La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
Le livre de Tobie
Le livre de Tobie raconte l’histoire d’une famille juste d’Israël, captive à Ninive, que Dieu visite par l’archange Raphaël : la cécité du vieux Tobie, le voyage de son fils, le mariage de Tobie et de Sara. Ses quatorze chapitres sont donnés ci-dessous dans la traduction de l’abbé Fillion, avec le latin de la Vulgate en regard ; le guide qui suit en présente l’auteur, le sens et la place dans l’Église.
Lire Tobie : 14 chapitres
Le livre de Tobie est l’un des plus doux et des plus pratiques de l’Ancien Testament. En quatorze chapitres assez brefs, il met sous nos yeux un vieillard qui ne cesse d’ensevelir les morts au péril de sa vie, une jeune femme accablée d’opprobre, un archange qui chemine sur les routes de Médie sous l’apparence d’un guide loué pour le voyage, et une nuit de noces passée dans la prière. On y apprend l’aumône, la patience, la piété filiale, la sainteté du mariage et la confiance dans la Providence, sans aucun appareil savant : tout y est récit, et tout y est leçon.
Un mot de vocabulaire, pour éviter une confusion fréquente. La Vulgate et l’abbé Fillion appellent le père et le fils du même nom, Tobie (Tobias). Le texte grec nomme le père Tobit et le fils Tobie ; c’est pourquoi plusieurs bibles modernes traduites du grec distinguent « Tobit » et « Tobie ». Il s’agit du même livre.
Qui a écrit le livre de Tobie ?
La tradition a reçu ce livre comme l’œuvre des deux Tobie eux-mêmes. Avant de disparaître, l’ange leur commande : « pour vous, bénissez Dieu et publiez toutes Ses merveilles » (Tb 12, 20). Dans le texte grec, les premiers chapitres sont d’ailleurs racontés à la première personne par le vieux Tobie. Selon cette opinion, le père et le fils ont consigné l’essentiel, et une autre main a ajouté le dernier chapitre, qui rapporte la mort du fils à quatre-vingt-dix-neuf ans (Tb 14, 16).
Dans la Vulgate, le récit est tout entier à la troisième personne, parce que saint Jérôme a travaillé sur un exemplaire « chaldéen », c’est-à-dire araméen. Il explique dans sa préface qu’un homme versé dans les deux langues lui traduisait oralement l’araméen en hébreu, tandis que lui-même dictait aussitôt le latin à un secrétaire ; le travail fut achevé en un seul jour. Cela explique que la Vulgate soit plus brève que le grec en plusieurs endroits, et qu’elle contienne aussi quelques passages propres, comme les conseils sur la continence des trois premières nuits.
Beaucoup d’exégètes modernes tiennent le livre pour l’œuvre plus tardive d’un auteur inconnu, et certains y voient un récit édifiant plutôt qu’une histoire. La tradition de l’Église l’a lu comme une histoire véritable, et la Commission biblique pontificale, dans sa réponse du 23 juin 1905, a rappelé qu’on ne doit pas expliquer autrement des livres reçus comme historiques sans raisons solides.
Quand le livre de Tobie a-t-il été écrit ?
Le récit se place au temps de la captivité d’Assyrie, après la déportation des tribus du royaume du Nord. Tobie, de la tribu de Nephthali, « fut emmené captif au temps de Salmanasar, roi des Assyriens » (Tb 1, 2) ; il vit encore sous Sennachérib, dont le livre rappelle la retraite de Judée et le meurtre par ses propres fils (1, 21-24), événements que le IVe livre des Rois (2 Rois dans les bibles modernes), au chapitre 19 raconte en détail. Il meurt à cent deux ans (Tb 14, 2), après avoir annoncé la ruine de Ninive.
Si l’on suit la lecture traditionnelle, le livre a donc été rédigé pendant la captivité, au VIIe siècle avant Jésus-Christ, le dernier chapitre étant ajouté après la mort du jeune Tobie. Les savants modernes le datent plus volontiers du IIIe ou du IIe siècle avant Jésus-Christ. Les fragments araméens et hébreux retrouvés à Qumrân ont du moins confirmé l’existence de l’original sémitique dont parlait saint Jérôme.
De quoi parle le livre de Tobie ? Résumé
Le juste de Nephthali (chapitres 1 à 3)
Le premier chapitre présente le vieux Tobie. Tout jeune, quand sa tribu se rendait aux veaux d’or de Jéroboam, il montait seul adorer le Seigneur à Jérusalem. Captif à Ninive, il garde la Loi, ne se souille pas des mets des païens, nourrit les affamés, vêt ceux qui sont nus et ensevelit ceux de son peuple que le roi fait tuer. Condamné à mort par Sennachérib, il doit se cacher, puis retrouve ses biens après l’assassinat du roi.
Au chapitre 2, un jour de fête, il quitte son repas pour enlever le corps d’un Israélite égorgé dans la rue. Fatigué d’avoir enseveli les morts, il s’endort au pied d’une muraille, et la fiente d’un nid d’hirondelle le rend aveugle. Le texte en donne la raison : « Dieu permit que cette épreuve lui arrivât, pour que sa patience servît d’exemple à la postérité, comme celle du saint homme Job » (Tb 2, 12). Raillé par ses proches, puis par sa femme Anne, il répond par une parole de foi : nous sommes « enfants des Saints », et nous attendons la vie que Dieu donne à ceux qui lui restent fidèles (Tb 2, 18).
Le chapitre 3 est le pivot du livre. Tobie demande à Dieu de le retirer de ce monde. Le même jour, à Ragès en Médie, Sara, fille de Raguël, est insultée par une servante : elle a été donnée à sept maris, et « un démon, nommé Asmodée, les avait tués aussitôt qu’ils s’étaient approchés d’elle » (Tb 3, 8). Elle jeûne trois jours et prie avec larmes. Les deux prières montent ensemble : « Ces prières de tous deux furent exaucées en même temps devant la gloire du Dieu suprême » (Tb 3, 24), et Raphaël est envoyé pour les guérir l’un et l’autre.
Les conseils du père et le départ (chapitres 4 à 6)
Croyant sa mort prochaine, le vieux Tobie donne à son fils les conseils du chapitre 4, qui forment un petit traité de morale domestique : honorer sa mère, avoir Dieu dans l’esprit tous les jours, faire l’aumône selon ses moyens, fuir la fornication et l’orgueil, payer sans retard le salaire de l’ouvrier, demander conseil au sage. Il l’envoie ensuite à Ragès retirer les dix talents prêtés autrefois à Gabélus.
Au chapitre 5, le jeune homme sort chercher un compagnon de route et trouve « un beau jeune homme debout, ceint et comme prêt à marcher » (Tb 5, 5), sans savoir que c’est un ange. L’inconnu se présente sous le nom d’Azarias, fils du grand Ananias. Anne pleure le départ du « bâton de notre vieillesse » ; le père la console en disant que le bon ange de Dieu accompagne leur fils.
La première nuit, au bord du Tigre, un énorme poisson s’élance pour dévorer le jeune Tobie. Sur l’ordre de l’ange, il le tire à terre et en garde le cœur, le fiel et le foie, qui serviront de remèdes (chapitre 6). Raphaël lui annonce alors qu’il doit épouser Sara, sa parente, et lui explique pourquoi le démon a eu pouvoir sur les sept premiers maris (Tb 6, 16-22).
Le mariage de Tobie et de Sara (chapitres 7 à 10)
Raguël reçoit les voyageurs avec larmes, hésite en apprenant la demande de Tobie, puis, rassuré par l’ange, unit les deux jeunes gens : « Que le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob soit avec vous ; que Lui-même vous unisse, et qu’Il accomplisse Sa bénédiction en vous » (Tb 7, 15). On écrit l’acte de mariage, puis on mange en bénissant Dieu.
Le chapitre 8 est celui de la nuit de noces. Tobie brûle une partie du foie, et « l’Ange Raphaël saisit le démon, et le lia dans le désert de la haute Égypte » (Tb 8, 3). Les époux se lèvent et prient ensemble. Au chant du coq, Raguël, qui a fait creuser une fosse, apprend qu’ils sont « sains et saufs, dormant ensemble » et bénit le Seigneur. Pendant les deux semaines de noces, Raphaël va chez Gabélus avec des serviteurs de Raguël, reprend l’argent et ramène le débiteur au festin (chapitre 9), tandis qu’à Ninive les vieux parents comptent les jours et qu’Anne guette tous les chemins (chapitre 10).
La guérison et la révélation de Raphaël (chapitres 11 et 12)
Au chapitre 11, l’ange et le jeune Tobie prennent les devants. Le chien qui les avait suivis court en avant « comme un messager », le père aveugle se lève et court au-devant de son fils en trébuchant, et le fils lui frotte les yeux avec le fiel du poisson. Une petite peau blanche se détache, le vieillard voit, et il s’écrie : « Je Vous bénis, Seigneur, Dieu d’Israël, de ce que Vous m’avez châtié et guéri ; et voici que je vois Tobie, mon fils » (Tb 11, 17).
Quand le père et le fils veulent donner à leur guide la moitié de leurs biens, celui-ci se fait connaître au chapitre 12. Il les exhorte à bénir Dieu, rappelle le prix de la prière, du jeûne et de l’aumône, et révèle qu’il présentait au Seigneur les prières de Tobie quand il ensevelissait les morts. Puis il dit son nom : « Car je suis l’Ange Raphaël, l’un des sept qui nous tenons en la présence du Seigneur » (Tb 12, 15). Il disparaît, et les deux hommes restent prosternés trois heures.
Le cantique et les dernières paroles (chapitres 13 et 14)
Le chapitre 13 est le cantique d’action de grâces du vieux Tobie. Il commence par la louange du Dieu qui châtie et qui sauve, puis s’élève en prophétie de Jérusalem restaurée : « Les portes de Jérusalem seront bâties de saphirs et d’émeraudes, et toute l’enceinte de ses murailles de pierres précieuses » (Tb 13, 21), et « l’on chantera dans ses rues Alléluia » (Tb 13, 22). Les Pères y ont reconnu, par-delà la ville rebâtie après l’exil, l’Église et la Jérusalem céleste que saint Jean contemple au chapitre 21 de l’Apocalypse.
Au chapitre 14, le vieillard, sur le point de mourir, annonce la ruine de Ninive, le retour des exilés et la conversion des nations, qui « abandonneront leurs idoles » pour venir à Jérusalem (Tb 14, 8). Il recommande à ses enfants les œuvres de justice et l’aumône. Le fils, après la mort de sa mère, quitte Ninive avec toute sa famille, ferme les yeux de ses beaux-parents et voit ses descendants jusqu’à la cinquième génération.
Les grands thèmes et la lecture catholique
L’aumône et les œuvres de miséricorde
Le livre est d’abord une école de charité. « Car l’aumône délivre de tout péché et de la mort, et elle ne laissera pas tomber l’âme dans les ténèbres » (Tb 4, 11) ; « Car l’aumône délivre de la mort, et c’est elle qui efface les péchés, et qui fait trouver la miséricorde et la vie éternelle » (Tb 12, 9). Saint Polycarpe, dans sa lettre aux Philippiens, reprend déjà cette doctrine, et saint Cyprien la développe dans son traité sur les bonnes œuvres et l’aumône. L’aumône n’y remplace pas la grâce : elle est le fruit d’une foi vivante, qui dispose à recevoir la miséricorde. Parmi les œuvres de miséricorde corporelle, l’Église compte l’ensevelissement des morts, dont le vieux Tobie demeure le modèle.
La prière, le jeûne et les anges
« La prière accompagnée du jeûne est bonne, et l’aumône vaut mieux que d’amasser des monceaux d’or » (Tb 12, 8). Les trois œuvres de la pénitence, que Notre-Seigneur reprend dans le Sermon sur la montagne (Mt 6), sont ici nommées ensemble. Les paroles de Raphaël, « j’ai présenté votre prière au Seigneur » (Tb 12, 12), sont l’un des témoignages les plus clairs de l’Écriture sur le ministère des anges, qui portent nos prières devant Dieu, comme l’ange à l’encensoir d’or de l’Apocalypse, au chapitre 8. Tobie est le seul livre de l’Écriture qui nomme Raphaël ; saint Grégoire le Grand interprète ce nom comme « médecine de Dieu ». Sur l’archange lui-même, voyez l’archange Raphaël, celui dont le nom dit que Dieu guérit, qui veille aussi sur les voyageurs.
Le mariage chrétien
L’enseignement de Raphaël au chapitre 6 est le cœur du livre pour les époux. Le démon a pouvoir sur « ceux qui s’engagent dans le mariage de manière à bannir Dieu de leur cœur et de leur esprit, et qui ne pensent qu’à leur passion, comme le cheval et le mulet qui sont sans raison » (Tb 6, 17). Il demande à Tobie de vivre trois jours dans la continence et la prière ; de là vient l’ancien usage, dans les pays catholiques, des « nuits de Tobie ».
Avant de prier, Tobie rappelle à Sara qu’ils sont « enfants des Saints », et il ajoute : « nous ne pouvons pas nous unir comme des païens, qui ne connaissent pas Dieu » (Tb 8, 5). Le livre donne ainsi, longtemps avant l’Évangile, les fins du mariage : la sanctification mutuelle, la postérité, la louange de Dieu. Pour prier dans cet esprit, voyez la prière pour la famille.
Le Christ et l’Église
Saint Ambroise, dans son traité De Tobia, appelle ce livre prophétique. Saint Bède le Vénérable, dans son commentaire allégorique, y lit les mystères du Christ et de l’Église : le jeune Tobie, fils unique envoyé au loin pour ramener une épouse et rendre la lumière à son père, figure le Christ ; le poisson qui voulait le dévorer figure l’ancien ennemi, vaincu et tourné en remède. Sans forcer ces lectures, on y reconnaît le grand dessein de la Providence : Dieu permet l’épreuve des justes, et sa main conduit tout, jusqu’aux détails d’un voyage.
Chapitres et versets célèbres
- Tb 4, 16, la règle d’or. « Ce que vous seriez fâché qu’on vous fît, prenez garde de jamais le faire à autrui. » Notre-Seigneur la donne sous sa forme positive : « tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux » (Mt 7, 12).
- Tb 4, 14, l’orgueil. « Ne souffrez jamais que l’orgueil domine dans Vos pensées ou dans Vos paroles, car c’est par lui que tous les maux ont commencé. »
- Tb 8, 7-10, la prière des époux. « Vous avez fait Adam du limon de la terre, et Vous lui avez donné Eve pour auxiliaire. » Puis : « ce n’est point pour satisfaire ma passion que je prends ma sœur pour épouse, mais dans le seul désir d’une postérité par laquelle Votre nom soit béni dans tous les siècles. » Et Sara : « Ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous, et faites que nous vieillissions tous deux ensemble dans une parfaite santé. » La prière renvoie au récit de la création de la femme dans la Genèse.
- Tb 12, 12-15, l’ange qui présente les prières. « Lorsque vous priiez avec larmes, et que vous ensevelissiez les morts […] j’ai présenté votre prière au Seigneur. »
- Tb 13, 2, le Dieu qui châtie et qui sauve. « Car Vous châtiez et Vous sauvez, Vous conduisez jusqu’au tombeau, et Vous en ramenez, et nul ne peut se soustraire à Votre main. »
Les lectionnaires modernes, postérieurs à 1969, citent la prière de la nuit de noces sous la référence « Tb 8, 4b-8 », d’après le texte grec ; dans la Vulgate et chez Fillion, la même prière se lit aux versets 4 à 10 du chapitre 8.
Le livre de Tobie dans le canon et dans la liturgie
Un livre deutérocanonique
Tobie appartient à la Septante, la Bible grecque des Apôtres, et fait partie des livres que l’on nomme deutérocanoniques, avec Judith, la Sagesse, l’Ecclésiastique, Baruch, les deux livres des Maccabées et les parties grecques d’Esther et de Daniel. Les Pères le citent comme Écriture dès les premiers siècles. Il figure dans les listes des conciles d’Hippone (393) et de Carthage (397), dans la lettre du pape saint Innocent Ier à Exupère de Toulouse (405), au concile de Florence (1442), et enfin dans le décret du concile de Trente, session IV (8 avril 1546), qui oblige tous les catholiques à le recevoir comme sacré et canonique.
Les bibles protestantes l’omettent ou le relèguent parmi les « apocryphes », parce que les Réformateurs ont suivi le canon hébreu plus court. Saint Jérôme notait déjà que les Juifs ne le comptaient pas parmi leurs Écritures ; l’Église, elle, l’a reçu de la tradition apostolique. La question est exposée dans catholique ou protestant : quelle est la vraie différence.
Dans le missel et le bréviaire de 1962
- La messe de mariage. L’introït de la messe pro sponso et sponsa est tiré de Tobie (7, 15 et 8, 19) : Deus Israël conjungat vos, et ipse sit vobiscum, qui misertus est duobus unicis : le Dieu d’Israël, qui a eu pitié de deux enfants uniques, est prié d’unir les nouveaux époux et de demeurer avec eux. Le verset de l’introït est pris du psaume 128 (127 de la Vulgate), Beati omnes qui timent Dominum.
- La fête de saint Raphaël, le 24 octobre. L’épître est tirée de Tobie 12, 7-15, le graduel de Tobie 8, 3, et l’évangile de saint Jean, à la piscine où « l’Ange du Seigneur descendait de temps en temps » (Jn 5, 4). Les leçons du premier nocturne des Matines sont prises du chapitre 12.
- La fête de la Très Sainte Trinité. L’offertoire, Benedictus sit Deus Pater, adapte Tobie 12, 6 à la louange des trois Personnes, et la communion en reprend la lettre : Benedicimus Deum caeli, la louange du Dieu du ciel que l’ange demande aux deux Tobie.
- Le cantique de Tobie aux Laudes. Dans le psautier du Bréviaire romain réformé par saint Pie X (Divino Afflatu, 1911), le cantique de Tobie (13, 1-11), Magnus es, Domine, in aeternum, est chanté aux Laudes du mardi, hors des jours de pénitence.
- L’office du temps. Au Bréviaire romain, le livre de Tobie est lu aux Matines pendant la troisième semaine de septembre, entre Job et Judith.
- L’Itinéraire. La prière des voyageurs du bréviaire, l’Itinerarium, demande que l’ange Raphaël nous accompagne en chemin : Angelus Raphael comitetur nobiscum in via.
Comment lire le livre de Tobie ?
Lisez-le d’abord d’une traite : une heure suffit, et le récit s’éclaire par son mouvement d’ensemble, qui va des larmes des chapitres 2 et 3 à la joie des chapitres 11 et 12. Revenez ensuite aux prières, qui en sont l’âme : celles de Tobie et de Sara au chapitre 3, celle des époux au chapitre 8, le cantique du chapitre 13. Les fiancés et les jeunes ménages gagneront à lire ensemble les chapitres 6 à 8, en s’arrêtant sur les conseils de Raphaël. Les parents liront avec fruit les conseils du chapitre 4, qui peuvent servir d’examen de conscience à toute une famille.
Gardez le latin sous les yeux : le texte de la Vulgate, que suit Fillion, diffère en plusieurs endroits du grec utilisé par la plupart des traductions récentes, et c’est lui que l’Église a lu pendant des siècles dans sa liturgie. Pour prier avec l’archange, on peut faire la neuvaine à saint Raphaël archange, qui s’achève à sa fête du 24 octobre. Les autres livres de l’Écriture sont réunis dans la Bible en ligne d’Iter Fidei, et le livre de Tobie se lit aussi verset par verset dans l’application Bible catholique.
Questions Fréquentes
Que raconte le livre de Tobie ?
Le livre de Tobie raconte l’histoire d’un Israélite captif à Ninive, devenu aveugle après des années d’aumônes et de sépultures données aux morts. Dieu envoie l’archange Raphaël, sous l’apparence d’un jeune homme nommé Azarias, pour guider son fils jusqu’en Médie. Là, le jeune Tobie épouse Sara et la délivre du démon Asmodée ; à son retour, il rend la vue à son père, et l’ange révèle qui il est.
Qui a écrit le livre de Tobie ?
La tradition attribue le livre aux deux Tobie, le père et le fils, à qui l’ange commanda de publier les merveilles de Dieu (Tb 12, 20). Le dernier chapitre, qui rapporte leur mort, a été ajouté par une autre main. Beaucoup d’exégètes modernes l’attribuent à un auteur plus tardif et inconnu.
Pourquoi le livre de Tobie n’est-il pas dans la Bible protestante ?
Les Réformateurs ont suivi le canon de la Bible hébraïque, dont les Juifs avaient exclu Tobie, et l’ont classé parmi les « apocryphes ». L’Église catholique l’a reçu de la Septante et de la tradition des Apôtres ; il est inscrit au canon par les conciles d’Hippone, de Carthage et de Florence, et défini comme Écriture inspirée par le concile de Trente en 1546. Les Églises orthodoxes le lisent également.
Combien de chapitres compte le livre de Tobie ?
Le livre de Tobie compte quatorze chapitres, dans la Vulgate comme dans les traductions faites sur le grec. La numérotation des versets diffère cependant d’une version à l’autre, la Vulgate étant plus courte en certains passages et plus longue en d’autres.
Qui est l’archange Raphaël dans le livre de Tobie ?
Raphaël est l’ange envoyé par Dieu pour guérir le vieux Tobie et délivrer Sara (Tb 3, 25). Il accompagne le jeune Tobie sous le nom d’Azarias, enchaîne le démon et ne révèle son identité qu’à la fin : il est « l’un des sept » qui se tiennent devant le Seigneur (Tb 12, 15). L’Église le fête le 24 octobre dans le calendrier de 1962, et l’invoque pour les voyageurs et les malades.
Qui est Asmodée dans le livre de Tobie ?
Asmodée est le démon qui avait tué les sept premiers maris de Sara au soir de leurs noces (Tb 3, 8). Raphaël explique qu’il a pouvoir sur ceux qui se marient en bannissant Dieu de leur cœur. Tobie le met en fuite par la prière et la fumée du foie du poisson, et l’ange le lie « dans le désert de la haute Égypte » (Tb 8, 3).
Quelle est la prière de Tobie et Sara ?
C’est la prière que les deux époux font ensemble au soir de leurs noces, au chapitre 8 : ils bénissent le Créateur, rappellent la création d’Adam et d’Ève, et Tobie déclare qu’il prend Sara pour épouse non par passion, mais dans le désir d’une postérité qui bénisse le nom de Dieu. Sara conclut en demandant à Dieu de les laisser vieillir ensemble. Elle se lit aux versets 4 à 10 dans la Vulgate.
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