La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Le livre de l'Exode
L'Exode, deuxième livre de Moïse, raconte comment Dieu a délivré Israël de l'Égypte par les plaies, la Pâque et le passage de la mer Rouge, l'a nourri de la manne et lui a donné les dix commandements au Sinaï. Les quarante chapitres sont ci-dessous, dans la traduction de l'abbé Fillion avec la Vulgate en regard ; le guide qui suit en donne l'auteur, le plan et la lecture catholique.
Lire Exode : 40 chapitres
L'Exode raconte l'histoire qui est au cœur de l'Ancien Testament : un peuple d'esclaves libéré par la main de Dieu, lié à lui par une alliance, et qui reçoit sa demeure au milieu de lui. L'Église l'a toujours lu comme la grande figure de notre rédemption dans le Christ. Le titre grec Exodos, repris par la Vulgate, signifie « sortie » ; les Hébreux nomment le livre d'après ses premiers mots, We'elleh shemoth, « Voici les noms ».
Qui a écrit le livre de l'Exode ?
L'Église a reçu l'Exode comme l'œuvre de Moïse : c'est le deuxième des cinq livres de la Loi, que le concile de Trente (session IV, 1546) nomme en tête de l'Ancien Testament, « les cinq livres de Moïse ».
Le livre lui-même témoigne de sa main. Le Seigneur dit à Moïse après la victoire sur Amalec : « Ecrivez ceci dans un livre, afin que ce soit un monument » (Ex 17, 14) ; au Sinaï, « Moïse écrivit toutes les ordonnances du Seigneur » (Ex 24, 4) ; et après le renouvellement de l'alliance, Dieu commande encore : « Ecrivez pour vous ces paroles » (Ex 34, 27). Notre-Seigneur cite l'épisode du buisson ardent comme un passage du « livre de Moïse » : « n'avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, à l'endroit du buisson, ce que Dieu lui dit » (Mc 12, 26). La tradition juive et les Pères nomment Moïse sans hésiter.
Le 27 juin 1906, la Commission biblique pontificale, sous saint Pie X, a répondu que les arguments de la critique ne prouvent pas que le Pentateuque ne soit pas de Moïse, tout en admettant l'usage de sources et de secrétaires, et des retouches postérieures. Beaucoup d'exégètes modernes pensent que l'Exode a été assemblé au cours des siècles à partir de traditions plus tardives ; l'enseignement transmis par l'Église est celui que l'on vient de rappeler.
Quand l'Exode a-t-il été écrit ?
Selon la tradition, Moïse l'a écrit pendant les quarante années du désert. L'Écriture date la sortie d'Égypte par rapport au Temple de Salomon, commencé « quatre cent quatre-vingts ans après la sortie des enfants d'Israël hors de l'Égypte » (III Rois 6, 1, soit 1 Rois dans les bibles modernes). Ce calcul conduit au XVe siècle avant Jésus-Christ ; plusieurs savants catholiques préfèrent le XIIIe, sous le règne de Ramsès II. Le livre fut écrit pour les Israélites du désert, afin de garder la mémoire de leur délivrance et la Loi selon laquelle ils devaient vivre.
De quoi parle le livre de l'Exode ? Résumé
L'Exode continue le livre de la Genèse, qui s'achevait sur la famille de Jacob établie en Égypte. Il raconte la délivrance (chapitres 1 à 15), la marche jusqu'au Sinaï (chapitres 15 à 18), puis l'alliance et le tabernacle (chapitres 19 à 40).
L'oppression d'Israël et la vocation de Moïse (chapitres 1 à 6)
Au chapitre 1, « il s'éleva dans l'Égypte un roi nouveau, à qui Joseph était inconnu » (Ex 1, 8). Il accable les Hébreux de travaux et ordonne de jeter au Nil tous leurs enfants mâles. Au chapitre 2, une mère de la tribu de Lévi cache son fils dans une corbeille de joncs ; la fille du Pharaon le recueille, « et le nomma Moïse ; car, disait-elle, je l'ai tiré de l'eau » (Ex 2, 10). Devenu homme, Moïse tue un Égyptien et s'enfuit au pays de Madian.
Là, au chapitre 3, « le Seigneur lui apparut dans une flamme de feu qui sortait du milieu d'un buisson, et il voyait brûler le buisson sans qu'il fût consumé » (Ex 3, 2). Dieu lui ordonne : « ôtez vos souliers de vos pieds, parce que le lieu où vous êtes est une terre sainte » (Ex 3, 5), puis lui révèle son nom. Il lui donne des signes et son frère Aaron pour parler en son nom (chapitre 4). Au Pharaon, Moïse et Aaron transmettent l'ordre du Seigneur : « Laissez aller Mon peuple, afin qu'il Me sacrifie dans le désert » (Ex 5, 1). Le roi répond en refusant la paille aux Hébreux tout en exigeant le même nombre de briques. Dieu renouvelle sa promesse au chapitre 6.
Les dix plaies d'Égypte (chapitres 7 à 11)
Parce que le Pharaon endurcit son cœur, Dieu frappe l'Égypte à partir du chapitre 7 : les eaux changées en sang, les grenouilles (chapitre 8), les moucherons, les mouches, la peste des troupeaux, les ulcères, la grêle (chapitre 9), les sauterelles et les ténèbres (chapitre 10). Au chapitre 11 est annoncée la dernière : la mort de tous les premiers-nés d'Égypte.
La Pâque et la mer Rouge (chapitres 12 à 15)
Le chapitre 12 institue la Pâque. Chaque famille immole un agneau : « Cet agneau sera sans tache ; ce sera un mâle, et il n'aura qu'un an » (Ex 12, 5). On marque du sang les montants des portes, et l'on mange debout : « vous mangerez à la hâte ; car c'est la Pâque (c'est-à-dire le passage) du Seigneur » (Ex 12, 11). Dieu promet : « Je verrai ce sang et Je passerai vos maisons » (Ex 12, 13). À minuit, les premiers-nés d'Égypte meurent, et le Pharaon laisse partir le peuple. Le Seigneur le conduit « durant le jour en une colonne de nuée, et pendant la nuit en une colonne de feu » (Ex 13, 21).
Le Pharaon se lance à leur poursuite, mais au chapitre 14, « les enfants marchèrent à sec au milieu de la mer, ayant l'eau à droite et à gauche, qui leur servait comme d'un mur » (Ex 14, 22) ; les eaux se referment sur l'armée égyptienne. Le chapitre 15 s'ouvre sur le cantique de Moïse : « Chantons au Seigneur, car Il a fait éclater Sa gloire ; Il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier » (Ex 15, 1). Marie, sœur d'Aaron, reprend le refrain avec le tambourin.
Le désert : la manne et l'eau du rocher (chapitres 15 à 18)
Après les eaux amères de Mara, le peuple murmure de faim. Dieu annonce au chapitre 16 : « Je vais vous faire pleuvoir des pains du ciel » (Ex 16, 4). Au matin, les Israélites découvrent une nourriture inconnue et se disent : « Manhu, c'est-à-dire : Qu'est-ce que cela ? Car ils ne savaient ce que c'était. Moïse leur dit : C'est là le pain que le Seigneur vous donne à manger » (Ex 16, 15). Ils en mangeront pendant quarante ans.
Au chapitre 17, Moïse frappe le rocher d'Horeb, et l'eau jaillit. Puis Israël combat Amalec : « lorsque Moïse tenait les mains élevées, Israël était victorieux ; mais lorsqu'il les abaissait un peu, Amalec avait l'avantage » (Ex 17, 11). Au chapitre 18, Jéthro, beau-père de Moïse, lui conseille d'établir des juges pour le peuple.
L'alliance du Sinaï et les dix commandements (chapitres 19 à 24)
Au pied de la montagne, Dieu offre son alliance : « Vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte » (Ex 19, 6). Dans le tonnerre et le feu, il prononce les dix commandements au chapitre 20 : « Je suis le Seigneur votre Dieu, qui vous ai tirés de l'Égypte, de la maison de servitude. […] Vous n'aurez point d'autres dieux devant Moi » (Ex 20, 2-3).
Les chapitres 21 à 23 donnent les lois qui en découlent : droit des personnes, réparation des torts, fêtes de l'année. Au chapitre 24, Moïse lit au peuple « le livre de l'alliance », et le peuple répond : « Nous ferons tout ce que le Seigneur a dit » (Ex 24, 7). Moïse scelle l'alliance par l'aspersion du sang : « Voici le sang de l'alliance que le Seigneur a faite avec vous » (Ex 24, 8).
Le tabernacle et le sacerdoce prescrits (chapitres 25 à 31)
« Et ils Me dresseront un sanctuaire, afin que J'habite au milieu d'eux » (Ex 25, 8). Dieu montre à Moïse le modèle de l'arche d'alliance, de la table des pains et du chandelier d'or, puis celui du tabernacle et de l'autel (chapitres 26 et 27). Il décrit les vêtements du grand prêtre, l'éphod et le rational (chapitre 28), la consécration d'Aaron et de ses fils (chapitre 29), l'autel des parfums (chapitre 30). Au chapitre 31, il remet à Moïse « les deux tables du témoignage, qui étaient de pierre et écrites du doigt de Dieu » (Ex 31, 18).
Le veau d'or et le renouvellement de l'alliance (chapitres 32 à 34)
Au pied de la montagne, le peuple fond un veau d'or et s'écrie : « Voici vos dieux, ô Israël, qui vous ont tiré de l'Égypte » (Ex 32, 4). Moïse brise les tables, punit les idolâtres et intercède pour le peuple. « Or le Seigneur parlait à Moïse face à face, comme un homme a coutume de parler à son ami » (Ex 33, 11) ; mais quand Moïse demande à voir sa gloire, Dieu répond : « nul homme ne Me verra sans mourir » (Ex 33, 20).
Au chapitre 34, le Seigneur passe devant Moïse en se proclamant « plein de compassion et de clémence, patient, riche en miséricorde et véritable » (Ex 34, 6), et grave de nouveau les commandements. Moïse redescend, et « il était resté des rayons de lumière sur son visage » (Ex 34, 29). La Vulgate dit ici cornuta, « cornue », au sens de rayons qui jaillissent : c'est pourquoi l'art chrétien, jusqu'au Moïse de Michel-Ange, a donné au législateur deux cornes de lumière.
Le tabernacle construit et rempli de gloire (chapitres 35 à 40)
Les artisans Béséléel et Ooliab exécutent tout ce que le Seigneur a commandé (chapitres 35 à 39). Au chapitre 40, Moïse dresse le tabernacle, et le livre s'achève sur la nuée : « La nuée couvrit le tabernacle du témoignage, et il fut rempli de la gloire du Seigneur » (Ex 40, 32). La suite se lit dans le Lévitique et dans le livre des Nombres.
Les grands thèmes et la lecture catholique
L'Exode enseigne que Dieu sauve : il entend le cri des opprimés et tient la promesse faite à Abraham, à Isaac et à Jacob. Il enseigne que Dieu est saint : il révèle son nom et sa Loi, et nul ne peut voir sa face sans mourir. Il enseigne enfin que la délivrance conduit au culte : le livre ne s'achève pas en Terre promise, mais devant le tabernacle rempli de gloire.
Saint Augustin a donné la clé de cette lecture dans ses Questions sur l'Heptateuque : le Nouveau Testament est caché dans l'Ancien, et l'Ancien se découvre dans le Nouveau (in Vetere Novum lateat, et in Novo Vetus pateat). Saint Paul le dit du désert : « Or toutes ces choses leur arrivaient en figure ; et elles ont été écrites pour notre instruction » (1 Co 10, 11).
Le nom divin : « Je suis Celui qui est »
« Dieu dit à Moïse : Je suis Celui qui est. Voici, ajouta-t-Il, ce que vous direz aux enfants d'Israël : Celui qui est m'a envoyé vers vous » (Ex 3, 14). Les Pères et les docteurs ont vu dans ce nom la plus haute révélation de Dieu dans l'Ancien Testament : Dieu est l'Être même, qui ne reçoit l'existence de personne et la donne à toutes choses. Saint Thomas d'Aquin en fait le nom le plus propre de Dieu (Somme théologique, I, q. 13, a. 11). Quand Notre-Seigneur déclare : « avant qu'Abraham fût, Je suis » (Jn 8, 58), ses auditeurs entendent ce nom et prennent des pierres pour le lapider.
La Pâque et le sacrifice du Christ
L'agneau pascal est la figure la plus claire de Notre-Seigneur. Saint Jean voit, dans les jambes du Crucifié laissées intactes, l'accomplissement de la loi de la Pâque, « vous ne romprez aucun de ses os » (Ex 12, 46) : « Vous ne briserez aucun de Ses os » (Jn 19, 36). Saint Paul écrit : « Car le Christ, notre pâque, a été immolé » (1 Co 5, 7).
Le concile de Trente (session XXII, chapitre 1) enseigne qu'à la Cène, après avoir célébré l'ancienne Pâque que les fils d'Israël immolaient en mémoire de la sortie d'Égypte, le Christ a institué la Pâque nouvelle, lui-même immolé par l'Église sous des signes visibles. Ce lien est développé dans notre article sur l'Eucharistie ; le nom latin de la fête de la Résurrection, Pascha, est celui de la Pâque de l'Exode.
La mer Rouge et le baptême
« Ils ont tous été baptisés en Moïse, dans la nuée et dans la mer » (1 Co 10, 2). Tertullien, dans son traité Du baptême, et saint Ambroise, dans Des mystères, enseignent qu'Israël sauvé par l'eau pendant que le Pharaon y est englouti figure l'âme délivrée du péché dans la fontaine baptismale. C'est pourquoi l'Église lit le passage de la mer Rouge dans la nuit pascale, avant de bénir l'eau des fonts.
La manne, pain du ciel, et l'Eucharistie
Notre-Seigneur a pris la manne comme figure de lui-même : « Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts » (Jn 6, 49) ; « ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain du Ciel, mais c'est Mon Père qui vous donne le vrai Pain du Ciel » (Jn 6, 32). Saint Ambroise souligne le contraste : ceux qui ont mangé la manne sont morts, mais qui mange le Corps du Christ ne mourra pas pour l'éternité.
Le livre de la Sagesse appelle la manne « la nourriture des Anges » (Sg 16, 20), et le psaume 78, Attendite, « le pain des anges ». Au salut du Saint-Sacrement, le prêtre chante le verset Panem de caelo praestitisti eis, c'est-à-dire : vous leur avez donné le pain du ciel ; et la séquence Lauda Sion compte la manne parmi les figures du Sacrement.
Moïse, l'alliance et le tabernacle
« Car la loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité ont été faites par Jésus-Christ » (Jn 1, 17). Saint Justin, dans le Dialogue avec Tryphon, voit dans les bras de Moïse étendus au-dessus de la bataille contre Amalec une figure de la Croix. Au sang de l'alliance du Sinaï répond la parole du Seigneur sur le calice : « ceci est Mon sang, le sang de la nouvelle alliance » (Mt 26, 28).
L'Épître aux Hébreux, au chapitre 9, montre que le tabernacle, le grand prêtre et le voile étaient l'ombre du sacerdoce du Christ. À la Transfiguration, Moïse et Élie parlent avec Jésus de « Sa sortie du monde, qu'Il devait accomplir à Jérusalem » (Lc 9, 31) : en grec, son exodos. La figure du libérateur est présentée dans notre article sur Moïse.
La Vierge Marie dans l'Exode
L'Église reconnaît la Vierge dans le buisson qui brûle sans se consumer. Une antienne des Laudes et des Vêpres du 1er janvier, jour octave de Noël, chante : Rubum quem viderat Moyses incombustum, conservatam agnovimus tuam laudabilem virginitatem, ce qui veut dire : dans le buisson que Moïse avait vu brûler sans se consumer, nous avons reconnu votre admirable virginité conservée intacte. Les litanies de Lorette l'appellent Foederis arca, Arche d'alliance, car elle a porté le Verbe de Dieu comme l'arche renfermait « une urne d'or contenant la manne, la verge d'Aaron, qui avait fleuri, et les tables de l'alliance » (He 9, 4).
Chapitres et versets célèbres de l'Exode
- Exode 3 : le buisson ardent et le nom de Dieu, « Je suis Celui qui est » (Ex 3, 14).
- Exode 14 : « Ne craignez point, demeurez fermes et considérez les merveilles que le Seigneur doit faire aujourd'hui » (Ex 14, 13), et : « Le Seigneur combattra pour vous, et vous demeurerez dans le silence » (Ex 14, 14).
- Exode 15 : « Le Seigneur est ma force et le sujet de mes louanges, c'est Lui qui m'a sauvé » (Ex 15, 2).
- Exode 20 : « Vous ne vous ferez point d'image taillée, ni aucune figure de tout ce qui est en haut dans le ciel » (Ex 20, 4). La numérotation catholique, qui suit saint Augustin, rattache ce verset au premier commandement : il interdit les images faites pour être adorées comme des dieux, non toute image, puisque le même livre commande de placer sur l'arche « deux chérubins d'or battu » (Ex 25, 18). Les dix commandements, repris au chapitre 5 du Deutéronome, sont expliqués dans les Dix Commandements.
- Exode 20 : « Honorez votre père et votre mère, afin que vous viviez longtemps sur la terre » (Ex 20, 12).
- Exode 33 : la prière de Moïse, « Faites-moi voir Votre gloire » (Ex 33, 18).
L'Exode dans le canon et dans la liturgie
L'Exode est le deuxième livre de la Bible et du Pentateuque dans toutes les Bibles, et sa canonicité n'a jamais été contestée. Le texte de l'abbé Fillion est donné ici avec le latin de la Vulgate, que Trente a déclarée authentique.
L'Église lit l'Exode surtout pendant le Carême et la Semaine sainte. Au Bréviaire romain, les leçons du premier nocturne des Matines passent de la Genèse à l'Exode le quatrième dimanche de Carême, avec le buisson ardent. Au missel de 1962, la leçon du mercredi après le troisième dimanche de Carême est tirée d'Exode 20 (le décalogue, à partir du quatrième commandement), et celle du mardi après le quatrième dimanche d'Exode 32, l'intercession de Moïse après le veau d'or.
Le Vendredi saint, la seconde leçon est Exode 12, 1-11, la loi de l'agneau pascal. À la Vigile pascale, la deuxième prophétie est le passage de la mer Rouge (Ex 14, 24-31 et 15, 1), suivi du cantique Cantemus Domino. Dans le psautier de saint Pie X, ce cantique de Moïse est chanté aux secondes Laudes du jeudi, celles des jours de pénitence, que l'on peut prier dans le Bréviaire. Le mercredi des Quatre-Temps de Carême, la première leçon est la montée de Moïse au Sinaï (Ex 24, 12-18).
Comment lire l'Exode ?
Lisez les chapitres 1 à 20 comme un récit, en une ou deux fois. Prenez plus lentement les lois et les chapitres du tabernacle, avec l'Épître aux Hébreux pour commentaire : chaque objet y annonce une réalité du culte chrétien. À un chapitre par jour, l'Exode remplit les quarante jours du Carême, le temps où l'Église elle-même le lit. Commencez par le premier chapitre, ou parcourez la Bible de la liseuse livre par livre.
Questions Fréquentes
Qui a écrit le livre de l'Exode ?
L'Église a toujours reçu l'Exode comme l'œuvre de Moïse, deuxième de ses cinq livres. Le texte dit que Moïse écrivit les paroles du Seigneur (Ex 17, 14 ; 24, 4), et Notre-Seigneur cite le buisson ardent comme un passage du « livre de Moïse » (Mc 12, 26). La Commission biblique (1906) a maintenu l'origine mosaïque, en admettant des sources, des secrétaires et de légères additions. C'est l'enseignement catholique traditionnel, même si beaucoup d'exégètes modernes défendent d'autres hypothèses.
Que raconte le livre de l'Exode ?
L'Exode raconte comment Dieu, par Moïse, a délivré les enfants d'Israël de l'esclavage d'Égypte, par les dix plaies, la Pâque et le passage de la mer Rouge. Il les suit dans le désert, où Dieu les nourrit de la manne, jusqu'au mont Sinaï, où il leur donne les dix commandements et fait alliance avec eux. Le livre s'achève sur la construction du tabernacle, que remplit la gloire du Seigneur.
Quelles sont les dix plaies d'Égypte ?
Ce sont, dans l'ordre des chapitres 7 à 12 : l'eau changée en sang, les grenouilles, les moucherons, les mouches, la peste du bétail, les ulcères, la grêle, les sauterelles, les ténèbres, et enfin la mort des premiers-nés. Les Pères y voient le jugement de Dieu sur l'orgueil qui refuse de laisser aller son peuple, et la preuve que les dieux de l'Égypte ne sont rien.
Combien de chapitres compte l'Exode ?
L'Exode compte 40 chapitres dans la Vulgate, chez Fillion et dans les bibles modernes. Les chapitres 1 à 15 racontent la délivrance, 15 à 18 la marche vers le Sinaï, 19 à 40 l'alliance et le tabernacle.
Qu'est-ce que la manne dans l'Exode ?
La manne est la nourriture que Dieu fit tomber chaque matin sur les Israélites pendant quarante ans au désert (Ex 16). Son nom vient de leur question, « Manhu », « Qu'est-ce que cela ? ». Notre-Seigneur s'est déclaré le vrai pain du ciel dont la manne était la figure : « Je suis le Pain vivant, qui suis descendu du Ciel » (Jn 6, 51).
Qu'est-ce que le livre de l'alliance ?
C'est l'écrit qui contenait les lois données au Sinaï, que Moïse lut au peuple avant de sceller l'alliance par le sang des victimes (Ex 24, 7-8). On l'identifie d'ordinaire aux lois des chapitres 20 à 23. Notre-Seigneur reprend ses termes en instituant l'Eucharistie : « le sang de la nouvelle alliance ».
Pourquoi Moïse est-il représenté avec des cornes ?
Parce que la Vulgate dit, en Exode 34, 29, que la face de Moïse était cornuta, mot qui rend l'hébreu qaran, « rayonner », mais qui signifie aussi « porter des cornes ». Fillion traduit le sens : « il était resté des rayons de lumière sur son visage ». Les artistes ont traduit la lettre, et c'est pourquoi le Moïse de Michel-Ange porte deux cornes, signe de la lumière de Dieu.
L'Exode se lit aussi verset par verset, en français et en latin, dans l'application Bible catholique d'Iter Fidei.
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