La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
L'Évangile selon saint Matthieu
L'Évangile selon saint Matthieu, premier livre du Nouveau Testament, est l'œuvre de l'apôtre Matthieu, l'ancien publicain, qui l'écrivit pour montrer aux Juifs que Jésus est le Christ annoncé par les prophètes. On lui doit le Sermon sur la montagne, les Béatitudes, le Notre Père et la promesse faite à Pierre. Ses vingt-huit chapitres sont donnés ci-dessous dans la traduction de l'abbé Fillion, avec la Vulgate en regard ; le guide qui suit en présente l'auteur, la date, le plan et la doctrine.
Lire Matthieu : 28 chapitres
Le Nouveau Testament s'ouvre sur ces mots : « Livre de la généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d'Abraham » (Mt 1, 1). Par cette seule ligne, saint Matthieu relie les deux Testaments : Abraham avait reçu la promesse, David le royaume, et l'Évangile montre l'une et l'autre accomplies dans le Christ.
L'Église place cet Évangile en tête des quatre, et de ses vingt-huit chapitres viennent des paroles que tout catholique connaît par cœur : les Béatitudes, le Notre Père, « tu es Pierre », les paroles de la Cène et l'envoi des Apôtres baptiser toutes les nations. C'est aussi l'Évangile que l'Église lit le plus souvent à la messe. Sous ce guide, vous trouverez chaque chapitre dans la liseuse de la Bible d'Iter Fidei, le français de l'abbé Fillion en regard du latin de la Vulgate.
Qui a écrit l'Évangile selon saint Matthieu ?
L'Église a reçu le premier Évangile comme l'œuvre de saint Matthieu, apôtre et évangéliste, l'un des Douze. Il était publicain, c'est-à-dire receveur des taxes à Capharnaüm, et il raconte sa propre vocation sans aucun ornement : « Jésus, sortant de là, vit un homme, appelé Matthieu, assis au bureau des impôts. Et Il lui dit : Suis-Moi. Et se levant, il Le suivit » (Mt 9, 9). Saint Marc et saint Luc appellent le même homme Lévi (Mc 2, 14) ; seul cet Évangile, dans la liste des Apôtres, le nomme « Matthieu le publicain » (Mt 10, 3), comme si l'auteur ne voulait pas laisser oublier ce qu'il avait été.
Le témoignage de l'Église ancienne est constant. Papias, évêque d'Hiérapolis au début du IIe siècle, cité par Eusèbe de Césarée (Histoire ecclésiastique, III, 39), rapporte que Matthieu réunit en langue hébraïque les paroles du Seigneur, et que chacun les traduisit comme il put. Saint Irénée de Lyon (Contre les hérésies, III, 1, 1) écrit que Matthieu publia chez les Hébreux, dans leur propre langue, un Évangile écrit, pendant que Pierre et Paul évangélisaient Rome. Origène, cité par Eusèbe (VI, 25), tenait de la tradition que le premier Évangile avait été écrit par Matthieu, d'abord publicain, puis apôtre, pour les convertis venus du judaïsme. Saint Jérôme dit la même chose dans ses Hommes illustres (chapitre 3).
La Commission biblique pontificale, dans sa réponse du 19 juin 1911, sous saint Pie X, a rappelé que, d'après le consentement constant de l'Église, l'apôtre Matthieu est vraiment l'auteur de l'Évangile qui porte son nom, et que le texte grec reçu par l'Église est, quant à la substance, identique à celui qu'il écrivit dans la langue de son pays. Beaucoup de critiques modernes attribuent l'ouvrage à un auteur plus tardif, qui aurait utilisé saint Marc ; la doctrine exposée ici est celle que l'Église a transmise.
De la vie ultérieure de saint Matthieu, on sait peu de chose avec certitude. Il prêcha d'abord aux Hébreux ; les anciens auteurs l'envoient ensuite en Éthiopie, en Perse ou chez les Parthes, et le Martyrologe romain rapporte qu'il souffrit le martyre en prêchant en Éthiopie. Ses reliques sont vénérées à Salerne. Sa fête est célébrée le 21 septembre.
Quand l'Évangile de Matthieu a-t-il été écrit ?
La tradition tient que Matthieu a écrit le premier des quatre évangélistes. Saint Augustin, dans son traité De l'accord des évangélistes (I, 2), donne l'ordre reçu dans l'Église : Matthieu, Marc, Luc, et Jean le dernier. Eusèbe rapporte que Matthieu, sur le point de quitter les Hébreux pour aller vers d'autres peuples, leur laissa son Évangile dans leur langue.
Les anciens ne s'accordent pas sur l'année. Plusieurs la placent quelques années après l'Ascension, vers l'an 40 ou un peu plus tard ; les paroles de saint Irénée ont été comprises comme désignant les années 60. La Commission biblique a enseigné en 1911 que l'Évangile ne fut pas écrit après la ruine de Jérusalem en l'an 70, de sorte que ses prophéties sur cette ruine sont de véritables prophéties, et que l'opinion la plus conforme à la tradition le place même avant l'arrivée de saint Paul à Rome. Selon toutes les estimations traditionnelles, il fut écrit moins d'une génération après la Résurrection, par un témoin oculaire, très probablement en Palestine.
En quelle langue saint Matthieu a-t-il écrit ?
Papias, Irénée, Origène, Eusèbe et Jérôme disent tous que Matthieu écrivit en « hébreu », mot qui, dans le Nouveau Testament, désigne d'ordinaire l'araméen que parlaient les Juifs de Palestine. Saint Jérôme dit qu'un exemplaire de cet Évangile hébreu était conservé de son temps dans la bibliothèque de Césarée. Cet original est perdu. Ce que l'Église a reçu et lu dès l'origine, c'est l'Évangile grec, qu'elle tient pour l'œuvre même de Matthieu quant à la substance, et que saint Jérôme a révisé en latin pour la Vulgate.
Pour qui l'Évangile de Matthieu a-t-il été écrit ?
Matthieu écrit pour des Juifs, et d'abord pour ceux qui ont cru. Il suppose ses lecteurs familiers de la Loi ; il dit « le royaume des Cieux » là où les autres évangélistes disent « le royaume de Dieu », par respect juif pour le nom divin ; et il répète à chaque page que les événements arrivent « afin que s'accomplît » la parole du prophète. La Commission biblique a résumé son dessein : prouver aux Juifs que Jésus est le Messie annoncé par les prophètes, né de la maison de David.
De quoi parle l'Évangile selon saint Matthieu ? Résumé
Matthieu ordonne la vie du Christ autour de cinq grands discours, que clôt chaque fois une même formule : « lorsque Jésus eut achevé ces discours » (Mt 19, 1 ; voir aussi 7, 28, 11, 1, 13, 53 et 26, 1). Entre eux s'intercalent les actions qui prouvent l'enseignement, et l'ensemble est encadré par l'Enfance du Christ, puis par sa Passion et sa Résurrection.
L'Enfance du Christ (chapitres 1 et 2)
Le chapitre 1 donne la généalogie du Christ depuis Abraham, par David, jusqu'à « Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ » (Mt 1, 16). Il raconte ensuite la conception virginale du point de vue de saint Joseph, à qui l'ange dit : « tu Lui donneras le nom de Jésus ; car Il sauvera Son peuple de ses péchés » (Mt 1, 21). Au chapitre 2, les Mages venus d'Orient adorent le Roi des Juifs nouveau-né, Hérode fait massacrer les Innocents, et la Sainte Famille fuit en Égypte avant de s'établir à Nazareth. Notre article sur les Rois mages reprend ce récit.
L'annonce du Royaume et le Sermon sur la montagne (chapitres 3 à 7)
Au chapitre 3, saint Jean-Baptiste prêche : « Faites pénitence, car le royaume des Cieux est proche » (Mt 3, 2), et baptise le Christ, tandis que le Père déclare : « Celui-ci est Mon Fils bien-aimé, en qui Je Me suis complu » (Mt 3, 17). Au chapitre 4, Notre-Seigneur jeûne quarante jours, repousse les trois tentations et appelle ses premiers disciples : « Suivez-Moi, et Je vous ferai devenir pêcheurs d'hommes » (Mt 4, 19).
Vient alors le premier discours, le Sermon sur la montagne. Le chapitre 5 donne les huit Béatitudes, le sel de la terre et la lumière du monde, et la loi nouvelle qui accomplit l'ancienne : « Je ne suis pas venu les abolir, mais les accomplir » (Mt 5, 17). Le chapitre 6 enseigne l'aumône, la prière et le jeûne faits dans le secret, donne le Notre Père et appelle à l'abandon à la Providence. Le chapitre 7 s'achève sur la maison bâtie sur le roc.
Les miracles et la mission des Douze (chapitres 8 à 10)
Les chapitres 8 et 9 réunissent dix miracles, parmi lesquels le lépreux, le serviteur du centurion, la tempête apaisée et la fille de Jaïre, avec, au milieu, la vocation de Matthieu lui-même et la parole du Seigneur aux pharisiens : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » (Mt 9, 13). Dans le deuxième discours, au chapitre 10, le Christ nomme les douze Apôtres, « Le premier, Simon, qui est appelé Pierre » (Mt 10, 2), et les envoie en mission.
Le mystère du Royaume (chapitres 11 à 13)
L'opposition grandit. Jean envoie ses disciples depuis sa prison, et le Christ appelle à lui ceux qui peinent (chapitre 11) ; les pharisiens l'accusent de chasser les démons par Béelzébub, et il ne leur promet que le signe de Jonas (chapitre 12). Le troisième discours, au chapitre 13, donne sept paraboles du Royaume : le semeur, l'ivraie, le grain de sénevé, le levain, le trésor caché, la perle précieuse et le filet.
L'Église fondée sur Pierre (chapitres 14 à 18)
Le Christ nourrit cinq mille hommes et marche sur les eaux, et les disciples l'adorent : « Vous êtes vraiment le Fils de Dieu » (Mt 14, 33). Au chapitre 15, il reprend les traditions des pharisiens, exauce la foi de la Chananéenne et nourrit quatre mille hommes. À Césarée de Philippe, Pierre le confesse comme le Christ et reçoit les clefs (chapitre 16) ; six jours après vient la Transfiguration (chapitre 17). Le quatrième discours, au chapitre 18, traite de la vie de l'Église : l'humilité des petits enfants, le scandale, la brebis perdue, la correction fraternelle, le pouvoir de lier et de délier, et le pardon « jusqu'à soixante-dix fois sept fois » (Mt 18, 22).
La montée vers Jérusalem (chapitres 19 à 25)
Au chapitre 19, le Christ proclame l'indissolubilité du mariage, bénit les enfants et conseille la pauvreté volontaire au jeune homme riche. Le chapitre 20 donne la parabole des ouvriers de la onzième heure, la troisième annonce de la Passion et la guérison des deux aveugles de Jéricho. Le Christ entre à Jérusalem le jour des Rameaux et chasse les vendeurs du Temple (chapitre 21), réduit au silence ses adversaires (chapitre 22) et prononce les malédictions contre les scribes et les pharisiens (chapitre 23). Le cinquième discours, sur la montagne des Oliviers, annonce la ruine du Temple et la fin du monde (chapitre 24), et s'achève sur les dix vierges, les talents et le Jugement dernier (chapitre 25).
La Passion et la Résurrection (chapitres 26 à 28)
Le chapitre 26 raconte la trahison de Judas, l'institution de la sainte Eucharistie, l'agonie à Gethsémani, l'arrestation et les reniements de Pierre. Le chapitre 27 rapporte le jugement devant Pilate, le crucifiement, la mort et la sépulture du Christ. Le chapitre 28 donne le tombeau vide, l'apparition aux saintes femmes et l'envoi des Apôtres sur la montagne de Galilée.
Les grands thèmes de saint Matthieu et la lecture catholique
Jésus est le Christ des prophètes. Aucun évangéliste ne cite aussi souvent l'Ancien Testament. La conception virginale accomplit l'oracle d'Isaïe 7, 14 : « Voici, la Vierge concevra, et Elle enfantera un Fils, et on Lui donnera le nom d'Emmanuel ; ce qui signifie : Dieu avec nous » (Mt 1, 23). Bethléem accomplit Michée 5, 2, et le retour d'Égypte la parole d'Osée : « J'ai rappelé Mon Fils d'Égypte » (Mt 2, 15). Sur la croix, le Christ prie le début du psaume 22 (21 de la Vulgate) : « Eli, Eli, lamma sabacthani ? C'est-à-dire : Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi M'avez-vous abandonné ? » (Mt 27, 46). Saint Matthieu apprend au chrétien à lire tout l'Ancien Testament comme tourné vers le Christ.
Le royaume des Cieux. Il commence sur la terre dans l'Église, grandit comme le grain de sénevé, garde ensemble les bons et les mauvais comme le filet jusqu'au tri final, et s'achève dans le ciel. Il vaut qu'on vende tout pour l'acquérir, comme le marchand qui, « ayant trouvé une perle de grand prix, [...] a vendu tout ce qu'il avait, et l'a achetée » (Mt 13, 46).
L'Église et la primauté de Pierre. Saint Matthieu est seul à rapporter la promesse : « Et Moi, Je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre Je bâtirai Mon église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle » (Mt 16, 18), suivie du don des clefs (Mt 16, 19). Il est aussi le seul évangéliste à employer le mot « église » (16, 18 et 18, 17). Le premier concile du Vatican, dans la constitution Pastor aeternus (1870, chapitre 1), fonde sur ce texte la primauté de Pierre et de ses successeurs ; notre article sur le pape l'explique.
Les sacrements. « Prenez et mangez ; ceci est Mon corps » et « ceci est Mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour beaucoup, pour la rémission des péchés » (Mt 26, 26-28) comptent parmi les textes sur lesquels le concile de Trente a enseigné la présence réelle (session XIII) et le sacrifice de la messe institué à la Cène (session XXII). L'ordre de baptiser « au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19) donne la forme du baptême et nomme la sainte Trinité. Et la parole « Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni » (Mt 19, 6) fonde l'enseignement de Trente sur le mariage (session XXIV).
Notre-Dame et saint Joseph. Matthieu raconte l'Incarnation du côté de saint Joseph, l'homme juste qui prit Marie chez lui et garda l'Enfant. Les Pères ont lu dans la prophétie de la Vierge qui enfante le témoignage de l'Écriture sur la conception virginale du Fils de Dieu et sur la virginité perpétuelle de sa Mère.
La morale du Royaume. Le Sermon sur la montagne n'abolit pas les commandements, il les porte à leur perfection : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent » (Mt 5, 44), « Soyez donc parfaits, vous, comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48). Bossuet en a fait le cœur de ses Méditations sur l'Évangile, et saint Augustin lui a consacré tout un commentaire, Le Sermon du Seigneur sur la montagne.
Les fins dernières. Les chapitres 24 et 25 sont l'enseignement le plus complet des Évangiles sur la fin du monde et le Jugement. Le Christ y juge chacun sur la charité : « toutes les fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits d'entre Mes frères, c'est à Moi que vous l'avez fait » (Mt 25, 40), et la sentence tombe : « ceux-ci iront au supplice éternel, mais les justes à la vie éternelle » (Mt 25, 46).
Le symbole de saint Matthieu
Le symbole de saint Matthieu est l'homme, souvent représenté avec des ailes, comme un ange. C'est l'un des quatre vivants de la vision d'Ézéchiel et de l'Apocalypse, que saint Jérôme, dans la préface de son commentaire sur saint Matthieu, attribua aux évangélistes : l'homme à Matthieu, parce que son Évangile commence par la généalogie humaine du Christ ; le lion à Marc, le veau à Luc et l'aigle à Jean.
Chapitres et versets célèbres de saint Matthieu
- Matthieu 2, 11 : les Mages « trouvèrent l'Enfant, avec Marie Sa Mère, et, se prosternant, ils L'adorèrent ; puis, ayant ouvert leurs trésors, ils Lui offrirent pour présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe » (Mt 2, 11).
- Matthieu 5, 3-10, les Béatitudes : « Bienheureux les pauvres en esprit, car le royaume des Cieux est à eux. [...] Bienheureux ceux qui sont doux, car ils posséderont la terre » (Mt 5, 3-4). Fillion suit l'ordre de la Vulgate, où « ceux qui sont doux » précèdent « ceux qui pleurent ». Les huit sont expliquées dans notre article sur les Béatitudes.
- Matthieu 6, 9-13, le Notre Père : « Notre Père, qui êtes aux Cieux, que Votre nom soit sanctifié ; [...] que Votre règne arrive ; que Votre volonté soit faite sur la terre comme au Ciel » (Mt 6, 9-10). Ses sept demandes sont commentées dans notre article sur le Notre Père.
- Matthieu 7, 7 : « Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l'on vous ouvrira » (Mt 7, 7).
- Matthieu 11, 28-29 : « Venez à Moi, vous tous qui êtes fatigués et qui êtes chargés, et Je vous soulagerai » ; « Je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 28-29), la parole sur laquelle repose la dévotion au Sacré-Cœur.
- Matthieu 16, 26 : « Que sert à l'homme de gagner le monde entier, s'il perd son âme ? » (Mt 16, 26).
- Matthieu 22, 37-39 : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de tout ton esprit » ; « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22, 37-39).
- Matthieu 26, 39 : « Mon Père, s'il est possible, que ce calice s'éloigne de Moi ; cependant, qu'il en soit non pas comme Je veux, mais comme Vous voulez » (Mt 26, 39).
- Matthieu 28, 19-20 : « Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » ; « Et voici que Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles » (Mt 28, 20).
L'Évangile de Matthieu dans le canon et dans la liturgie
Matthieu est le premier des quatre Évangiles et le premier des vingt-sept livres du Nouveau Testament dans toutes les bibles chrétiennes, catholiques et protestantes. Saint Justin, saint Irénée et Tatien l'utilisent dès le IIe siècle. Le concile de Trente (session IV, 1546) le nomme en premier parmi les quatre Évangiles, secundum Matthaeum, Marcum, Lucam et Joannem. Avec saint Marc et saint Luc, il forme les trois Évangiles dits synoptiques, qui suivent le même plan général et peuvent se lire en colonnes parallèles ; l'Évangile selon saint Jean se tient à part, et les Actes des Apôtres poursuivent l'histoire après l'Ascension.
Le Missel romain de 1962 tire de saint Matthieu un très grand nombre d'évangiles : la Vigile de Noël (1, 18-21), l'Épiphanie (2, 1-12), les saints Innocents (2, 13-18), le mercredi des Cendres (6, 16-21), le Ier dimanche de Carême (la tentation, 4, 1-11), le IIe dimanche de Carême (la Transfiguration, 17, 1-9), la Septuagésime (les ouvriers de la vigne, 20, 1-16), les saints Pierre et Paul (16, 13-19), la Toussaint (les Béatitudes, 5, 1-12), la Vigile pascale (28, 1-7) et le dernier dimanche après la Pentecôte (24, 15-35).
Le dimanche des Rameaux, l'Église lit à la bénédiction des rameaux l'entrée à Jérusalem (21, 1-9), puis chante à la messe la Passion selon saint Matthieu (chapitres 26 et 27). La fête de saint Matthieu, le 21 septembre, fait lire le récit de sa vocation (9, 9-13). Retrouvez chaque jour l'évangile de la messe traditionnelle sur notre page l'Évangile du jour.
Comment lire l'Évangile selon saint Matthieu
Un chapitre par jour, et vous l'aurez achevé en quatre semaines. Repérez les cinq discours et la formule qui clôt chacun, ainsi que les mots « afin que s'accomplît », qui vous renvoient aux prophètes. Lisez le Sermon sur la montagne lentement et plusieurs fois, et gardez la Passion pour le Carême et la Semaine sainte. Comparez ensuite les mêmes scènes chez saint Marc et saint Luc : les différences de détail montrent trois témoins qui ne se recopient pas servilement. Pour le commentaire, les Pères sont les guides les plus sûrs : les Homélies sur saint Matthieu de saint Jean Chrysostome, le commentaire de saint Jérôme, et la Chaîne d'or de saint Thomas d'Aquin, qui rassemble les Pères verset par verset. En français, les notes de l'abbé Fillion, qui a lui-même longuement commenté cet Évangile, restent précieuses.
Questions Fréquentes
Qui a écrit l'Évangile selon saint Matthieu ?
Il a été écrit par saint Matthieu, appelé aussi Lévi, le publicain de Capharnaüm que le Christ appela à le suivre et choisit parmi les douze Apôtres (Mt 9, 9). Papias, saint Irénée, Origène, Eusèbe et saint Jérôme en témoignent, et la Commission biblique pontificale l'a rappelé en 1911. Beaucoup de critiques modernes l'attribuent à un auteur anonyme plus tardif, mais l'attribution à l'apôtre est la tradition de l'Église.
Quand l'Évangile de Matthieu a-t-il été écrit ?
La tradition le tient pour le premier Évangile écrit. Les anciens le placent entre les années 40 et 60 environ, et la Commission biblique (1911) a enseigné qu'il fut écrit avant la ruine de Jérusalem en l'an 70, et très probablement avant l'arrivée de saint Paul à Rome. C'est l'œuvre d'un témoin oculaire, écrite moins d'une génération après la Résurrection.
En quelle langue l'Évangile de Matthieu a-t-il été écrit ?
Les Pères disent que Matthieu écrivit d'abord en « hébreu », la langue des Juifs de Palestine, que l'on comprend généralement comme l'araméen. Cet original est perdu. L'Église a toujours utilisé l'Évangile grec, qu'elle tient pour identique en substance à l'œuvre de Matthieu, et saint Jérôme l'a donné en latin dans la Vulgate.
Pour qui saint Matthieu a-t-il écrit son Évangile ?
Pour les chrétiens venus du judaïsme, en Palestine, comme le disent Origène et saint Jérôme. C'est pourquoi il cite si souvent les prophéties, parle du « royaume des Cieux » et commence par la descendance du Christ depuis Abraham et David. Son but est de montrer que Jésus est le Messie promis.
Combien de chapitres compte l'Évangile selon saint Matthieu ?
Vingt-huit, numérotés de la même manière dans la Vulgate, dans la traduction de Fillion et dans les autres bibles, pour 1 070 versets dans la Vulgate. Le Sermon sur la montagne occupe les chapitres 5 à 7, et la Passion les chapitres 26 et 27. Tous sont accessibles depuis la grille de cette page.
Quel est le message principal de l'Évangile selon saint Matthieu ?
Jésus de Nazareth, fils de David et Fils de Dieu, est le Christ promis par l'Ancien Testament, et il a fondé sur Pierre le royaume des Cieux, son Église. Il en donne la loi dans le Sermon sur la montagne, les sacrements dans le baptême et l'Eucharistie, et envoie les Apôtres enseigner toutes les nations. Ses dernières paroles résument tout : « voici que Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles ».
Quel est le symbole de saint Matthieu ?
Le symbole de saint Matthieu est l'homme, souvent représenté avec des ailes. Saint Jérôme le lui a donné parce que son Évangile commence par la généalogie humaine du Christ. Il vient des quatre vivants de la vision d'Ézéchiel et de l'Apocalypse ; les autres sont le lion de saint Marc, le veau de saint Luc et l'aigle de saint Jean.
Lisez l'Évangile selon saint Matthieu verset par verset, en français et en latin, dans l'application Bible catholique d'Iter Fidei.
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