La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
L'Évangile selon saint Luc
L'Évangile selon saint Luc, écrit par le médecin compagnon de saint Paul, est celui de l'enfance du Christ, de la Vierge Marie et de la miséricorde : l'Annonciation, le Magnificat, la Nativité, l'enfant prodigue, le bon larron. Ses vingt-quatre chapitres sont donnés ci-dessous dans la traduction de l'abbé Fillion, avec la Vulgate latine en regard ; le guide qui suit en présente l'auteur, la date, le plan et la lecture catholique.
Lire Luc : 24 chapitres
Saint Luc ouvre son Évangile comme le ferait un historien scrupuleux : « il m'a paru bon, à moi aussi, après m'être soigneusement informé de tout depuis l'origine, de te les exposer par écrit d'une manière suivie, excellent Théophile, [...] afin que tu reconnaisses la vérité des paroles que l'on t'a enseignées » (Lc 1, 3-4). Les vingt-quatre chapitres qui suivent nous donnent presque tout ce que nous savons de l'enfance du Christ, trois des cantiques que l'Église chante chaque jour, la première moitié de l'Ave Maria, les mystères joyeux du Rosaire, et les paraboles de la miséricorde qu'aucun autre évangéliste ne rapporte. Vous trouverez chacun de ses chapitres dans la liseuse de la Bible d'Iter Fidei, le français de l'abbé Fillion en regard du latin de la Vulgate.
Qui a écrit l'Évangile selon saint Luc ?
L'Église a reçu le troisième Évangile comme l'œuvre de saint Luc l'évangéliste, médecin originaire d'Antioche et compagnon de saint Paul. Il n'était pas l'un des Douze. Il n'a pas vu le Seigneur dans sa chair, mais il a recueilli ce qu'avaient transmis « ceux qui les ont vues eux-mêmes dès le commencement, et qui ont été les ministres de la parole » (Lc 1, 2).
Ce que l'Écriture nous dit de lui vient de saint Paul. « Luc, le médecin bien-aimé, et Démas, vous saluent », écrit-il aux Colossiens (Col 4, 14), en le nommant après ceux de ses compagnons qui sont « de la circoncision » : Luc était donc d'origine païenne. Dans sa dernière lettre, écrite de sa prison de Rome, Paul note : « Luc est seul avec moi » (2 Tm 4, 11). Les Actes des Apôtres, que le même auteur adresse au même Théophile, passent du « ils » au « nous » au moment où Paul quitte Troas pour la Macédoine : « nous cherchâmes aussitôt à partir pour la Macédoine » (Ac 16, 10). Ce « nous » revient jusqu'au voyage vers Rome : l'auteur était là.
Le témoignage de l'Église ancienne est constant. Saint Irénée, vers 180, écrit que Luc, le compagnon de Paul, consigna dans un livre l'Évangile que prêchait l'Apôtre (Contre les hérésies, III, 1, 1). Le Canon de Muratori, la plus ancienne liste connue des livres du Nouveau Testament, attribue le troisième Évangile à Luc le médecin, compagnon de Paul. Tertullien (Contre Marcion, IV, 5) dit qu'on attribuait couramment à Paul l'Évangile de Luc. Eusèbe (Histoire ecclésiastique, III, 4) rapporte que Luc était originaire d'Antioche et médecin de profession, et saint Jérôme (Hommes illustres, 7) ajoute qu'il apprit l'Évangile non seulement de Paul, mais aussi des autres Apôtres.
La Commission biblique pontificale, dans sa réponse du 26 juin 1912, sous saint Pie X, a enseigné que la tradition claire de l'Église oblige à tenir saint Luc, médecin, auxiliaire et compagnon de Paul, pour le véritable auteur de l'Évangile qui porte son nom. Beaucoup de critiques modernes y voient un chrétien inconnu de la génération suivante ; la tradition de l'Église est celle qui est exposée ici. Une pieuse tradition fait aussi de Luc le premier peintre de la Vierge. Sa vie, sa mort et sa fête sont racontées dans notre article sur saint Luc l'évangéliste.
Saint Luc, saint Paul et la Vierge Marie
La tradition donne la prédication de Pierre à saint Marc et celle de Paul à saint Luc. Irénée, Tertullien, Origène et Eusèbe rattachent tous le troisième Évangile à Paul, et la Commission biblique a maintenu en 1912 que Luc écrivit selon la prédication de Paul, tout en disposant d'autres sources dignes de foi, orales ou écrites.
Luc ne dépend pas du seul Paul : il nomme des témoins oculaires, et il se trouvait à Rome auprès de Paul en même temps que Marc, le disciple de Pierre (Col 4, 10). Il note par deux fois que Marie « conservait toutes ces choses, les repassant dans Son cœur » (Lc 2, 19 ; voir Lc 2, 51), et les interprètes catholiques y ont vu depuis longtemps le signe que le récit de l'enfance repose sur le souvenir de la Mère de Dieu elle-même.
Quand et où l'Évangile de Luc a-t-il été écrit ?
L'ordre reçu dans l'Église est Matthieu, Marc, Luc et Jean, et la Commission biblique a enseigné en 1912 que Luc écrivit le troisième. Deux repères fixent la date. L'Évangile est antérieur aux Actes, qui l'appellent « mon premier livre » (Ac 1, 1). Or les Actes s'achèvent sur Paul gardé deux ans à Rome, vers 61-63, sans un mot de son procès ni de sa mort. La Commission en a conclu que l'Évangile fut écrit avant la fin de cette première captivité romaine, et qu'il ne peut être daté d'après la ruine de Jérusalem en l'an 70. Selon le calcul traditionnel, saint Luc écrivit donc vers l'an 60 ou un peu avant, moins de trente ans après la Résurrection.
Le lieu est moins certain. Saint Jérôme, dans la préface de son commentaire sur saint Matthieu, dit que Luc écrivit dans les régions de l'Achaïe et de la Béotie, en Grèce ; d'autres le placent pendant les deux années de captivité de Paul à Césarée, quand Luc pouvait interroger les témoins en Palestine.
Théophile et les convertis venus du paganisme
Luc s'adresse à « l'excellent Théophile », titre que l'on donnait aux personnages de rang, déjà instruit de la foi, et, au-delà de lui, aux convertis venus de la gentilité. C'est pourquoi il explique les coutumes juives, date la prédication de Jean-Baptiste par le règne de l'empereur, « la quinzième année du règne de Tibère César » (Lc 3, 1), et fait remonter la généalogie du Christ jusqu'à « Adam, qui le fut de Dieu » (Lc 3, 38) : le Christ est le Sauveur de tout le genre humain.
De quoi parle l'Évangile selon saint Luc ? Résumé
Luc raconte la vie du Christ « d'une manière suivie », depuis l'annonce du Précurseur dans le Temple jusqu'à l'Ascension, et son Évangile commence et finit dans le Temple de Jérusalem. La longue section centrale suit la marche du Christ vers la ville où il doit souffrir : « Il prit un visage assuré, pour aller à Jérusalem » (Lc 9, 51).
Le prologue et l'Enfance (chapitres 1 et 2)
Après le prologue de quatre versets, le chapitre 1 place deux annonciations côte à côte. L'ange Gabriel annonce au prêtre Zacharie, « de la classe d'Abia » (Lc 1, 5), la naissance de saint Jean-Baptiste, puis à la Vierge Marie, à Nazareth, la conception du Fils de Dieu. Marie visite sa cousine Élisabeth et chante le Magnificat ; Jean naît, et Zacharie chante le Benedictus. Le chapitre 2 est le récit de Noël : l'édit de César Auguste, la naissance à Bethléem, les anges et les bergers, la circoncision, la présentation au Temple avec le cantique de Siméon et la prophétesse Anne, puis Jésus retrouvé parmi les docteurs : « Ne saviez-vous pas qu'il faut que Je sois aux affaires de Mon Père ? » (Lc 2, 49).
Jean-Baptiste et le début du ministère (chapitres 3 et 4)
Au chapitre 3, Jean prêche la pénitence et baptise le Christ, et Luc donne la généalogie de Joseph jusqu'à Adam. Au chapitre 4, le Christ repousse les trois tentations, puis, dans la synagogue de Nazareth, lit le prophète Isaïe : « L'Esprit du Seigneur est sur Moi ; c'est pourquoi Il M'a sacré par Son onction ; Il M'a envoyé évangéliser les pauvres » (Lc 4, 18), et déclare : « Aujourd'hui, cette parole de l'Écriture que vous venez d'entendre est accomplie » (Lc 4, 21).
Le ministère en Galilée (chapitres 5 à 9)
Au chapitre 5, la pêche miraculeuse jette Pierre à genoux : « Seigneur, retirez-Vous de moi, car je suis un pécheur » (Lc 5, 8) ; le Christ guérit un lépreux et un paralytique, et appelle Lévi. Au chapitre 6, il choisit les Douze et prononce le discours dans la plaine, avec quatre béatitudes et quatre malédictions.
Le chapitre 7 rapporte le serviteur du centurion, la résurrection du fils de la veuve de Naïm, les envoyés de Jean, et la pécheresse qui oint les pieds du Seigneur : « beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'elle a beaucoup aimé » (Lc 7, 47). Le chapitre 8 nomme les femmes qui servaient le Seigneur et donne la parabole du semeur, la tempête apaisée, le démoniaque de Gérasa et la fille de Jaïre. Au chapitre 9, les Douze sont envoyés, cinq mille hommes sont nourris, Pierre confesse « Le Christ de Dieu » (Lc 9, 20), et le Christ est transfiguré.
La montée vers Jérusalem (chapitres 9, 51 à 19, 27)
Cette section contient l'essentiel de ce qui est propre à Luc. Au chapitre 10, le Christ envoie les soixante-douze disciples, raconte la parabole du bon Samaritain et, chez Marthe, loue Marie assise à ses pieds : « Or une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera pas ôtée » (Lc 10, 42). Le chapitre 11 donne le Notre Père, le chapitre 12 le riche insensé et le « petit troupeau », le chapitre 13 le figuier stérile et la lamentation sur Jérusalem.
Au chapitre 14 viennent le grand festin et le prix à payer pour être disciple. Le chapitre 15 réunit les trois paraboles de la miséricorde : la brebis perdue, la drachme perdue et l'enfant prodigue. Le chapitre 16 donne l'intendant infidèle et le mauvais riche, le chapitre 17 les dix lépreux, le chapitre 18 le juge inique, le pharisien et le publicain, et l'aveugle de Jéricho. Au chapitre 19, Zachée descend du sycomore : « Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19, 10).
Jérusalem : les derniers jours (chapitres 19, 28 à 21)
Le Christ entre dans la ville, pleure sur elle (Lc 19, 41) et chasse les vendeurs du Temple ; il répond à ses adversaires (chapitre 20), puis annonce, au chapitre 21, la ruine de Jérusalem et sa venue « sur une nuée, avec une grande puissance et une grande majesté » (Lc 21, 27).
La Passion, la Résurrection et l'Ascension (chapitres 22 à 24)
Le chapitre 22 donne la dernière Cène et l'institution de l'Eucharistie, la prière du Christ pour Pierre, l'agonie au mont des Oliviers avec l'ange et la sueur de sang, l'arrestation et les reniements de Pierre, que le Seigneur regarde (Lc 22, 61). Le chapitre 23 rapporte les comparutions devant Pilate et Hérode, les femmes de Jérusalem, le crucifiement, le bon larron et la sépulture. Le chapitre 24 raconte le tombeau vide, les disciples d'Emmaüs, l'apparition aux Onze et l'Ascension près de Béthanie. Les disciples « revinrent à Jérusalem avec une grande joie ; [...] et ils étaient sans cesse dans le temple, louant et bénissant Dieu » (Lc 24, 52-53).
Les grands thèmes de saint Luc et la lecture catholique
Le Christ, Sauveur de tous. Le Christ de saint Luc est le « Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Lc 2, 11), « lumière pour éclairer les nations » (Lc 2, 32). Il va vers les pauvres, les malades, le Samaritain, le publicain et le pécheur, et les grandes paraboles du chapitre 15 s'achèvent dans la joie du ciel : « il y aura de même plus de joie dans le Ciel pour un seul pécheur qui fait pénitence, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de pénitence » (Lc 15, 7). On a justement appelé Luc l'évangéliste de la miséricorde ; son chapitre 15 est la meilleure préparation à la confession.
Notre-Dame. Aucun évangéliste ne nous en dit autant sur la Sainte Vierge. De saint Luc, l'Église tient la salutation de l'ange, « Je Vous salue, pleine de grâce ; le Seigneur est avec Vous, Vous êtes bénie entre les femmes » (Lc 1, 28), et celle d'Élisabeth, « le fruit de Votre sein est béni » (Lc 1, 42), qui forment ensemble la première partie du Je vous salue Marie. Le pape Pie IX, définissant l'Immaculée Conception par la bulle Ineffabilis Deus (1854), s'est appuyé sur ce gratia plena.
La réponse de Marie, « Voici la servante du Seigneur ; qu'il Me soit fait selon votre parole » (Lc 1, 38), se récite dans l'Angélus, et sa prophétie, « désormais, toutes les générations me diront bienheureuse » (Lc 1, 48), est au cœur du Magnificat. Les cinq mystères joyeux du Rosaire, de l'Annonciation au Recouvrement de Jésus au Temple, sont tous tirés des deux premiers chapitres de Luc. Le Magnificat lui-même fait écho au cantique d'Anne, au Ier livre des Rois, chapitre 2 (1 Samuel dans les bibles modernes).
Le Saint-Esprit et la prière. Le Saint-Esprit couvre Marie de son ombre, remplit Élisabeth et Zacharie et repose sur Siméon. Saint Luc montre le Christ en prière à son baptême, avant de choisir les Douze, à la Transfiguration et à l'agonie, et il rapporte la parabole « pour leur montrer qu'il faut toujours prier, et ne pas se lasser » (Lc 18, 1).
L'Eucharistie et le sacerdoce. Parmi les évangélistes, Luc est seul à rapporter l'ordre du Christ : « Ceci est Mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de Moi » (Lc 22, 19). Le concile de Trente (session XXII, chapitre 1 et canon 2) enseigne que, par ces paroles, le Christ a établi les Apôtres prêtres et leur a ordonné, à eux et à leurs successeurs, d'offrir son Corps et son Sang. À Emmaüs, le Ressuscité est reconnu « lorsqu'Il rompait le pain » (Lc 24, 35), et saint Augustin comme d'autres Pères y ont vu l'Eucharistie, donnée là où l'Écriture vient d'être ouverte.
La primauté de Pierre. « J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; et toi, lorsque tu seras converti, affermis tes frères » (Lc 22, 32). Le premier concile du Vatican (Pastor aeternus, 1870, chapitre 4) fonde sur cette promesse l'indéfectibilité de la foi du Siège de Pierre.
Les fins dernières. Le mauvais riche et Lazare (16, 19-31) enseignent le jugement particulier, le sein d'Abraham, l'enfer et le grand abîme qui les sépare : « entre nous et vous un grand abîme a été établi » (Lc 16, 26). La promesse au bon larron, « tu seras aujourd'hui avec Moi dans le paradis » (Lc 23, 43), montre que le jugement suit la mort sans délai.
Le symbole de saint Luc
Le symbole de saint Luc est le veau, ou le bœuf, l'un des quatre vivants de la vision d'Ézéchiel et de l'Apocalypse. Saint Jérôme le lui attribue parce que son Évangile s'ouvre sur le prêtre Zacharie offrant l'encens dans le Temple, et que le veau est l'animal du sacrifice.
Chapitres et versets célèbres de saint Luc
- Luc 1, 35, l'Annonciation : « L'Esprit-Saint surviendra en Vous, et la vertu du Très-Haut Vous couvrira de Son ombre ; c'est pourquoi le fruit saint qui naîtra de Vous sera appelé le Fils de Dieu » (Lc 1, 35). Notre article sur l'Annonciation commente tout le récit.
- Luc 1, 46-47 et 1, 68, le Magnificat et le Benedictus : « Mon âme glorifie le Seigneur, [...] et Mon esprit a tressailli d'allégresse en Dieu Mon Sauveur » (Lc 1, 46-47) ; « Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'Il a visité et racheté Son peuple » (Lc 1, 68).
- Luc 2, 7 et 2, 14, la Nativité : « Elle enfanta Son Fils premier-né, et Elle L'enveloppa de langes, et Le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie » (Lc 2, 7), et le chant des anges : « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et, sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté » (Lc 2, 14).
- Luc 2, 29-35, Siméon : « Maintenant, Seigneur, vous laisserez Votre serviteur s'en aller en paix, selon Votre parole » (Lc 2, 29). À Marie, il annonce : « un glaive Vous percera l'âme » (Lc 2, 35), la première des sept douleurs de Notre-Dame.
- Luc 6, 20, les Béatitudes selon saint Luc : « Bienheureux, vous qui êtes pauvres, parce que le royaume de Dieu est à vous » (Lc 6, 20), suivies de quatre malédictions : « Mais malheur à vous, riches, parce que vous avez votre consolation » (Lc 6, 24). Comparez les huit Béatitudes du chapitre 5 de saint Matthieu.
- Luc 15, l'enfant prodigue : « Je me lèverai, et j'irai vers mon père, et je lui dirai : Mon père, j'ai péché contre le Ciel et contre toi » (Lc 15, 18), et la parole du père : « mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé » (Lc 15, 24).
- Luc 18, 13, le publicain : « O Dieu, ayez pitié de moi, qui suis un pécheur » (Lc 18, 13).
- Luc 23, 34-46, les paroles de la croix : trois des sept dernières paroles ne se trouvent que chez Luc : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (Lc 23, 34) ; « tu seras aujourd'hui avec Moi dans le paradis » ; et « Père, Je remets Mon esprit entre Vos mains » (Lc 23, 46).
- Luc 24, Emmaüs : « Est-ce que notre cœur n'était pas brûlant en nous, lorsqu'Il nous parlait sur le chemin, et qu'Il nous expliquait les Écritures ? » (Lc 24, 32).
L'Évangile de Luc dans le canon et dans la liturgie
Luc est le troisième des quatre Évangiles dans toutes les bibles chrétiennes, catholiques et protestantes, et avec sa suite, les Actes des Apôtres, il forme plus du quart du Nouveau Testament. Le concile de Trente (session IV, 1546) le nomme parmi les quatre Évangiles. Avec saint Matthieu et saint Marc, il forme les trois Évangiles synoptiques ; l'Évangile selon saint Jean les complète. La Commission biblique (1912) a déclaré inspirés et canoniques les récits de l'enfance et le passage de l'ange et de la sueur de sang (Lc 22, 43-44), que quelques manuscrits omettent.
Au Bréviaire romain, les trois cantiques de saint Luc se chantent chaque jour : le Benedictus aux Laudes, le Magnificat aux Vêpres et le Nunc dimittis aux Complies. Vous pouvez les prier dans le Bréviaire d'Iter Fidei.
Le Missel de 1962 lit saint Luc aux deux premières messes de Noël (2, 1-14 et 2, 15-20), à la Circoncision, à la Sainte Famille, à la Purification le 2 février (2, 22-32), à l'Annonciation, à l'Immaculée Conception, à la Visitation et à l'Assomption ; le Ier dimanche de l'Avent, à la Sexagésime, à la Quinquagésime et au IIIe dimanche de Carême ; le lundi de Pâques (Emmaüs) ; et à de nombreux dimanches après la Pentecôte, parmi lesquels la brebis perdue, la pêche miraculeuse, le pharisien et le publicain, le bon Samaritain et les dix lépreux. La Passion selon saint Luc est chantée le mercredi saint. La fête de saint Luc tombe le 18 octobre. L'évangile de chaque jour, selon le calendrier traditionnel, se lit sur notre page l'Évangile du jour.
Comment lire l'Évangile selon saint Luc
À raison d'un chapitre par jour, il faut un peu plus de trois semaines. Lisez lentement les deux premiers chapitres, le chapelet à la main, et gardez-les pour l'Avent et Noël ; lisez le chapitre 15 avant de vous confesser, et les chapitres 22 et 23 pendant la Semaine sainte ; puis enchaînez avec les Actes, puisque Luc a conçu les deux livres comme une seule œuvre. Pour le commentaire, l'Exposition sur l'Évangile de saint Luc de saint Ambroise et le commentaire de saint Bède sont les grands guides latins ; la Chaîne d'or de saint Thomas d'Aquin rassemble les Pères verset par verset, et les notes de l'abbé Fillion accompagnent utilement le texte français.
Questions Fréquentes
Qui a écrit l'Évangile selon saint Luc ?
Saint Luc l'évangéliste, médecin d'origine païenne, natif d'Antioche et compagnon de saint Paul, a écrit le troisième Évangile et les Actes des Apôtres. Saint Irénée, le Canon de Muratori, Tertullien, Origène, Eusèbe et saint Jérôme en témoignent, et la Commission biblique pontificale l'a rappelé en 1912. Beaucoup de critiques modernes proposent un auteur inconnu plus tardif, mais l'attribution à Luc est la tradition de l'Église.
Quand l'Évangile de Luc a-t-il été écrit ?
Avant les Actes des Apôtres, qui s'achèvent sur la première captivité romaine de saint Paul, vers 61-63. La Commission biblique pontificale (1912) a enseigné qu'il fut écrit avant la fin de cette captivité et qu'il ne peut être daté d'après la ruine de Jérusalem en l'an 70. Selon le calcul traditionnel, il date des environs de l'an 60 ou un peu avant.
Combien de chapitres compte l'Évangile selon saint Luc ?
Vingt-quatre chapitres et 1 151 versets dans la Vulgate et la traduction de Fillion. L'enfance du Christ occupe les chapitres 1 et 2, la Passion et la Résurrection les chapitres 22 à 24. Chaque chapitre est accessible depuis la grille de cette page.
Quel est le message principal de l'Évangile de Luc ?
Que Jésus-Christ, conçu du Saint-Esprit et né de la Vierge Marie, est le Sauveur de tous les hommes, venu « chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19, 10). Saint Luc insiste sur la miséricorde de Dieu envers les pécheurs et les pauvres, sur la prière et le Saint-Esprit, et sur la joie du salut.
Quelles paraboles ne se trouvent que dans l'Évangile de Luc ?
Saint Luc est seul à rapporter les deux débiteurs, le bon Samaritain, l'ami importun, le riche insensé, le figuier stérile, la drachme perdue, l'enfant prodigue, l'intendant infidèle, le mauvais riche et Lazare, les serviteurs inutiles, le juge inique, et le pharisien et le publicain. La plupart se trouvent dans la grande section du voyage vers Jérusalem, aux chapitres 10 à 18.
Pourquoi saint Luc parle-t-il tant de la Vierge Marie ?
Parce qu'il a recueilli le récit de l'enfance du Christ auprès de témoins de la première heure, et selon une tradition ancienne auprès de Marie elle-même, qui « conservait toutes ces choses » dans son cœur (Lc 2, 19). C'est de lui que l'Église tient l'Annonciation, la Visitation, le Magnificat, la Nativité, la Présentation et le Recouvrement au Temple, c'est-à-dire les cinq mystères joyeux du Rosaire.
Quel est le symbole de saint Luc ?
Le veau, ou le bœuf, l'un des quatre vivants de la vision d'Ézéchiel et de l'Apocalypse. Saint Jérôme le lui attribue parce que son Évangile commence avec le prêtre Zacharie offrant l'encens dans le Temple, et que le veau est l'animal du sacrifice. Les autres symboles sont l'homme de saint Matthieu, le lion de saint Marc et l'aigle de saint Jean.
Lisez l'Évangile selon saint Luc verset par verset, en français et en latin, dans l'application Bible catholique d'Iter Fidei.
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