La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
L'Évangile selon saint Jean
Le quatrième Évangile, écrit à Éphèse par l'apôtre saint Jean, le disciple que Jésus aimait, s'ouvre sur le Verbe fait chair et s'achève au bord du lac de Tibériade. Voici ses 21 chapitres dans la traduction de l'abbé Fillion, avec le latin de la Vulgate en regard ; sous la grille, un guide présente l'auteur, le plan du livre, le prologue du dernier Évangile et les grands passages.
Lire Jean : 21 chapitres
L'Évangile selon saint Jean commence avant le temps : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu » (Jn 1, 1). Il se termine sur une signature : « C'est ce disciple qui rend témoignage de ces choses et qui les a écrites ; et nous savons que son témoignage est véridique » (Jn 21, 24). Entre ces deux phrases tient le plus contemplatif des quatre Évangiles, que les Pères comparaient à l'aigle, parce qu'il s'élève d'un coup d'aile jusqu'à la divinité du Christ. C'est aussi le plus liturgique : le prêtre en lit le prologue à la fin de la messe, l'Église chante la Passion selon saint Jean le Vendredi saint, et le discours sur le Pain de vie est l'Évangile de la Fête-Dieu.
Qui a écrit l'Évangile selon saint Jean ?
L'Église l'a toujours reçu comme l'œuvre de saint Jean l'Apôtre, fils de Zébédée et frère de saint Jacques le Majeur, pêcheur du lac de Galilée et l'un des trois témoins de la Transfiguration et de l'agonie. Il se désigne sans jamais se nommer comme « le disciple que Jésus aimait » : c'est lui qui repose sur la poitrine du Maître à la Cène, se tient au pied de la Croix avec la Vierge Marie et court au tombeau le matin de Pâques.
Le témoignage des Pères. Saint Irénée de Lyon, qui avait entendu dans sa jeunesse saint Polycarpe, lui-même disciple de Jean, rapporte que Jean, le disciple du Seigneur, celui qui avait reposé sur sa poitrine, publia lui aussi un Évangile pendant son séjour à Éphèse (Contre les hérésies, III, 1, 1). Le Canon de Muratori, liste romaine de la fin du IIe siècle, raconte que Jean écrivit à la demande de ses condisciples et de ses évêques.
Clément d'Alexandrie, cité par Eusèbe (Histoire ecclésiastique, VI, 14), transmet la tradition des anciens : venu le dernier, Jean composa, sous l'inspiration de l'Esprit, un « Évangile spirituel ». Saint Jérôme précise qu'il écrivit à la prière des évêques d'Asie, contre ceux qui niaient que le Christ eût existé avant Marie (Des hommes illustres, 9). Aucun écrivain ancien de l'Église ne nomme un autre auteur.
Le témoignage du livre. L'auteur est un Juif qui connaît les fêtes, les purifications et Jérusalem jusqu'au détail : la piscine « qui s'appelle en hébreu Bethsaïda, et qui a cinq portiques » (Jn 5, 2). Il parle en témoin oculaire : au coup de lance, « Celui qui l'a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est véridique » (Jn 19, 35), et le dernier chapitre l'identifie au disciple bien-aimé. Des trois intimes du Seigneur, Pierre est constamment nommé à côté de ce disciple et ne peut être lui ; Jacques fut mis à mort très tôt, vers l'an 44 (Ac 12, 2) ; reste Jean, dont le nom, si fréquent chez les autres évangélistes, n'apparaît jamais ici. La même voix se fait entendre dans la Ire Épître de saint Jean.
Le 29 mai 1907, la Commission biblique pontificale a répondu que la tradition constante de l'Église établit que l'apôtre Jean, et nul autre, est l'auteur du quatrième Évangile, et que ses récits sont de l'histoire, non des allégories. Beaucoup d'exégètes modernes pensent plutôt à une « école johannique » ; l'enseignement reçu demeure celui de l'Apôtre.
Quand et où a-t-il été écrit ?
La tradition le place le dernier des quatre, à Éphèse, vers la fin du Ier siècle, dans les années 90 à 100. Saint Irénée affirme que Jean vécut en Asie jusqu'au règne de Trajan, après avoir connu l'exil de Patmos (Ap 1, 9). Le livre suppose connus les trois premiers Évangiles, fait allusion à la mort de Pierre (Jn 21, 18-19) et corrige le bruit, répandu parmi les frères, « que ce disciple ne mourrait point » (Jn 21, 23), précision qui n'a de sens que si Jean était alors très âgé. Le papyrus Rylands, petit fragment trouvé en Égypte qui porte quelques versets du chapitre 18, est daté de la première moitié du IIe siècle : peu après sa rédaction, l'Évangile circulait déjà loin d'Éphèse.
De quoi parle l'Évangile de saint Jean ? Résumé
Saint Jean a donné lui-même la clé de son livre : « Ceux-ci ont été écrits, afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et que, le croyant, vous ayez la vie en Son nom » (Jn 20, 31). On y distingue cinq parties.
Le prologue : le Verbe fait chair (Jn 1, 1-18)
Les dix-huit premiers versets contemplent le Verbe éternel, Dieu auprès de Dieu, par qui tout a été fait, lumière qui luit dans les ténèbres. Ils font écho au premier verset de la Bible, « Au commencement… » (Gn 1, 1), et culminent dans la phrase qui fait plier le genou : « Et le Verbe a été fait chair, et Il a habité parmi nous » (Jn 1, 14). Ils s'achèvent sur la révélation du Père par le Fils : « le Fils unique, qui est dans le sein du Père, voilà Celui qui L'a manifesté » (Jn 1, 18).
Le livre des signes (chapitres 1 à 12)
Jean-Baptiste désigne « l'Agneau de Dieu » (Jn 1, 29), ses disciples suivent Jésus, et Simon reçoit le nom de Céphas. Viennent alors les signes et les grands entretiens :
- les noces de Cana, où la Mère de Jésus dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu'Il vous dira » (Jn 2, 5), puis la purification du Temple (chapitre 2) ;
- l'entretien de nuit avec Nicodème (chapitre 3) ;
- la Samaritaine au puits de Jacob et le fils de l'officier royal (chapitre 4) ;
- le paralytique de la piscine et le discours sur l'œuvre du Fils (chapitre 5) ;
- la multiplication des pains, la marche sur les eaux et le discours du Pain de vie (chapitre 6) ;
- la fête des Tabernacles : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à Moi, et qu'il boive » (Jn 7, 37) ;
- la femme adultère et la lumière du monde (chapitre 8) ;
- l'aveugle-né : « je sais une chose, c'est que j'étais aveugle, et que maintenant je vois » (Jn 9, 25) ;
- le bon Pasteur et la fête de la Dédicace (chapitre 10) ;
- la résurrection de Lazare, qui décide le Sanhédrin à faire mourir Jésus (chapitre 11) ;
- l'onction de Béthanie, l'entrée à Jérusalem et l'annonce de l'heure : « si le grain de froment qui tombe en terre ne meurt pas » (chapitre 12), il demeure seul.
La dernière Cène et le discours d'adieu (chapitres 13 à 17)
Le ton change : « Jésus, après avoir aimé les Siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'à la fin » (Jn 13, 1). Jésus lave les pieds de ses disciples, annonce la trahison de Judas et donne le commandement nouveau. Le discours d'adieu promet la demeure du Père et le Paraclet (chapitre 14), enseigne la vigne et les sarments (chapitre 15), annonce l'Esprit de vérité et la joie qui suivra la tristesse (chapitre 16). Il s'achève sur la prière sacerdotale pour l'unité de tous ceux qui croiront (chapitre 17). Ces cinq chapitres complètent le récit de la Cène que donnent les autres évangélistes.
La Passion et la Résurrection (chapitres 18 à 20)
La Passion selon saint Jean (chapitre 18 et chapitre 19) montre un Christ souverain, qui se livre lui-même au jardin du Cédron et déclare à Pilate : « Mon royaume n'est pas de ce monde » (Jn 18, 36). Pilate le présente couronné d'épines, « Voici l'homme ! », et fait écrire sur la croix « Jésus de Nazareth, Roi des Juifs » (Jn 19, 19). Jésus confie sa Mère au disciple, dit « Tout est accompli » et rend l'esprit. Au chapitre 20, Marie-Madeleine trouve le tombeau vide, Pierre et Jean y courent, et l'autre disciple « vit, et il crut » ; le Ressuscité apparaît à Madeleine, aux disciples le soir de Pâques, puis à Thomas.
L'épilogue au bord du lac (chapitre 21)
Au bord du lac de Tibériade, la pêche miraculeuse ramène « cent cinquante trois gros poissons » sans que le filet se rompe (Jn 21, 11) ; saint Augustin médite longuement ce nombre (Traités sur saint Jean, 122). Après le repas, Jésus demande trois fois à Pierre s'il l'aime et lui confie ses agneaux et ses brebis, puis il annonce son martyre.
Pourquoi saint Jean est-il différent des trois autres Évangiles ?
Matthieu, Marc et Luc, dits synoptiques, suivent surtout le ministère de Galilée ; on pourra comparer avec l'Évangile selon saint Matthieu. Saint Jean, écrivant le dernier, complète plus qu'il ne répète : il rapporte trois Pâques, plusieurs séjours à Jérusalem et de longs discours ; il omet les paraboles et le récit de l'institution de l'Eucharistie, dont il donne la doctrine au chapitre 6. Là où les trois premiers montrent surtout ce que Jésus a fait, le quatrième fait voir qui il est : d'où l'aigle, son symbole depuis saint Jérôme.
Les sept signes et les « Je suis »
On compte habituellement sept signes : l'eau changée en vin à Cana, la guérison du fils de l'officier, le paralytique, la multiplication des pains, la marche sur la mer, l'aveugle-né et Lazare rappelé du tombeau. « Jésus fit là le premier de Ses miracles, à Cana en Galilée ; et Il manifesta Sa gloire, et Ses disciples crurent en Lui » (Jn 2, 11).
À ces signes répondent les paroles où Jésus se désigne par le nom divin révélé à Moïse au buisson ardent, « Je suis » :
- « Je suis le Pain de vie » (Jn 6, 35) ;
- « Je suis la lumière du monde ; celui qui Me suit ne marche pas dans les ténèbres » (Jn 8, 12) ;
- « Je suis la porte. Si quelqu'un entre par Moi, il sera sauvé » (Jn 10, 9) ;
- « Je suis le bon pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10, 11) ;
- « Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en Moi, quand même il serait mort, vivra » (Jn 11, 25) ;
- « Je suis la voie, la vérité et la vie. Personne ne vient au Père, si ce n'est par Moi » (Jn 14, 6) ;
- « Je suis la vraie vigne, et Mon Père est le vigneron » (Jn 15, 1).
Et, sans attribut, la parole qui fit ramasser des pierres : « avant qu'Abraham fût, Je suis » (Jn 8, 58).
Le prologue de saint Jean, dernier Évangile de la messe
Dans la messe traditionnelle, après la bénédiction, le prêtre se rend du côté de l'Évangile et lit le début de saint Jean, In principio erat Verbum, jusqu'au verset 14. À Et Verbum caro factum est, il fléchit le genou, et les fidèles avec lui.
Cette lecture, née de la dévotion des prêtres au Moyen Âge, a été prescrite pour toute l'Église par le Missel de saint Pie V (1570), et le Missel de 1962 la conserve à la fin de presque toutes les messes : les rubriques de 1960 l'omettent seulement en quelques cas, notamment à la troisième messe de Noël, dont ce prologue est l'Évangile, au dimanche des Rameaux, à la messe du Jeudi saint et à la Vigile pascale. La messe s'achève ainsi sur le mystère de Noël : le Verbe éternel s'est fait chair, et il vient d'être présent sur l'autel. L'article sur la messe tridentine situe ce rite dans le déroulement de la messe.
Saint Augustin rapporte qu'un philosophe platonicien souhaitait le voir écrit en lettres d'or et placé dans toutes les églises (La Cité de Dieu, X, 29).
Jean 6 : le discours du Pain de vie
Le chapitre 6 commence par la multiplication des cinq pains d'orge, près de la Pâque, et se poursuit le lendemain dans la synagogue de Capharnaüm. Jésus y passe de la manne du désert (Ex 16) au pain véritable descendu du Ciel, puis à la manducation de sa chair : « le pain que Je donnerai, c'est Ma chair, pour la vie du monde » (Jn 6, 52). Les auditeurs protestent, et il insiste au lieu d'adoucir : « si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez Son sang, vous n'aurez pas la vie en vous » (Jn 6, 54) ; « Car Ma chair est vraiment une nourriture, et Mon sang est vraiment un breuvage » (Jn 6, 56).
Beaucoup de disciples se retirent alors. Jésus ne les rappelle pas par une explication symbolique ; il se tourne vers les Douze, et Pierre répond : « Seigneur, à qui irions-nous ? Vous avez les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 69). L'Église lit ce discours comme l'annonce de l'Eucharistie, présence réelle du corps et du sang du Christ, dont le concile de Trente a défini la doctrine (session XIII, 1551). Saint Augustin, commentant ce chapitre, s'écrie : O sacramentum pietatis ! O signum unitatis ! O vinculum caritatis ! (Traités sur saint Jean, 26, 13).
La liseuse suit la Vulgate, qui partage en deux le verset 51 des bibles modernes : ensuite, notre Jn 6, 55 est leur Jn 6, 54.
Jean 3, 16 et l'entretien avec Nicodème
Nicodème, docteur de la Loi, vient trouver Jésus de nuit et entend que « aucun homme, s'il ne renaît de l'eau et de l'Esprit-Saint, ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jn 3, 5). Le concile de Trente s'appuie sur ce verset pour enseigner que l'eau véritable est nécessaire au baptême (session VII, canon 2 sur le baptême). Jésus annonce ensuite sa Croix par la figure du serpent d'airain que Moïse éleva au désert (Nb 21), et l'Évangéliste résume tout l'Évangile en une phrase :
« Car Dieu a tant aimé le monde, qu'Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle » (Jn 3, 16).
Le verset suivant en donne le sens : « Car Dieu n'a pas envoyé Son Fils dans le monde pour juger le monde, mais afin que le monde soit sauvé par Lui » (Jn 3, 17). La foi dont parle ici le Seigneur n'est pas une simple confiance intérieure : elle reçoit le baptême de l'eau et de l'Esprit annoncé quelques versets plus haut, et « celui qui agit selon la vérité vient à la lumière » (Jn 3, 21). Le missel de 1962 lit ce passage (Jn 3, 16-21) le lundi de la Pentecôte.
Les grands thèmes et la lecture catholique
La divinité du Christ. Le livre commence et finit par cette confession : « le Verbe était Dieu » au premier verset, « Mon Seigneur et mon Dieu ! » dans la bouche de Thomas (Jn 20, 28). « Moi et le Père, Nous ne sommes qu'un » (Jn 10, 30) : les Pères de Nicée y ont puisé contre Arius. Les chapitres 14 à 16, où le Fils promet « un autre Paraclet », éclairent le mystère de la Trinité.
Les sacrements. Le baptême au chapitre 3, l'Eucharistie au chapitre 6, la pénitence le soir de Pâques : le Ressuscité souffle sur les Apôtres, leur dit « Recevez l'Esprit-Saint » et ajoute : « Les péchés seront remis à ceux auxquels vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux auxquels vous les retiendrez » (Jn 20, 23). Le concile de Trente (session XIV, 1551) enseigne que le Seigneur a institué par ces paroles le sacrement de pénitence. Commentant la parole qui purifie (Jn 15, 3), saint Augustin a donné la définition classique du sacrement : Accedit verbum ad elementum, et fit sacramentum (Traités sur saint Jean, 80, 3).
L'Église née du côté ouvert. « un des soldats Lui ouvrit le côté avec une lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau » (Jn 19, 34). Saint Augustin remarque que l'Évangéliste a écrit « ouvrit » et non « frappa » : là s'ouvrait la porte de la vie, d'où coulent les sacrements de l'Église, comme Ève fut tirée du côté d'Adam endormi. Les messes du Sacré-Cœur et du Précieux Sang lisent ce verset.
La Vierge Marie. Marie paraît au début et à la fin de la vie publique, et deux fois Jésus l'appelle « Femme », à Cana et au Calvaire : « Femme, voilà Votre fils », puis au disciple : « Voilà ta Mère » (Jn 19, 27). L'Église a toujours compris que le disciple représentait tous les fidèles ; Léon XIII l'a rappelé dans l'encyclique Adiutricem populi (1895).
La primauté de Pierre. Jésus donne à Simon le nom de Céphas, « ce qui signifie Pierre », et lui confie après la Résurrection tout le troupeau : « Pais Mes agneaux… Pais Mes brebis » (Jn 21, 15-17). Le concile du Vatican (Pastor aeternus, 1870) cite ces deux passages pour définir la primauté de Pierre.
La vie éternelle commencée. « Or la vie éternelle, c'est qu'ils Vous connaissent, Vous le seul vrai Dieu » (Jn 17, 3) : la grâce en est déjà la semence.
L'accomplissement des Écritures. « Vous scrutez les Écritures […] ce sont elles aussi qui rendent témoignage de Moi » (Jn 5, 39). L'Agneau de Dieu accomplit l'agneau pascal et le Serviteur souffrant d'Isaïe 53 ; aucun de ses os n'est brisé, et « Ils contempleront Celui qu'ils ont percé » (Jn 19, 37).
Chapitres et versets célèbres de l'Évangile de saint Jean
- L'Agneau de Dieu : « Voici l'Agneau de Dieu, voici Celui qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29), parole que le prêtre reprend avant la communion des fidèles.
- Le Précurseur : « Il faut qu'Il croisse, et que je diminue » (Jn 3, 30).
- La Samaritaine : « Dieu est esprit, et il faut que ceux qui L'adorent L'adorent en esprit et en vérité » (Jn 4, 24).
- La femme adultère : « Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette la pierre le premier » (Jn 8, 7) ; puis : « va, et désormais ne pèche plus » (Jn 8, 11).
- Lazare : « Et Jésus pleura » (Jn 11, 35).
- Le commandement nouveau : « que vous vous aimiez les uns les autres comme Je vous ai aimé » (Jn 13, 34).
- La paix du Christ : « Je vous laisse la paix, Je vous donne ma paix » (Jn 14, 27), paroles reprises dans une prière du prêtre avant la communion.
- Sans moi, rien : « Je suis la vigne, vous êtes les sarments […] car, sans Moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5).
- Le plus grand amour : « Personne ne peut avoir un plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13).
- La victoire : « Dans le monde, vous aurez des afflictions ; mais ayez confiance, J'ai vaincu le monde » (Jn 16, 33).
- Thomas : « heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru ! » (Jn 20, 29).
L'Évangile de saint Jean dans le canon et dans la liturgie
Le quatrième Évangile figure dans toutes les listes anciennes des livres saints, et le concile de Trente (session IV, 1546) le nomme parmi les quatre Évangiles, selon Matthieu, Marc, Luc et Jean. Il compte vingt et un chapitres dans toutes les bibles ; la Vulgate et Fillion le divisent en 879 versets, et le chapitre 6, avec ses 72 versets, est le plus long. Le récit de la femme adultère (Jn 7, 53 à 8, 11) manque dans une partie des manuscrits grecs anciens ; saint Jérôme l'a trouvé dans beaucoup de manuscrits grecs et latins, saint Augustin l'a commenté, et il appartient au texte que Trente a reçu tel qu'il est contenu dans l'antique Vulgate latine. Le même Apôtre a écrit trois Épîtres et l'Apocalypse.
Aucun Évangile n'est plus présent dans le missel de 1962 aux grands jours : la troisième messe de Noël (Jn 1, 1-14) ; Cana au IIe dimanche après l'Épiphanie ; la multiplication des pains au dimanche de Laetare et le chapitre 8 au dimanche de la Passion ; le lavement des pieds le Jeudi saint et la Passion le Vendredi saint (Jn 18, 1 à 19, 42) ; Quasimodo (Jn 20, 19-31), le Bon Pasteur (Jn 10, 11-16) et le chapitre 16 aux dimanches après Pâques ; la Pentecôte (Jn 14, 23-31), la Fête-Dieu (Jn 6, 56-59), le Sacré-Cœur et le Christ-Roi (Jn 18, 33-37) ; la fête de saint Jean le 27 décembre et les messes des défunts.
L'Évangile du jour et le calendrier liturgique permettent de suivre ces lectures au fil de l'année.
Comment lire l'Évangile selon saint Jean
Lisez-le d'abord d'un trait : il tient en une soirée. Relisez ensuite le chapitre 6 en pensant à la messe, et les chapitres 13 à 17 comme si vous étiez assis à la Cène. Pour une lecture suivie, un chapitre par jour pendant trois semaines suffit ; à chaque signe, demandez-vous ce qu'il révèle du Christ.
Les grands commentaires sont les Traités sur l'Évangile de saint Jean de saint Augustin, les homélies de saint Jean Chrysostome, le commentaire de saint Thomas d'Aquin et sa Chaîne d'or, qui rassemble les Pères verset par verset. En français, Bossuet a médité le discours après la Cène dans ses Méditations sur l'Évangile, et l'abbé Fillion a commenté ce texte même dans sa Sainte Bible commentée. Toute la Bible d'Iter Fidei se lit aussi dans l'application Bible catholique, latin et français en regard.
Questions Fréquentes
Qui a écrit l'Évangile selon saint Jean ?
Il a été écrit par saint Jean l'Apôtre, fils de Zébédée et frère de Jacques le Majeur, « le disciple que Jésus aimait ». Saint Irénée, qui avait connu saint Polycarpe, disciple de Jean, atteste qu'il le publia à Éphèse, et le livre se donne lui-même pour le témoignage de ce disciple (Jn 21, 24).
Quand l'Évangile de Jean a-t-il été écrit ?
Selon la tradition, saint Jean l'a écrit à Éphèse vers la fin du Ier siècle, entre 90 et 100 environ, le dernier des quatre Évangiles. Le livre suppose connus les trois autres et fait allusion à la mort de saint Pierre.
Saint Jean l'Évangéliste est-il Jean-Baptiste ?
Non. L'évangéliste est Jean l'Apôtre, fils de Zébédée. Saint Jean-Baptiste, le Précurseur, fut décapité par Hérode avant la Passion, et l'Évangile parle de lui à la troisième personne : « Il y eut un homme envoyé de Dieu, dont le nom était Jean » (Jn 1, 6).
Combien de chapitres compte l'Évangile selon saint Jean ?
Il compte 21 chapitres. Dans la Vulgate et la traduction de Fillion, il a 879 versets ; le plus long est le chapitre 6, le discours du Pain de vie, avec 72 versets. Tous les chapitres sont dans la grille ci-dessus, avec le latin en regard.
Que veut dire Jean 3, 16 ?
« Car Dieu a tant aimé le monde, qu'Il a donné son Fils unique » résume tout l'Évangile : le salut vient de l'amour du Père, qui livre son Fils à la Croix. Jésus vient de dire à Nicodème qu'il faut renaître de l'eau et de l'Esprit : la foi qui sauve reçoit le baptême et vit selon la vérité.
Pourquoi lit-on le début de saint Jean à la fin de la messe ?
Le prologue (Jn 1, 1-14) est le « dernier Évangile » de la messe traditionnelle depuis le Missel de saint Pie V ; en 1962, il se lit à la fin de presque toutes les messes. Le prêtre le lit après la bénédiction et fléchit le genou à « Et le Verbe a été fait chair ». La messe s'achève ainsi sur le mystère de l'Incarnation.
Qu'est-ce que Jean 6 enseigne sur l'Eucharistie ?
Jésus annonce qu'il donnera sa chair à manger et son sang à boire, et il le maintient quand beaucoup de disciples le quittent. L'Église y lit l'annonce de l'Eucharistie, où le Christ est réellement présent, corps, sang, âme et divinité.
Jean · avec l'app
Accès anticipé