La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Le livre des Juges
Le livre des Juges raconte le temps troublé qui suit la conquête de Chanaan, quand Israël n'avait pas de roi et que Dieu suscitait, de crise en crise, des libérateurs : Débora, Gédéon, Jephté, Samson. Ses vingt et un chapitres sont ci-dessous, dans la traduction de l'abbé Fillion avec la Vulgate en regard ; le guide qui suit en donne l'auteur, le plan, la liste des juges et le sens.
Lire Juges : 21 chapitres
Le livre des Juges est le septième livre de l'Ancien Testament. Il couvre le long et sombre âge qui suit la conquête de Chanaan, quand Israël n'avait pas de roi et était gouverné, d'une crise à l'autre, par des hommes, et une femme, que le Seigneur suscitait pour le sauver. C'est un livre de héros, mais son vrai sujet est la patience de Dieu envers un peuple qui l'oublie sans cesse. Il s'ouvre là où s'achève le livre de Josué : « Après la mort de Josué, les enfants d'Israël consultèrent le Seigneur » (Jg 1, 1).
Qui a écrit le livre des Juges ?
Le livre ne nomme pas son auteur. L'opinion la plus commune dans l'Église l'attribue au prophète Samuel, le dernier des juges. La tradition juive s'accorde avec elle : le Talmud de Babylone (traité Baba Bathra) tient que Samuel a écrit son propre livre, les Juges et Ruth.
Les indices internes conviennent à cette tradition. L'auteur regarde l'époque des juges depuis un temps où Israël a déjà un roi, car il note à quatre reprises qu'il n'y avait pas de roi, et deux fois en ces termes : « En ce temps-là, il n'y avait point de roi en Israël ; mais chacun faisait tout ce qu'il jugeait à propos » (Jg 17, 6).
Pourtant Jérusalem est encore la ville des Jébuséens, « Jébus, qui s'appelle aussi Jérusalem » (Jg 19, 10), et « les Jébuséens demeurèrent à Jérusalem avec les enfants de Benjamin, comme ils y sont encore aujourd'hui » (Jg 1, 21). Or David ne prit la ville qu'après avoir régné sept ans et demi à Hébron : le livre fut donc vraisemblablement achevé avant cette date. Samuel a pu se servir de documents plus anciens, comme le cantique de Débora.
Beaucoup d'exégètes modernes voient plutôt dans les Juges une partie d'une longue histoire dite « deutéronomiste », rédigée pendant ou après l'Exil. L'Église n'a rien défini sur l'auteur de ce livre ; nous gardons l'opinion traditionnelle.
Quand le livre des Juges a-t-il été écrit ?
Selon l'opinion traditionnelle, au début de la royauté, probablement dans les premières années de Saül, et en tout cas avant la prise de Jérusalem par David : vers le XIe siècle avant Jésus-Christ. Saint Paul, prêchant à Antioche de Pisidie, résume la période d'une phrase : « Ensuite Il leur donna des juges, jusqu'au prophète Samuel » (Ac 13, 20).
L'auteur note aussi que l'idole des Danites demeura « pendant tout le temps que la maison de Dieu fut à Silo » (Jg 18, 31) : il écrit donc comme quelqu'un qui a connu la fin du sanctuaire de Silo, survenue aux jours d'Héli et de Samuel.
De quoi parle le livre des Juges ? Résumé
Le livre a trois parties : une introduction qui explique pourquoi Israël ne cesse de retomber, l'histoire des juges eux-mêmes, et deux appendices qui montrent jusqu'où la nation est descendue sans roi.
Israël après Josué et le cycle du péché (chapitres 1 et 2)
Au chapitre 1, les tribus ne parviennent pas à chasser entièrement les Chananéens. Au chapitre 2, l'Ange du Seigneur les reprend en un lieu qui reçoit le nom de « lieu des Pleurants, ou le lieu des Larmes » (Jg 2, 5), puis vient la clé de tout le livre. « Alors les enfants d'Israël firent le mal en présence du Seigneur, et ils servirent les Baals » (Jg 2, 11) ; Dieu les livre à leurs ennemis ; puis « Dieu leur suscita ensuite des Juges, pour les délivrer des mains de ceux qui les opprimaient » (Jg 2, 16) ; mais « après que le Juge était mort, ils retournaient aussitôt à leurs péchés, et faisaient des actions encore plus criminelles que leurs pères » (Jg 2, 19).
Tel est le cycle que joue tout le reste du livre : le péché, la servitude, la supplication, la délivrance. À sa racine se trouve une violation du premier commandement : le péché d'Israël est, avant tout, l'idolâtrie, que condamnent les Dix Commandements.
Othoniel, Aod, Samgar, Débora et Barac (chapitres 3 à 5)
Au chapitre 3, le Seigneur suscite « un sauveur qui les délivra : Othoniel, fils de Cénez, frère puîné de Caleb » (Jg 3, 9), contre le roi de Mésopotamie ; puis Aod, de la tribu de Benjamin, « qui se servait de la main gauche comme de la droite » (Jg 3, 15), et qui tue Églon, roi de Moab ; puis Samgar, qui « tua six cents Philistins avec un soc de charrue » (Jg 3, 31).
Au chapitre 4, Israël est opprimé par Jabin, roi de Chanaan, et par son général Sisara. « Or il y avait là une prophétesse nommée Débora, femme de Lapidoth, laquelle jugeait le peuple en ce temps-là » (Jg 4, 4) ; elle s'asseyait sous un palmier, sur la montagne d'Éphraïm. Elle appelle Barac au combat et l'avertit que « Sisara sera livré entre les mains d'une femme » (Jg 4, 9). Cette femme est Jahel, qui tue le général en fuite dans sa tente. Le chapitre 5 est le cantique de Débora, l'un des plus anciens poèmes de l'Écriture.
Gédéon et Abimélech (chapitres 6 à 9)
Sous l'oppression des Madianites, au chapitre 6, l'Ange du Seigneur apparaît à Gédéon et lui dit : « Le Seigneur est avec vous, ô le plus fort d'entre les hommes » (Jg 6, 12). Gédéon objecte : « Vous savez que ma famille est la dernière de Manassé, et que je suis le dernier dans la maison de mon père » (Jg 6, 15). Il renverse l'autel de Baal de son père, puis demande le signe de la toison : la rosée tombe d'abord sur la seule toison, puis sur toute la terre en laissant la toison sèche (Jg 6, 37-40).
Au chapitre 7, Dieu réduit son armée à trois cents hommes, « de peur qu'Israël ne se glorifie contre Moi et qu'il ne dise : C'est par mes propres forces que j'ai été délivré » (Jg 7, 2). Armés de trompettes, de cruches et de lampes, ils mettent Madian en déroute. Au chapitre 8, on offre la couronne à Gédéon, qui la refuse : « c'est le Seigneur qui sera votre prince, et qui vous commandera » (Jg 8, 23). Mais l'éphod d'or qu'il fabrique devient un piège pour Israël. Au chapitre 9, son fils Abimélech massacre ses soixante-dix frères et se fait roi à Sichem, jusqu'à ce qu'une femme, « jetant d'en haut un morceau d'une meule de moulin » (Jg 9, 53), lui brise la tête.
Thola, Jaïr, Jephté et les petits juges (chapitres 10 à 12)
Le chapitre 10 mentionne brièvement Thola et Jaïr, puis l'oppression des Ammonites. Au chapitre 11, les anciens de Galaad rappellent Jephté, qu'on avait chassé ; il fait son vœu fameux : « le premier qui sortira de la porte de ma maison, et qui viendra au-devant de moi […] je Vous l'offrirai en holocauste » (Jg 11, 31), et il défait Ammon. C'est sa fille unique qui sort la première à sa rencontre, « avec des tambourins et des chœurs de danse » (Jg 11, 34). Le chapitre 12 raconte la querelle avec Éphraïm et le mot de passe : les fugitifs, sommés de dire « Schibboleth », prononcent « Sibboleth » et se trahissent. Il se clôt sur trois autres juges : Abésan de Bethléem, Ahialon de Zabulon et Abdon.
Samson (chapitres 13 à 16)
Au chapitre 13, un ange annonce à la femme stérile de Manué la naissance d'un fils : « il sera nazaréen, consacré à Dieu dès son enfance et dès le sein de sa mère, et c'est lui qui commencera à délivrer Israël de la main des Philistins » (Jg 13, 5). Au chapitre 14, l'esprit du Seigneur saisit Samson, qui « déchira le lion comme il aurait fait d'un chevreau » (Jg 14, 6), et il propose aux Philistins son énigme. Au chapitre 15, « ayant trouvé là une mâchoire d'âne qui était à terre, il la prit et en tua mille hommes » (Jg 15, 15).
Le chapitre 16 amène Dalila, à qui il livre son secret : « Le rasoir n'a jamais passé sur ma tête, parce que je suis nazaréen » (Jg 16, 17). Rasé, il perd sa force, est aveuglé et enchaîné à Gaza. Dans sa dernière prière, il ébranle les colonnes du temple de Dagon, « et Samson en tua beaucoup plus en mourant qu'il n'en avait tué pendant sa vie » (Jg 16, 30).
L'idole de Michas et le crime de Gabaa (chapitres 17 à 21)
Aux chapitres 17 et 18, un homme de la montagne d'Éphraïm nommé Michas se fait une idole et engage un Lévite comme prêtre ; la tribu de Dan, émigrant vers le nord, enlève l'une et l'autre et les installe dans sa nouvelle ville. Aux chapitres 19 à 21, la femme d'un Lévite est outragée à mort par les hommes de Gabaa, en Benjamin ; les autres tribus s'assemblent « comme un seul homme » (Jg 20, 1) et anéantissent presque Benjamin, puis se lamentent : « pourquoi est-il arrivé un si grand malheur à Votre peuple, qu'aujourd'hui une des tribus ait été retranchée d'entre nous ? » (Jg 21, 3).
Au chapitre 21, on trouve des épouses pour les survivants. Le livre s'achève sur son refrain : « En ce temps-là il n'y avait point de roi dans Israël ; mais chacun faisait ce qu'il jugeait à propos » (Jg 21, 24).
Qui sont les douze juges d'Israël ?
Les « juges » n'étaient pas d'abord des magistrats, mais des libérateurs, que le texte lui-même appelle des « sauveurs » (Jg 3, 9 et 15) : ils conduisaient Israël à la guerre, puis le gouvernaient. On en compte traditionnellement douze dans le livre :
- Othoniel (Jg 3, 7-11)
- Aod, en hébreu Éhud (Jg 3, 12-30)
- Samgar (Jg 3, 31)
- Débora, avec Barac (Jg 4-5)
- Gédéon (Jg 6-8)
- Thola (Jg 10, 1-2)
- Jaïr (Jg 10, 3-5)
- Jephté (Jg 10, 6 à 12, 7)
- Abésan (Jg 12, 8-10)
- Ahialon, en hébreu Élon (Jg 12, 11-12)
- Abdon (Jg 12, 13-15)
- Samson (Jg 13-16)
Les six dont les actions sont racontées longuement, Othoniel, Aod, Débora, Gédéon, Jephté et Samson, sont souvent appelés les grands juges. Abimélech n'est pas compté, car il s'est emparé du pouvoir au lieu d'être suscité par Dieu. Les deux derniers juges, Héli et Samuel, paraissent au Ier livre des Rois (1 Samuel dans les bibles modernes), et le livre de Ruth se situe « Au temps où les Juges gouvernaient ».
Les grands thèmes et la lecture catholique
La miséricorde de Dieu
À l'infidélité du peuple s'oppose la fidélité de Dieu : « Il Se laissait toucher de pitié pendant que ces Juges vivaient ; Il écoutait les gémissements des affligés » (Jg 2, 18). Et le refrain final, « il n'y avait point de roi en Israël », prépare la royauté de David, figure du Roi qui doit venir.
La foi et la faiblesse
Dieu choisit les plus petits et les plus faibles pour que la victoire paraisse sienne : Gédéon, le dernier de sa maison, avec trois cents hommes ; Débora, une femme ; Samson, aveugle et enchaîné. C'est pourquoi l'Épître aux Hébreux range les juges parmi les héros de la foi : « le temps me manquerait, si je parlais de Gédéon, de Barac, de Samson, de Jephté […] qui, par la foi, ont conquis les royaumes » (He 11, 32-33). L'Ecclésiastique les loue aussi : « Ensuite sont venus tour à tour les Juges, dont le cœur ne s'est point perverti » (Si 46, 13).
La toison de Gédéon et la Vierge Marie
Saint Ambroise, au début de son traité Du Saint-Esprit, lit la toison de Gédéon comme une figure de l'Incarnation : la rosée tombée d'abord sur la seule toison signifiait la foi d'abord réservée aux Juifs, qui passa ensuite aux nations. Du Christ, le psaume 72 (71 de la Vulgate) avait dit : « Il descendra comme la pluie sur une toison » (Ps 71, 6).
L'Église en a fait un chant de la naissance virginale. Le 1er janvier, jour octave de Noël, le Bréviaire romain chante aux Laudes et aux Vêpres l'antienne Quando natus es ineffabiliter ex Virgine : quand vous êtes né ineffablement de la Vierge, alors se sont accomplies les Écritures ; vous êtes descendu comme la pluie sur la toison, pour sauver le genre humain. La toison est ainsi devenue la figure de la maternité virginale de Marie.
Samson, figure du Christ
La naissance de Samson est annoncée par un ange à une femme stérile, et il est consacré à Dieu dès le sein de sa mère : ce modèle revient dans la naissance de Samuel et dans celle de saint Jean-Baptiste, racontée au premier chapitre de saint Luc. L'ange dit de son propre nom qu'il est « Admirable » (Jg 13, 18), le titre même qu'Isaïe donne au Messie : « Et Il sera appelé Admirable, Conseiller, Dieu Fort » (Is 9, 6). Les Pères ont vu en Samson mourant au milieu de ses ennemis une figure du Christ, qui par sa mort a vaincu tous les siens.
Des échos marials
L'Ange salue Gédéon par « Le Seigneur est avec vous » (Jg 6, 12), et Débora chante : « Bénie soit entre les femmes Jahel, femme d'Haber le Cinéen » (Jg 5, 24). Ces paroles reviennent pour Judith, « Vous êtes bénie, ma fille, par le Seigneur, le Très Haut, plus que toutes les femmes qui sont sur la terre » (Jdt 13, 23), et parfaitement pour la Mère de Dieu, saluée par Gabriel puis par sainte Élisabeth : « Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de Votre sein est béni » (Lc 1, 42). C'est la salutation que nous redisons dans le Je vous salue Marie.
Les passages difficiles
Les crimes des derniers chapitres sont rapportés, non approuvés : le livre les raconte pour montrer où mène l'oubli de Dieu. Sur le vœu de Jephté, les commentateurs catholiques rapportent deux opinions : selon les uns, sa fille fut seulement consacrée à la virginité perpétuelle, car « elle n'avait pas connu d'homme » (Jg 11, 39) ; selon l'opinion la plus commune chez les Pères, elle fut réellement offerte, et Jephté pécha soit en faisant un vœu imprudent, soit en l'accomplissant.
Chapitres et versets célèbres du livre des Juges
- Juges 5, 31 : la fin du cantique de Débora, « Qu'ainsi périssent, Seigneur, tous Vos ennemis ; mais que ceux qui Vous aiment brillent comme le soleil, lorsque ses rayons éclatent au matin ».
- Juges 5, 7 : « jusqu'à ce que Débora se fût élevée, jusqu'à ce qu'il se fût élevé une mère en Israël ».
- Juges 7, 20 : le cri des hommes de Gédéon dans la nuit, « L'épée du Seigneur et de Gédéon ! ».
- Juges 14, 14 : l'énigme de Samson, « De celui qui mange est sortie la nourriture, et du fort est sortie la douceur ».
- Juges 16, 28 : sa dernière prière, « Seigneur Dieu, souvenez-Vous de moi, mon Dieu ; rendez-moi maintenant ma première force ».
Le livre des Juges dans le canon de l'Écriture
Les Juges se tiennent entre Josué et Ruth dans toutes les Bibles catholiques. Leur place dans le canon n'a jamais été contestée, et ils appartiennent au canon hébreu, où ils portent le nom de Shophetim. La Vulgate les appelle Liber Judicum, et le concile de Trente, à sa session IV (1546), les nomme dans sa liste des livres saints et canoniques, entre Josué et Ruth. Les Bibles protestantes les contiennent aussi, avec les mêmes chapitres et des formes de noms tirées de l'hébreu (Éhud pour Aod, Élon pour Ahialon). L'abbé Fillion garde celles de la Vulgate : Débora, Aod, Abésan, Ahialon. Saint Augustin a consacré aux Juges le septième livre de ses Questions sur l'Heptateuque.
Comment lire le livre des Juges ?
Lisez d'abord le chapitre 2 et gardez son schéma en tête : toutes les histoires suivantes s'y coulent. Lisez ensuite d'un seul tenant les grands récits : Débora aux chapitres 4 et 5, Gédéon aux chapitres 6 à 8, Samson aux chapitres 13 à 16, en remarquant comment les juges eux-mêmes déclinent, d'Othoniel à Samson. Lisez les appendices avec sobriété, comme le jugement que l'Écriture porte sur un peuple sans l'ordre de Dieu, puis continuez avec Ruth et le Ier livre des Rois, qui achèvent l'histoire. Tous les autres livres sont dans la Bible de la liseuse.
Questions Fréquentes
Qui a écrit le livre des Juges ?
Le livre ne nomme pas son auteur, mais l'opinion la plus commune dans l'Église est que le prophète Samuel l'a écrit, et le Talmud dit de même. Il se serait servi de documents plus anciens, comme le cantique de Débora. Beaucoup d'exégètes modernes y voient une rédaction plus tardive.
De quoi parle le livre des Juges ?
Il raconte l'histoire d'Israël depuis la mort de Josué jusqu'au temps de Samuel, quand les tribus n'avaient pas de roi. Israël tombe sans cesse dans l'idolâtrie, est opprimé par ses voisins, crie vers le Seigneur et est délivré par un juge que Dieu suscite. Ses grands récits sont ceux de Débora, de Gédéon, de Jephté et de Samson.
Combien y a-t-il de juges dans le livre des Juges ?
On en compte traditionnellement douze : Othoniel, Aod, Samgar, Débora (avec Barac), Gédéon, Thola, Jaïr, Jephté, Abésan, Ahialon, Abdon et Samson. Abimélech, fils de Gédéon, a régné mais n'est pas compté, puisqu'il s'est emparé lui-même du pouvoir. Héli et Samuel, les derniers juges, paraissent au Ier livre des Rois.
Combien de chapitres compte le livre des Juges ?
Le livre des Juges compte 21 chapitres. Les chapitres 1 et 2 présentent la période, 3 à 16 racontent les juges, et 17 à 21 forment deux appendices. Dans la Vulgate, que suit Fillion, le dernier chapitre a 24 versets, contre 25 dans les bibles faites sur l'hébreu.
Qui était Débora ?
Débora était une prophétesse, « femme de Lapidoth, laquelle jugeait le peuple en ce temps-là » (Jg 4, 4). Elle appela Barac à combattre Sisara et annonça que la victoire reviendrait à une femme. Son cantique, au chapitre 5, dit que les vaillants avaient cessé en Israël « jusqu'à ce qu'il se fût élevé une mère en Israël ».
Qui étaient Samson et Dalila ?
Samson, de la tribu de Dan, était un nazaréen consacré à Dieu dès le sein de sa mère, doué d'une force extraordinaire tant qu'il gardait sa chevelure. Dalila, une femme de la vallée de Sorec payée par les princes des Philistins, lui arracha son secret et le fit raser pendant son sommeil (Jg 16). Aveuglé et captif, Samson retrouva sa force dans une dernière prière et fit crouler le temple de Dagon sur ses ennemis.
Que représente la toison de Gédéon ?
C'est le signe que Gédéon demanda à Dieu : la rosée sur la seule toison, puis sur toute la terre sauf la toison (Jg 6, 36-40). Saint Ambroise et la liturgie y ont lu une figure de l'Incarnation : le Christ est descendu dans le sein de la Vierge « comme la pluie sur une toison », selon le psaume 71 de la Vulgate, sans que sa virginité en soit blessée.
Le livre des Juges se lit aussi verset par verset, en français et en latin, dans l'application Bible catholique d'Iter Fidei.
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