilité et affection, avec persévérance jusqu'à la fin ; afin que vous seul soyez toujours mon espérance, toute ma confiance, ma richesse, mes délices, mon contentement, ma joie, mon repos et ma tranquillité, ma paix, ma suavité, mon parfum, ma douceur, ma nourriture, ma réfection, mon refuge, mon secours, ma sagesse, mon partage, mon bien, mon trésor, en qui mon esprit et mon cœur soient toujours fixés, affermis et inébranlablement enracinés. Ainsi soit-il.
On la lira avec profit après avoir médité ce que l'Église enseigne de l'Eucharistie : la prière tout entière est un désir de Celui que l'on vient de recevoir.
Prière à saint Bonaventure
Pourquoi prier saint Bonaventure ? Parce qu'il a uni ce que nous séparons trop souvent : l'étude et la prière, la science et l'humilité, l'autorité et le service. On peut lui confier un travail intellectuel, un examen, une charge de gouvernement, la paix d'une communauté divisée. Voici l'invocation que l'application Iter Fidei fait réciter chaque jour de sa neuvaine, du 6 au 14 juillet :
Saint Bonaventure, Docteur séraphique, vous qui avez uni la plus haute science à l'amour le plus ardent, j'ai confiance en votre puissante intercession auprès de Dieu. Obtenez-moi une foi vive, une sagesse éclairée par la charité et le désir des seuls biens qui demeurent ; et je vous prie instamment de m'obtenir aussi, s'il plaît à Dieu et si cela est bon pour mon âme, la grâce que je sollicite ardemment dans cette neuvaine.
Les autres saints de l'année liturgique, mois par mois, sont réunis dans notre liste des saints catholiques selon le calendrier de 1962.
Questions Fréquentes
Qui est saint Bonaventure ?
Un frère mineur italien, né à Bagnorea en 1221, maître en théologie à Paris, ministre général des franciscains de 1257 à 1274, puis cardinal-évêque d'Albano. Mort à Lyon pendant le concile de 1274, il est docteur de l'Église sous le nom de Docteur séraphique.
Quelle est la date de la fête de saint Bonaventure ?
Le 14 juillet au calendrier de 1962, comme fête de IIIe classe. Le calendrier de 1969 l'a placée au 15 juillet.
Pourquoi l'église Saint-Bonaventure de Lyon porte-t-elle son nom ?
Parce que le saint, mort à Lyon pendant le concile, fut enseveli dans l'église des cordeliers, c'est-à-dire des Frères mineurs. Après sa canonisation en 1482, l'église agrandie fut placée sous son vocable.
Pourquoi l'appelle-t-on le Docteur séraphique ?
Le nom rappelle les séraphins, les anges les plus embrasés d'amour, et l'Ordre séraphique de saint François. Sa doctrine vise toujours à éclairer l'intelligence pour enflammer le cœur.
De quoi saint Bonaventure est-il le patron ?
Les livres liturgiques ne lui assignent aucun patronage particulier. Il est honoré comme docteur de l'Église et par la famille franciscaine, dont il fut le ministre général.
Quelles sont les principales œuvres de saint Bonaventure ?
Le Commentaire sur les Sentences, le Breviloquium, l'Itinéraire de l'esprit vers Dieu, La Triple Voie, le Soliloque, De la perfection de la vie et la Vie de saint François, dite Legenda maior.
Quand saint Bonaventure a-t-il été canonisé ?
En 1482, par le pape Sixte IV. Il a été proclamé docteur de l'Église en 1588.
L'application Iter Fidei donne la messe et l'office de saint Bonaventure au calendrier de 1962, sa neuvaine du 6 au 14 juillet et les prières d'action de grâces après la messe, en latin et en français. Rejoignez l'accès anticipé ici.
Sources. Alban Butler, Vies des Pères, des martyrs et des autres principaux saints, au 14 juillet. Missel romain, 14 juillet, messe In medio Ecclesiae et oraison Deus, qui populo tuo ; action de grâces après la messe, Alia oratio « Transfige ». Sainte Bible, traduction de l'abbé Fillion : Matthieu 5, 13-14.