La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Le IIe livre des Maccabées
Le IIe livre des Maccabées raconte l'histoire du Temple de Jérusalem sous Antiochus IV : le martyre du vieillard Éléazar et des sept frères, les victoires de Judas Maccabée et le sacrifice offert pour les morts, que l'Église a toujours lu comme un témoignage en faveur du purgatoire. Ses quinze chapitres sont donnés ci-dessous dans la traduction de l'abbé Fillion, avec la Vulgate en regard ; le guide qui suit en présente l'auteur, la date, le plan et la doctrine.
Lire 2 Maccabées : 15 chapitres
Le IIe livre des Maccabées est le dernier livre de l'Ancien Testament dans la Bible catholique. Il ne continue pas le Ier livre des Maccabées : il reprend une partie des mêmes années, de 176 à 161 environ avant Jésus-Christ, avec beaucoup plus de détails et le regard constamment fixé sur l'action de Dieu. On y rencontre le grand prêtre Onias, le scribe Éléazar, la mère des sept fils, et Judas Maccabée envoyant à Jérusalem une offrande « afin qu'un sacrifice fût offert pour les péchés des morts ». C'est sur ce passage, plus que sur tout autre, que s'appuie la prière de l'Église pour les défunts. Chaque chapitre se lit, en français et en latin, dans la liseuse de la Bible d'Iter Fidei.
Qui a écrit le IIe livre des Maccabées ?
Le livre indique lui-même sa source. Dans sa préface, l'auteur sacré écrit : « nous avons tâché d'abréger en un seul volume ce qui a été écrit en cinq livres par Jason de Cyrène » (2 M 2, 24). L'auteur est donc un abréviateur inspiré, dont le nom ne nous est pas parvenu, travaillant sur l'histoire en cinq livres d'un Juif de Cyrène, en Afrique du Nord. De ce Jason, nous ne savons rien d'autre.
L'abréviateur parle de son travail avec une franchise rare. Abréger, dit-il, n'a pas été « une tâche facile, mais un travail qui demande beaucoup de veilles et de sueurs » (2 M 2, 27). Il compare son ouvrage à celui de l'ouvrier qui décore une maison qu'un autre a construite (2 M 2, 30), et il termine en s'excusant si son récit est « moins digne du sujet » (2 M 15, 39). L'inspiration divine n'a pas dispensé l'écrivain sacré de la peine de chercher et d'écrire, comme saint Luc, qui dit s'être « soigneusement informé de tout depuis l'origine » (Lc 1, 3) ; et son excuse finale touche le style, non la vérité de ce qu'il raconte.
Les deux lettres placées en tête du livre (chapitre 1 et début du chapitre 2) furent envoyées par les Juifs de Jérusalem à leurs frères d'Égypte. La seconde porte, avec le peuple et le sénat, le nom de Judas (2 M 1, 10), mais le livre ne se présente pas comme son œuvre.
Quand a-t-il été écrit ?
Les lettres d'introduction portent la date de « l'an cent quatre-vingt-huit » (2 M 1, 10) de l'ère des Séleucides, soit 124 avant Jésus-Christ. L'abrégé ne peut donc être antérieur à cette année, et il n'en est probablement pas très éloigné. L'histoire de Jason, qui s'arrête en 161, était plus ancienne encore.
Le livre a été écrit en grec. Saint Jérôme, qui avait trouvé le premier livre en hébreu, remarque dans sa préface aux livres des Rois que le second est grec, comme le montre son style même. Il fut rédigé pour les Juifs d'Égypte, afin de les attacher à l'unique Temple de Jérusalem et à la Loi. Beaucoup de savants modernes placent l'abrégé un peu plus tard, au Ier siècle avant Jésus-Christ ; l'Église n'a rien défini sur ce point.
De quoi parle le IIe livre des Maccabées ? Résumé
Les deux lettres et la préface (chapitres 1 et 2)
Les deux lettres invitent les Juifs d'Égypte à célébrer avec ceux de Judée, le vingt-cinq du mois de casleu, la fête de la purification du Temple (2 M 1, 18). La seconde rappelle comment le feu sacré, caché au temps de la captivité, fut retrouvé sous Néhémie, et comment le prophète Jérémie cacha le tabernacle, l'arche et l'autel des parfums dans une caverne de la montagne d'où Moïse avait vu la Terre promise : « ce lieu demeurerait inconnu, jusqu'à ce que Dieu eût rassemblé Son peuple dispersé et qu'Il lui eût fait miséricorde » (2 M 2, 7). La préface de l'abréviateur suit (2 M 2, 20-33).
Héliodore et le grand prêtre Onias (chapitre 3)
Sous le pieux grand prêtre Onias, Jérusalem vivait « au milieu d'une paix parfaite » (2 M 3, 1). Le roi Séleucus envoie son ministre Héliodore s'emparer du trésor du Temple. Un cavalier terrible et deux jeunes hommes resplendissants le frappent (2 M 3, 25-26), et il ne survit que par la prière d'Onias : « Rends grâces au prêtre Onias ; car c'est à cause de lui que le Seigneur t'a donné la vie » (2 M 3, 33).
Les hellénisants et le sac de Jérusalem (chapitres 4 et 5)
À l'avènement d'Antiochus « surnommé l'Illustre », c'est-à-dire Épiphane, Jason, frère d'Onias, achète le souverain sacerdoce et fait passer ses concitoyens « aux coutumes des Gentils » (2 M 4, 10) ; il ose bâtir un gymnase « sous la citadelle même » (2 M 4, 12). Ménélas surenchérit, obtient la charge et fait assassiner le véritable grand prêtre Onias (2 M 4, 34).
Au chapitre 5, Antiochus prend la ville et pille le sanctuaire, et l'auteur donne la clef de tout le livre : « ce n'est pas à cause du lieu que Dieu a choisi la nation ; mais c'est à cause de la nation qu'Il a choisi le lieu » (2 M 5, 19). Judas Maccabée se retire dans les montagnes, où il vit d'herbes avec les siens « afin de ne pas prendre part à la souillure » (2 M 5, 27).
La persécution et les martyrs (chapitres 6 et 7)
Le chapitre 6 décrit la persécution : le Temple consacré à Jupiter Olympien (2 M 6, 2), le sabbat interdit, des mères précipitées du haut des murs pour avoir circoncis leurs enfants. L'auteur demande à ses lecteurs de ne pas se scandaliser, mais de comprendre que ces malheurs sont arrivés « non pour la ruine, mais pour le châtiment de notre nation » (2 M 6, 12), car Dieu « ne retire jamais de nous Sa miséricorde » (2 M 6, 16). Viennent alors les deux grands martyres : celui du scribe Éléazar, âgé de quatre-vingt-dix ans (2 M 6, 18-31), et celui des sept frères et de leur mère (chapitre 7).
Les victoires de Judas, la mort d'Antiochus et la purification (chapitres 8 à 10)
Judas rassemble six mille hommes et bat Nicanor, en disant de ses ennemis : « ils se confient dans leurs armes et dans leur audace ; mais nous, nous mettons notre confiance dans le Seigneur tout-puissant » (2 M 8, 18). Le chapitre 9 raconte la mort affreuse d'Antiochus, frappé « d'une plaie incurable et invisible » (2 M 9, 5), qui reconnaît trop tard qu'il est juste d'être soumis à Dieu (2 M 9, 12). Au chapitre 10, Judas reprend le Temple, élève un nouvel autel et célèbre huit jours de fête « le vingt-cinq du mois de casleu » (2 M 10, 5), avec des rameaux verts et des palmes.
Les guerres sous Antiochus Eupator et la prière pour les morts (chapitres 11 à 13)
Le régent Lysias marche sur la Judée ; un cavalier vêtu de blanc, aux armes d'or, apparaît devant l'armée juive (2 M 11, 8), et Lysias, vaincu, fait la paix (chapitre 11). Au chapitre 12, Judas combat Timothée et Gorgias ; après la bataille, il trouve sous les tuniques de ses soldats tombés des objets consacrés aux idoles de Jamnia, que la Loi interdisait, et il fait offrir à Jérusalem un sacrifice pour leurs péchés. Le chapitre 13 raconte l'expédition du jeune roi Eupator, la mort de Ménélas, condamné à périr « dans la cendre » (2 M 13, 8), et la paix qui suit.
Nicanor, Razias et la dernière victoire (chapitres 14 et 15)
Sous Démétrius, le faux grand prêtre Alcime dresse Nicanor contre Judas (2 M 14, 3). Le vieillard Razias, qu'on appelait « le père des Juifs » (2 M 14, 37), se donne la mort plutôt que de tomber aux mains des impies. Avant la bataille, Judas voit en songe Onias et le prophète Jérémie priant pour le peuple, et reçoit une épée d'or (2 M 15, 12-16). Nicanor est tué, et le treizième jour d'adar devient une fête (2 M 15, 37).
2 Maccabées 12 : la prière pour les défunts et le purgatoire
Le passage le plus célèbre du livre, et l'un des plus importants de tout l'Ancien Testament pour la doctrine catholique, se trouve à la fin du chapitre 12. Voici les faits. Après la bataille, Judas vient avec les siens relever les corps des soldats tombés pour les ensevelir. « Or ils trouvèrent sous les tuniques de ceux qui avaient été tués des choses consacrées aux idoles qui étaient à Jamnia, et que la loi interdit aux Juifs ; il parut donc évident à tous que c'est pour ce motif qu'ils étaient tombés » (2 M 12, 40). Les survivants bénissent le juste jugement de Dieu et se mettent en prière, demandant « que la faute qui avait été commise fût livrée à l'oubli » (2 M 12, 42).
Puis Judas va plus loin : « après avoir fait une collecte, il envoya douze mille drachmes d'argent à Jérusalem, afin qu'un sacrifice fût offert pour les péchés des morts, ayant de bonnes et de religieuses pensées touchant la résurrection » (2 M 12, 43). L'auteur sacré explique son geste : « car s'il n'avait pas espéré que ceux qui avaient été tués ressusciteraient, il eût regardé comme une chose vaine et superflue de prier pour les morts » (2 M 12, 44) ; « et il considérait qu'une grande miséricorde était réservée à ceux qui étaient morts avec piété » (2 M 12, 45).
Et il conclut par la phrase que l'Église n'a cessé de répéter : « C'est donc une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés » (2 M 12, 46). La Vulgate dit : Sancta ergo et salubris est cogitatio pro defunctis exorare, ut a peccatis solvantur.
Ce que le texte suppose. Ces soldats étaient morts en combattant pour la Loi, « avec piété », et pourtant avec une faute sur la conscience. Ils n'étaient pas perdus au point que la prière ne pût rien pour eux, puisque Judas prie et fait prier ; ils n'étaient pas non plus si purs qu'ils n'en eussent pas besoin, puisqu'il demande que leur péché soit effacé. Le texte suppose donc qu'après la mort, certains péchés peuvent encore être remis, et que les vivants peuvent y aider par leurs prières et par le sacrifice. La prière ne sert de rien aux damnés, et les bienheureux n'en ont pas besoin : il faut un troisième état, celui d'âmes sauvées mais encore à purifier. C'est ce que l'Église appelle le purgatoire.
Une pratique déjà reçue. Judas n'invente pas cette prière : il agit en homme pieux qui suit la foi de son peuple, et personne autour de lui ne s'en étonne. Le livre atteste ainsi qu'au IIe siècle avant Jésus-Christ, les Juifs fidèles priaient et offraient pour leurs morts. L'Église a reçu cet usage : Tertullien mentionne déjà les offrandes faites pour les défunts au jour anniversaire de leur mort, et sainte Monique mourante ne demanda à ses fils qu'une chose, qu'on se souvînt d'elle à l'autel du Seigneur, comme le rapporte saint Augustin dans ses Confessions (IX, 11).
Le témoignage des Pères et des conciles. Saint Augustin, dans son traité Du soin dû aux morts, rappelle qu'on lit dans les livres des Maccabées qu'un sacrifice fut offert pour les morts, et il ajoute que, même si l'Ancien Testament n'en disait rien, l'autorité de toute l'Église, qui pratique clairement cet usage, suffirait. Le Nouveau Testament éclaire la même vérité, quand saint Paul parle de celui qui sera « sauvé, mais comme à travers le feu » (1 Co 3, 15), et quand Notre-Seigneur évoque un péché qui ne sera pardonné « ni dans ce siècle, ni dans le siècle à venir » (Mt 12, 32), ce qui laisse entendre que d'autres le seront dans le siècle à venir.
Le concile de Florence (1439) puis le concile de Trente, dans son décret sur le purgatoire (session XXV, 1563), ont enseigné, d'après les saintes Écritures et l'antique tradition des Pères, qu'il existe un purgatoire et que les âmes qui y sont retenues sont aidées par les suffrages des fidèles, et surtout par le sacrifice de l'autel.
Prier pour nos défunts aujourd'hui. Le geste de Judas est celui de tout catholique qui fait dire une messe pour un défunt, récite le De profundis ou le Requiem aeternam, gagne une indulgence applicable aux âmes du purgatoire ou visite un cimetière en novembre. Notre article sur le purgatoire expose la doctrine en détail, et la prière pour les défunts en donne les textes, du Requiem aeternam au psaume 130, le De profundis (psaume 129 de la Vulgate). Cette entraide entre vivants et morts est un aspect de la communion des saints.
Les autres grands thèmes et la lecture catholique
La résurrection de la chair. Aucun livre de l'Ancien Testament ne parle plus clairement de la résurrection. Le deuxième des frères dit au roi : « tu nous perds pour la vie présente ; mais le Roi du monde nous ressuscitera pour la vie éternelle, nous qui serons morts pour Ses lois » (2 M 7, 9). Le troisième tend ses mains en disant : « j'espère qu'Il me les rendra un jour » (2 M 7, 11). Le quatrième ajoute : « pour toi il n'y aura pas de résurrection pour la vie » (2 M 7, 14). L'Épître aux Hébreux semble penser à eux quand elle loue ceux qui « ont été cruellement tourmentés, n'acceptant pas d'être délivrés, afin de trouver une meilleure résurrection » (He 11, 35).
La création à partir de rien. Les paroles de la mère à son plus jeune fils sont la plus nette affirmation de la création ex nihilo dans l'Ancien Testament : « Je te conjure, mon fils, de regarder le ciel et la terre, et toutes les choses qu'ils contiennent, et de comprendre que Dieu les a faites de rien, ainsi que la race des hommes » (2 M 7, 28).
L'intercession des saints. Dans la vision de Judas, Onias, mort depuis longtemps, « étendait les mains et priait pour tout le peuple juif » (2 M 15, 12), et Jérémie est présenté comme « l'ami de ses frères et du peuple d'Israël ; c'est lui qui prie beaucoup pour le peuple et pour toute la ville sainte » (2 M 15, 14). Les théologiens catholiques y lisent la prière des justes défunts pour ceux qui sont encore sur la terre : les vivants prient pour les morts au chapitre 12, et les saints prient pour les vivants au chapitre 15.
Le martyre. Les Pères ont honoré les sept frères comme des martyrs chrétiens avant le Christ. Saint Cyprien les propose en exemple dans son Exhortation au martyre, saint Grégoire de Nazianze et saint Jean Chrysostome ont prononcé leur panégyrique, et le Martyrologe romain fait mémoire des saints Maccabées le 1er août. La mère, « extraordinairement admirable et digne du souvenir des bons » (2 M 7, 20), qui voit mourir ses sept fils en un seul jour et les exhorte « dans la langue de ses pères », a parfois été rapprochée par les prédicateurs de Notre-Dame des Sept Douleurs au pied de la Croix.
Le cas de Razias. Le livre rapporte la mort de Razias et loue son courage, mais il n'en fait pas une règle. Saint Augustin observe que l'Écriture raconte ce geste sans le proposer en exemple, et que la loi de Dieu défend à l'homme de se donner la mort ; l'Église a toujours enseigné de même.
La fête de la Dédicace. La fête de huit jours instituée à la purification du Temple (2 M 10, 6 ; voir aussi 1 M 4) est la Hanoukka des Juifs. Notre-Seigneur y monta : « Or on faisait à Jérusalem la fête de la Dédicace ; et c'était l'hiver » (Jn 10, 22).
Chapitres et versets célèbres du IIe livre des Maccabées
- 2 M 12, 46 : « C'est donc une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés. » À lire dans son contexte, depuis le verset 38.
- 2 M 7 : les sept frères et leur mère, avec les versets 9, 23 et 28 parmi les plus cités. La mère dit à ses fils : « le Créateur du monde [...] vous rendra de nouveau l'esprit et la vie dans Sa miséricorde » (2 M 7, 23).
- 2 M 6, 18-31 : Éléazar refuse même de feindre de manger de la viande défendue, de peur que les jeunes gens ne croient « qu'Éléazar, à l'âge de quatre-vingt-dix ans, aurait passé à la manière de vivre des païens » (2 M 6, 24), et meurt en laissant « un exemple de vertu et de fermeté » (2 M 6, 31).
- 2 M 2, 4-8 : Jérémie cache l'arche dans une caverne du mont Nébo.
- 2 M 15, 16 : « Prends ce saint glaive comme un présent de Dieu, avec lequel tu renverseras les ennemis de mon peuple Israël » (2 M 15, 16).
Le livre dans le canon et dans la liturgie
La Vulgate l'appelle Liber II Maccabaeorum, et Fillion le IIe livre des Macchabées. Il appartient aux livres deutérocanoniques, ceux de l'Ancien Testament qui ne figurent pas dans le canon hébreu fixé plus tard par la Synagogue, mais que l'Église a reçus avec la Bible grecque des Septante, en usage chez les Apôtres. Les conciles d'Hippone (393) et de Carthage (397), le concile de Florence (1442) et le concile de Trente (session IV, 1546) nomment les deux livres des Maccabées parmi les livres saints, et Trente frappe d'anathème quiconque ne les reçoit pas, entiers et avec toutes leurs parties, comme sacrés et canoniques.
Les Réformateurs sont revenus au canon juif plus court. Luther plaça ces livres en appendice, comme utiles à lire mais non égaux à l'Écriture, et les éditions protestantes postérieures les ont le plus souvent supprimés.
Dans le Missel de 1962, 2 M 12, 43-46 est l'épître de la deuxième des trois messes du jour des Morts, le 2 novembre (la première lit 1 Co 15, 51-57, la troisième Ap 14, 13). Au samedi des Quatre-Temps de Carême, l'une des leçons de la messe est la prière de Néhémie au retour de l'exil (2 M 1, 23-27). Au Bréviaire romain, les livres des Maccabées sont lus aux Matines pendant les semaines d'octobre. Novembre, le mois des âmes du purgatoire, est le temps naturel pour revenir à ce chapitre, avec par exemple la neuvaine aux âmes du purgatoire.
Comment lire le IIe livre des Maccabées
Lisez d'abord le Ier livre pour la chronique sobre des événements, puis celui-ci pour leur sens intérieur : les chapitres 4 à 7 du IIe livre correspondent au chapitre 1 du Ier. Les prophéties de Daniel, que saint Jérôme et les Pères ont appliquées à Antiochus Épiphane, éclairent toute la période. Ne passez pas trop vite sur les réflexions de l'abréviateur, comme celle du chapitre 6 sur le sens des épreuves : elles sont la clef du livre. Revenez aux chapitres 7 et 12 en novembre, et gardez le latin ouvert à côté du français pour 12, 46, que l'Église cite depuis des siècles dans sa langue.
Questions Fréquentes
Qui a écrit le IIe livre des Maccabées ?
Le livre se présente comme l'abrégé, en un seul volume, d'une histoire en cinq livres écrite par Jason de Cyrène (2 M 2, 24). L'abréviateur inspiré ne donne pas son nom et reste inconnu. Le livre n'a pas été écrit par Judas Maccabée, même si la seconde des lettres placées en tête porte son nom.
Quand le IIe livre des Maccabées a-t-il été écrit ?
Les lettres d'introduction sont datées de l'an 188 de l'ère des Séleucides, soit 124 avant Jésus-Christ, et l'abrégé ne peut être antérieur à cette date. L'histoire de Jason de Cyrène, qui s'arrête en 161, est plus ancienne. Beaucoup de savants modernes placent l'abrégé au Ier siècle avant Jésus-Christ ; l'Église n'a rien défini à ce sujet.
Que dit 2 Maccabées 12 sur le purgatoire ?
En 2 M 12, 43-46, Judas envoie de l'argent à Jérusalem pour qu'un sacrifice soit offert « pour les péchés des morts », et l'auteur conclut : « C'est donc une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés ». La prière ne peut aider les damnés, et les bienheureux n'en ont pas besoin : le passage suppose donc un état où les défunts peuvent encore être purifiés. L'Église, avec saint Augustin et le concile de Trente, y lit un témoignage en faveur du purgatoire.
Pourquoi prier pour les défunts ?
Parce que les âmes qui meurent dans la grâce de Dieu, mais sans être entièrement purifiées, doivent l'être avant d'entrer au ciel, et que les vivants peuvent les aider par leurs prières, leurs aumônes, les indulgences et surtout le saint sacrifice de la messe. C'est ce que fit Judas Maccabée, et l'Écriture l'appelle « une sainte et salutaire pensée » (2 M 12, 46).
Pourquoi les livres des Maccabées ne sont-ils pas dans la Bible protestante ?
Ils n'ont jamais été retirés de la Bible catholique : l'Église les a reçus aux conciles d'Hippone (393), de Carthage (397), de Florence (1442) et de Trente (1546). Les Réformateurs ont adopté le canon hébreu plus court et rangé les deutérocanoniques parmi les « apocryphes ». L'enseignement de 2 M 12 sur la prière pour les morts était l'un des points en cause.
Qui sont les sept frères martyrs des Maccabées ?
Ce sont sept jeunes Juifs qui, avec leur mère, furent torturés et mis à mort sous Antiochus Épiphane pour avoir refusé de manger de la viande de porc, interdite par la Loi (2 M 7). Leurs paroles sont parmi les plus fortes de l'Ancien Testament sur la résurrection. L'Église les honore comme martyrs, et le Martyrologe romain en fait mémoire le 1er août.
Combien de chapitres compte le IIe livre des Maccabées ?
Quinze, dans la Vulgate comme dans la traduction de Fillion. Les deux premiers contiennent les lettres aux Juifs d'Égypte et la préface de l'abréviateur ; le récit proprement dit commence avec Héliodore au chapitre 3. Le Ier livre des Maccabées, à titre de comparaison, en compte seize.
Lisez le IIe livre des Maccabées verset par verset, en français et en latin, dans l'application Bible catholique d'Iter Fidei.
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