La Sainte Bible · Fillion · Biblia Sacra Vulgata
L'Épître de saint Paul aux Galates
L'Épître aux Galates est la lettre ardente où saint Paul défend la liberté chrétienne contre ceux qui voulaient imposer la loi de Moïse aux païens convertis : justification par la foi au Christ, fils de Dieu par l'Esprit, foi qui agit par la charité, fruits de l'Esprit. Voici ses 6 chapitres dans la traduction de l'abbé Fillion, avec le latin de la Vulgate en regard ; sous la grille, un guide présente l'épître et ses grands passages.
Lire Galates : 6 chapitres
Aucune lettre de saint Paul ne commence avec autant de vivacité. Pas d'action de grâces, pas de compliments : « Je m'étonne que vous vous détourniez si vite de celui qui vous a appelés à la grâce du Christ, pour passer à un autre évangile » (Ga 1, 6). Des prédicateurs venus après lui enseignaient aux Galates qu'il fallait, pour être pleinement chrétien, recevoir la circoncision et observer la loi de Moïse.
Pour Paul, c'était renverser l'Évangile : si la justice s'acquiert par la Loi, « le Christ est donc mort en vain » (Ga 2, 21). En six chapitres, il défend son apostolat, montre en Abraham le père des croyants, fait de la Loi un pédagogue qui conduit au Christ, et décrit la liberté des enfants de Dieu, qui n'est pas licence, mais charité. Les mêmes idées seront reprises, avec plus de calme et d'ampleur, dans l'Épître aux Romains.
Qui a écrit l'Épître aux Galates ?
« Paul, Apôtre, non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus-Christ et Dieu le Père, qui L'a ressuscité d'entre les morts » ; « et tous les frères qui sont avec moi, aux églises de Galatie » (Ga 1, 1-2). L'auteur est saint Paul, qui raconte sa propre vie aux deux premiers chapitres et termine de sa main : « Voyez en quels caractères je vous ai écrit de ma propre main » (Ga 6, 11). Saint Polycarpe en reprend des expressions, saint Irénée la cite sous le nom de Paul, et Marcion lui-même la plaçait en tête de son recueil des lettres de l'Apôtre. Son authenticité n'a jamais été sérieusement contestée, même par la critique la plus radicale.
Qui étaient les Galates ?
Les Galates descendaient de tribus celtes, des Gaulois, qui avaient passé en Asie Mineure au IIIe siècle avant Jésus-Christ et s'étaient fixés au centre de l'actuelle Turquie, autour d'Ancyre, l'actuelle Ankara. Saint Jérôme, qui avait séjourné à Trèves, remarque dans son commentaire de l'épître que les Galates parlaient encore de son temps une langue voisine de celle des Trévires. Le lecteur français y reconnaîtra des cousins lointains.
À l'époque de Paul, la province romaine de Galatie s'étendait aussi plus au sud, sur la Lycaonie et la Pisidie, où se trouvaient Antioche de Pisidie, Iconium, Lystre et Derbé, évangélisées au premier voyage (Ac 14). D'où deux opinions sur les destinataires. Selon la plus ancienne, suivie par les Pères, il s'agit des Galates proprement dits, du nord, que Paul visita lors de ses deuxième et troisième voyages (Ac 16, 6) ; il leur rappelle qu'il leur a d'abord annoncé l'Évangile « dans l'infirmité de la chair » (Ga 4, 13), retenu chez eux par une maladie, et qu'ils l'avaient reçu « comme un Ange de Dieu, comme le Christ Jésus » (Ga 4, 14). Selon l'autre, ce sont les Églises du sud de la province.
Quand l'Épître aux Galates a-t-elle été écrite ?
La date dépend de la réponse précédente. Si les destinataires sont les Galates du nord, la lettre a été écrite pendant le troisième voyage, à Éphèse ou en Macédoine, vers 54-57, peu avant l'Épître aux Romains, dont elle est si proche. Si ce sont les Églises du sud, elle pourrait être plus ancienne, vers 49, et même antérieure au concile de Jérusalem. Dans les deux cas, elle appartient aux grandes années missionnaires de l'Apôtre, et son étonnement que les Galates se soient détournés « si vite » laisse supposer qu'il ne les avait pas quittés depuis longtemps.
De quoi parle l'Épître aux Galates ? Résumé
L'Évangile de Paul et son autorité (chapitres 1 et 2)
Les adversaires de Paul le présentaient comme un apôtre de second rang, qui aurait reçu sa doctrine des Douze et l'aurait déformée. Il répond d'abord avec une rigueur extrême : « si quelqu'un, fût-ce nous-même ou un Ange du Ciel, vous annonçait un autre évangile que celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème ! » (Ga 1, 8). Puis il raconte comment il a reçu l'Évangile, « non d'un homme », mais « par la révélation de Jésus-Christ » (Ga 1, 12).
Il rappelle son zèle d'autrefois pour les traditions de ses pères, sa vocation, Celui « qui m'a mis à part dès le sein de ma mère » (Ga 1, 15), son séjour en Arabie, et sa visite à Jérusalem trois ans plus tard : « je vins à Jérusalem pour voir Pierre, et je demeurai auprès de lui quinze jours » (Ga 1, 18). Quatorze ans après, il remonte à Jérusalem avec Barnabé et Tite, expose son Évangile, et « Jacques, Céphas et Jean, qui paraissaient être les colonnes de l'Église », lui donnent la main en signe de communion (Ga 2, 9) ; c'est sans doute la rencontre racontée dans les Actes, au chapitre 15.
Vient ensuite l'incident d'Antioche : « lorsque Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il était répréhensible » (Ga 2, 11). Pierre, qui mangeait avec les païens convertis, s'était retiré à l'arrivée de chrétiens venus de Jérusalem, par crainte, entraînant Barnabé lui-même. Paul conclut son récit par le cœur de son Évangile : « l'homme n'est pas justifié par les œuvres de la loi, mais par la foi en Jésus-Christ » (Ga 2, 16), et par l'une des plus belles phrases de l'Écriture : « Et je vis, non ce n'est plus moi, mais c'est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).
La foi, la Loi et la promesse (chapitres 3 et 4)
« O Galates insensés, qui vous a fascinés […] ? » (Ga 3, 1). Ils ont reçu l'Esprit par la foi, non par les œuvres de la Loi (Ga 3, 2). Abraham « crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice » (Ga 3, 6), et la promesse qui lui fut faite, « Toutes les nations seront bénies en toi » (Ga 3, 8), concernait sa postérité, « qui est le Christ » (Ga 3, 16). La Loi, venue quatre cent trente ans après, ne peut annuler la promesse (Ga 3, 17).
Elle maudit celui qui ne l'accomplit pas ; mais « Le Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous » (Ga 3, 13), selon le mot du Deutéronome sur le pendu au bois. La Loi a donc été un précepteur, l'esclave qui conduisait l'enfant à l'école : « la loi a été notre précepteur dans le Christ, pour que nous fussions justifiés par la foi » (Ga 3, 24). Désormais, par la foi et le baptême, « vous tous qui avez été baptisé dans le Christ, vous avez été revêtus du Christ » (Ga 3, 27), et « Il n'y a plus ni Juif ni Gentil » (Ga 3, 28).
Le chapitre 4 compare l'humanité avant le Christ à un héritier mineur, soumis à des tuteurs (Ga 4, 2). Puis : « lorsque fut venu la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, formé d'une femme, assujetti à la loi » (Ga 4, 4), « pour que nous reçussions l'adoption des fils » (Ga 4, 5).
Paul supplie les Galates avec une tendresse de mère : « Mes petits enfants, pour qui j'éprouve de nouveau les douleurs de l'enfantement, jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous ! » (Ga 4, 19). Le chapitre s'achève sur l'allégorie des deux fils d'Abraham, Ismaël né de l'esclave Agar et Isaac né de Sara, la femme libre (Gn 21) : deux alliances, l'une qui enfante pour la servitude, l'autre libre, car « la Jérusalem d'en-haut est libre, et c'est notre mère » (Ga 4, 26).
La liberté, l'Esprit et la Croix (chapitres 5 et 6)
« Demeurez fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude » (Ga 5, 1). Recevoir la circoncision comme nécessaire au salut, ce serait se séparer du Christ (Ga 5, 4) ; « dans le Christ Jésus, ni la circoncision, ni l'incirconcision n'a de valeur, mais la foi qui agit par la charité » (Ga 5, 6). La liberté n'est pas une « occasion pour la chair » : « soyez, par une charité spirituelle, les serviteurs les uns des autres » (Ga 5, 13), car toute la Loi tient dans le commandement d'aimer son prochain comme soi-même (Ga 5, 14), déjà donné dans le Lévitique.
Paul oppose alors la chair et l'esprit : « Car la chair convoite contre l'esprit, et l'esprit contre la chair » (Ga 5, 17). Il énumère les œuvres de la chair, de la fornication à l'ivrognerie, qui excluent du royaume de Dieu (Ga 5, 21), puis les fruits de l'Esprit, présentés plus bas. « Or ceux qui sont au Christ ont crucifié leur chair avec ses passions et ses convoitises » (Ga 5, 24).
Le chapitre 6 donne des conseils de vie fraternelle : relever avec douceur celui qui est tombé (Ga 6, 1), « Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi du Christ » (Ga 6, 2), ne pas se lasser de faire le bien (Ga 6, 9). Il s'achève sur la Croix : « Pour moi, à Dieu ne plaise que je me glorifie, si ce n'est dans la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde » (Ga 6, 14), et sur une signature de sang : « je porte sur mon corps les stigmates du Seigneur Jésus » (Ga 6, 17).
Les douze fruits de l'Esprit (Galates 5, 22-23)
« Mais les fruits de l'esprit sont la charité, la joie, la paix, la patience, la bénignité, la bonté, la longanimité » (Ga 5, 22), « la douceur, la foi, la modestie, la continence, la chasteté. Contre de pareilles choses il n'y a pas de loi » (Ga 5, 23).
Le texte grec en nomme neuf ; la Vulgate, que suivent Fillion et la tradition latine, en compte douze, en ajoutant la longanimité, la modestie et la chasteté. C'est pourquoi les catéchismes catholiques enseignent les douze fruits du Saint-Esprit, à côté des sept dons. Saint Thomas d'Aquin explique que les fruits sont les actes vertueux où l'âme trouve sa joie, comme on se délecte d'un fruit mûr : ce que les dons de l'Esprit font germer, les fruits le font goûter. La charité vient en tête, comme la racine de tous les autres. L'article sur le Saint-Esprit présente les dons et les fruits.
Les grands thèmes et la lecture catholique
La foi et les œuvres. L'Épître aux Galates a été au XVIe siècle l'arme favorite de Luther, qui l'aimait plus que toute autre et en publia un long commentaire. Mais les « œuvres de la loi » que Paul rejette sont les observances de la loi mosaïque, circoncision en tête, présentées comme une condition du salut ; il n'oppose pas la foi à la charité, puisque la foi qui justifie est celle « qui agit par la charité ». Le concile de Trente cite précisément ce verset pour enseigner que la foi, sans l'espérance et la charité, n'unit pas parfaitement au Christ (session VI, 1547, chapitre 7). Voyez sur ce point l'article catholique ou protestant.
L'incident d'Antioche et l'autorité de Pierre. Le reproche fait à Pierre a donné lieu à une célèbre correspondance entre saint Jérôme et saint Augustin. Jérôme pensait que les deux apôtres s'étaient entendus pour donner une leçon publique ; Augustin soutint que Paul avait vraiment repris Pierre, pour une faute de conduite et non de doctrine, et que l'humilité de Pierre, qui accepta la correction, est plus admirable encore que la franchise de Paul. Jérôme parut plus tard se rallier à cette lecture. Le récit même atteste l'autorité de Pierre : Paul était monté à Jérusalem « pour voir Pierre », et c'est parce que l'exemple de Céphas entraînait tous les autres que son retrait était grave.
La Vierge Marie. « Dieu a envoyé son Fils, formé d'une femme » (Ga 4, 4) est l'une des plus anciennes mentions de la Mère du Seigneur dans le Nouveau Testament. Les Pères y ont lu la vraie humanité du Christ, né d'une femme, contre ceux qui en faisaient un pur esprit, et la maternité divine de Marie.
La Croix. Le verset 6, 14 est l'introït du Jeudi saint et de l'Exaltation de la sainte Croix, Nos autem gloriari oportet in cruce Domini nostri Jesu Christi. Les stigmates de 6, 17 ont été lus comme une annonce de ceux de saint François d'Assise, dont la messe des Stigmates, le 17 septembre, prend ce passage pour épître et le verset 14 pour introït.
Versets célèbres de l'Épître aux Galates
- « Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur du Christ » (Ga 1, 10).
- « Car vous êtes tous enfants de Dieu par la foi en Jésus-Christ » (Ga 3, 26).
- « Il n'y a plus ni Juif ni Gentil ; il n'y a plus ni esclave ni libre ; il n'y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ » (Ga 3, 28).
- « Dieu a envoyé dans vos cœurs l'Esprit de Son Fils, qui crie : Abba, Père ! » (Ga 4, 6).
- « Ainsi, nul n'est plus esclave, mais fils » (Ga 4, 7).
- « Un peu de levain aigrit toute la pâte » (Ga 5, 9).
- « Si nous vivons par l'esprit, marchons aussi selon l'esprit » (Ga 5, 25).
- « Ne vous y trompez point : on ne se moque pas de Dieu » (Ga 6, 7) ; « Car ce que l'homme aura semé, il le moissonnera aussi » (Ga 6, 8).
- « faisons du bien à tous, mais surtout à ceux qui sont de la famille de la foi » (Ga 6, 10).
- « ce n'est pas la circoncision qui sert à quelque chose, ni l'incirconcision, mais la nouvelle créature » (Ga 6, 15).
L'Épître aux Galates dans le canon et dans la liturgie
Elle porte le même nom et compte six chapitres dans toutes les bibles. Elle n'a jamais été contestée : les conciles d'Hippone (393), de Carthage (397), de Florence et de Trente (session IV, 1546) la comptent parmi les quatorze Épîtres de saint Paul, où elle suit les deux lettres aux Corinthiens. Dans la Vulgate et chez Fillion, elle a 149 versets ; le chapitre 4 est le plus long, avec 31 versets.
Le missel de 1962 lui emprunte l'épître du dimanche dans l'octave de Noël (Ga 4, 1-7), du dimanche de Laetare, IVe de Carême (Ga 4, 22-31), qui chante la Jérusalem d'en haut, et des XIIIe, XIVe et XVe dimanches après la Pentecôte (Ga 3, 16-22 ; 5, 16-24 ; 5, 25 à 6, 10). Elle donne aussi l'épître de la Commémoraison de saint Paul le 30 juin (Ga 1, 11-20) et de la messe de l'Impression des Stigmates de saint François le 17 septembre (Ga 6, 14-18), que les rubriques de 1960 réduisent au rang de simple commémoraison. Le calendrier liturgique d'Iter Fidei indique ces jours.
Comment lire l'Épître aux Galates
Lisez-la d'une traite, à voix haute si possible : c'est une lettre dictée dans l'émotion, et son mouvement compte autant que ses arguments. Gardez ouverts les Actes des Apôtres pour situer les voyages et le concile de Jérusalem, et lisez ensuite l'Épître aux Romains, qui reprend les mêmes questions avec sérénité. Méditez Ga 2, 20 au moment de la communion, et examinez votre conscience sur les œuvres de la chair et les fruits de l'Esprit au chapitre 5. Les commentaires de saint Jérôme, de saint Augustin, de saint Jean Chrysostome et de saint Thomas d'Aquin sont les guides classiques. Toutes les épîtres sont dans la Bible d'Iter Fidei, latin et français en regard.
Questions Fréquentes
Qui a écrit l'Épître aux Galates ?
Saint Paul, qui se nomme au premier verset, raconte sa propre vocation aux chapitres 1 et 2 et signe de sa main (Ga 6, 11). L'Église l'a toujours reçue comme une lettre authentique de l'Apôtre.
Quand l'Épître aux Galates a-t-elle été écrite ?
Le plus probablement vers 54-57, pendant le troisième voyage missionnaire, peu avant l'Épître aux Romains. Ceux qui pensent qu'elle s'adresse aux Églises du sud de la Galatie la datent plutôt de 49 environ, avant ou juste après le concile de Jérusalem.
Où l'Épître aux Galates a-t-elle été écrite ?
On ne le sait pas avec certitude, car la lettre ne le dit pas. Selon la datation la plus répandue, Paul l'écrivit à Éphèse ou en Macédoine, au cours de son troisième voyage.
À qui l'Épître aux Galates est-elle adressée ?
« Aux églises de Galatie », en Asie Mineure, au centre de l'actuelle Turquie. Les Galates descendaient de Gaulois installés là trois siècles plus tôt ; la plupart des chrétiens de ces Églises étaient d'anciens païens, que Paul avait lui-même évangélisés.
De quoi parle l'Épître aux Galates ?
Elle répond à ceux qui voulaient imposer la circoncision et la loi de Moïse aux païens convertis. Paul défend son autorité d'apôtre, montre que l'homme est justifié par la foi au Christ et non par les œuvres de la Loi, et décrit la liberté des enfants de Dieu, qui vivent selon l'Esprit et accomplissent la loi par la charité.
Quels sont les fruits de l'Esprit selon l'Épître aux Galates ?
Selon la Vulgate (Ga 5, 22-23), ils sont douze : la charité, la joie, la paix, la patience, la bénignité, la bonté, la longanimité, la douceur, la foi, la modestie, la continence et la chasteté. Le texte grec en énumère neuf.
Quel est le message principal de l'Épître aux Galates ?
Le Christ nous a rendus libres : nous sommes fils de Dieu par la foi et le baptême, et non par la loi de Moïse. Cette liberté n'est pas une licence, mais une vie selon l'Esprit, où la foi « agit par la charité ».
Combien de chapitres compte l'Épître aux Galates ?
Elle compte 6 chapitres et, dans la Vulgate et la traduction de Fillion, 149 versets.
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