La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Le livre de Judith
Le livre de Judith raconte comment une veuve de Béthulie, armée de jeûne, de prière et de courage, délivra Israël de l’armée d’Holoferne. Ses seize chapitres sont donnés ci-dessous dans la traduction de l’abbé Fillion, avec le latin de la Vulgate en regard ; le guide qui suit en expose l’histoire, le sens et l’usage que l’Église en fait pour honorer la Vierge Marie.
Lire Judith : 16 chapitres
Le livre de Judith est le récit d’une délivrance. Une armée immense descend du nord, les villes tombent l’une après l’autre, une petite cité de montagne, Béthulie, meurt de soif et s’apprête à se rendre. Alors paraît une veuve qui jeûne et prie depuis des années dans une chambre retirée de sa maison. Elle reproche aux chefs de la ville d’avoir fixé un délai à la miséricorde de Dieu, se prosterne dans la cendre, puis descend seule avec sa servante dans le camp ennemi. Elle en revient trois jours plus tard avec la tête du général assyrien, sans que sa pureté ait été atteinte.
L’Église a toujours lu ce livre à deux niveaux. Au sens littéral, il enseigne que Dieu sauve son peuple par les humbles, quand ce peuple se tourne vers lui par la pénitence. Au sens spirituel, il annonce la femme qui devait écraser la tête de l’ennemi, et c’est pourquoi la liturgie met sur les lèvres des fidèles, pour chanter la Vierge Marie, les louanges adressées à Judith. Le nom d’Holoferne est écrit ainsi chez Fillion ; on rencontre souvent la graphie « Holopherne ».
Qui a écrit le livre de Judith ?
Le livre ne nomme pas son auteur, et l’Église n’a rien défini à ce sujet : elle enseigne que le livre est sacré et canonique, écrit sous l’inspiration du Saint-Esprit, sans se prononcer sur la main humaine qui l’a rédigé. Plusieurs anciens commentateurs l’ont attribué au grand prêtre Éliachim, appelé aussi Joacim, qui fait garder les défilés des montagnes au chapitre 4 et vient de Jérusalem bénir Judith au chapitre 15. D’autres ont pensé à Judith elle-même, ou à un écrivain de Jérusalem ayant recueilli les mémoires de Béthulie.
Le livre était lu comme Écriture dès la fin du Ier siècle. Saint Clément de Rome, dans sa lettre aux Corinthiens, propose déjà l’exemple de la bienheureuse Judith, qui s’exposa au danger par amour de son peuple. Saint Paul semble faire écho au discours de Judith quand il écrit : « Ne murmurez point, comme murmurèrent quelques-uns d’entre eux, et ils périrent par l’exterminateur » (1 Co 10, 10) ; Judith disait de ceux qui murmuraient contre le Seigneur : « ils ont été exterminés par l’Ange exterminateur, et ils ont péri par les serpents » (Jdt 8, 25).
Quand le livre de Judith a-t-il été écrit ?
Les interprètes traditionnels placent les événements sous le règne de Manassé, roi de Juda, après sa captivité et son repentir, que raconte le IIe livre des Paralipomènes (2 Chroniques dans les bibles modernes), au chapitre 33. Le « Nabuchodonosor, roi des Assyriens, qui régnait dans la grande ville de Ninive » (Jdt 1, 5) ne serait donc pas le roi de Babylone qui détruisit Jérusalem, mais un souverain assyrien du VIIe siècle avant Jésus-Christ ; plusieurs exégètes catholiques du XIXe siècle ont proposé d’y reconnaître Assurbanipal. Les derniers versets, qui parlent d’une paix prolongée « de nombreuses années après sa mort » et d’une fête célébrée « jusqu’aujourd’hui » (Jdt 16, 30-31), montrent que la rédaction est postérieure aux faits.
Les noms de rois, les distances et les dates soulèvent de réelles difficultés, que les commentateurs ont discutées depuis longtemps ; une partie vient de l’état du texte, car saint Jérôme dit avoir trouvé des manuscrits très divergents. Beaucoup d’exégètes modernes datent le livre du IIe siècle avant Jésus-Christ, à l’époque des Maccabées, et y voient un récit composé pour soutenir la foi d’Israël. La tradition l’a reçu comme une histoire, et la Commission biblique pontificale (23 juin 1905) a demandé qu’on ne traite pas comme une fiction un livre reçu pour historique sans preuves solides.
De quoi parle le livre de Judith ? Résumé
La menace assyrienne (chapitres 1 à 3)
Le chapitre 1 s’ouvre sur la victoire de Nabuchodonosor sur Arphaxad, roi des Mèdes. Les peuples de l’Occident ayant refusé de se joindre à lui, le roi jure de se venger. Au chapitre 2, il envoie son général Holoferne avec une armée qui couvre « la face de la terre, comme des sauterelles » (Jdt 2, 11). Au chapitre 3, les villes viennent au-devant de lui avec des couronnes et des danses, mais il détruit leurs bois sacrés, car le roi lui avait commandé d’exterminer tous les dieux de la terre, « afin que seul il fût appelé dieu par toutes les nations » (Jdt 3, 13). Le conflit est d’emblée religieux : un homme se veut dieu.
Israël se prépare ; le témoignage d’Achior (chapitres 4 à 7)
Au chapitre 4, les fils d’Israël gardent les passages et se tournent vers Dieu : les prêtres revêtent le cilice, on couvre l’autel d’un cilice, les enfants se prosternent devant le temple. Le grand prêtre promet : « Sachez que le Seigneur exaucera vos prières, si vous persévérez toujours dans les jeûnes et les prières devant le Seigneur » (Jdt 4, 12).
Au chapitre 5, Achior, chef des Ammonites, retrace devant Holoferne toute l’histoire des Hébreux, d’Abraham à la sortie d’Égypte, et en tire la loi : ce peuple est invincible tant qu’il sert son Dieu, et n’est livré que lorsqu’il pèche. « Nul n’a insulté ce peuple, sinon lorsqu’il s’est retiré du culte du Seigneur son Dieu » (Jdt 5, 17). Furieux, Holoferne le fait lier à un arbre près de Béthulie pour qu’il périsse avec les Israélites (chapitre 6) ; ceux-ci le délient et l’accueillent. Au chapitre 7, l’armée assiège la ville et coupe l’aqueduc. Après vingt jours, les citernes sont vides, le peuple réclame la reddition, et Ozias promet de livrer la ville si aucun secours ne vient dans cinq jours.
Le reproche de Judith et sa prière (chapitres 8 et 9)
Judith entre en scène au chapitre 8. Veuve depuis trois ans et demi, elle vit retirée au haut de sa maison, porte le cilice, et « elle jeûnait tous les jours de sa vie, excepté les sabbats, les premiers jours du mois et les fêtes de la maison d’Israël » (Jdt 8, 6).
Elle fait venir les anciens et leur adresse un reproche d’une rare fermeté : « Et qui êtes-vous, vous qui tentez le Seigneur ? » (8, 11) ; « Vous avez prescrit un terme à la miséricorde du Seigneur selon qu’il vous a plût, et vous Lui avez marqué un jour » (Jdt 8, 13). Elle rappelle qu’Abraham, Isaac, Jacob et Moïse ont été éprouvés par bien des afflictions, et que les fléaux de Dieu sont envoyés « pour nous corriger, et non pour nous perdre » (8, 27).
Au chapitre 9, elle se couvre de cendre dans son oratoire et prie l’une des grandes prières de l’Ancien Testament. Elle rappelle les merveilles de l’Exode et demande que l’orgueil de l’ennemi soit abattu par la plus faible des mains : « Ce sera un monument pour Votre nom, que la main d’une femme l’ait renversé » (Jdt 9, 15).
Dans le camp d’Holoferne (chapitres 10 à 13)
Au chapitre 10, Judith quitte ses vêtements de veuve et se pare de tous ses ornements. Le texte prend soin de préciser l’intention : « Le Seigneur même lui ajouta un nouvel éclat, parce que tout cet ajustement avait pour principe non la passion, mais la vertu » (Jdt 10, 4). Elle descend avec sa servante vers le camp, où Holoferne est aussitôt séduit. Au chapitre 11, elle lui tient un discours habile, annonçant que Dieu livrera son peuple pécheur.
Au chapitre 12, elle refuse les mets du général et ne mange que ce qu’elle a apporté ; chaque nuit, elle sort prier dans la vallée. Le quatrième jour, Holoferne donne un festin pour la séduire et boit plus de vin qu’il n’en a jamais bu. Au chapitre 13, restée seule dans la tente, elle prie en silence : « Seigneur Dieu, fortifiez-moi à cette heure » (Jdt 13, 9), et lui tranche la tête avec sa propre épée. De retour à Béthulie, elle montre la tête au peuple et rend témoignage : « Le Dieu vivant m’est témoin que Son ange m’a gardée » (Jdt 13, 20), et que le Seigneur n’a pas permis que sa servante fût souillée.
La victoire, le cantique et la sainte mort (chapitres 14 à 16)
Au chapitre 14, la tête est suspendue aux murailles et les Israélites font une sortie. Achior croit au Dieu d’Israël et s’agrège à son peuple (Jdt 14, 6). Quand les Assyriens découvrent leur chef décapité, la panique les saisit : « Une seule femme juive a mis la confusion dans la maison du roi Nabuchodonosor » (Jdt 14, 16). Au chapitre 15, ils fuient, poursuivis jusqu’aux frontières, et le grand prêtre Joacim vient de Jérusalem bénir Judith.
Le chapitre 16 contient son cantique d’action de grâces, qui commence comme celui de Moïse au chapitre 15 de l’Exode : « Le Seigneur anéantit les guerres ; le Seigneur est Son nom » (Jdt 16, 3). Elle offre au Temple les armes d’Holoferne, puis revient à Béthulie, où elle vit dans la chasteté jusqu’à cent cinq ans (Jdt 16, 28). Tout le peuple la pleure sept jours.
Les grands thèmes et la lecture catholique
Le jeûne et la prière plus forts que les armées
La leçon du livre est donnée dès le chapitre 4 : Moïse vainquit Amalec « non avec le fer, mais avec l’ardeur et la sainteté de sa prière » (Jdt 4, 13), comme le rapporte l’Exode au chapitre 17. Judith jeûne, prie dans le cilice et la cendre, prie avant d’agir et rend grâces après. Saint Ambroise, dans son traité De Elia et jejunio, la montre sortant du jeûne comme d’une armure : sobre, elle trancha la tête d’Holoferne, garda sa pudeur et remporta la victoire. Le Bréviaire romain lit précisément cette page au deuxième nocturne des Matines, le dimanche où l’on commence le livre de Judith. C’est une catéchèse sur le jeûne que l’Église adresse à ses enfants.
Ne pas fixer de délai à Dieu
Le reproche de Judith aux anciens est d’une grande actualité spirituelle. Fixer à Dieu le jour où il devra intervenir, c’est le tenter ; il faut au contraire attendre humblement ses consolations (Jdt 8, 20) et lui demander sa miséricorde « en la manière qu’il Lui plaira » (8, 17). L’épreuve n’est pas une condamnation : elle éprouve la fidélité des serviteurs de Dieu, comme celle d’Abraham, « devenu l’ami de Dieu » (8, 22).
La chasteté et la viduité
La bénédiction du grand prêtre donne la raison de sa force : « votre cœur s’est affermi, parce que vous avez aimé la chasteté, et qu’après avoir perdu votre mari, vous n’en avez pas connu d’autre » (Jdt 15, 11). Saint Jérôme, dans sa préface au livre, propose Judith en exemple de chasteté aux hommes comme aux femmes, et saint Ambroise, dans son traité des veuves, la cite parmi les modèles de la viduité chrétienne.
Judith a-t-elle menti ?
Les lecteurs se posent la question devant les paroles de Judith à Holoferne. Saint Thomas d’Aquin y répond dans la Somme théologique (IIa-IIae, q. 110, a. 3, ad 3) : Judith n’est pas louée pour avoir trompé Holoferne, mais pour le zèle avec lequel elle exposa sa vie au salut de son peuple. Tout ce que l’Écriture rapporte des serviteurs de Dieu n’est pas pour autant approuvé ; ce qu’elle loue en Judith, c’est sa foi, sa pureté et son courage.
Judith, figure de la Vierge Marie
La liturgie lit Judith comme une figure de Notre-Dame. Comme Jahel, qui transperça la tempe de Sisara au livre des Juges, Judith frappe la tête de l’ennemi du peuple de Dieu, et rappelle la promesse de la Genèse : « Elle te brisera la tête ». La louange d’Ozias, « Vous êtes bénie, ma fille, par le Seigneur, le Très Haut, plus que toutes les femmes qui sont sur la terre » (Jdt 13, 23), annonce la salutation d’Élisabeth : « Vous êtes bénie entre les femmes » (Lc 1, 42).
Judith a vaincu un tyran ; Marie, préservée de tout péché, a écrasé le serpent lui-même. La tradition française n’a pas oublié non plus le rapprochement : en 1429, Christine de Pizan célébrait la Pucelle en la comparant à Esther, à Judith et à Débora ; voyez sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France.
Chapitres et versets célèbres
- Jdt 8, 11-13 : « Et qui êtes-vous, vous qui tentez le Seigneur ? » Le reproche aux anciens de Béthulie.
- Jdt 9, 16 : « Car Votre puissance, Seigneur, n’est point dans la multitude, ni Votre volonté dans la force des chevaux […] mais Vous avez toujours agréé la prière des humbles et des doux. »
- Jdt 13, 20 : le témoignage de Judith sur l’ange qui l’a gardée à l’aller, au camp et au retour, cher à tous ceux qui honorent les anges gardiens.
- Jdt 15, 10 : « Vous êtes la gloire de Jérusalem ; vous êtes la joie d’Israël ; vous êtes l’honneur de notre peuple. » En latin, Tu gloria Jerusalem, tu laetitia Israël, tu honorificentia populi nostri : ces mots sont passés dans l’antienne Tota pulchra es, Maria.
- Jdt 16, 2 : « Chantez le Seigneur au son des tambours ; chantez le Seigneur au bruit des cymbales ; modulez-Lui un chant nouveau ».
- Jdt 16, 17 : « Vous avez parlé, et elles ont été faites ; Vous avez envoyé Votre esprit, et elles ont été créées, et nul ne résiste à Votre voix. »
Le livre de Judith dans le canon et dans la liturgie
Un livre deutérocanonique
Judith fait partie des livres deutérocanoniques, avec Tobie, la Sagesse, l’Ecclésiastique, Baruch, les deux livres des Maccabées et les parties grecques d’Esther et de Daniel. Il ne figure pas dans la Bible hébraïque, mais il appartient à la Septante. Les conciles d’Hippone (393) et de Carthage (397) le comptent parmi les livres sacrés, ainsi que saint Augustin dans La Doctrine chrétienne. Saint Jérôme, qui suivait en principe le canon hébreu, le traduisit pourtant, parce que, dit-il dans sa préface, le concile de Nicée passait pour l’avoir compté parmi les saintes Écritures ; il travailla sur un texte chaldéen, en une seule veille de nuit. Le concile de Florence (1442) confirma ce canon, et le concile de Trente, session IV (8 avril 1546), le définit en nommant expressément « Tobie, Judith, Esther ».
Le texte de la Vulgate, que traduit Fillion, est nettement plus court que le grec, et la numérotation des versets diffère ; une référence prise dans une bible moderne ne tombe donc pas toujours sur le même verset.
Dans le missel et le bréviaire de 1962
- L’Assomption (15 août). L’épître de la messe Signum magnum est tirée de Judith (13, 22-25 et 15, 10) ; voyez l’Assomption, ce que l’on fête le 15 août.
- Les Sept Douleurs de Notre-Dame (15 septembre). La même leçon de Judith 13 sert d’épître.
- L’Immaculée Conception (8 décembre). Le graduel unit Judith 13, 23 et 15, 10 : Benedicta es tu, Virgo Maria, a Domino Deo excelso… Tu gloria Jerusalem ; voyez l’Immaculée Conception et le dogme de 1854. Le trait de l’Apparition de Notre-Dame de Lourdes (11 février) reprend lui aussi Judith 15, 10.
- Les Laudes du mercredi. Le cantique de Judith (16, 15 et suivants), Hymnum cantemus Domino, est chanté aux premières Laudes du mercredi dans le psautier de saint Pie X, hors des temps de pénitence.
- L’office du temps. Au Bréviaire, le livre est lu aux Matines la quatrième semaine de septembre, après Tobie et avant Esther.
Comment lire le livre de Judith ?
Lisez-le en deux ou trois fois. Les chapitres 1 à 7 sont lents et militaires, mais ils sont nécessaires : ils montrent combien la situation est désespérée avant que Judith n’apparaisse au chapitre 8. Ne lisez pas ces pages comme un roman d’aventure ; le vrai sommet du livre n’est pas le coup d’épée, mais le discours aux anciens et la prière du chapitre 9, qu’il faut reprendre lentement. Lisez le cantique du chapitre 16 à voix haute, comme on chante un psaume.
Sur les pages des chapitres, la Vulgate est en regard du français : on y entend le Tu gloria Jerusalem tel que l’Église le chante. Les autres livres de l’Écriture sont réunis dans la Bible catholique en ligne, et le texte se lit aussi hors connexion dans l’application Bible catholique d’Iter Fidei.
Questions Fréquentes
Que raconte le livre de Judith ?
Le livre raconte le siège de Béthulie par Holoferne, général de Nabuchodonosor. Alors que la ville, privée d’eau, va se rendre, la veuve Judith reproche aux chefs leur défiance, prie, puis se rend dans le camp ennemi, où elle tranche la tête d’Holoferne endormi. Les Assyriens s’enfuient, Israël est délivré, et Judith chante un cantique d’action de grâces avant de finir sa vie dans la chasteté.
Qui a écrit le livre de Judith ?
Le livre ne nomme pas son auteur, et l’Église n’a rien défini sur ce point. Plusieurs commentateurs anciens l’ont attribué au grand prêtre Éliachim (ou Joacim), qui paraît aux chapitres 4 et 15 ; d’autres à Judith elle-même ou à un écrivain postérieur. L’Église a défini que le livre est inspiré et canonique.
Le livre de Judith est-il dans la Bible catholique ?
Oui. Judith est un livre canonique de l’Ancien Testament catholique, de seize chapitres, placé entre Tobie et Esther. Les conciles d’Hippone et de Carthage l’ont inscrit au canon à la fin du IVe siècle, et le concile de Trente l’a défini comme Écriture sainte en 1546.
Pourquoi le livre de Judith n’est-il pas dans la Bible protestante ?
L’Église ne l’a jamais retiré. Les Réformateurs du XVIe siècle n’ont gardé comme canoniques que les livres de la Bible hébraïque et ont rangé Judith, avec les autres deutérocanoniques, parmi les « apocryphes », que la plupart des éditions protestantes ont ensuite cessé d’imprimer. L’Église ancienne le lisait comme Écriture.
Le livre de Judith est-il une histoire vraie ?
Les Pères l’ont lu comme une histoire, et la tradition le place sous le roi Manassé, au VIIe siècle avant Jésus-Christ. Les noms et les dates présentent des difficultés réelles, qui tiennent en partie à l’état du texte. Beaucoup d’exégètes modernes y voient un récit édifiant du IIe siècle avant Jésus-Christ ; la Commission biblique pontificale (1905) a demandé qu’on ne lise pas comme une fiction un livre reçu pour historique sans preuves solides.
Pourquoi Judith est-elle une figure de la Vierge Marie ?
Judith, femme sainte et pure, délivre son peuple en frappant la tête de l’ennemi, comme la femme de la Genèse devait écraser la tête du serpent. Les louanges qu’elle reçoit, « Vous êtes bénie […] plus que toutes les femmes » et « Vous êtes la gloire de Jérusalem », sont appliquées par l’Église à Marie dans les messes de l’Assomption et de l’Immaculée Conception, et dans l’antienne Tota pulchra es.
Combien de chapitres compte le livre de Judith ?
Le livre de Judith compte seize chapitres dans la Vulgate et chez l’abbé Fillion. Le texte grec est plus long et sa numérotation diffère en plusieurs endroits.
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