La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
L'Évangile selon saint Marc
L'Évangile selon saint Marc est le plus court des quatre : seize chapitres vifs et rapides, que les Pères tiennent pour la prédication de saint Pierre mise par écrit à Rome par son disciple. Ils sont donnés ci-dessous dans la traduction de l'abbé Fillion, avec la Vulgate latine en regard ; le guide qui suit présente l'auteur, la date, le plan de l'Évangile, sa finale et sa lecture catholique.
Lire Marc : 16 chapitres
Saint Marc ne perd pas de mots. Sans généalogie ni récit de l'enfance, sa première ligne nomme son sujet et confesse sa foi : « Commencement de l'Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu » (Mc 1, 1). Tout l'Évangile garde ensuite une allure rapide, de miracle en miracle, avec « aussitôt » à presque chaque page, jusqu'au tombeau vide et à l'envoi des Apôtres dans le monde entier. Les Pères nous disent pourquoi il a la fraîcheur d'un souvenir de témoin : c'est la prédication de saint Pierre, écrite par son disciple. C'est aussi l'Évangile du jour de Pâques et de l'Ascension. Vous trouverez chacun de ses chapitres dans la liseuse de la Bible d'Iter Fidei, le français de l'abbé Fillion en regard du latin de la Vulgate.
Qui a écrit l'Évangile selon saint Marc ?
L'Église a reçu le deuxième Évangile comme l'œuvre de saint Marc l'évangéliste, disciple et interprète de saint Pierre. On l'identifie communément avec « Jean, surnommé Marc », des Actes des Apôtres, dont la mère possédait à Jérusalem la maison « où beaucoup étaient assemblés et priaient » la nuit où l'ange délivra Pierre de sa prison (Ac 12, 12).
Cousin de saint Barnabé, il accompagna Paul et Barnabé au début de leur premier voyage, puis les quitta ; il fut plus tard réconcilié avec l'Apôtre, qui écrit de sa dernière captivité : « Prends Marc, et amène-le avec toi ; car il m'est utile pour le ministère » (2 Tm 4, 11). Surtout, il fut auprès de Pierre à Rome. Pierre transmet ses salutations à la fin de sa première épître : « L'église élue comme vous qui est à Babylone vous salue, ainsi que mon fils Marc » (1 P 5, 13) ; les Pères ont compris Babylone comme un nom de Rome.
Le témoignage de l'Église ancienne est unanime. Papias, évêque d'Hiérapolis, cité par Eusèbe (Histoire ecclésiastique, III, 39), rapporte l'enseignement d'un ancien : Marc, devenu l'interprète de Pierre, écrivit exactement, mais sans suivre l'ordre, ce dont il se souvenait des paroles et des actions du Seigneur, car il ne l'avait pas lui-même entendu. Saint Irénée (Contre les hérésies, III, 1, 1) dit que Marc nous a transmis par écrit ce que Pierre prêchait. Tertullien (Contre Marcion, IV, 5) affirme que l'Évangile publié par Marc peut être dit de Pierre, dont Marc était l'interprète. Clément d'Alexandrie, cité par Eusèbe (VI, 14), raconte que les auditeurs de Pierre à Rome pressèrent Marc de mettre par écrit cette prédication. Saint Jérôme (Hommes illustres, 8) appelle Marc le disciple et l'interprète de Pierre, qui écrivit un court Évangile à la demande des frères de Rome, et ajoute que Pierre l'approuva et le donna à lire aux Églises.
La Commission biblique pontificale, dans sa réponse du 26 juin 1912, sous saint Pie X, a enseigné que Marc, disciple et interprète de Pierre, est vraiment l'auteur de l'Évangile qui porte son nom, et qu'il l'a écrit selon la prédication de Pierre. Beaucoup de critiques modernes tiennent l'Évangile pour anonyme et son lien avec Pierre pour incertain ; la doctrine exposée ici est celle que l'Église a transmise. La vie de saint Marc, son martyre à Alexandrie et le lion qui le représente sont racontés dans notre article sur saint Marc l'évangéliste.
La voix de saint Pierre dans l'Évangile de Marc
On entend Pierre dans les détails vivants d'un témoin oculaire, et dans la franchise avec laquelle l'Évangile raconte ses fautes : le reproche du Seigneur après l'annonce de la Passion (Mc 8, 33), et le triple reniement, qui s'achève sur ces mots : « Et il se mit à pleurer » (Mc 14, 72). Les commentateurs y ont vu l'humilité de Pierre, qui laissait prêcher ses propres faiblesses. Beaucoup ont aussi reconnu la signature discrète de l'évangéliste dans ce jeune homme qui suivait Jésus la nuit de l'arrestation, « couvert seulement d'un drap », et qui « s'enfuit nu de leurs mains » (Mc 14, 51-52), un détail qu'aucun autre Évangile ne garde.
Quand l'Évangile de Marc a-t-il été écrit ?
La tradition place Marc au deuxième rang, après Matthieu et avant Luc : c'est l'ordre que donne saint Augustin (De l'accord des évangélistes, I, 2), et la Commission biblique l'a maintenu en 1912. Les anciens ne divergent que sur un point : Marc a-t-il écrit du vivant de Pierre ou juste après sa mort ? Clément d'Alexandrie et saint Jérôme disent que Pierre connut et approuva l'ouvrage ; saint Irénée semble le placer après le martyre de Pierre et de Paul sous Néron.
La Commission biblique a enseigné que les Évangiles de Marc et de Luc ne peuvent être datés d'après la ruine de Jérusalem en l'an 70. Selon les estimations traditionnelles, l'Évangile a donc été écrit à Rome, entre les années 50 et 67 environ, moins d'une génération après la Résurrection, d'après la prédication d'un témoin oculaire.
Écrit pour l'Église de Rome
Saint Marc écrit pour les chrétiens de Rome, venus pour la plupart du paganisme, et son texte le montre. Il traduit les mots araméens qu'il conserve : « Boanergès, c'est-à-dire, Fils du tonnerre » (Mc 3, 17), « Talitha, cumi » (Mc 5, 41), « Ephphétha ; c'est-à-dire : Ouvre-toi » (Mc 7, 34).
Il explique des coutumes juives qu'un Juif n'aurait pas eu besoin qu'on lui explique : « les pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas sans s'être souvent lavé les mains, gardant en cela la tradition des anciens » (Mc 7, 3). Il convertit l'offrande de la veuve en monnaie romaine, « deux petites pièces, valant le quart d'un as » (Mc 12, 42). Il nomme Simon de Cyrène « père d'Alexandre et de Rufus » (Mc 15, 21), comme si ses lecteurs les connaissaient. Il écrivit en grec, la langue commune de l'Église de Rome à cette époque.
De quoi parle l'Évangile selon saint Marc ? Résumé
Le plan de Marc est simple et dramatique. Après un bref prologue, le Christ agit et prêche en Galilée et dans les régions voisines ; à Césarée de Philippe, Pierre le confesse comme le Christ, et à partir de cette heure l'Évangile se tourne vers Jérusalem et vers la Croix.
Jean-Baptiste, le baptême et les premiers jours à Capharnaüm (chapitre 1)
Le chapitre 1 réunit en une seule prophétie Malachie et Isaïe : « Voici que J'envoie Mon Ange devant Ta face, et il préparera Ton chemin devant Toi » (Mc 1, 2) ; « voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur » (Mc 1, 3). Le Christ est baptisé par Jean, et le Père dit : « Tu es Mon Fils bien-aimé ; en Toi j'ai mis Mes complaisances » (Mc 1, 11).
Après les quarante jours au désert, il commence à prêcher : « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche ; faites pénitence, et croyez à l'Évangile » (Mc 1, 15). Il appelle quatre pêcheurs, chasse un esprit impur dans la synagogue, guérit la belle-mère de Pierre, prie avant l'aube dans un lieu désert (Mc 1, 35) et purifie un lépreux.
Le ministère en Galilée (chapitres 2 à 6)
Au chapitre 2, le Christ pardonne et guérit le paralytique, appelle Lévi le publicain, et se déclare « maître même du sabbat » (Mc 2, 28). Au chapitre 3, il choisit les Douze « pour les avoir avec Lui et pour les envoyer prêcher » (Mc 3, 14), et répond aux scribes qui l'accusent d'agir par Béelzébub.
Le chapitre 4 donne les paraboles du semeur, de la semence qui pousse toute seule (Mc 4, 26) et du grain de sénevé, puis la tempête apaisée : « Quel est donc Celui-ci, à qui les vents et les mers obéissent ? » (Mc 4, 40). Au chapitre 5, il chasse la légion de démons dans les pourceaux, guérit la femme atteinte d'une perte de sang et ressuscite la fille de Jaïre. Au chapitre 6, il est rejeté à Nazareth, envoie les Douze, nourrit cinq mille hommes et marche sur la mer, tandis qu'Hérode fait décapiter Jean-Baptiste.
Hors de Galilée et la confession de Pierre (chapitres 7 et 8)
Le chapitre 7 oppose le commandement de Dieu aux traditions des hommes, puis conduit le Christ en terre païenne : il exauce la foi de la Syrophénicienne et ouvre les oreilles du sourd-muet, et la foule s'écrie : « Il a bien fait toutes choses » (Mc 7, 37). Au chapitre 8, il nourrit quatre mille hommes, puis demande : « Mais vous, qui dites-vous que Je suis ? Pierre, répondant, Lui dit : Vous êtes le Christ » (Mc 8, 29). Aussitôt, il annonce sa Passion (Mc 8, 31) et appelle tout disciple à porter sa croix.
Le chemin de Jérusalem (chapitres 9 et 10)
Au chapitre 9, le Christ est transfiguré devant Pierre, Jacques et Jean, et la voix du Père dit : « Celui-ci est Mon Fils bien-aimé ; écoutez-Le » (Mc 9, 6) ; puis il délivre l'enfant possédé, dont le père s'écrie : « Je crois, Seigneur ; aidez mon incrédulité » (Mc 9, 23). Au chapitre 10, il interdit le divorce, bénit les petits enfants, regarde avec amour le jeune homme riche (Mc 10, 21), annonce sa Passion pour la troisième fois et rend la vue à l'aveugle Bartimée, à Jéricho : « Va, ta foi t'a sauvé » (Mc 10, 52).
Les derniers jours à Jérusalem (chapitres 11 à 13)
Le chapitre 11 raconte l'entrée à Jérusalem le jour des Rameaux, la malédiction du figuier stérile et l'expulsion des vendeurs : « Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations » (Mc 11, 17). Le chapitre 12 donne les vignerons homicides, le tribut à César, le premier commandement et l'obole de la veuve. Au chapitre 13, sur la montagne des Oliviers, le Christ annonce la ruine du Temple, « Il n'en restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée » (Mc 13, 2), et les signes de son retour, et il conclut : « Ce que Je vous dis, Je le dis à tous : Veillez » (Mc 13, 37).
La Passion (chapitres 14 et 15)
Le chapitre 14 rapporte l'onction de Béthanie, la trahison de Judas, la dernière Cène et l'institution de l'Eucharistie, l'agonie à Gethsémani, l'arrestation, la comparution devant le grand prêtre et les reniements de Pierre. Devant le sanhédrin, à la question « Es-Tu le Christ, le Fils du Dieu béni ? », Jésus répond : « Je le suis » (Mc 14, 61-62). Le chapitre 15 donne le jugement devant Pilate, le couronnement d'épines, le crucifiement et la mort du Christ, la confession du centurion et la sépulture.
La Résurrection et l'Ascension (chapitre 16)
Au chapitre 16, les saintes femmes trouvent le tombeau ouvert, et l'ange leur dit : « vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié ; Il est ressuscité, Il n'est point ici » (Mc 16, 6). Le Christ ressuscité apparaît à Marie-Madeleine (Mc 16, 9), à deux disciples en chemin et aux Onze ; il les envoie prêcher à toute créature, monte au ciel et s'assied à la droite de Dieu (Mc 16, 19), tandis que les Apôtres « prêchèrent partout, le Seigneur coopérant avec eux, et confirmant leur parole par les miracles dont elle était accompagnée » (Mc 16, 20).
Les grands thèmes de saint Marc et la lecture catholique
Jésus-Christ, Fils de Dieu. Le message de saint Marc tient dans sa première ligne et presque dans sa dernière. L'Évangile s'ouvre sur « Jésus-Christ, Fils de Dieu » ; le Père le proclame au baptême et à la Transfiguration ; devant le grand prêtre, il répond « Je le suis » ; et au pied de la croix, un centurion païen confesse : « Cet homme était vraiment le Fils de Dieu » (Mc 15, 39). Saint Marc, qui écrit pour des Romains, met cette confession dans la bouche d'un soldat romain.
L'Évangile des actes et de la puissance. Le Christ commande aux démons, à la maladie, au vent et à la mort, et revendique ce qui n'appartient qu'à Dieu : « afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés » (Mc 2, 10). Souvent, il impose le silence sur ses miracles et sur son identité, pour que sa messianité ne soit pas prise pour une royauté terrestre avant que la Croix ait révélé quel Roi il est.
La Croix et la vie du disciple. À partir de Césarée de Philippe, le Christ annonce trois fois sa Passion (8, 31 ; 9, 30 ; 10, 33), et chaque fois les disciples ne comprennent pas. Sa réponse est la loi de la vie chrétienne : « Si quelqu'un veut Me suivre, qu'il renonce à soi-même, et qu'il porte sa croix, et qu'il Me suive » (Mc 8, 34) ; et son fondement : « Car le Fils de l'homme Lui-même n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et pour donner Sa vie comme la rançon d'un grand nombre » (Mc 10, 45). Notre article sur la Passion du Christ suit ces heures une à une.
Les sacrements. Les paroles de l'institution, « Prenez, ceci est Mon corps » (Mc 14, 22) et « Ceci est Mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour un grand nombre » (Mc 14, 24), sont parmi les textes sur lesquels le concile de Trente a enseigné la présence réelle et le sacrifice de la messe.
De la première mission des Apôtres, saint Marc dit qu'« ils oignaient d'huile de nombreux malades et les guérissaient » (Mc 6, 13) ; le concile de Trente (session XIV) enseigne que le sacrement de l'extrême-onction est insinué dans ce passage et promulgué par saint Jacques (Jc 5, 14). Le rite traditionnel du baptême reprend le geste du Christ en 7, 34 : le prêtre touche les oreilles et les narines du baptisé en disant Ephpheta. Et la parole « Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare donc pas » (Mc 10, 9) fonde l'indissolubilité du mariage.
Notre-Dame et les « frères du Seigneur ». À Nazareth, on demande : « N'est-ce pas là le charpentier, fils de Marie, frère de Jacques, de Joseph, de Jude et de Simon ? » (Mc 6, 3). Saint Jérôme, dans son traité Contre Helvidius, a montré que le mot « frères », dans l'usage de l'Écriture, désigne aussi les proches parents, et que ces hommes étaient des cousins du Seigneur, non des fils de Marie, demeurée toujours vierge ; saint Marc lui-même appelle Jacques et Joseph les fils d'une autre Marie (Mc 15, 40).
Le symbole de saint Marc : le lion
Le symbole de saint Marc est le lion, l'un des quatre vivants de la vision d'Ézéchiel et de l'Apocalypse. Saint Jérôme, dans la préface de son commentaire sur saint Matthieu, le donne à Marc parce que son Évangile commence par « la voix de celui qui crie dans le désert », la prédication de Jean-Baptiste, semblable au rugissement du lion dans la solitude. Le lion ailé de saint Marc est l'emblème de Venise, qui conserve ses reliques depuis le IXe siècle.
Chapitres et versets célèbres de saint Marc
- Marc 1, 17 : « Suivez-Moi, et Je vous ferai devenir pêcheurs d'hommes » (Mc 1, 17).
- Marc 8, 36 : « que servirait à l'homme de gagner le monde entier et de perdre son âme ? » (Mc 8, 36).
- Marc 10, 14 : « Laissez venir à Moi les petits enfants, et ne les empêchez pas ; car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent » (Mc 10, 14).
- Marc 12, 30-31, le plus grand commandement : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de tout ton esprit, et de toute ta force » ; « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mc 12, 30-31).
- Marc 14, 38 : « Veillez et priez, afin que vous n'entriez point en tentation. L'esprit est prompt, mais la chair est faible » (Mc 14, 38).
- Marc 15, 34, le cri de la croix : « Eloï, Eloï, lamma sabacthani ? Ce qui signifie : Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi M'avez-Vous abandonné ? » (Mc 15, 34), le premier verset du psaume 22 (21 de la Vulgate).
- Marc 16, 15-16, l'envoi : « Allez dans le monde entier, et prêchez l'Évangile à toute créature. [...] Celui qui croira et qui sera baptisé, sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Mc 16, 15-16).
La finale de l'Évangile de Marc (16, 9-20)
Les douze derniers versets de saint Marc, de l'apparition à Marie-Madeleine jusqu'à l'Ascension, manquent dans deux des plus anciens manuscrits grecs, le Vaticanus et le Sinaiticus, qui s'arrêtent au verset 8 : « elles ne dirent rien à personne, à cause de leur crainte » (Mc 16, 8). Mais la grande masse des manuscrits et des versions anciennes les contient, saint Irénée les cite au IIe siècle comme la fin de l'Évangile de Marc (Contre les hérésies, III, 10), et saint Jérôme les a gardés dans la Vulgate. L'Église les a toujours lus dans sa liturgie : ils forment l'évangile de l'Ascension.
Le concile de Trente (session IV, 1546) a reçu les livres saints entiers, avec toutes leurs parties, tels qu'on a coutume de les lire dans l'Église catholique et tels qu'ils se trouvent dans l'ancienne Vulgate latine : la finale de Marc est donc inspirée et canonique. La Commission biblique a ajouté en 1912 que les raisons alléguées par certains critiques ne prouvent ni que ces versets ne sont pas inspirés, ni que Marc n'en est pas l'auteur. On peut discuter de la main qui les a écrits ; on ne peut pas mettre en doute qu'ils appartiennent à l'Écriture sainte.
L'Évangile de Marc dans le canon et dans la liturgie
Marc est le deuxième Évangile et le deuxième livre du Nouveau Testament dans toutes les bibles chrétiennes, catholiques et protestantes, et le concile de Trente le nomme parmi les quatre Évangiles. Avec saint Matthieu et saint Luc, il forme les trois Évangiles synoptiques, qui partagent le même plan général et souvent les mêmes mots ; l'Évangile selon saint Jean se tient à part. La tradition donne l'ordre Matthieu, Marc, Luc ; beaucoup de savants modernes pensent au contraire que Marc fut écrit le premier et utilisé par les deux autres, opinion que la tradition de l'Église n'enseigne pas.
Le Missel de 1962 lit saint Marc au plus grand jour de l'année : l'évangile du dimanche de Pâques est l'annonce de l'ange au tombeau (16, 1-7), et celui de l'Ascension est la finale (16, 14-20) ; nos articles sur Pâques et sur l'Ascension présentent ces deux fêtes. Le mardi saint, on chante la Passion selon saint Marc (chapitres 14 et 15). Marc donne aussi l'évangile du VIe dimanche après la Pentecôte (la multiplication des pains pour quatre mille hommes, 8, 1-9) et du XIe dimanche après la Pentecôte (le sourd-muet, Ephpheta, 7, 31-37). La fête de saint Marc se célèbre le 25 avril, jour des Grandes Litanies. L'évangile de chaque jour se trouve sur notre page l'Évangile du jour, et les fêtes dans le calendrier liturgique.
Comment lire l'Évangile selon saint Marc
Saint Marc se lit à voix haute en une seule séance d'environ une heure et demie ; à raison d'un chapitre par jour, on le termine en seize jours. Lisez-le d'abord d'une traite, puis lentement, en guettant les questions « Quel est donc Celui-ci ? » et « qui dites-vous que Je suis ? », les trois annonces de la Passion, et ces petits détails dont saint Pierre s'est souvenu, comme le regard du Seigneur sur le jeune homme riche. Pour le commentaire, suivez les Pères : le commentaire de saint Bède le Vénérable sur saint Marc et la Chaîne d'or de saint Thomas d'Aquin, qui rassemble les Pères verset par verset. Poursuivez ensuite avec saint Luc, compagnon de Marc auprès de saint Paul.
Questions Fréquentes
Qui a écrit l'Évangile selon saint Marc ?
Il a été écrit par saint Marc l'évangéliste, disciple et interprète de saint Pierre, que l'on identifie à « Jean, surnommé Marc » des Actes des Apôtres et que Pierre appelle « mon fils Marc » (1 P 5, 13). Papias, saint Irénée, Tertullien, Clément d'Alexandrie et saint Jérôme attestent qu'il mit par écrit, à Rome, la prédication de Pierre, et la Commission biblique pontificale l'a rappelé en 1912.
Quand l'Évangile de Marc a-t-il été écrit ?
Il a été écrit à Rome, deuxième après celui de Matthieu, moins d'une génération après la Résurrection. La Commission biblique pontificale (1912) a enseigné qu'il est antérieur à la ruine de Jérusalem en l'an 70 ; on le date d'ordinaire, selon la tradition, entre les années 50 et 67.
Combien de chapitres compte l'Évangile selon saint Marc ?
Seize, ce qui en fait le plus court des quatre Évangiles, pour 677 versets dans la Vulgate. La numérotation des chapitres est la même dans toutes les bibles ; celle des versets diffère légèrement par endroits, par exemple au chapitre 9. Tous les chapitres sont accessibles depuis la grille de cette page.
Quel est le message principal de l'Évangile de Marc ?
Jésus est le Christ et le Fils de Dieu, comme le dit le premier verset et comme le confesse le centurion au pied de la croix. Il le prouve par ses œuvres, mais il est venu « pour servir, et pour donner Sa vie comme la rançon d'un grand nombre » (Mc 10, 45). Celui qui veut le suivre doit renoncer à lui-même, porter sa croix et croire à l'Évangile.
Comment se termine l'Évangile de Marc ?
Dans la Vulgate et la traduction de Fillion, saint Marc se termine par les apparitions du Christ ressuscité, l'envoi des Apôtres prêcher à toute créature et l'Ascension (16, 9-20). Deux anciens manuscrits grecs s'arrêtent au verset 8, mais le concile de Trente a reçu les livres saints avec toutes leurs parties, tels qu'ils sont lus dans l'Église : ces versets sont inspirés et canoniques.
Quel est le symbole de saint Marc ?
Le symbole de saint Marc est le lion, souvent ailé. Saint Jérôme le lui a donné parce que son Évangile commence par « la voix de celui qui crie dans le désert », la prédication de Jean-Baptiste. Il vient des quatre vivants de la vision d'Ézéchiel et de l'Apocalypse ; les autres sont l'homme de saint Matthieu, le veau de saint Luc et l'aigle de saint Jean.
Lisez l'Évangile selon saint Marc verset par verset, en français et en latin, dans l'application Bible catholique d'Iter Fidei.
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