La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
La première Épître de saint Paul aux Thessaloniciens
La première Épître aux Thessaloniciens est sans doute la plus ancienne lettre de saint Paul : cinq chapitres d’action de grâces, de sainteté de vie, d’espérance pour les défunts et de vigilance avant le jour du Seigneur, avec le conseil « Priez sans cesse ». Le texte de l’abbé Fillion et la Vulgate sont donnés ci-dessous, chapitre par chapitre ; le guide qui suit en explique l’origine, le plan et la doctrine.
Lire 1 Thessaloniciens : 5 chapitres
La première Épître aux Thessaloniciens, Epistola I ad Thessalonicenses dans la Vulgate, est une courte lettre de cinq chapitres que saint Paul écrivit à une jeune Église de Macédoine, qu’il avait dû quitter en hâte. Elle est chaleureuse et paternelle. L’Apôtre y rend grâces pour la foi de ses enfants, puis leur apprend comment plaire à Dieu : dans la pureté, la charité fraternelle et le travail paisible, dans l’espérance pour leurs morts et dans l’attente vigilante du jour du Seigneur. Les chapitres 4 et 5 contiennent quelques-uns des versets les plus cités du Nouveau Testament.
Qui a écrit la première Épître aux Thessaloniciens ?
Saint Paul, qui écrit au nom de ses deux compagnons : « Paul, Silvain et Timothée, à l’Église des thessaloniciens, qui est en Dieu le Père, et dans le Seigneur Jésus-Christ » (1 Th 1, 1). Silvain est le Silas des Actes ; Timothée, le disciple que Paul avait pris avec lui à Lystres (Ac 16, 1-3). Le « nous » domine la lettre, mais l’auteur se nomme seul à deux reprises : « moi du moins, Paul, une et deux fois » (1 Th 2, 18).
Le témoignage ancien est précoce. Saint Irénée, vers 180, cite le verset 5, 23 en l’attribuant expressément à l’Apôtre dans la première aux Thessaloniciens ; Tertullien l’emploie contre Marcion et dans son traité sur la résurrection de la chair ; le Canon de Muratori la compte parmi les épîtres de Paul. Les objections soulevées au XIXe siècle n’ont guère convaincu : la plupart des critiques modernes reconnaissent eux aussi l’authenticité de cette lettre.
Quand et où a-t-elle été écrite ?
À Corinthe, vers l’an 51, au cours du deuxième voyage missionnaire. Le livre des Actes raconte la fondation de l’Église de Thessalonique, grand port de Macédoine : « pendant trois jours de sabbat il discutait avec eux d’après les Écritures », et crurent quelques Juifs, « une grande multitude de prosélytes et de païens, et beaucoup de femmes de qualité » (Actes 17). Une émeute assiégea la maison de Jason, et les frères firent partir Paul et Silas de nuit pour Bérée. Le séjour fut sans doute plus long que trois semaines, puisque les Philippiens envoyèrent par deux fois de quoi subvenir aux besoins de l’Apôtre (Philippiens 4, 16).
D’Athènes, inquiet, Paul renvoya Timothée vers eux (1 Th 3, 1-2). Il gagna ensuite Corinthe, où « Silas et Timothée furent venus de Macédoine » (Actes 18, 5). C’est le rapport de Timothée sur leur « foi » et leur « charité » (1 Th 3, 6) qui occasionna la lettre. Elle fut donc écrite à Corinthe, et non à Athènes comme le dit une ancienne souscription de certains manuscrits. Le proconsulat de Gallion en Achaïe (Ac 18, 12), connu par une inscription de Delphes, permet de placer ce séjour d’un an et demi vers 50-52. Avec la seconde, cette épître est tenue pour le plus ancien écrit conservé de saint Paul.
De quoi parle la première Épître aux Thessaloniciens ? Résumé
La lettre se partage naturellement en deux : une partie personnelle (chapitres 1 à 3), où Paul revient sur la fondation de l’Église et sur ses liens avec elle, et une partie d’exhortation (chapitres 4 et 5).
Action de grâces pour une Église modèle (chapitre 1)
Paul rend grâces en se rappelant « l’œuvre de votre foi, les travaux de votre charité, et la fermeté de votre espérance » (1 Th 1, 3). Les Thessaloniciens ont reçu la parole « au milieu de beaucoup de tribulations, avec la joie de l’Esprit-Saint », et sont devenus un modèle pour la Macédoine et l’Achaïe. Ils se sont convertis, « abandonnant les idoles pour servir le Dieu vivant et vrai », et ils attendent du Ciel Son Fils (1 Th 1, 9-10).
Le ministère de Paul parmi eux (chapitre 2)
L’Apôtre rappelle comment il a prêché, après les outrages subis à Philippes : sans flatterie ni avarice, « comme une nourrice qui a soin de ses enfants » (1 Th 2, 7), « en travaillant nuit et jour, pour n’être à charge à aucun de vous » (1 Th 2, 9). Il rend grâces de ce qu’ils ont reçu sa prédication comme la parole de Dieu, parle des persécutions qu’ils souffrent de leurs concitoyens, et dit son désir de les revoir : « c’est vous qui êtes notre gloire et notre joie » (1 Th 2, 20).
La mission de Timothée (chapitre 3)
Ne pouvant revenir, Paul a envoyé Timothée « pour vous fortifier et vous exhorter relativement à votre foi » (chapitre 3). Les bonnes nouvelles le comblent : « car maintenant nous vivons, si vous demeurez fermes dans le Seigneur » (1 Th 3, 8). Le chapitre s’achève sur une prière pour qu’ils abondent dans la charité et soient irréprochables à l’avènement du Seigneur (1 Th 3, 12-13).
Sainteté de vie et sort des défunts (chapitre 4)
La partie morale s’ouvre sur la volonté de Dieu : « la volonté de Dieu est que vous soyez saints ; que vous vous absteniez de la fornication » (1 Th 4, 3). Paul recommande la charité fraternelle et un travail paisible (1 Th 4, 9-12), puis il répond au chagrin de l’Église pour ses morts : à la venue du Seigneur, ils ressusciteront les premiers, et les vivants seront emportés avec eux à Sa rencontre (1 Th 4, 13-18).
Le jour du Seigneur et les derniers conseils (chapitre 5)
« Le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit » (1 Th 5, 2) : les enfants de la lumière doivent donc veiller et rester sobres, revêtus de la foi, de la charité et de l’espérance. Suivent de brefs préceptes : honorer les pasteurs, reprendre les désordonnés, se réjouir, prier, rendre grâces, tout examiner. La lettre se termine par une bénédiction sur l’homme tout entier, esprit, âme et corps (1 Th 5, 23).
Les grands thèmes et la lecture catholique
La parole de Dieu reçue par la prédication. Paul rend grâces de ce que les Thessaloniciens ont reçu sa parole « non comme une parole des hommes, mais ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu » (1 Th 2, 13). L’Évangile leur est parvenu de vive voix avant qu’une ligne de cette lettre fût écrite. La seconde épître le dira expressément : il faut garder les traditions reçues « soit par notre parole, soit par notre lettre » (2 Thessaloniciens 2, 15). C’est pourquoi le concile de Trente reçoit avec un égal respect les livres saints et les traditions venues des Apôtres.
La foi, l’espérance et la charité. Les trois vertus théologales apparaissent ensemble dès le premier chapitre (1, 3), puis dans l’armure du chrétien : « la cuirasse de la foi et de la charité, et ayant pour casque l’espérance du salut » (1 Th 5, 8). C’est sans doute la plus ancienne mention de cette triade, que saint Paul chantera dans la première Épître aux Corinthiens, au chapitre 13.
La pureté, volonté de Dieu. Que chacun sache « posséder le vase de son corps dans la sainteté et l’honnêteté » (1 Th 4, 4). Les Pères ont compris le « vase » soit du corps, comme le rend Fillion, soit de l’épouse ; dans les deux cas, il s’agit de la maîtrise de la chair, « non en suivant les convoitises de la passion, comme les païens, qui ne connaissent pas Dieu ». « Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sanctification » (1 Th 4, 7).
La résurrection et les fins dernières. La consolation que Paul offre repose sur la résurrection du Christ : « si nous croyons que Jésus est mort et ressuscité, croyons aussi que Dieu amènera avec Jésus ceux qui se sont endormis en Lui » (1 Th 4, 14). L’Église lit ce passage du retour glorieux et public du Christ à la fin du monde, avec la résurrection générale et le Jugement dernier, comme dans le chapitre 15 de la première Épître aux Corinthiens et dans le discours sur la fin des temps en saint Matthieu. Elle n’y voit pas l’« enlèvement » secret des croyants avant une grande tribulation qu’enseignent certains milieux évangéliques.
Saint Paul croyait-il voir de son vivant le retour du Christ ? Le « nous, les vivants, qui aurons été laissés » (1 Th 4, 17) l’a fait penser à quelques-uns. La Commission biblique pontificale a répondu, le 18 juin 1915, que l’Apôtre n’a rien écrit qui ne s’accorde avec l’ignorance de l’heure que le Christ a déclarée être le partage des hommes. Paul parle des vivants comme d’une catégorie, et il ajoute aussitôt que le jour vient « comme un voleur ».
La prière continuelle. « Priez sans cesse » (1 Th 5, 17) ne demande pas de réciter des prières sans interruption, mais de garder le cœur tourné vers Dieu par un désir constant, ravivé à des heures fixes, selon la parabole où le Seigneur enseigne « qu’il faut toujours prier, et ne pas se lasser » (Luc 18, 1). Saint Augustin le dit d’une phrase, dans son commentaire du psaume 37 : ton désir même est ta prière, et si ton désir est continuel, ta prière l’est aussi. La réponse de l’Église est l’Office divin, qui sanctifie les heures du jour : vous pouvez le prier dans le Bréviaire. Sur la manière de prier, voyez notre article Comment prier.
Chapitres et versets célèbres
- 1 Th 4, 13 : « Nous ne voulons pas, mes frères, que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis, afin que vous ne vous attristiez pas, comme les autres qui n’ont pas d’espérance » (1 Thessaloniciens 4).
- 1 Th 4, 16-17 : « Car le Seigneur lui-même, au signal donné, à la voix d’un Archange et au son de la trompette de Dieu, descendra du Ciel, et ceux qui seront morts dans le Christ ressusciteront d’abord. […] et ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur » (1 Th 4, 16).
- 1 Th 4, 11 : « Vous appliquer à vivre tranquilles, et à vous occuper de vos affaires, et à travailler de vos mains » (1 Th 4, 11).
- 1 Th 5, 2-3 : « Lorsqu’ils diront : Paix et sûreté, alors une ruine soudaine les surprendra » (1 Thessaloniciens 5, verset 3). Paul reprend l’image du voleur employée par le Seigneur.
- 1 Th 5, 12-13 : « Ayez pour eux une grande affection, à cause de leur œuvre ; vivez en paix avec eux » : la jeune Église a déjà des pasteurs qui la gouvernent (1 Th 5, 12).
- 1 Th 5, 16-18 : « Soyez toujours dans la joie. […] Priez sans cesse. […] Rendez grâces en toutes choses ; car c’est là ce que Dieu veut de vous tous en Jésus-Christ » (1 Th 5, 18). Le dernier de ces trois versets fonde la prière de remerciement en toute circonstance.
- 1 Th 5, 21 : « Examinez toutes choses, retenez ce qui est bon » (1 Th 5, 21).
- 1 Th 5, 23 : « Que le Dieu de paix vous sanctifie Lui-même en toute manière, afin que tout votre esprit, votre âme et votre corps soient conservés irréprochables lors de l’avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ. »
La première Épître aux Thessaloniciens dans le canon et dans la liturgie
L’épître est la huitième des quatorze épîtres de saint Paul dans l’ordre de la Vulgate, après l’Épître aux Colossiens et avant la seconde aux Thessaloniciens. Elle porte le même nom dans toutes les bibles et n’a jamais été contestée ; le concile de Trente (session IV, 1546) la nomme parmi les épîtres de Paul.
Le Missel de 1962 la lit :
- 1 Th 1, 2-10, au sixième dimanche après l’Épiphanie ;
- 1 Th 4, 1-7, au deuxième dimanche de Carême : « la volonté de Dieu est que vous soyez saints » ;
- 1 Th 5, 14-23, au samedi des Quatre-Temps de Carême ;
- 1 Th 4, 13-18, à la messe des défunts du jour du décès ou des obsèques, ce qui en fait l’un des grands textes de la prière pour les défunts.
Comment lire la première Épître aux Thessaloniciens
Lisez-la d’une traite, en un quart d’heure, puis relisez le chapitre 17 des Actes pour en connaître le cadre. Enchaînez avec la seconde Épître aux Thessaloniciens, qui corrige ceux qui avaient mal compris la première. Revenez au chapitre 4 lorsque vous priez pour vos défunts, et au chapitre 5 comme examen de conscience. Le latin, en regard du français, éclaire certains mots : sine intermissione orate, omnia autem probate.
Questions Fréquentes
Qui a écrit la première Épître aux Thessaloniciens ?
Saint Paul, qui nomme à ses côtés Silvain (Silas) et Timothée dans la salutation. L’Église l’a toujours reçue comme sienne, et saint Irénée, Tertullien et Clément d’Alexandrie la citent sous son nom. Presque tous les critiques modernes l’admettent aussi.
Quand et où la première Épître aux Thessaloniciens a-t-elle été écrite ?
À Corinthe, peu après le retour de Timothée envoyé à Thessalonique (1 Th 3, 6 ; Ac 18, 5), vers l’an 51. Elle passe pour la plus ancienne des lettres conservées de saint Paul et l’un des premiers écrits du Nouveau Testament.
Que veut dire 1 Thessaloniciens 4, 13-18 ?
Paul console des chrétiens en deuil : ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront les premiers quand le Seigneur descendra du Ciel, et les vivants seront emportés avec eux à Sa rencontre, « et ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur ». L’Église lit ce passage du second avènement glorieux et de la résurrection générale, et elle le proclame à la messe des défunts.
L’« enlèvement » de 1 Thessaloniciens 4, 17 annonce-t-il un rapt secret des croyants ?
Non. La lecture catholique, avec les Pères, y voit le retour unique, public et glorieux du Christ, accompagné de la résurrection des morts et suivi du jugement, comme en I Corinthiens 15 et en saint Matthieu 24. L’idée d’un enlèvement invisible des fidèles avant une tribulation est une doctrine protestante récente, née au XIXe siècle.
Que signifie « Priez sans cesse » (1 Thessaloniciens 5, 17) ?
Garder l’âme habituellement tournée vers Dieu par le désir et l’amour, et revenir à la prière explicite à des heures marquées. Saint Augustin enseigne qu’un désir continuel de Dieu est une prière continuelle. L’Office divin, qui marque les heures du jour, est la forme que l’Église donne à ce précepte.
Combien de chapitres compte la première Épître aux Thessaloniciens ?
Cinq chapitres et quatre-vingt-neuf versets. Vous pouvez lire chacun d’eux dans la Bible de la liseuse, en français et en latin, jusqu’au chapitre 5 de la première aux Thessaloniciens.
Vous pouvez aussi lire l’épître verset par verset dans l’application Bible catholique d’Iter Fidei.
1 Thessaloniciens · avec l'app
Accès anticipé