La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
La seconde Épître de saint Paul à Timothée
La seconde Épître à Timothée est la dernière lettre de saint Paul, écrite dans les chaînes à Rome peu avant son martyre : un testament où l’Apôtre transmet la foi à son fils bien-aimé. Ses quatre chapitres sont donnés ci-dessous dans la traduction de l’abbé Fillion, avec la Vulgate ; le guide qui suit en présente le cadre, le plan et la doctrine.
Lire 2 Timothée : 4 chapitres
La seconde Épître à Timothée, Epistola II ad Timotheum dans la Vulgate, est la dernière parole que nous ayons de saint Paul. Elle forme avec la première Épître à Timothée et l’Épître à Tite le groupe des épîtres pastorales, écrites à des évêques sur le soin de l’Église. Mais celle-ci est un adieu : un prisonnier qui attend la mort écrit au disciple qu’il aime le plus, pour l’affermir et l’appeler auprès de lui.
Qui a écrit la seconde Épître à Timothée ?
Saint Paul. La lettre porte son nom dès le premier verset et adresse le salut « à Timothée, son fils bien-aimé » (2 Tm 1, 2). Tout y est personnel : l’ordination de Timothée par les mains de l’Apôtre, la foi de sa grand-mère Loïse et de sa mère Eunice (2 Tm 1, 5), les persécutions subies « à Antioche, à Iconium et à Lystres » (2 Tm 3, 11), que racontent les Actes des Apôtres au chapitre 14, le manteau laissé à Troas chez Carpus (2 Tm 4, 13).
L’Église ancienne l’a toujours reçue comme sienne. Saint Irénée la cite sous le nom de Paul ; Eusèbe de Césarée rapporte que l’Apôtre, libéré de sa première captivité, revint à Rome et que c’est durant cette seconde détention qu’il écrivit la seconde lettre à Timothée. La Commission biblique pontificale a rappelé, le 12 juin 1913, que la tradition tient les trois épîtres pastorales pour l’œuvre de Paul lui-même. Beaucoup de critiques modernes les attribuent à un disciple ; la tradition de l’Église, que nous suivons, reçoit cette lettre comme le testament de l’Apôtre.
Quand a-t-elle été écrite, et où était saint Paul ?
À Rome, pendant la seconde et dernière captivité, peu avant le martyre. La lettre le dit elle-même : Onésiphore, « lorsqu’il fut arrivé à Rome, il m’a cherché avec empressement, et m’a trouvé » (2 Tm 1, 17) ; et Paul sait sa fin proche : « Car pour moi, je vais être immolé, et le temps de ma dissolution approche » (2 Tm 4, 6).
Le livre des Actes s’achève sur la première captivité, deux ans dans un logement loué (Actes 28). Paul fut ensuite libéré, voyagea encore, puis fut arrêté de nouveau. Cette seconde captivité est plus dure : il porte « les chaînes comme un malfaiteur » (2 Tm 2, 9), et à sa première comparution « nul ne m’a assisté » (2 Tm 4, 16). Selon la tradition, il fut décapité sous Néron vers 67, et l’Église célèbre son martyre avec celui de saint Pierre le 29 juin ; voyez notre article sur saint Pierre et saint Paul. La seconde à Timothée est ainsi la dernière de ses lettres.
De quoi parle la seconde Épître à Timothée ? Résumé
Paul avait espéré revoir Timothée ; ne le pouvant, il lui écrit, et l’invite à venir au plus vite. Chaque chapitre est un mouvement de ce testament.
Ravive la grâce qui est en toi (chapitre 1)
Paul rend grâces pour la « foi sincère » de Timothée et lui rappelle son ordination : « je t’avertis de rallumer la grâce de Dieu, que tu as reçue par l’imposition de mes mains » (2 Tm 1, 6). Timothée ne doit rougir ni de l’Évangile ni d’un maître enchaîné ; Paul n’a pas honte, « car je sais en qui j’ai cru » (2 Tm 1, 12). Il doit prendre pour règle « les saines paroles » et garder « le bon dépôt, par l’Esprit-Saint qui habite en nous » (2 Tm 1, 13-14). Tous ceux d’Asie se sont éloignés ; seul Onésiphore a cherché Paul à Rome.
Un bon soldat du Christ Jésus (chapitre 2)
Timothée doit transmettre ce qu’il a reçu « à des hommes fidèles, qui soient capables d’en instruire d’autres à leur tour » (2 Tm 2, 2). Il sera soldat, athlète, laboureur : « Sache souffrir comme un bon soldat du Christ Jésus » (2 Tm 2, 3). Paul est enchaîné, « mais la parole de Dieu n’est pas enchaînée ». Contre Hyménée et Philète, qui disent « que la résurrection est déjà faite » (2 Tm 2, 18), Timothée enseignera avec droiture, fuira les passions de la jeunesse et reprendra les opposants avec douceur, « dans l’espérance que Dieu leur donnera le repentir » (2 Tm 2, 25).
Les temps périlleux et les saintes Écritures (chapitre 3)
Paul annonce que « dans les derniers jours il viendra des temps périlleux » (2 Tm 3, 1), où les hommes auront « l’apparence de la piété » sans sa réalité, et résisteront à la vérité « de même que Jannès et Mambrès résistèrent à Moïse » (2 Tm 3, 8). Ces noms, que l’Écriture ne donne qu’ici, sont ceux que la tradition juive prêtait aux magiciens de Pharaon de l’Exode, au chapitre 7. Timothée doit s’attendre à la persécution et demeurer ferme dans ce qu’il a appris, « sachant de qui tu les as apprises », et dans les saintes lettres qu’il connaît depuis l’enfance.
Prêche la parole ; j’ai gardé la foi (chapitre 4)
La dernière charge est solennelle : « Je t’adjure, devant Dieu et Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, par Son avènement et par Son règne » (2 Tm 4, 1), « prêche la parole ». Puis Paul parle de sa mort et de sa couronne. La lettre se ferme sur des nouvelles : Démas l’a abandonné « par amour pour le siècle » ; « Luc est seul avec moi. Prends Marc, et amène-le avec toi ; car il m’est utile pour le ministère » (2 Tm 4, 11) ; « Hâte-toi de venir avant l’hiver » (2 Tm 4, 21). Parmi ceux qui saluent Timothée figure Lin.
Les grands thèmes et la lecture catholique
L’Ordre et la grâce de l’ordination
« Rallumer la grâce de Dieu, que tu as reçue par l’imposition de mes mains » : avec le verset de la première lettre où Timothée reçoit la grâce quand « les prêtres t’imposèrent les mains » (1 Tm 4, 14), c’est le texte classique du sacrement de l’Ordre. Le concile de Trente (session XXIII, chapitre 3) le cite, avec le verset suivant, pour montrer que l’Ordre est vraiment l’un des sept sacrements, puisqu’il confère une grâce par un signe extérieur. La grâce reçue demeure ; il faut la « rallumer », comme un feu qu’on attise.
La Tradition et la succession apostolique
La lettre tout entière est une transmission. Le dépôt a été confié à Timothée ; il doit le confier à son tour à des hommes fidèles, capables d’en instruire d’autres. Voilà, en une phrase, les premiers anneaux de la succession apostolique. Parmi les derniers noms de la lettre figure Lin (4, 21) : saint Irénée écrit que les Apôtres confièrent à ce Lin, dont Paul fait mention dans les épîtres à Timothée, la charge de l’épiscopat à Rome. Il fut le premier successeur de saint Pierre, comme l’explique notre article sur le pape.
L’Écriture inspirée
« Toute l’Écriture divinement inspirée est utile pour enseigner, pour reprendre, pour corriger, pour instruire dans la justice » (2 Tm 3, 16). C’est le principal texte du Nouveau Testament sur l’inspiration : Dieu est l’auteur principal des Écritures. Léon XIII le cite dans l’encyclique Providentissimus Deus (1893), sur l’étude de la sainte Écriture. Mais Paul ne dit pas que l’Écriture suffit seule : au verset 14, il renvoie Timothée à ce qu’il a appris de vive voix, « sachant de qui tu les as apprises », comme dans la seconde Épître aux Thessaloniciens, qui ordonne de garder les traditions reçues « soit par notre parole, soit par notre lettre ».
Le mérite et la couronne de justice
« Reste la couronne de justice qui m’est réservée, que le Seigneur, le juste juge, me rendra en ce jour-là » (2 Tm 4, 8). Le concile de Trente (session VI, chapitre 16) cite ce verset dans son enseignement sur le mérite : la vie éternelle est à la fois une grâce promise par le Christ et une récompense fidèlement rendue aux bonnes œuvres, puisque Dieu couronne en nous Ses propres dons.
La mort du martyr, offrande versée
Là où Fillion traduit « je vais être immolé », la Vulgate dit ego enim jam delibor : je suis déjà versé en libation, comme le vin répandu sur l’autel. Paul avait employé la même image dans l’Épître aux Philippiens : « dussé-je servir de libation pour le sacrifice et l’offrande de votre foi ». Sa mort sera une offrande unie au sacrifice du Christ.
Chapitres et versets célèbres
- 2 Tm 1, 7 : « Car Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse » (2 Tm 1, 7). Le latin dit sed virtutis, et dilectionis, et sobrietatis.
- 2 Tm 1, 12 : « Je sais en qui j’ai cru, et je suis certain qu’Il est assez puissant pour garder mon dépôt jusqu’à ce jour. »
- 2 Tm 2, 11-13 : « Si nous sommes morts avec Lui, nous vivrons aussi avec Lui ; […] si nous sommes infidèles, Il demeure fidèle ; Il ne peut pas Se renier Lui-même » (2 Tm 2, 13).
- 2 Tm 2, 15 : « Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n’a point à rougir, qui dispense avec droiture la parole de la vérité » (2 Tm 2, 15).
- 2 Tm 2, 22 : « Fuis les passions de la jeunesse ; mais recherche la justice, la foi, l’espérance, la charité, et la paix avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur » (2 Tm 2, 22).
- 2 Tm 3, 2-5 : « Les hommes seront épris d’eux-mêmes, cupides, hautains, orgueilleux […] ayant l’apparence de la piété, mais en reniant la réalité » (2 Tm 3, 5).
- 2 Tm 3, 12 : « Tous ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus subiront la persécution » (2 Tm 3, 12).
- 2 Tm 4, 2-4 : « Prêche la parole, insiste à temps et à contretemps, reprends, supplie, menace, en toute patience et toujours en instruisant » ; car il viendra un temps où, « éprouvant aux oreilles une vive démangeaison », on se donnera des docteurs à sa guise (2 Tm 4, 3).
- 2 Tm 4, 7 : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi » (2 Tm 4, 7).
- 2 Tm 4, 17 : « Le Seigneur m’a assisté et m’a fortifié […] et j’ai été délivré de la gueule du lion » (2 Tm 4, 17). Plusieurs Pères, dont saint Jean Chrysostome, voient Néron sous l’image du lion.
La seconde Épître à Timothée dans le canon et dans la liturgie
L’épître porte le même nom dans toutes les bibles et compte quatre chapitres et quatre-vingt-trois versets. Elle est la onzième des quatorze épîtres de saint Paul dans l’ordre de la Vulgate. Elle n’a jamais été discutée, et le concile de Trente (session IV, 1546) nomme « deux à Timothée » parmi les épîtres de Paul.
Au Missel de 1962, 2 Tm 4, 1-8 est l’épître du commun des docteurs, la messe In medio Ecclesiae : le « Prêche la parole » se lit ainsi aux fêtes des grands maîtres de la foi. Le calendrier de 1962 fête saint Timothée le 24 janvier, la veille de la Conversion de saint Paul ; sa vie est racontée dans notre article sur saint Timothée.
Comment lire la seconde Épître à Timothée
Lisez-la d’abord d’une traite, comme un seul adieu. Relisez-la ensuite dans son cadre : l’appel de Timothée au chapitre 16 des Actes, la première lettre, la fin des Actes. Arrêtez-vous sur le premier et le dernier chapitre, les plus personnels, avec le latin là où la doctrine tient à un mot : gratia, depositum, divinitus inspirata, delibor. Vous trouverez tous les livres dans la Bible de la liseuse.
Questions Fréquentes
Qui a écrit la seconde Épître à Timothée ?
Saint Paul, à son disciple Timothée, comme l’indique le premier verset. Les Pères, depuis saint Irénée, l’ont reçue comme sienne, et la Commission biblique pontificale a rappelé en 1913 que la tradition attribue à Paul les trois épîtres pastorales. Beaucoup de critiques modernes y voient l’œuvre d’un disciple, mais ce n’est pas l’enseignement traditionnel de l’Église.
Quand la seconde Épître à Timothée a-t-elle été écrite ?
Vers 66-67, peu avant le martyre de saint Paul sous Néron. C’est la dernière de ses lettres. L’Apôtre y annonce lui-même que « le temps de ma dissolution approche ».
Où était saint Paul quand il a écrit la seconde Épître à Timothée ?
Prisonnier à Rome, dans sa seconde captivité, enchaîné « comme un malfaiteur » et dans l’attente de la mort. Seul Luc était resté avec lui ; il demande à Timothée de venir avant l’hiver avec Marc.
Que signifie « Toute l’Écriture divinement inspirée » (2 Tm 3, 16) ?
Les saintes Écritures ont Dieu pour auteur principal et forment « l’homme de Dieu » dans la doctrine et la vertu. Le verset ne dit pas que l’Écriture suffit seule : deux versets plus haut, Paul renvoie Timothée à l’enseignement qu’il a reçu de vive voix. L’Église reçoit ensemble l’Écriture et la Tradition apostolique.
Que veut dire « J’ai combattu le bon combat » (2 Tm 4, 7) ?
À la veille de son exécution, Paul regarde sa vie comme une lutte menée jusqu’au bout, une course achevée et un dépôt gardé. Il attend la « couronne de justice » que le Seigneur rendra, dit-il, « non seulement à moi, mais aussi à ceux qui aiment Son avènement ».
Combien de chapitres compte la seconde Épître à Timothée ?
Quatre chapitres et quatre-vingt-trois versets, dans la Vulgate, chez Fillion et dans les bibles modernes. Elle est suivie de l’Épître à Tite et de l’Épître à Philémon.
Vous pouvez aussi lire la seconde Épître à Timothée verset par verset, en français et en latin, dans l’application Bible catholique d’Iter Fidei.
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